Nos titres sur ce sujet
À lire aussi : récits et ouvrages sur le même thème
Récits et ouvrages autour de ce sujet, classés par date, pour situer nos titres. Un lien mène à une édition libre en ligne quand elle existe, ou à notre fiche lorsque l'ouvrage fait partie de notre catalogue.
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Jean de Surville, Journal du voyage du Saint-Jean-Baptiste (1769-1770)
En décembre 1769, un navire marchand français cherchait lui aussi une terre dans le Pacifique et longeait la côte nord de la Nouvelle-Zélande. Cook et de Surville passèrent à quelques dizaines de lieues l'un de l'autre, dans la même tempête, sans jamais se voir. Le journal du Français, longtemps oublié, raconte l'autre visage de cet instant : un équipage rongé par le scorbut, une relâche tendue avec les Maoris, un otage emmené de force. Lire ces pages en regard du journal de Cook, c'est saisir combien la découverte tenait au hasard des routes et des vents.
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Louis-Antoine de Bougainville, Voyage autour du monde (1771)
Six ans avant que Cook ne relâche à Tahiti, le Français Bougainville y avait planté son pavillon et rebaptisé l'île Nouvelle-Cythère. Son récit, publié en 1771, invente pour l'Europe le mythe du paradis océanien : îles parfumées, accueil des femmes, hommes libres et heureux. Là où Cook observe, compte et doute, Bougainville s'enflamme et rêve. Lire les deux côte à côte, c'est voir naître sous nos yeux deux manières opposées de raconter le Pacifique, l'une savante et prudente, l'autre lyrique, et comprendre pourquoi Tahiti est entrée si vite dans l'imaginaire des philosophes des Lumières.
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Julien Crozet, Nouveau voyage à la mer du Sud (1771-1772)
Marion du Fresne quitte l'île de France en 1771, aperçoit dans la brume les deux îles que Cook baptisera du Prince-Édouard, puis gagne la Nouvelle-Zélande où il est tué avec vingt-six de ses hommes dans la baie des Îles, en juin 1772. Crozet, son second, ramène les navires et publie le récit. Tout ce qui hante la relâche de Cook au détroit de la Reine-Charlotte est là, vu de l'autre bord : la confiance, la rupture qu'on ne comprend pas, la vengeance, et la question que Cook se pose à voix haute devant Kahoora.
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Pierre Sonnerat, Voyage à la Nouvelle-Guinée (1771-1772)
Naturaliste et dessinateur, Sonnerat parcourt en 1771 et 1772 les îles de la mer des Indes et les côtes de la Nouvelle-Guinée, herborisant, croquant oiseaux et coutumes, mêlant à ses observations sa part de fables. Contemporain exact des îles des Amis de Cook, il donne à voir un autre Pacifique, plus occidental, où l'Europe commence à peine à démêler le vrai du merveilleux. À le lire, on mesure ce que la méthode d'Anderson, sobre et vérifiée, apporte de neuf au regard sur ces mers.
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Marc-Joseph Marion du Fresne, Relation du voyage (1772)
Deux ans après Cook, un autre navigateur français jeta l'ancre dans la baie des Îles, ces rivages mêmes que l'Endeavour venait de longer. L'escale, d'abord cordiale, s'acheva dans le sang : Marion du Fresne et une partie de ses hommes furent tués par les Maoris qu'ils croyaient amis. La relation de ce voyage éclaire d'une lumière crue ce que le journal de Cook laisse deviner : la fragilité des premiers contacts, où un malentendu suffisait à faire basculer l'hospitalité en guerre.
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John Hawkesworth, Relation des voyages entrepris pour faire des découvertes dans l'hémisphère méridional (1773)
Deux ans avant l'Endeavour, un autre navire anglais, le Dolphin, avait touché Tahiti et en avait rapporté la nouvelle qui décida de l'escale de Cook. La grande compilation de Hawkesworth, parue en 1773, rassemble ces expéditions de Byron, Wallis et Carteret dans le Pacifique. On y lit la découverte de Tahiti telle que la Royal Navy la connut d'abord, ce Dolphin dont le journal de Cook garde partout le souvenir. C'est l'avant-scène des mers du Sud, juste avant que l'Endeavour n'en fasse le tour.
