Nos titres sur ce sujet
XVIe siècle
À lire aussi : récits et ouvrages sur le même thème
Récits et ouvrages autour de ce sujet, classés par date, pour situer nos titres. Un lien mène à une édition libre en ligne quand elle existe, ou à notre fiche lorsque l'ouvrage fait partie de notre catalogue.
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Cosme de Médicis et les humanistes florentins, Chroniques de la Renaissance, première moitié du XVIe siècle (1500-1550)
Au moment où Pierre Gilles arpente Constantinople, Florence vient d'enterrer la République et passe définitivement aux mains des Médicis. La même passion pour l'antiquité traverse l'Europe, mais elle prend à Florence la forme de mécénat aristocratique, alors qu'à Constantinople elle est, pour Gilles, mission de sauvetage. Les humanistes florentins du milieu du siècle, qui constituent leurs collections de monnaies, de gemmes et de manuscrits grecs, sont les exacts contemporains du savant d'Albi. À lire en parallèle pour mesurer ce qui les sépare : le confort du cabinet contre la fièvre du terrain.
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Ludovico di Varthema, Itinerario (1502-1508)
Pendant que Dürer marchande des perles sur la Riva, un Bolonais revient d'un voyage qui l'a mené beaucoup plus loin que les comptoirs de Venise. Ludovico di Varthema part en 1502, gagne Damas, se fait passer pour un mamelouk et entre à La Mecque avec une caravane de pèlerins, avant de pousser jusqu'au Yémen, à la Perse, à l'Inde et aux îles des épices. Son Itinerario, imprimé à Rome en 1510, connaît aussitôt un grand succès. On y voit, à la source, les marchandises que les marchands allemands du Fondaco viennent chercher à Venise, et l'on mesure la richesse que Venise tire de ce commerce.
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Ludovico di Varthema, Itinéraire (1510)
Quelques années avant les Parmentier, ce Bolonais aventureux avait gagné par voie de terre et de mer l'Arabie, la Perse, l'Inde et les îles de la Sonde, jusqu'à Sumatra. Son itinéraire, vite traduit dans toute l'Europe, est l'un des premiers à décrire au lecteur occidental les ports d'épices que Crignon atteindra par le Cap. Varthema voyage en curieux solitaire, déguisé, glissé dans les caravanes ; les Dieppois arrivent en équipage armé. Mais ils foulent les mêmes rivages, et la fascination pour le poivre et l'or y est la même.
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Tomé Pires, Suma Oriental (1512-1515)
Apothicaire lisbonnais passé aux Indes, Tomé Pires rédige à Malacca et en Inde, entre 1512 et 1515, la Suma Oriental, inventaire des côtes, des ports, des souverains et des marchandises de la mer Rouge jusqu'au Japon. Choisi ensuite comme ambassadeur du roi de Portugal auprès de l'empereur de Chine, il débarque à Canton en 1517 et attend l'audience impériale jusqu'en 1521 ; la mort de l'empereur Zhengde fait tourner l'ambassade au désastre, et Pires ne reverra jamais l'Europe. Son manuscrit, longtemps oublié, n'a été publié qu'au XXe siècle. Au moment où Tschudi s'émerveille des galéasses de Venise, Pires décrit le commerce d'Asie que Lisbonne est en train de leur ravir.
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Sigismund von Herberstein, Commentaires sur la Moscovie (Rerum Moscoviticarum Commentarii) (1517-1526)
En 1517, deux ans avant le départ de Glaris, le diplomate carniolien Sigismund von Herberstein arrive à Moscou au nom de l'empereur Maximilien pour réconcilier le grand-prince Vassili III avec la Pologne ; il y retourne en 1526. De ces deux ambassades naissent les Rerum Moscoviticarum Commentarii, publiés à Vienne en 1549, qui resteront longtemps la référence des lecteurs occidentaux sur la Moscovie : ses fleuves, ses routes d'hiver, sa cour, son Église. Tschudi range les Moscovites et les Russes parmi les communautés orientales attachées au patriarche de Constantinople, sur la foi de ses lectures ; Herberstein est allé observer ce monde orthodoxe sur place.
