Nos titres sur ce sujet
À lire aussi : récits et ouvrages sur le même thème
Récits et ouvrages autour de ce sujet, classés par date, pour situer nos titres. Un lien mène à une édition libre en ligne quand elle existe, ou à notre fiche lorsque l'ouvrage fait partie de notre catalogue.
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Marco Polo, Le Devisement du monde (1298)
Au retour de Chine, le Vénitien longe la côte de Coromandel, s'arrête au tombeau de saint Thomas, décrit les pêcheries de perles, les rois nus couverts de joyaux, les bûchers de veuves et le royaume de Ceylan au Pic sacré. Toutes les merveilles qu'Hamilton retrouve, amoindries ou disputées, Marco Polo les voit éclatantes, quatre siècles plus tôt. Lire l'un après l'autre, c'est suivre la lente transformation d'un même rivage, des splendeurs médiévales aux comptoirs fortifiés du temps des compagnies.
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Ibn Battuta, Voyages (1325-1354)
Trois siècles avant Hamilton, le grand voyageur marocain longe déjà la côte swahilie de Mombasa et de Quiloa, remonte le golfe Persique, atteint l'Inde et sert le sultan de Delhi. Il voit ces mêmes ports musulmans quand ils sont au sommet de leur prospérité, avant que les Portugais ne les rançonnent et que les Arabes de Mascate n'en reprennent quelques-uns. Son témoignage donne la profondeur de temps qui manque au récit du capitaine, pressé par le négoce.
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Ludovico di Varthema, Itinéraire (1510)
Aventurier bolonais du début du seizième siècle, Varthema est l'un des premiers Européens à visiter La Mecque déguisé en pèlerin, puis à descendre la mer Rouge jusqu'à Aden et à gagner l'Inde. Il parcourt la côte d'Arabie qu'Hamilton longera deux siècles plus tard, s'arrête aux mêmes ports du café, décrit les mêmes cheikhs avides de tribut. Son récit picaresque éclaire, par avance, le monde arabe que le capitaine observera d'un œil plus froid de marchand.
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Antonio Pigafetta, Relation du premier voyage autour du monde (1519-1522)
Deux siècles avant Hamilton, le gentilhomme vicentin embarque avec Magellan et survit à l'expédition qui, la première, traverse le Pacifique. Il touche les Philippines où le capitaine trouve la mort, gagne Bornéo et sa cour fastueuse, charge le girofle des Moluques et longe Timor, ces mêmes îles où le marchand écossais viendra deux cents ans plus tard. Son journal émerveillé montre l'archipel des épices à l'instant où l'Europe le découvre, quand Hamilton n'en verra plus que les comptoirs disputés des compagnies. Lire l'un après l'autre, c'est suivre le passage du rêve des épices à leur négoce ordinaire.
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Cristóbal Acosta, Tractado de las drogas y medicinas de las Indias Orientales (1578)
Médecin et chirurgien, Cristóbal Acosta arrive à Goa vers 1568, l'année même de la mort d'Orta, dans la suite du vice-roi Luís de Ataíde. Il parcourt la côte de Malabar et le Konkan, voit pousser les plantes que les Colloques décrivaient, puis publie à Burgos un traité qui reprend Orta en castillan, le complète et le corrige çà et là. Son apport le plus précieux tient aux gravures sur bois : là où Orta n'avait mis aucune image, Acosta dessine les arbres et les drogues. Le livre prolonge les Colloques une génération plus tard et contribue à les faire connaître dans le monde hispanique.
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Jan Huyghen van Linschoten, Itinerario (1596)
Jeune Hollandais au service de l'archevêque de Goa de 1583 à 1588, Linschoten observe la ville portugaise vingt ans après Orta : ses marchés, ses fêtes, ses esclaves, ses églises, ses marchands banians et ses épices. De retour en Hollande, il publie un Itinerario qui livre aux Néerlandais les routes et les secrets du commerce portugais, et ouvre la voie à leurs flottes. Pour les plantes et les drogues, ses chapitres s'appuient largement sur les Colloques, annotés par le médecin Bernardus Paludanus. Le savoir réuni dans la maison d'Orta passe ainsi, par Linschoten, aux rivaux hollandais des Portugais.
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Tomé Pires, Suma oriental (v. 1515)
Apothicaire et agent portugais, Pires rédige vers 1515, depuis Malacca même, la plus complète description du grand commerce asiatique de son temps, avant de mourir prisonnier en Chine. Il énumère les cargaisons, les routes et les nations qui se croisent au détroit, ce même verrou où Hamilton achève son deuxième tome. Son inventaire minutieux montre Malacca au faîte de sa fortune marchande, quand le capitaine écossais n'en verra plus qu'une colonie hollandaise, riche encore mais déchue de sa gloire première.
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Duarte Barbosa, Le Livre de Duarte Barbosa (v. 1516)
Facteur portugais du début du seizième siècle, Barbosa décrit l'océan Indien à l'heure où sa nation en tient les clés, deux siècles avant qu'Hamilton n'en constate le déclin. Cambay, Diu, Ormuz, Mombasa, Mozambique : toutes les places que le capitaine écossais trouve fortifiées, assiégées ou perdues, Barbosa les voit neuves, aux mains de la Couronne du Portugal. Lire l'un après l'autre, c'est mesurer la lente marée qui retire la puissance lusitanienne de ces rivages.
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François Pyrard de Laval, Voyage de François Pyrard de Laval aux Indes orientales (1611)
Naufragé aux Maldives en 1602, retenu cinq ans dans l'archipel, le Lavallois Pyrard de Laval finit par gagner la côte indienne, puis Goa, où il est soigné à l'Hôpital royal et emprisonné un temps avant de rentrer en France. Il décrit la ville au faîte de sa splendeur : les rues marchandes, les processions, les fidalgos, les médecins et les remèdes du pays. Un demi-siècle après Orta, il montre la capitale portugaise vue d'en bas, par un homme sans protecteur. Son chapitre sur l'hôpital de Goa fait écho aux scènes de soins des Colloques, où l'on soigne le choléra et le flux de ventre.