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Sydney Parkinson, A Journal of a Voyage to the South Seas (1773)
Dessinateur du premier voyage de Cook, mort en mer avant le retour, Parkinson a laissé un journal publié en 1773 par sa famille. On y suit l'Endeavour le long des mêmes côtes néo-zélandaises et australiennes que Cook venait de révéler. Le ton est celui d'un jeune homme émerveillé et scrupuleux, qui note les mots des langues rencontrées et croque plantes et visages. C'est le premier regard européen prolongé sur ces rivages, celui qui a préparé le terrain du deuxième voyage raconté ici.
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John Ledyard, Journal du dernier voyage du capitaine Cook (1776-1780)
Un caporal américain des soldats de marine se trouvait à Kealakekua ce matin-là. Rentré chez lui, Ledyard publia à Hartford, en 1783, un récit du voyage qui devança de plus d'un an l'édition officielle et raconta la mort de Cook sans passer par l'Amirauté. Le ton est libre, parfois emprunté à d'autres, et le jugement sévère sur la conduite des officiers. C'est le premier contrepoint au texte que l'on vient de lire : deux hommes, la même plage, le même quart d'heure, et deux versions dont la comparaison a occupé les historiens depuis.
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Georg Forster, Voyage autour du monde (1777)
Embarqué à dix-sept ans sur la Resolution aux côtés de son père, le jeune Forster a vécu exactement les scènes que raconte Cook, mais il en donne une version tout autre : sensible, colorée, attentive aux gens plus qu'aux relèvements. Publié en 1777, la même année que le récit officiel, son livre est le contrechamp intime du nôtre. On y retrouve les îles des Amis, le cannibalisme maori, l'île de Pâques, mais vus par un adolescent cultivé qui deviendra l'un des grands prosateurs allemands. Le double regard, celui du capitaine et celui du passager, éclaire tout le voyage.
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Jean-François de La Pérouse, Voyage autour du monde (1785-1788)
Dix ans après Cook, La Pérouse traverse les mêmes eaux, relâche aux îles des Navigateurs voisines, et y perd son second dans un guet-apens qui répond, comme un écho sinistre, à toutes les amitiés fastueuses de ce tome. Son récit, sauvé du naufrage final par des copies expédiées à temps, montre le revers de la médaille polynésienne : la même mer, les mêmes chefs magnifiques, et la violence que Cook a côtoyée sans toujours la voir venir.
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William Bligh, A Voyage to the South Sea (1787-1789)
Bligh apprit son métier de navigateur auprès de Cook, dont il fut le maître au troisième voyage. En 1788, il revient à Matavai chercher des arbres à pain et y passe cinq mois. Ce que Cook n'avait qu'entrevu, la lente corrosion des équipages par la douceur des îles, éclate ici en mutinerie. Le même mouillage, le même chef Otoo devenu plus puissant, la même méthode nautique, et une catastrophe humaine que Cook avait redoutée sans jamais la subir.
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James Morrison, Journal de bord de la Bounty et Mémoire sur Tahiti (1789-1792)
Le maître d'équipage de la Bounty, resté à Tahiti après la mutinerie de 1789, y vit près de deux ans avant d'être capturé, condamné, puis gracié. Son mémoire, écrit en prison, est la description la plus détaillée que l'on ait de la société tahitienne avant sa conversion : les arioi, les morai, le maro royal, les guerres de district, tout ce que Cook n'apercevait qu'en visiteur. Il éclaire de l'intérieur les chapitres d'Anderson, douze ans plus tard, sur les mêmes îles.
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William Bligh, Relation de l'enlèvement du navire le Bounty (1790)
Dix-huit ans après l'Endeavour, chassé de son bord par la révolte, le lieutenant Bligh accomplit dans une simple chaloupe l'une des plus extraordinaires traversées de l'histoire de la mer. Sa route recoupe presque exactement celle de Cook : le détroit qui sépare la Nouvelle-Hollande de la Nouvelle-Guinée, puis Timor, où lui aussi arrive épuisé et affamé. Ancien élève de Cook, dont il avait été le maître au dernier voyage, Bligh applique les leçons de son maître à survivre. Deux récits de la même mer semée de récifs, à quelques années d'écart.
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Jean-François de Lapérouse, Voyage autour du monde (1797)
Quinze ans après Cook, la France envoie à son tour deux navires reconnaître le Pacifique. Lapérouse suit une part des routes de l'Endeavour, salue partout la mémoire du grand marin anglais, puis disparaît corps et biens à Vanikoro. Son journal, sauvé et publié en 1797, referme l'âge héroïque des découvertes océaniennes comme le journal de Cook l'avait ouvert. Le lecteur y retrouve les mêmes îles, déjà changées par le passage des Européens, et cette obsession des Lumières de tout cartographier avant de mourir.