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Sigismund von Herberstein, Commentaires sur la Moscovie (1517-1526)
Diplomate de l'empereur, Herberstein se rend deux fois auprès du grand-prince Vassili III, en 1517 puis en 1526, au moment même où se prépare l'armada de Narváez. Il en tire en 1549 un livre latin qui révèle la Moscovie à l'Europe : routes de neige parcourues en traîneau, fleuves gelés, cour fastueuse et méfiante, peuples du Nord aux confins de la Sibérie. Comme Cabeza de Vaca chez les nations du Texas, il note les coutumes, les mariages, la manière de faire la guerre, et regarde un monde voisin que l'Europe occidentale ignorait presque entièrement.
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Bernal Díaz del Castillo, Histoire véridique de la conquête de la Nouvelle-Espagne (1519-1521)
Vieux soldat de Cortés, Bernal Díaz raconte la prise de Mexico à laquelle il a participé, avec une mémoire de témoin et une rancune de subalterne. Carletti arrive dans cette même ville deux générations plus tard, quand la conquête est devenue administration et commerce de cacao. Le lecteur passe ainsi du fracas de la chute de Tenochtitlan au marché paisible que décrit le marchand toscan : deux états d'un même lieu, le sang d'abord, l'argent ensuite.
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Antonio Pigafetta, Le Premier Tour du monde de Magellan (1519-1522)
Quatre-vingts ans avant Carletti, ce gentilhomme de Vicence s'embarque avec Magellan et tient le journal du premier tour du monde de l'histoire. Là où Carletti voyage seul, pour son propre compte et son seul plaisir de savoir, Pigafetta accompagne une expédition d'État qui cherche la route des épices et y laisse presque tous ses hommes. Les deux récits se répondent : même Pacifique interminable, mêmes Philippines, mais Pigafetta inaugure ce que Carletti, marchand mélancolique, viendra clore en amateur. À lire pour mesurer ce qui sépare l'exploit collectif de l'aventure intime.
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Hernán Cortés, Lettres de relation (1519-1526)
Les objets qui bouleversent Dürer à Bruxelles en août 1520, le soleil d'or, la lune d'argent, les armes et les parures, viennent de Cortés. Le conquistador les a envoyés à Charles Quint avec ses premiers messagers, et c'est au même souverain qu'il adresse ses lettres de relation. La deuxième, datée du 30 octobre 1520, une semaine après le couronnement d'Aix-la-Chapelle auquel assiste Dürer, décrit Tenochtitlan, ses marchés, ses temples et la cour de Moctezuma, puis la fuite désastreuse des Espagnols. Lire les deux textes ensemble, c'est voir la même conquête depuis ses deux bouts : la cité convoitée et bientôt détruite d'un côté, l'émerveillement d'un artiste devant ses trésors de l'autre.
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Hernán Cortés, Lettres de relation sur la conquête du Mexique (1519-1526)
En 1519 encore, pendant que les Confédérés négocient leur passage avec le patron Delphin, Hernán Cortés débarque sur la côte du golfe du Mexique, fonde Veracruz, se coupe de toute retraite en faisant échouer ses navires et marche sur Tenochtitlan, où Moctezuma le reçoit le 8 novembre, quelques jours avant le retour de Tschudi à Glaris. Ses lettres à Charles Quint, écrites entre 1519 et 1526, décrivent la ville lacustre, ses marchés et ses temples, puis la guerre et la chute de la capitale aztèque. La même année, deux Europe se mettent en route : l'une va prier sur un tombeau sous la garde ottomane, l'autre s'empare d'un empire.
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Hernán Cortés, Lettres de la conquête du Mexique (1519-1526)
Au moment même où les Parmentier longent l'Afrique, Cortés vient de soumettre l'empire aztèque et adresse à Charles Quint ses longues lettres-rapports. On y respire l'autre versant de l'aventure océanique : non plus le marchand qui négocie un sac de poivre, mais le conquérant qui renverse un empire. Lire Cortés après Crignon, c'est mesurer l'écart entre la France qui n'a rien à conquérir et l'Espagne qui dévore un continent, entre le pilote qui mesure des latitudes et le capitaine qui brûle des villes.
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Francisco Álvares, Vraie information des terres du Prêtre Jean (1520-1526)
En avril 1520, trois mois avant que Dürer quitte Nuremberg, une ambassade portugaise débarque à Massaoua, sur la mer Rouge, pour rejoindre le roi chrétien d'Éthiopie que l'Europe appelle le Prêtre Jean. Son chapelain, Francisco Álvares, y reste six ans et en rapporte un récit publié à Lisbonne en 1540 : églises taillées dans le roc, cour itinérante du négus, rites d'une chrétienté restée à l'écart de Rome. Le contraste avec le journal de Dürer est saisissant. Le peintre voit la chrétienté latine se déchirer autour de Luther, pendant que le prêtre portugais découvre, au fond de l'Afrique, une Église que personne en Europe ne connaissait vraiment.