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Matteo Ricci et Nicolas Trigault, Histoire de l'expédition chrétienne au royaume de la Chine (1615)
Le jésuite Matteo Ricci entre à Pékin en 1601, après dix-huit ans de patience dans les provinces du Sud, et y vit jusqu'à sa mort en 1610. Ses mémoires, mis en latin et publiés par Nicolas Trigault en 1615, révèlent à l'Europe la Chine des Ming finissants : examens, bureaucratie, rites de cour, eunuques tout-puissants. Ricci connaît le même Pékin que Gwon Beol soixante ans plus tôt, la même machine administrative qu'on ne fait avancer qu'à force de mémoires, de visites et de présents. Les deux témoins décrivent la même cour depuis ses marges, l'un en missionnaire toléré, l'autre en envoyé d'un royaume tributaire venu réclamer justice.
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Abel Tasman, Journal de voyage (1643)
En 1643, le navigateur hollandais aborde le premier les îles qu'il nomme Amsterdam et Middelbourg, soit Tongatapu et Eua, cent trente-quatre ans avant Cook. Son journal, bref et méfiant, note le troc, les pirogues, la douceur trompeuse de l'accueil. Le relire avant ce tome, c'est prendre la mesure de ce que Cook trouve inchangé et de ce qu'il comprend en plus : là où Tasman ne voyait qu'une côte accueillante, Cook démêle une royauté, un tabou, un empire d'îles.
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Nicolas Sanson et les cartographes du grand siècle (1650-1700)
Avant les relevés modernes, l'océan Indien se lit sur les cartes des géographes du roi, où les côtes qu'Hamilton dit si mal figurées prennent forme peu à peu. Suivre ces cartes, de la mer d'Éthiopie aux embouchures de l'Indus, permet de comprendre pourquoi le capitaine se plaint sans cesse de bancs et de rochers absents des portulans : il navigue dans un monde encore à moitié deviné, que d'autres, après lui, achèveront de dessiner.
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Robert Knox, An Historical Relation of the Island Ceylon in the East Indies (1659-1679)
Burckhardt ne connaît le roi de Kandy que par l'ambassade de Puqvoy. Le marin anglais Robert Knox, lui, a vécu dix-neuf ans dans son royaume. Capturé en 1659 avec une partie de son équipage par les troupes de Raja Sinha II, il survit en tricotant des bonnets et en prêtant du grain, jusqu'à son évasion vers le fort hollandais d'Arippu, qui l'envoie à Batavia. Rentré à Londres en septembre 1680, il publie son récit en 1681, avec l'appui de la Royal Society. Traduit en allemand dès 1689, il offre le revers exact de celui de Burckhardt : le Ceylan cinghalais de l'intérieur, vu par un captif, face au Ceylan des forts hollandais de la côte.
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Johan Nieuhof, L'Ambassade de la Compagnie orientale des Provinces-Unies vers l'empereur de la Chine (1665)
Membre de la première grande ambassade hollandaise à Pékin, au milieu du dix-septième siècle, Nieuhof remonte la Chine de Canton à la capitale et rapporte des centaines de dessins qui fixent pour longtemps l'image du pays en Europe. Il voit, cinquante ans avant Hamilton, les mêmes fleuves, les mêmes ponts et les mêmes villes, mais du côté de l'ambassade quémandeuse plutôt que du marchand berné. Son livre éclaire le cérémonial et la morgue de l'administration impériale que le capitaine subira à son tour, sans en percer les usages.
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Hendrik Hamel, Journael van de ongeluckige voyagie van 't jacht de Sperwer (1668)
Un peu plus d'un siècle après Gwon Beol, le Hollandais Hendrik Hamel découvre la Corée par l'autre bout. Naufragé sur l'île de Jeju en 1653, il est conduit à Séoul avec ses compagnons, puis retenu treize ans dans les provinces avant de s'enfuir vers le Japon en 1666. Son journal, publié en 1668, est l'un des tout premiers témoignages européens sur le royaume Joseon. On y retrouve l'administration que traverse Gwon Beol, magistrats de province, relais et corvées, mais vue depuis la condition d'étranger retenu. En 1655, deux des naufragés se jettent même au-devant d'un envoyé mandchou de passage à Séoul pour être emmenés en Chine, en vain.
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Arnoldus Montanus, Ambassades mémorables vers les empereurs du Japon (1669)
Compilateur hollandais du dix-septième siècle, Montanus rassemble les récits des envoyés de la Compagnie au Japon des shoguns, ce pays refermé sur lui-même que seuls les Hollandais approchent encore, par la mince fenêtre de Nangasaki. Son livre, tout bruissant de cortèges et de merveilles, montre l'empire clos qu'Hamilton n'entrevoit que de loin, et raconte par le menu la répression du christianisme et la ruse des marchands que le capitaine résume en quelques pages fortes. C'est le grand tableau européen du Japon interdit, dont Hamilton ne donne que l'esquisse.
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Jean-Baptiste Tavernier, Les Six Voyages de Jean-Baptiste Tavernier en Turquie, en Perse et aux Indes (1676)
Marchand de pierres précieuses, Tavernier fait six fois le voyage d'Orient entre 1631 et 1668. Il passe par Goa, alors déclinante, mais surtout il visite les mines de diamants du Deccan, de Golconde et de Kollur, qu'il décrit avec une précision de joaillier. Le colloque d'Orta sur le diamant, ses mines et ses tailles trouve chez lui un prolongement d'homme de métier, un siècle plus tard. Ses récits des cours moghole et persane, des routes de caravanes et des marchés de l'Inde font de lui l'un des grands témoins européens du XVIIe siècle indien.
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Jean-Baptiste Tavernier, Les Six Voyages (1676)
Un demi-siècle après Carletti, ce marchand de pierres précieuses parcourt à son tour la Perse et l'Inde, des mines de diamant aux cours des grands rois. On retrouve chez lui le même regard de négociant sur les pierres, les monnaies et les routes que chez le Florentin, mais déjà l'Asie a changé : les Hollandais et les Anglais que Carletti voyait poindre à Goa y sont désormais installés en maîtres du commerce.
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Ferdinand Verbiest, Voyages de l'empereur de la Chine dans la Tartarie (1685)
Treize ans après Min Jeong-jung, le jésuite flamand Ferdinand Verbiest, astronome de la cour, accompagne l'empereur Kangxi dans sa grande tournée de 1682 en Mandchourie : Shenyang, les tombeaux des ancêtres mandchous, puis les forêts du Nord jusqu'à Ula. Sa lettre, publiée en français en 1685, décrit l'immense cortège, les chasses impériales et les terres vidées par la conquête. L'adolescent de quinze ans que Min aperçoit à Pékin est devenu un souverain sûr de lui, qui revient en pèlerinage sur la terre de ses pères. Les deux textes se complètent : la Mandchourie vue par un tributaire inquiet, puis par un invité de l'empereur.
