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George Bethune English, A Narrative of the Expedition to Dongola and Sennaar (1822)
Derrière le renégat américain que Waddington croise au camp, Mahommed Effendi, on reconnaît George Bethune English. Né à Boston, converti à l'islam, il sert comme officier d'artillerie dans l'armée d'Ismaïl Pacha, qu'il suit jusqu'au Sennar. Son récit, publié à Londres en 1822, raconte la même campagne vue de l'intérieur des troupes : les marches, les combats contre les Sheygy'a, la soumission des rois, la progression vers le sud au-delà de Djebel Barkal. Lire les deux livres ensemble, c'est entendre deux versions de la même guerre, celle du soldat converti et celle du visiteur anglais qui le tient en mépris.
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Frédéric Cailliaud, Voyage à Méroé, au fleuve Blanc, au-delà de Fâzoql (1826-1827)
Le Français Frédéric Cailliaud, que Waddington croise sur le chemin du retour, rejoint l'armée d'Ismaïl Pacha au début de 1821 avec son compagnon Letorzec. Plus heureux que les deux Anglais, il obtient de la suivre vers le sud : il atteint les pyramides de Méroé, qu'il est l'un des premiers Européens à décrire, puis le Sennar et le Fazoghli. Son livre, publié à Paris en plusieurs volumes accompagnés d'un atlas, complète celui de Waddington. Là où le journal anglais s'arrête à Djebel Barkal, Cailliaud prolonge la route et montre que la ville de Méroé se trouvait bien plus au sud.
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George Alexander Hoskins, Travels in Ethiopia, above the Second Cataract of the Nile (1835)
En 1833, une douzaine d'années après Waddington, l'Anglais George Alexander Hoskins remonte le Nil au-delà de la Seconde Cataracte. La Nubie est désormais une province égyptienne, et il voyage avec une liberté que ses prédécesseurs n'avaient pas. Il visite Djebel Barkal, pousse jusqu'aux pyramides de Méroé, qu'il décrit avec soin, et consacre une part de son livre à l'état du pays sous la domination de Méhémet Ali. C'est la suite naturelle du journal de Waddington : les mêmes temples et les mêmes villages, revus une fois la guerre terminée et l'administration égyptienne installée.
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Richard Lepsius, Briefe aus Aegypten, Aethiopien und der Halbinsel des Sinai (1852)
Envoyé par le roi de Prusse à la tête d'une grande expédition scientifique, l'égyptologue Richard Lepsius parcourt l'Égypte et le Soudan de 1842 à 1845. Il remonte jusqu'à Méroé et au Nil Bleu, puis séjourne à Djebel Barkal, dont il relève les temples et les pyramides avec une précision nouvelle. Ses lettres, publiées en 1852, racontent ce voyage au fil des jours. Lepsius identifie les ruines de Djebel Barkal à Napata, l'ancienne capitale des rois de Koush, conclusion que Waddington défendait déjà. L'antiquaire de Cambridge avait vu juste, avec des moyens bien plus modestes et en pleine guerre.
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Winston Churchill, The River War (1899)
Jeune officier et correspondant de guerre, Winston Churchill participe en 1898 à la campagne de Kitchener contre l'État mahdiste et combat à Omdurman. Son livre retrace la reconquête du Soudan par les armées anglo-égyptiennes, la remontée du Nil par Dongola et la voie ferrée lancée à travers le désert depuis Wadi Halfa. Près de quatre-vingts ans après Ismaïl Pacha, une autre armée venue d'Égypte reprend le même chemin le long du fleuve, entre les cataractes et les déserts que traversaient Waddington et Hanbury. Le livre revient aussi sur la conquête de 1820, point de départ de toute cette histoire.
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Paul Theroux, Dark Star Safari (2002)
En 2001, Paul Theroux part du Caire pour gagner Le Cap par voie de terre, en train, en autocar, en camion et parfois en convoi armé. Au Soudan, il suit le Nil, s'attarde à Khartoum et à Omdurman, puis prend la route de la Nubie. L'écrivain américain, qui a enseigné en Afrique dans sa jeunesse, observe sans indulgence l'état des pays traversés et le rôle des organisations d'aide. Près de deux siècles après Waddington, la vallée nubienne reste une terre de passage, de villages riverains et de ruines antiques, où le voyageur étranger dépend encore de la bonne volonté de ceux qu'il rencontre.