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Francisco Álvares, Vraie information des terres du Prêtre Jean des Indes (1520-1526)
Au printemps 1520, quelques mois après le retour de Tschudi, le chapelain portugais Francisco Álvares débarque à Massaoua avec l'ambassade envoyée au négus Lebna Dengel, ce souverain chrétien que l'Europe confondait avec le Prêtre Jean des légendes. Il reste six ans en Éthiopie, décrit les églises taillées dans le roc, les monastères, les fêtes et la cour itinérante du roi, puis publie son récit à Lisbonne en 1540. Tschudi consacre un chapitre entier aux chrétiens d'Orient, Abyssins et Nubiens compris, qu'il ne connaît que par les livres et par ce qu'il a entrevu à Jérusalem ; Álvares, lui, est allé les voir chez eux.
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Francisco Álvares, Vraie information sur les terres du Prêtre Jean des Indes (1520-1526)
Chapelain d'une ambassade portugaise, Álvares passe six ans, de 1520 à 1526, à la cour de l'empereur d'Éthiopie, que l'Europe identifiait alors au légendaire Prêtre Jean. Il suit le camp impérial de province en province, assiste aux fêtes et aux baptêmes, et décrit les églises taillées dans le roc de Lalibela. Publié à Lisbonne en 1540, son livre est, comme la relation de Cabeza de Vaca, celui d'un homme resté des années chez un peuple lointain, et qui revient dire au roi ce que les fables avaient caché.
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Peter Füssli, Voyage à Jérusalem en 1523 et lettre sur la chute de Rhodes (1523)
Quatre ans après Tschudi, un autre Confédéré prend la route du Saint-Sépulcre : le Zurichois Peter Füssli, fondeur de cloches et de canons, ancien capitaine des guerres d'Italie et membre du Grand Conseil de sa ville. Son récit de 1523, plus sec que celui du Glaronnais, suit la même route des pèlerins par Venise, mais il s'accompagne d'une lettre sur la chute de Rhodes, prise par Soliman le Magnifique à la fin de 1522 : l'île où Tschudi avait fait enterrer Peter Falck et Melchior zur Gilgen est désormais ottomane, et ses chevaliers sont partis. Les deux textes de Füssli ont été édités ensemble en 1982, et leur lecture prolonge directement l'aparté rétrospectif de Tschudi sur Rhodes.
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Léon l'Africain, Description de l'Afrique (1526)
Né à Grenade, élevé à Fès, al-Hasan al-Wazzan a parcouru le Maghreb, le Sahara et la boucle du Niger jusqu'à Tombouctou quand des corsaires chrétiens le capturent en 1518 et l'offrent au pape Léon X. Baptisé, installé à Rome, il achève en 1526, l'année où Narváez reçoit sa capitulation pour la Floride, une description de l'Afrique en italien, publiée par Ramusio en 1550. Son Maroc atlantique est celui d'où venait Estevanico. Deux hommes passés d'une rive à l'autre de la Méditerranée et de la foi, chacun interprète malgré lui entre deux mondes.
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Décadas de Orbe Novo, Pierre Martyr d'Anghiera, 1530 (1530)
Le clerc italien employé à la cour de Castille recueille pendant trente ans les premiers témoignages des navigateurs : Colomb, Cortés, les conquêtes de Cuba, du Mexique, du Darién. Son latin élégant fait passer le Nouveau Monde dans la culture humaniste européenne. Lizárraga écrit à la génération suivante : la stupéfaction des débuts a cédé la place à l'inventaire méthodique, mais l'écho des décennies pionnières traverse encore son récit, dans les pages sur l'origine des Indiens et sur les fondations primitives.
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Jacques Cartier, Bref récit et succincte narration de la navigation faite en 1535 et 1536 (1535-1536)
Pendant que les quatre survivants marchent de peuple en peuple vers le Sinaloa, à l'autre bout du continent Jacques Cartier remonte le Saint-Laurent jusqu'à Hochelaga, puis hiverne à Stadaconé. Le scorbut tue vingt-cinq de ses hommes ; les Iroquoiens leur enseignent le remède de l'annedda, une décoction d'écorce de conifère. Les mêmes années, 1535 et 1536, deux Européens découvrent l'Amérique du Nord par ses habitants : l'un soigné par eux, l'autre devenu leur guérisseur. Le Bref récit, publié en 1545, figure aussi dans la collection.