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Engelbert Kaempfer, Histoire naturelle, civile et ecclésiastique du Japon (1690-1692)
Médecin de la Compagnie hollandaise des Indes, Kaempfer vit au Japon à la fin du XVIIe siècle, dans un pays désormais fermé aux étrangers et purgé des chrétiens. Son livre permet de voir ce qu'est devenu le Japon que Carletti avait abordé encore ouvert, avant que les croix de Nagasaki n'annoncent la grande clôture. Le même archipel, un siècle plus tard, verrouillé.
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Gemelli Careri, Le Tour du monde (1699-1700)
À la fin du XVIIe siècle, ce magistrat napolitain refait, en touriste fortuné, le tour du monde que Carletti avait accompli en marchand ruiné. Manille, Acapulco, Mexico : il suit presque la même route et publie un récit qui connaîtra un immense succès. Lire Gemelli après Carletti, c'est mesurer le chemin parcouru entre l'aventure périlleuse et le voyage d'agrément.
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Gemelli Careri, Voyage autour du monde (1699-1700)
À la fin du dix-septième siècle, le juriste napolitain fait à ses frais le tour de la Terre. Il traverse la Chine, monte à Pékin, contemple la Grande Muraille, puis s'embarque à Manille sur le galion qui relie les Philippines à l'Amérique. Presque contemporain d'Hamilton, il parcourt exactement les mers de ce troisième tome, mais en curieux libre et non en marchand. Son témoignage confirme, corrige ou colore mainte scène du capitaine, de la cour de Canton aux rues de Manille, et donne un compagnon de route lettré à la traversée de l'Insulinde et des mers de Chine.
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Peter Kolb, Caput Bonae Spei hodiernum (1705-1713)
Trente ans après l'escale de Burckhardt, le Franconien Peter Kolb débarque au Cap en 1705, envoyé par un conseiller prussien, le baron von Krosigk, pour y faire des observations astronomiques. Il y reste plusieurs années, jusqu'à ce que sa vue décline, et s'intéresse surtout à la colonie hollandaise et aux Khoïkhoï, ceux que Burckhardt appelle les Hottentots. Son grand livre paraît à Nuremberg en 1719, et une traduction française suit en 1741. Kolb rompt avec les clichés de ses prédécesseurs, compare les croyances des Khoïkhoï à celles des Européens et rapporte les razzias armées des colons. À relire en regard du chapitre du Cap, écrit par un soldat de passage pressé de repartir.
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Lorenz Lange, Journal de la résidence du sieur Lange, agent de Sa Majesté impériale de la Grande Russie à la cour de la Chine, dans les années 1721 et 1722 (1726)
Quand l'ambassade repart en mars 1721, Unverzagt reste à Pékin avec le résident Lorenz Lange, et c'est la suite de ce séjour que raconte le journal de Lange, publié en français à Leyde en 1726, puis traduit en anglais à la suite du récit de John Bell. Seul représentant du tsar à la cour, Lange y consigne ses visites aux ministres, les réponses dilatoires, le commerce bientôt suspendu et l'affaire des Mongols transfuges qui bloque tout. On y retrouve la ville d'Unverzagt, mais vue depuis les dossiers : l'envers patient, souvent amer, des banquets et des feux d'artifice du Nouvel An.
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Johann Wolfgang Heydt, Allerneuester Geographisch- und Topographischer Schau-Platz von Africa und Ost-Indien (1733-1740)
Johann Wolfgang Heydt suit, un demi-siècle plus tard, le chemin de Burckhardt : un Allemand entré au service de la Compagnie en 1733, qui passe d'abord deux ans à Ceylan avant de gagner Batavia, où il devient en 1737 architecte et dessinateur de la Compagnie. Revenu en Europe en 1740 pour raisons de santé, il publie à Nuremberg en 1744 un grand album de plus de cent planches gravées d'après ses dessins, accompagnées d'un long texte : le Cap, Colombo et ses fortifications, Batavia, Malacca, les Moluques, Dejima. On y voit, dessinés, les lieux que Burckhardt décrit avec des mots : les citadelles, les rues, les jardins et la vie des employés européens des Indes.
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John Bell, Travels from St. Petersburg in Russia, to Diverse Parts of Asia (1763)
Médecin écossais au service du tsar, John Bell accompagne l'ambassade russe de Lev Izmaïlov, qui atteint Pékin à la fin de 1720 après une traversée de la Sibérie et de la Mongolie. Il y voit le vieux Kangxi, qui règne alors depuis près de soixante ans. Son récit, publié en 1763, décrit les audiences, les banquets impériaux et l'inévitable question de la prosternation, à laquelle les Russes finissent par se plier. Un demi-siècle après Min Jeong-jung, le même empereur reçoit les mêmes hommages, dans les mêmes salles, et l'envoyé européen y éprouve une gêne qui fait écho à celle de l'ambassadeur coréen resté fidèle aux Ming.
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Louis-Antoine de Bougainville, Voyage autour du monde (1768)
En avril 1768, la Boudeuse mouille devant Tahiti, que Bougainville baptise Nouvelle-Cythère et quitte au bout de neuf jours, laissant derrière lui des ancres et une légende. Son récit, écrit en gentilhomme philosophe, invente à lui seul le mythe polynésien qui va occuper l'Europe pendant un siècle. Le lire avant ce tome, c'est mesurer la distance entre le rêve et l'enquête : là où Bougainville voit une île de la douceur, Cook et Anderson dénombrent les rangs, les guerres, les crânes du morai. L'ancre rachetée à Bora Bora est le fil qui relie les deux livres.
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Carl Peter Thunberg, Resa uti Europa, Africa, Asia, förrättad åren 1770-1779 (1770-1779)
Élève de Linné, le Suédois Carl Peter Thunberg s'engage en 1771 comme chirurgien de la Compagnie néerlandaise pour herboriser aux Indes. Il passe trois ans au Cap, gagne Batavia en mai 1775, séjourne au comptoir de Dejima et accompagne en 1776 l'ambassade hollandaise à Edo, puis vit à Ceylan de juillet 1777 à février 1778, avant de rentrer par le Cap. Son récit paraît à Uppsala à partir de 1788. Il refait presque, cent ans plus tard, le parcours du mémorial de Burckhardt, du Cap au Japon fermé en passant par Ceylan, mais avec l'œil d'un naturaliste : là où le commis rapporte des merveilles, Thunberg nomme, classe et décrit les plantes.
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Georg Forster, Voyage autour du monde (1772-1775)
Fils du naturaliste embarqué sur le deuxième voyage, Forster a dix-sept ans quand il découvre Tahiti et les îles de la Société. Son récit, publié en 1777 dans l'année même où se situe ce tome, est le premier grand texte littéraire sorti des voyages de Cook : une prose sensible, indignée parfois, attentive à ce que l'arrivée des Européens détruit. Il décrit les mêmes plages, les mêmes chefs, la même flotte de guerre, mais avec les yeux d'un adolescent qui refuse d'être seulement témoin.
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John Ledyard, Journal du dernier voyage du capitaine Cook (1776-1780)
Un caporal américain des soldats de marine se trouvait à Kealakekua ce matin-là. Rentré chez lui, Ledyard publia à Hartford, en 1783, un récit du voyage qui devança de plus d'un an l'édition officielle et raconta la mort de Cook sans passer par l'Amirauté. Le ton est libre, parfois emprunté à d'autres, et le jugement sévère sur la conduite des officiers. C'est le premier contrepoint au texte que l'on vient de lire : deux hommes, la même plage, le même quart d'heure, et deux versions dont la comparaison a occupé les historiens depuis.
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Pak Chi-won, Yeorha ilgi (1780)
Seize ans après Kim Jong-jeong, le lettré Pak Chi-won traverse à son tour Shenyang avec l'ambassade coréenne de 1780, en route vers Pékin et Jehol. Son Yeorha ilgi, traduit en anglais sous le titre The Jehol Diary, consacre à la ville des pages célèbres : boutiques, enseignes, conversations nocturnes avec des marchands chinois. Le contraste avec Kim est frappant. Là où l'enquêteur de 1764, humilié et méfiant, ne voit dans la capitale mandchoue que barbarie et corruption, Pak Chi-won y découvre une prospérité et des techniques dont la Corée, selon lui, devrait s'inspirer. La même ville, deux humeurs, et l'amorce d'un débat qui traversera la Corée lettrée.
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Jean-François de La Pérouse, Voyage autour du monde (1785-1788)
Dix ans après Cook, La Pérouse traverse les mêmes eaux, relâche aux îles des Navigateurs voisines, et y perd son second dans un guet-apens qui répond, comme un écho sinistre, à toutes les amitiés fastueuses de ce tome. Son récit, sauvé du naufrage final par des copies expédiées à temps, montre le revers de la médaille polynésienne : la même mer, les mêmes chefs magnifiques, et la violence que Cook a côtoyée sans toujours la voir venir.
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Jean-Baptiste Barthélemy de Lesseps, Journal historique du voyage (1787-1788)
Le seul survivant de l'expédition La Pérouse fut celui qu'on renvoya. En septembre 1787, à vingt-deux ans, Lesseps débarque à Saint-Pierre-et-Saint-Paul avec les journaux de son commandant et l'ordre de les porter à Versailles par voie de terre. Il met un an à traverser le Kamtchatka, la Sibérie et la Russie, en traîneau à chiens puis à rennes, exactement par les chemins que King venait de décrire. Il passe par Bolcheretsk, s'arrête sur la tombe de Clerke, et retrouve les mêmes jourtes, les mêmes toïons, les mêmes ours. Aucun autre livre ne prolonge celui-ci d'aussi près.
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John Meares, Voyages à la côte nord-ouest de l'Amérique (1788-1789)
Cook n'avait pas quitté Nootka que le prix des peaux de loutre à Canton faisait déjà courir les marchands. En 1788, Meares s'installe dans la baie même, y construit un petit navire, traite avec le chef Maquinna, et son établissement contesté déclenche la crise de Nootka qui manque de jeter l'Angleterre et l'Espagne à la guerre. Son récit, moins scrupuleux que celui de Cook, montre le revers de la découverte : en dix ans, l'anse aux loutres est devenue un comptoir, et le troc de fer du capitaine, le premier acte d'un grand commerce.
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John Meares, Voyages faits en 1788 et 1789 de la Chine à la côte nord-ouest d'Amérique (1788-1789)
Voici le projet du chapitre 19, mis à exécution huit ans plus tard, par un ancien officier de marine devenu marchand. Meares arme à Macao, remonte à Nootka, y bâtit une maison et un navire, achète les peaux de loutre aux mêmes conditions que King avait calculées, redescend les vendre à Canton, et provoque au passage la crise diplomatique qui faillit mettre l'Angleterre et l'Espagne en guerre. Son livre est vantard et souvent malhonnête, ce qui ne l'empêche pas d'être le premier document du commerce maritime des fourrures, celui que ce tome a inventé sans le savoir.
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William Bligh, A Voyage to the South Sea (1788-1789)
Le master de la Resolution, celui qui sonde les baies des Kerguelen dans ce tome, revient à Adventure Bay douze ans plus tard avec la Bounty, y plante des pommiers au même endroit, puis met le cap sur Tahiti où l'attend la mutinerie. Lire son passage sur la terre de Van Diemen à côté de celui de Cook, c'est mesurer ce qu'un élève retient d'un maître : la même méthode, les mêmes gestes, et un tempérament qui fera toute la différence.
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James Morrison, Journal de bord de la Bounty et Mémoire sur Tahiti (1789-1792)
Le maître d'équipage de la Bounty, resté à Tahiti après la mutinerie de 1789, y vit près de deux ans avant d'être capturé, condamné, puis gracié. Son mémoire, écrit en prison, est la description la plus détaillée que l'on ait de la société tahitienne avant sa conversion : les arioi, les morai, le maro royal, les guerres de district, tout ce que Cook n'apercevait qu'en visiteur. Il éclaire de l'intérieur les chapitres d'Anderson, douze ans plus tard, sur les mêmes îles.
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James Bruce, Voyage aux sources du Nil (1790)
Un demi-siècle après Hamilton, l'Écossais James Bruce pénètre enfin l'Éthiopie que son compatriote n'avait connue que par le récit de missionnaires en fuite. Il vit à la cour du souverain que les Européens nommaient le Prêtre Jean, voit de ses yeux les mœurs, la viande crue, la monnaie de sel dont Hamilton n'avait connaissance que par ouï-dire. Son témoignage confirme, corrige et prolonge les pages étonnées que le capitaine consacre au royaume chrétien des montagnes.