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Fernão Mendes Pinto, Pérégrination (1537-1558)
L'année où Cabeza de Vaca débarque à Lisbonne, 1537, Mendes Pinto en part pour l'Asie, qu'il parcourt pendant plus de vingt ans : Éthiopie, Malaisie, Chine, Japon. Il se dit treize fois captif et dix-sept fois vendu, naufragé, mendiant, marchand, presque moine. Publiée à titre posthume en 1614, sa Pérégrination mêle le vécu et le romanesque, et ses lecteurs ont longtemps douté de lui. On y retrouve pourtant ce que raconte Cabeza de Vaca : l'Européen dépouillé de tout, qui ne survit qu'en s'adaptant aux peuples dont il dépend.
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Hidalgo d'Elvas, Relation véridique des travaux du gouverneur Hernando de Soto (1539-1543)
L'année même du retour de Cabeza de Vaca, Hernando de Soto obtient la Floride ; il y débarque en 1539, à son tour dans la région de la baie de Tampa. Ses hommes passent l'hiver à Apalache, recueillent Juan Ortiz, un Espagnol venu chercher Narváez et resté plus de dix ans chez les Indiens, puis errent quatre ans dans le Sud-Est. Soto mort, les survivants construisent des brigantins, descendent le Mississippi et longent la côte jusqu'à Pánuco, ce port que les barques de 1528 n'avaient jamais atteint. Un chevalier portugais anonyme en publie le récit à Évora en 1557.
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Francisco Álvares, Verdadeira informação das terras do Preste João das Índias (1540)
Chapelain de l'ambassade portugaise envoyée auprès du négus d'Éthiopie, Francisco Álvares passe six ans, de 1520 à 1526, dans le royaume chrétien que l'Europe croyait être celui du Prêtre Jean. Son récit, imprimé à Lisbonne en 1540, au moment où s'achève la mission de Gwon Beol, décrit les camps royaux, les églises taillées dans le roc, les audiences sans cesse différées et les présents disputés. Les deux textes se répondent : une ambassade retenue loin de chez elle, une cour qui fait attendre, des interprètes dont tout dépend, et un envoyé qui consigne jour après jour l'avancement incertain de sa mission.
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Pedro de Castañeda de Nájera, Relation de l'expédition de Cíbola (1540-1542)
Les récits des quatre survivants ont fait rêver Mexico de villes riches au Nord. En 1539, Estevanico guide le franciscain Marcos de Niza vers les sept cités de Cíbola et y est tué ; l'année suivante, Coronado part avec une armée. Simple soldat, Castañeda raconte vingt ans plus tard les villages de pierre des Zuñis, le Grand Canyon, les plaines couvertes de bisons, les vaches à bosse que Cabeza de Vaca avait décrites, et la Quivira introuvable. Le mirage d'Apalache se répète plus à l'ouest, avec la même déception.
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Pierre Belon, Les Observations de plusieurs singularités et choses mémorables (1546-1549)
Le naturaliste manceau Pierre Belon part en 1546 dans la suite de l'ambassade française auprès de Soliman et ne rentre qu'en 1549. Ses Observations, publiées en 1553, mènent le lecteur en Grèce, en Crète, à Constantinople, en Égypte et en Terre sainte, mais avec un autre regard que celui de Tschudi : Belon note les plantes, les poissons, les serpents, les remèdes et les métiers, et décrit les gens plus que les reliques. Une génération après le pèlerin de Glaris, la Méditerranée orientale devient un terrain d'enquête savante, et la route de Jérusalem un chemin de curieux autant que de dévots. Les escales de Candie et de Rhodes y prennent un tout autre relief.
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Sigismund von Herberstein, Rerum Moscoviticarum Commentarii (1549)
Diplomate au service des Habsbourg, Sigismund von Herberstein se rend deux fois à Moscou, en 1517 puis en 1526, auprès du grand-prince Vassili III. Il en tire en 1549 un tableau de la Moscovie, de ses routes d'hiver, de son cérémonial et de ses usages de cour, qui restera longtemps la référence européenne sur le pays. Le rapprochement avec Gwon Beol est direct : deux envoyés rompus au protocole, deux longues routes enneigées vers une capitale lointaine, deux hommes qui notent les préséances, les présents et les audiences avec la même minutie. À l'ouest comme à l'est du continent, la diplomatie se fait d'abord à cheval et à force de patience.