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George Vancouver, A Voyage of Discovery to the North Pacific Ocean (1791-1795)
Vancouver était aspirant sur la Discovery pendant ce voyage. Quinze ans plus tard, il commande sa propre expédition, relâche à Dusky Bay puis au détroit de la Reine-Charlotte, et retrouve les souches des arbres coupés par les charpentiers de Cook. Le lecteur y voit ce que deviennent, en une génération, un mouillage familier et les gens qui y campaient.
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George Leonard Staunton, An Authentic Account of an Embassy from the King of Great Britain to the Emperor of China (1797)
En 1793, Lord Macartney conduit auprès de l'empereur Qianlong la première ambassade britannique en Chine, et son secrétaire George Staunton en publie la relation officielle en 1797. Le différend qui l'a rendue célèbre porte sur la prosternation : Macartney refuse de se plier au rite exigé de tous les envoyés tributaires, ceux de Corée compris. Lu à côté du journal de Gwon Beol, le récit anglais montre l'autre face du même cérémonial. Ce que l'ambassadeur coréen accomplit sans discussion, comme le prix d'une relation ancienne, apparaît à l'Anglais comme une humiliation à négocier, et l'échec de sa mission annonce un siècle d'affrontements entre la Chine et l'Occident.
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Alexander von Humboldt, Voyage aux régions équinoxiales du Nouveau Continent (1799-1804)
Deux siècles après Carletti, le savant prussien explore la Nouvelle-Espagne et le Pérou avec les instruments de la science moderne. Là où le marchand notait les prix du cacao et de l'argent, Humboldt mesure, classe et comprend. Les mêmes terres, vues par un esprit du siècle des Lumières, éclairent en retour la curiosité encore tâtonnante du voyageur florentin.
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François Péron, Voyage de découvertes aux terres australes (1800-1804)
L'expédition Baudin passe l'été 1802 en terre de Van Diemen et rencontre longuement les habitants de la côte sud-est, ceux-là mêmes qui sortent des bois à Adventure Bay dans ce tome. Péron, jeune savant curieux et bavard, note leurs noms, leurs chants, leurs manières, et se livre à des mesures de force physique qui en disent plus long sur lui que sur eux. C'est le dernier grand témoignage avant que tout bascule.
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Adam Johann von Krusenstern, Voyage autour du monde (1803-1806)
Vingt-cinq ans plus tard, la Russie fait enfin ce que King avait imaginé pour elle. Krusenstern relie le Kamtchatka au Japon et à Canton, porte une ambassade à Nagasaki qui attend six mois pour se voir éconduire, lève les Kouriles et Sakhaline, et vend à Canton les fourrures de la compagnie russo-américaine. On y lit, page après page, le programme du chapitre 19 exécuté par d'autres, et la première réponse sérieuse à la question que King laissait ouverte : que se passerait-il si le Kamtchatka commerçait directement avec le Japon ?
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John Martin, Récit de William Mariner aux îles Tonga (1806-1810)
En 1806, un mousse anglais nommé William Mariner survit au massacre de son navire et vit quatre ans parmi les Tongiens, adopté par un chef, apprenant la langue et les guerres de l'archipel. Dicté au docteur Martin, son témoignage est le plus intime que l'on ait de cette société de l'intérieur. Il éclaire, mieux qu'aucun autre, ce que Cook n'a pu qu'entrevoir de l'extérieur : le sens du tabou, la place du roi sacré, la logique des fêtes que ce tome décrit avec émerveillement.
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Archibald Campbell, Voyage autour du monde (1809-1810)
Trente ans après le drame, un matelot écossais naufragé et amputé des deux pieds échoue à Hawaï et y passe treize mois, de 1809 à 1810, sous la protection du roi Kamehameha, le Maiha-Maiha de ce tome. Il vit à Honolulu, tisse de la voile pour le souverain, observe une cour où le fer, les navires et les mousquets ont tout changé, et où l'ancien ordre des chefs tient encore. Aucun autre livre ne montre aussi bien ce que devint, en une génération d'homme, le monde décrit dans les derniers chapitres de ce volume.
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Otto von Kotzebue, Voyage dans la mer du Sud et le détroit de Béring (1815-1818)
En 1815, un officier russe repart chercher, dans le détroit même où Cook s'était arrêté, le passage que celui-ci n'avait pu forcer. Sur le brick Rurik, avec le poète et naturaliste Chamisso à bord, Kotzebue découvre au nord du détroit une vaste baie qui porte aujourd'hui son nom, et met au jour des falaises de glace fossile mêlée de terre. Il rôde le long de la banquise, interroge les Tchouktches, et se heurte au même refus que son devancier. Quarante ans après, l'Arctique n'a rien cédé.
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Otto von Kotzebue, Voyage de découverte dans la mer du Sud et le détroit de Béring (1815-1818)
En 1816, un capitaine russe repart chercher le passage par où Cook et Clerke avaient échoué. Il découvre le grand golfe qui porte son nom sur la côte américaine, y trouve des falaises de glace fossile pleines d'ossements de mammouths, mesure les courants du détroit et se heurte à la même banquise, au même endroit, à la même saison. Le savant embarqué, Chamisso, celui-là même qui avait écrit Peter Schlemihl, tient de son côté le journal le plus vivant de l'expédition. Deux générations, une seule barrière.
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Jacques Arago, Promenade autour du monde (1819)
Dessinateur de l'expédition Freycinet, Arago débarque à Hawaï en août 1819, quelques semaines après la mort de Kamehameha et quelques mois avant que son fils ne renverse publiquement la loi du tabou. Il assiste donc au dernier été de l'ordre dont King avait, quarante ans plus tôt, patiemment démonté les règles. Sa plume est vive, bavarde, souvent injuste, et prodigieusement vivante ; on y voit des chefs en habits d'Europe, des morais abandonnés et des interdits que plus personne ne fait respecter. La fin d'un monde vue par un homme qui ne sait pas qu'il la regarde.
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Ferdinand von Wrangel, Le Nord de la Sibérie (1820-1824)
Le chapitre 7 de ce tome soutient que la côte entre le cap Chelatskoï et le cap Nord doit s'infléchir vers l'ouest, et qu'il ne reste presque rien d'inconnu. Wrangel est allé vérifier. De 1820 à 1824, il part de la Kolyma, la rivière même de Deshneff, et pousse quatre fois sur la glace de mer en traîneau à chiens, à la recherche de la terre que les Tchouktches disaient voir au nord. Il ne la trouve pas, manque plusieurs fois de se perdre sur une banquise en dérive, mais relève enfin la côte que King avait devinée. L'île qu'il n'a pas atteinte porte aujourd'hui son nom.
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William Ellis, Polynesian Researches (1822-1825)
Missionnaire à Huahine puis à Hawaï dans les années 1820, Ellis a vu les deux archipels de ce tome à la charnière de leur bouleversement. Il parle les langues, recueille les généalogies et les mythes, décrit les temples avant leur démolition et les rites au moment où on les abandonne. Son témoignage confirme, corrige et complète presque tout ce que Cook avait noté à la hâte, et permet de comprendre après coup ce que signifiait le sacrifice d'Attahooroo.
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John Williams, Récit d'entreprises missionnaires dans les mers du Sud (1823)
Le missionnaire qui aborde Rarotonga en 1823 et parcourt les îles Cook et les Amis inaugure le siècle qui va transformer ces sociétés de fond en comble. Son livre, best-seller de l'Angleterre victorienne, raconte avec ferveur ce que Cook avait laissé intact et que la mission entreprend de refaire. Entre les deux récits tient tout ce qui bascule : les dieux abandonnés, l'étoffe remplacée, le tabou aboli. Williams paie de sa vie, à Erromango, l'œuvre qu'il croit apporter.
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Frederick William Beechey, Voyage vers le Pacifique et le détroit de Béring (1825-1828)
En 1826, le Blossom pousse plus loin que Cook n'avait pu aller. Beechey double le cap de Glace, atteint la pointe Barrow, l'extrémité nord-ouest de l'Amérique, et attend là un Franklin venu par l'intérieur qui n'arrivera jamais. Il complète, mille sur mille, la carte que ce tome laissait inachevée au mur de banquise, décrit les Esquimaux de la côte et leurs échanges avec les Tchouktches d'en face. Son récit ferme, un demi-siècle plus tard, la ligne que Cook avait tracée jusqu'à l'endroit exact où les glaces l'avaient rejeté.
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Egor Timkovski, Voyage à Péking, à travers la Mongolie, en 1820 et 1821 (1827)
Un siècle exactement après Unverzagt, Egor Timkovski, fonctionnaire du département asiatique russe, escorte vers Pékin la nouvelle mission ecclésiastique orthodoxe, comme l'ambassade d'Izmaïlov y conduisait déjà un archimandrite. Parti de Kiakhta en 1820, il suit la route des caravanes par Ourga, le Gobi et Kalgan, puis passe l'hiver dans la capitale des Qing. Son récit, traduit en français en 1827, multiplie les observations sur les Mongols, les lamas, les relais de la steppe et la ville de Pékin. On y mesure ce qui a changé en cent ans, une frontière fixée et un commerce réglé à Kiakhta, et ce qui demeure : le même cérémonial et la même méfiance.
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Jules Dumont d'Urville, Voyage au pôle Sud et dans l'Océanie (1827-1840)
Le navigateur français traverse deux fois la Nouvelle-Zélande, en 1827 puis en 1840, et mouille dans le détroit de la Reine-Charlotte à la veille du traité de Waitangi. Il connaît son Cook par cœur et le cite à chaque anse. Entre les deux récits tiennent soixante ans : les mousquets, les missions, les guerres qui vident les baies, et des chefs qui savent désormais très bien ce qu'un navire annonce.
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Charles Wilkes, Narrative of the United States Exploring Expedition (1840)
Ce que l'expédition de Cook avait manqué, l'Amérique le fit en 1840. Wilkes conduisit deux cents hommes et des tonnes d'instruments jusqu'au sommet du Mauna Loa, y campa des semaines sous la neige et y mesura la pesanteur au pendule. Le récit de cette montée, avec ses porteurs hawaïens, ses tentes gelées et son cratère fumant, répond directement à la marche avortée du chapitre 8, quand trois officiers renoncèrent devant un champ de pierres brûlées. Soixante ans séparent les deux tentatives, et le même volcan les mesure.
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Évariste Huc, Souvenirs d'un voyage dans la Tartarie, le Thibet et la Chine (1850)
En 1844, les lazaristes Évariste Huc et Joseph Gabet quittent leur mission de Xiwanzi, au nord de la Grande Muraille, non loin de Kalgan où Unverzagt entrait en Chine. Vêtus en lamas, ils traversent avec leurs chameaux les steppes mongoles, partagent les yourtes, le thé et les fêtes des nomades, puis poussent jusqu'à Lhassa, d'où ils sont expulsés. Leur récit, plein d'humour et de détails vécus, fut l'un des grands succès de librairie du siècle. Il rend vivant ce qu'Unverzagt note au passage : les campements, les lamas, les caravanes et l'immensité de la steppe entre la Chine et le monde russe.
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Richard Francis Burton, Goa, and the Blue Mountains (1851)
En 1847, le jeune lieutenant Burton, malade, obtient un congé et descend vers Goa avant de monter respirer l'air des Nilgiri, les Montagnes bleues. Il trouve une capitale portugaise presque abandonnée, la Vieille Goa envahie par la végétation, ses églises et ses couvents silencieux, loin de la ville riche où Orta recevait ses visiteurs. Ironique, curieux de tout, déjà fasciné par les langues et les coutumes, Burton décrit les Canarins, les métis, les prêtres et les plantations. Son livre donne la mesure du temps passé : trois siècles après les Colloques, Goa est devenue un décor de ruines.
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George Kennan, La vie sous la tente en Sibérie (1865-1867)
En 1865, une compagnie américaine entreprend de relier New York à Moscou par un télégraphe passant par l'Alaska, le détroit de Béring et la Sibérie. Kennan, vingt ans, est chargé de reconnaître le tracé du Kamtchatka à l'Anadyr. Il vit deux ans chez les Koriaks nomades et les Tchouktches, décrit leurs troupeaux de rennes, leurs jourtes et leurs chamanes, et se retrouve un jour à mille verstes de tout en apprenant que le câble transatlantique vient d'être posé et que son télégraphe n'a plus d'objet. Le pays des chapitres 11 à 14, un siècle plus tard, presque inchangé.
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Mark Twain, Lettres des îles Sandwich (1866)
En 1866, un jeune journaliste débarque à Honolulu pour un journal de Sacramento et reste quatre mois. Twain visite les plantations, descend dans le cratère du Kilauea, essaie la planche de nage et boit la tasse, puis se fait conduire à Kealakekua, devant le monument de Cook, où il écrit quelques pages froides sur ce que le capitaine méritait ou non. Le comique y couvre mal une mélancolie réelle : le royaume qu'il traverse est celui de ce tome, mais dépeuplé, converti, endetté, et déjà tourné vers la Californie.