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Jean Léon l'Africain, Description de l'Afrique (1550)
Né à Grenade, élevé à Fès, Hassan al-Wazzan voyage au début du XVIe siècle du Maroc à Tombouctou, de l'Égypte au Levant, avant d'être capturé par des corsaires chrétiens et offert au pape Léon X. À Rome, il écrit en italien une description de l'Afrique que Ramusio imprime à Venise en 1550. Comme Orta, cet homme de deux mondes passe entre les langues, les religions et les savoirs, et livre à l'Europe ce qu'elle ignorait d'un continent voisin. Son Afrique de marchés, de caravanes et de royaumes répond à l'Inde des marchands et des sultans que décrit le médecin de Goa.
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Crónica del Perú, Pedro de Cieza de León, 1553 (1553)
Le soldat-chroniqueur a parcouru les mêmes routes que Lizárraga, une génération plus tôt. Il a vu Cajamarca après Atahualpa, Cuzco après Pizarro, Potosí à ses débuts. Sa prose, simple et précise, est la grande source des descriptions du Pérou des conquêtes. Lizárraga le connaît, le cite parfois sans le dire. Lire Cieza après Lizárraga, c'est remonter d'une génération, retrouver les villes sous leurs premiers crépis, les Indiens encore proches du choc.
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Pierre Belon, Les Observations de plusieurs singularités et choses mémorables trouvées en Grèce, Asie, Judée, Égypte, Arabie et autres pays étranges (1553)
Entre 1546 et 1549, le naturaliste manceau Pierre Belon parcourt la Grèce, Constantinople, l'Égypte, le Sinaï et la Palestine, carnet en main. Comme Orta, il veut voir de ses yeux les simples que les apothicaires d'Europe ne connaissent que par les livres : la terre sigillée de Lemnos, le baume, les gommes, l'opium que les Turcs avalent avant la bataille. Il corrige Dioscoride et Pline sur le terrain, interroge marchands et droguistes, se méfie des contrefaçons. Lire Belon à côté d'Orta, c'est voir la même révolution du regard se produire à deux bouts de la route des épices, au Levant et à Goa, au milieu du même siècle.
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André Thevet, Cosmographie de Levant, Lyon, 1554 (1554)
Le cordelier d'Angoulême parcourt la Méditerranée orientale dans les mêmes années que Pierre Gilles. Il visite Chios, Rhodes, Chypre, l'Égypte et la Terre sainte, et publie en 1554 ce gros volume qui mélange observations de terrain, citations antiques et bois gravés. Thevet n'a pas la rigueur topographique de Gilles, mais il a son enthousiasme et sa curiosité. Le contraste entre les deux ouvrages, parus à sept ans d'intervalle à Lyon chez des éditeurs voisins, donne la mesure de ce qu'était le voyage savant pour la génération de François Ier.
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Ogier Ghislain de Busbecq, Lettres turques, écrites à Constantinople de 1554 à 1562 (1554-1562)
L'ambassadeur de Ferdinand de Habsbourg arrive à Constantinople sept ans après le départ de Gilles. Il y reste huit ans et rapporte des manuscrits, des plantes (le lilas, la tulipe), des monnaies, et surtout quatre lettres détaillées où il décrit la cour ottomane, les coutumes, le sultan vieillissant. La même ville, les mêmes années, mais vue du côté diplomatique. Indispensable complément au regard archéologique de Gilles.
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Hans Staden, Véritable histoire et description d'un pays habité par des hommes sauvages, nus, féroces et anthropophages (1557)
Marbourg, 1557. Récit d'un arquebusier allemand capturé par les Tupinambas du Brésil entre 1552 et 1555. Écrit pratiquement contemporain du troisième voyage de Cartier, c'est l'autre grand témoignage européen de la rencontre américaine au XVIe siècle.
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Vrai récit d'une captivité chez les sauvages du Brésil, Hans Staden, 1557 (1557)
L'arquebusier allemand a survécu neuf mois chez les Tupinambas, prisonnier promis à être dévoré. Son récit, traduit en plusieurs langues, fait sensation dans toute l'Europe. La description des mœurs cannibales, des rituels et des chefs tupinambas est de première main, brute, sans filtre érudit. À lire en miroir des pages que Lizárraga consacre aux Chiriguanas : même reportage sur le cannibalisme, mais l'un parle d'expérience corporelle, l'autre rapporte ce que les survivants des expéditions du Charcas lui ont raconté au couvent.
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Le Gentilhomme d'Elvas, Relaçam verdadeira dos trabalhos que ho governador dom Fernando de Souto passou (1557)
En mai 1539, quelques mois avant que Gwon Beol ne quitte Séoul, Hernando de Soto débarque en Floride avec plus de six cents hommes. Pendant quatre ans, l'expédition parcourt le sud-est de l'Amérique du Nord jusqu'au Mississippi, au bord duquel de Soto meurt en 1542. Un gentilhomme portugais d'Elvas, resté anonyme, en publie le récit à Évora en 1557. La même année, deux façons d'entrer dans un pays étranger : l'ambassadeur coréen arrive en solliciteur, chargé de présents, et attend qu'on lui ouvre les portes ; le conquistador arrive en armes et exige vivres et porteurs. Lire les deux ensemble montre ce que la diplomatie épargne et ce que la conquête détruit.
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André Thevet, Les Singularités de la France antarctique et Cosmographie universelle (1557-1575)
Paris, 1557 et 1575. Le cosmographe royal, qui a connu Cartier à Saint-Malo à la fin de sa vie, recueille de lui plusieurs anecdotes et donne sur le Brésil et le Canada une vision encyclopédique typique de son siècle.
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Nicolás Monardes, Historia medicinal de las cosas que se traen de nuestras Indias Occidentales (1565-1574)
Médecin de Séville, Monardes ne traverse jamais l'Atlantique : c'est le port qui lui apporte le Nouveau Monde. Dans les caisses déchargées des flottes, il étudie le tabac, le gaïac, la salsepareille, le baume du Pérou, et interroge les marins et les colons revenus des Indes occidentales. Son livre est le jumeau américain de celui d'Orta, au point que Charles de l'Écluse traduira les deux en latin et que les lecteurs européens les liront ensemble. Là où Orta compare la racine de Chine au gaïac, Monardes décrit le gaïac lui-même : les deux Indes se répondent d'un bout à l'autre de l'empire ibérique.
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Nicolas de Nicolay, Quatre premiers livres des navigations et pérégrinations orientales, Lyon, 1568 (1568)
Le géographe dauphinois accompagne en 1551 l'ambassade de France à Constantinople. Il en rapporte un livre illustré de soixante gravures qui montrent les costumes et les types ottomans avec une précision documentaire inégalée. Là encore, Lyon publie le livre une douzaine d'années après le voyage. La génération des voyageurs savants qui croisent Soliman a sa littérature dispersée et passionnante, dont Gilles est l'un des sommets.
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Luís de Camões, Les Lusiades (1572)
L'épopée portugaise des grandes navigations, publiée en 1572, chante la route que Carletti parcourt à rebours, de Goa au cap de Bonne-Espérance. Camões a vécu lui-même aux Indes et faillit y périr en mer ; son poème transfigure en gloire nationale ce que Carletti raconte en perte personnelle. Le contraste est saisissant : le rêve impérial du poète d'un côté, la fortune engloutie du marchand de l'autre, sur les mêmes flots.
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Leonhard Rauwolf, Description véritable du voyage en Orient (Aigentliche Beschreibung der Raiß) (1573-1576)
Médecin et botaniste d'Augsbourg, Leonhard Rauwolf s'embarque à Marseille en 1573 pour le compte d'une maison de commerce, vit neuf mois à Alep, descend jusqu'à Bagdad, puis, rappelé par la faillite de ses commanditaires, fait en 1575 le pèlerinage de Jérusalem avant de rentrer par Venise au début de 1576. Son récit, imprimé à Lauingen en 1582, est un herbier autant qu'un journal ; on y lit l'une des premières descriptions européennes du café. Comme Tschudi, Rauwolf écrit en allemand pour des lecteurs restés au pays, mais il découvre une Terre sainte où l'administration ottomane, encore toute neuve en 1519, est installée depuis plus d'un demi-siècle.
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Francis Fletcher, The World Encompassed by Sir Francis Drake (1577-1580)
Publié en 1628 à partir des notes de l'aumônier de bord Francis Fletcher, ce récit raconte le tour du monde de 1577-1580, celui qui a fait de Drake une légende avant le voyage des Indes occidentales. On y suit la Patagonie, le détroit de Magellan, l'exécution de Thomas Doughty, la remontée des côtes du Pérou et la prise du galion Cacafuego. Lire les deux textes à la suite, c'est voir un capitaine passer de la course lointaine à l'opération militaire de grande envergure, avec deux mille trois cents hommes et des actionnaires derrière lui.