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Isabella Bird, Six Months in the Sandwich Islands (1873)
En 1873, une Anglaise de quarante ans, malade et intrépide, parcourt Hawaï à cheval, en amazone puis à califourchon, dort dans les cases, descend au bord du cratère du Kilauea et remonte les vallées de Kauai. Un siècle après Cook, elle trouve un royaume chrétien, une monarchie constitutionnelle, des plantations de canne, et sous tout cela la même terre volcanique et les mêmes noms. Le contraste avec la plage de Waimea de janvier 1778 tient en un seul livre.
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Nikolaï Prjevalski, Mongolia i strana tangutov (1875-1876)
En 1870, l'officier russe Nikolaï Prjevalski part de Kiakhta, non loin de la Selenginsk où Unverzagt attendait l'autorisation chinoise, et traverse le Gobi par Ourga et Kalgan jusqu'à Pékin. C'est le début d'une expédition de trois ans qui le mène ensuite dans l'Ordos, l'Alachan, au Koukou-Nor et aux confins du Tibet. Naturaliste autant que militaire, il décrit la steppe, les puits, les tempêtes de sable, les oiseaux et les plantes avec une précision nouvelle. Son livre, traduit en anglais dès 1876, fait passer la route des ambassades du récit de cour à l'exploration : la même steppe, regardée cette fois pour ses reliefs et sa faune plutôt que pour son cérémonial.
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Ernst Haeckel, Indische Reisebriefe (1881-1882)
Deux siècles après Burckhardt, un autre Allemand découvre Ceylan avec émerveillement. Le zoologiste Ernst Haeckel, professeur à Iéna et grand défenseur de Darwin, débarque à Colombo le 21 novembre 1881, après un voyage par Bombay, et reste dans l'île jusqu'en mars 1882. Il installe un laboratoire à Belligemma, l'actuelle Weligama, sur la côte sud non loin de Matara, où Burckhardt avait chaviré, visite Kandy et le jardin de Peradeniya et gravit le plus haut sommet de l'île. Ses lettres, réunies sous le titre Indische Reisebriefe, célèbrent la jungle, la mer et la faune, avec les préjugés raciaux de leur temps.
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Percival Lowell, Chosön, the Land of the Morning Calm (1886)
Percival Lowell, futur astronome de Mars, passe l'hiver 1883-1884 à Séoul, après avoir accompagné aux États-Unis la mission diplomatique coréenne de 1883. Son livre, paru en 1886, décrit la capitale, ses portes fermées à la nuit, ses palais et sa vie de cour, à l'heure où le royaume s'ouvre à peine aux traités occidentaux. Le Séoul que Gwon Beol quitte en 1539 sous les coupes d'adieu est encore, pour l'essentiel, celui que photographie Lowell : même enceinte, mêmes rites, mêmes lettrés. Mais la route de Pékin n'est plus la seule porte du royaume, et le monde centré sur la cour impériale chinoise commence à se défaire.
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Henry E. M. James, The Long White Mountain, or, A Journey in Manchuria (1888)
En 1886, le fonctionnaire britannique Henry E. M. James parcourt la Mandchourie avec l'officier Francis Younghusband et le diplomate Harry Fulford, jusqu'aux monts Changbai, la longue montagne blanche sacrée des Mandchous. Son livre, publié en 1888, décrit les colons chinois qui gagnent désormais les terres autrefois réservées, les auberges, les marchés et les routes de charrettes. Min Jeong-jung avait traversé en 1669 un Liaodong en ruines, vidé par la conquête ; deux siècles plus tard, James trouve une région repeuplée et défrichée. La comparaison mesure le chemin parcouru par cette frontière, du désert militaire au front pionnier.
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Robert Louis Stevenson, Dans les mers du Sud (1888-1890)
Malade et cherchant un climat, l'écrivain écossais navigue de 1888 à 1890 des Marquises aux Gilbert, écoute, questionne, et refuse la carte postale. Il décrit des sociétés qui se souviennent encore du tabou et des morai, et une dépopulation qu'il attribue sans détour au contact européen. Sur les îles de la Société et sur ce que Cook y a laissé sans le vouloir, ses pages valent bien des traités.
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Basil Thomson, Les Distractions d'un premier ministre (1890-1891)
À la fin du dix-neuvième siècle, un jeune fonctionnaire britannique devient, presque par hasard, premier ministre du royaume de Tonga, seul État polynésien à n'avoir jamais été colonisé. Son livre, drôle et fin, décrit une monarchie héritière de l'ancien ordre des Tu'i Tonga de Poulaho, avec ses rites, ses rangs et ses tabous encore vivaces. On y reconnaît, sous le vernis chrétien, l'archipel que Cook avait cru comprendre, et la royauté sacrée qu'il avait devinée derrière les fastes de Feenou.
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Isabella Bird, Korea and Her Neighbours (1898)
Au cours de ses séjours coréens, de 1894 à 1897, la voyageuse anglaise Isabella Bird pousse jusqu'à Moukden en pleine guerre sino-japonaise. Son livre, publié en 1898, décrit la ville que Kim Jong-jeong a connue, désormais remplie de soldats, de blessés et de missionnaires. La comparaison montre ce que cent trente ans ont changé : la Mandchourie gardée par les Huit Bannières et fermée par la Palissade est devenue un champ de bataille entre empires, et la Corée, que Kim défendait pied à pied devant les juges mandchous, a cessé en 1895 d'être vassale de la Chine. Le regard étranger enregistre la fin d'un ordre que le journal de 1764 croyait éternel.
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Dugald Christie, Thirty Years in Moukden, 1883-1913 (1914)
Médecin missionnaire écossais, Dugald Christie s'installe à Moukden, l'ancienne Shenyang, en 1883 et y reste trente ans : il y fonde un hôpital, puis une école de médecine. Ses souvenirs, publiés en 1914, racontent la capitale mandchoue de l'intérieur, à travers les épidémies, la guerre sino-japonaise, la révolte des Boxers, la guerre russo-japonaise et la peste de 1910-1911. On y retrouve la ville, ses yamen et ses tribunaux, où Kim Jong-jeong a vu réécrire les aveux de ses prisonniers, avec cette fois le regard d'un étranger qui a soigné les habitants et partagé leurs épreuves pendant une génération.