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Cristóbal Acosta, Tractado de las drogas y medicinas de las Indias Orientales (1578)
Médecin et chirurgien, Cristóbal Acosta arrive à Goa vers 1568, l'année même de la mort d'Orta, dans la suite du vice-roi Luís de Ataíde. Il parcourt la côte de Malabar et le Konkan, voit pousser les plantes que les Colloques décrivaient, puis publie à Burgos un traité qui reprend Orta en castillan, le complète et le corrige çà et là. Son apport le plus précieux tient aux gravures sur bois : là où Orta n'avait mis aucune image, Acosta dessine les arbres et les drogues. Le livre prolonge les Colloques une génération plus tard et contribue à les faire connaître dans le monde hispanique.
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Jean de Léry, Histoire d'un voyage faict en la terre du Brésil (1578)
Un cordonnier genevois devenu pasteur débarque en 1557 dans la baie de Rio, au sein d'une colonie française qui se déchire avant de disparaître. Léry passe près d'un an chez les Tupinamba, apprend leur langue, mange avec eux, écoute leurs chants, et rentre écrire le plus beau livre du siècle sur une rencontre entre deux mondes. Là où Bigges compte les canons et les ducats, Léry regarde des visages. Les deux récits se lisent aux deux bouts de la même Amérique atlantique, à trente ans de distance : l'un veut comprendre, l'autre veut prendre.
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Jean de Léry, Histoire d'un voyage fait en la terre du Brésil (1578)
En 1556, le jeune cordonnier calviniste Jean de Léry embarque pour la colonie française de la baie de Rio, la France antarctique de Villegagnon. Il passe près d'un an parmi les Tupinamba, partage leurs repas, écoute leurs chants, observe leurs fruits, leurs bois de teinture, leur manière de fumer le pétun. Publié vingt ans plus tard, son récit garde la vivacité du témoin qui oppose ce qu'il a vu aux récits de seconde main. Il partage avec Orta le goût de la chose vue, la curiosité pour les plantes et pour les savoirs des peuples rencontrés, et la défiance envers les compilateurs restés chez eux.
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Michel de Montaigne, Journal de voyage en Italie (1580-1581)
Trois quarts de siècle après Dürer, Montaigne passe par la Suisse et l'Allemagne pour gagner l'Italie et s'arrête une semaine à Venise en novembre 1580. Il y trouve la ville moins merveilleuse qu'il ne l'avait imaginée, observe ses institutions, sa police et ses courtisanes, et reçoit un livre de lettres de Veronica Franco. Le journal, dicté en partie à un secrétaire, ne fut retrouvé et publié qu'en 1774. On y retrouve ce que Dürer décrivait de l'intérieur : une ville qui accueille l'étranger avec curiosité et un peu de méfiance, et un voyageur du Nord qui mesure, avec ironie, ce qu'il a gagné et perdu à sortir de chez lui.
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Thomas Harriot, A Briefe and True Report of the New Found Land of Virginia (1588)
Harriot était à Roanoke avec Ralph Lane pendant l'année même où Drake naviguait vers les Antilles. Mathématicien, il a mesuré, inventorié, appris quelques mots d'algonquin, et il publie en 1588 un rapport destiné à convaincre les investisseurs anglais que la Virginie vaut qu'on y retourne. On y trouve le maïs, le tabac, les maisons d'écorce, et le silence prudent sur ce qui a mal tourné. C'est l'envers exact de la dernière page de Bigges : ce que les cent trois colons rembarqués en juin 1586 avaient vu et cru.
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Richard Hakluyt, The Principal Navigations, Voyages and Discoveries of the English Nation (1589)
Paru en 1589, la même année que le récit de Bigges, ce monument rassemble tout ce que l'Angleterre pouvait revendiquer sur les mers : Cabot, Frobisher, Gilbert, Hawkins, Drake, les marchands de Moscovie et ceux du Levant. Hakluyt écrit pour prouver qu'une nation restée à l'écart des grands partages a désormais sa place. Le volume permet de replacer l'expédition des Indes occidentales dans la série dont elle fait partie, et de mesurer à quel point ce genre de raid tenait alors lieu de politique étrangère.