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Raymond Rallier du Baty, Aventures aux Kerguelen (1907-1909)
En 1907, un jeune Breton achète un vieux dundee, l'appelle le J.-B. Charcot et part avec cinq hommes vivre plus d'un an sur la terre que Cook appelait la Désolation. Il chasse l'éléphant de mer, dresse des cartes, hiverne dans les fjords, et décrit la même roche bleue, le même varech, les mêmes manchots par milliers. Aucun livre ne donne mieux à sentir ce que Cook a seulement longé pendant huit jours.
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Luigi Barzini, La metà del mondo vista da un'automobile. Da Pechino a Parigi in 60 giorni (1908)
Le 10 juin 1907, le prince Scipione Borghese lance son Itala dans le raid Pékin-Paris, et le journaliste Luigi Barzini tient la chronique de l'équipage. La voiture sort de Chine par Kalgan, franchit le Gobi, passe à Ourga et à Kiakhta, longe le Baïkal, traverse Irkoutsk, Tomsk et l'Oural, puis gagne Moscou et Saint-Pétersbourg : l'itinéraire d'Unverzagt, ou presque, en sens inverse et en deux mois. Barzini raconte les pistes défoncées, les ponts qui cèdent, les villages sibériens et les foules accourues. Deux siècles plus tard, la même route reste une épreuve, mais on la parcourt désormais pour la vitesse plutôt que pour un traité.
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Rabindranath Tagore, Japan-Jatri (1919)
En mai 1916, Rabindranath Tagore, prix Nobel de littérature trois ans plus tôt, quitte Calcutta sur le Tosa Maru, un petit cargo japonais, et suit la route de Mallick par Rangoun et les mers d'Asie jusqu'au Japon. Ses lettres de voyage, parues d'abord dans des revues bengalies puis réunies en 1919 sous le titre Japan-Jatri, racontent la tempête du golfe du Bengale, les passagers de pont montés à Rangoun, puis un pays qui s'est modernisé sans renoncer à sa beauté. Douze ans après Mallick, un autre Bengali regarde l'Asie de l'Est comme un miroir tendu à l'Inde, entre admiration pour l'énergie des peuples et inquiétude devant le modèle européen.
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William Somerset Maugham, The Gentleman in the Parlour (1930)
En 1922 et 1923, William Somerset Maugham débarque à Rangoun, parcourt la Birmanie jusqu'à Mandalay, puis gagne à dos de mule les États shan et la frontière du Siam, avant de poursuivre par Bangkok et le Cambodge jusqu'à Haiphong. Son récit, paru en 1930, mêle paysages de fleuve et de jungle, rencontres de hasard, petits portraits de fonctionnaires britanniques et d'aventuriers échoués, et réflexions sur l'art de voyager. On y retrouve la Birmanie britannique que Mallick avait observée une génération plus tôt, ses pagodes, ses moines et ses bazars, cette fois par les yeux d'un Anglais ironique et lucide sur le monde colonial auquel il appartient.
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Owen Lattimore, Manchuria: Cradle of Conflict (1932)
Après avoir parcouru la Mandchourie en 1929 et 1930, chez les colons chinois, les Mongols et les peuples de la forêt, Owen Lattimore publie en 1932 un livre nourri de ses routes et de ses rencontres. Il y montre la Mandchourie comme une succession de frontières, où la Palissade des saules, que Kim Jong-jeong franchit en 1764, séparait les terres réservées aux Mandchous de celles ouvertes aux paysans chinois. Le livre paraît au moment où le Japon s'empare de la région. Il éclaire, avec un siècle et demi de recul, la logique de cloisonnement que l'enquêteur coréen subissait à chaque poste de garde sans la nommer.
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Henri Michaux, Un barbare en Asie (1933)
En 1930 et 1931, le poète belge Henri Michaux traverse l'Inde, l'Asie du Sud-Est, la Chine et le Japon. Un barbare en Asie, paru en 1933, n'a rien d'un guide : c'est une suite de notes vives et partiales sur les gestes, les visages, les foules, le théâtre, l'écriture et les religions. Comme Mallick devant les Chinois de Hong Kong et d'Amoy, Michaux s'émerveille de l'énergie et de la retenue chinoises, s'interroge sur la place des femmes et sur la force des caractères écrits, et compare sans cesse ce qu'il voit à son propre monde, avec un humour qui n'épargne personne, pas même lui.
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Peter Fleming, One's Company: A Journey to China (1934)
En 1933, le jeune journaliste Peter Fleming gagne la Chine par le Transsibérien et traverse le Mandchoukouo, l'État créé par le Japon un an plus tôt, avant de poursuivre vers le sud jusqu'aux zones de guerre entre nationalistes et communistes. One's Company, paru en 1934, est un récit drôle et lucide. Sur les terres que Min Jeong-jung parcourait sous l'œil des Mandchous victorieux, Fleming voit un nouveau conquérant installer ses garnisons et ses fonctionnaires. Près de trois siècles après la chute des Ming, la Mandchourie reste ce qu'elle était pour l'ambassadeur coréen : un pays de passage, tenu par la force et par ceux qui la détiennent.
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Paul Theroux, The Great Railway Bazaar (1975)
En 1973, l'Américain Paul Theroux part de la gare Victoria, à Londres, et gagne Tokyo presque uniquement en train, par l'Iran, l'Afghanistan, l'Inde, la Birmanie, la Malaisie, Singapour et le Viêt Nam, avant de rentrer par le Transsibérien. Son livre, paru en 1975, est devenu un classique du récit de voyage moderne : compagnons de compartiment, conversations de quai, rails qui traversent des pays en guerre ou à bout de souffle. Soixante-dix ans après Mallick, la même mosaïque de peuples défile entre Rangoun et Singapour, et le même goût des portraits saisis sur le vif, tendres ou cruels, tient tout le récit.
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Jan Morris, Hong Kong (1988)
Jan Morris, qui avait suivi pour la presse britannique la conquête de l'Everest en 1953, consacre en 1988 un grand livre à Hong Kong, alors à neuf ans de sa rétrocession à la Chine. Elle y raconte la naissance de la colonie après la guerre de l'opium, le règne des grandes maisons de commerce, les sampans de la rade, le Pic et ses villas, Kowloon et la frontière, et la foule chinoise qui fait vivre la ville sous le drapeau britannique. Les décors que Mallick découvrait au début du siècle, le funiculaire, le jardin botanique, la douane de l'opium, y prennent toute leur profondeur historique, jusqu'au crépuscule de l'Empire.