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Jan Huygen van Linschoten, Itinerario (1596)
Pendant que Drake brûle Saint-Domingue, un jeune Hollandais sert le nouvel archevêque de Goa et note tout : les routes, les vents, les prix, les mœurs portugaises aux Indes orientales. Rentré au pays, il publie en 1596 un ouvrage qui livre aux marines du Nord les secrets de navigation que Lisbonne gardait jalousement. Deux façons de démonter un empire au même moment, l'une par le canon dans les Caraïbes, l'autre par la carte et le carnet dans l'océan Indien. La seconde s'est révélée la plus efficace.
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Jan Huygen van Linschoten, Itinéraire vers les Indes orientales (1596)
Ce Hollandais au service de l'archevêque de Goa publie en 1596 le livre qui va guider les premières flottes des Provinces-Unies vers l'Asie. Carletti, lui, croise ces mêmes Hollandais en ennemis à Sainte-Hélène et les retrouve maîtres de son procès en Zélande. Lire Linschoten, c'est voir de l'intérieur la machine qui ruinera le marchand florentin : le savoir patiemment volé aux Portugais, transformé en cartes, en routes, en flottes. Deux regards sur Goa, l'un qui prépare la conquête, l'autre qui en subit les premiers coups.
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Itinerario, Jan Huyghen van Linschoten, 1596 (1596)
Le commis hollandais a passé six ans à Goa au service de l'archevêque portugais. Quand il rentre à Enkhuizen, il publie un livre qui change la géographie du commerce mondial : routes maritimes, ports, marchandises, cartes des mers d'Asie. Les Indes orientales jusque-là verrouillées par Lisbonne s'ouvrent aux navigateurs du Nord. Lizárraga écrit au même moment sur l'autre face du Pacifique : même époque impériale, même curiosité descriptive, même mélange d'inventaire commercial et d'observation ethnographique, mais d'un côté un religieux installé, de l'autre un voyageur protestant qui rapporte ce qu'il a vu pour le donner à ses concurrents.
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Gerrit de Veer, Waerachtighe beschrijvinghe van drie seylagien (1598)
L'année où Van Noort quitte Rotterdam pour chercher l'Asie par le sud, Amsterdam lit le récit de ceux qui l'ont cherchée par le nord. Gerrit de Veer y raconte les trois voyages de Willem Barentsz vers la Nouvelle-Zemble, et surtout l'hivernage de 1596-1597 : le navire pris dans la glace, la maison de bois bâtie avec les épaves, les ours, le froid qui gèle les draps, la mort de Barentsz dans la chaloupe du retour. Deux livres jumeaux, sortis à quatre ans d'écart des presses du même libraire d'Amsterdam, Cornelis Claesz, et le même entêtement à forcer un passage que la nature refuse.
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Jacob van Neck et Wybrand van Warwijck, Journael ofte Dagh-register (1600)
Deux mois avant la flotte de Van Noort, huit navires quittent le Texel en mai 1598 par la route du cap de Bonne-Espérance. La flotte touche Maurice, baptisée du nom du stathouder ; Jacob van Neck gagne Bantam et rentre dès 1599 chargé de poivre, de clous de girofle et de muscade ; Van Warwijck pousse jusqu'aux Moluques, et Jacob van Heemskerck jusqu'à Banda. C'est le succès commercial que Van Noort ne connaîtra pas. Les deux récits se répondent : à Bornéo, des marchands chinois lui apprennent que des Hollandais ont déjà trafiqué à Java, et c'est Heemskerck, reparti avec une nouvelle flotte, qu'il croise dans l'Atlantique sur la route du retour.
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Garcilaso de la Vega, dit l'Inca, Comentarios reales de los Incas (1609)
Lisbonne, 1609. Le métis de Cuzco, fils d'un conquistador et d'une princesse inca, écrit à Cordoue le grand récit intérieur de l'empire détruit. À lire en contrepoint des relations européennes.
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Comentarios reales de los Incas, Inca Garcilaso de la Vega, 1609 (1609)
Le métis cuzquégnois rédige à Cordoue, en Espagne, l'histoire de l'empire inca vu de l'intérieur. Sa mère était une princesse incaïque, son père un capitaine espagnol. Le livre, publié quatre ans après l'achèvement du manuscrit de Lizárraga, fait revivre Cuzco, ses rituels, ses langues, ses souverains, avec une nostalgie que le dominicain n'éprouve pas. Les deux textes, presque contemporains, sont les deux versants d'un même paysage : l'un par un métis qui se réclame des Incas, l'autre par un religieux qui les juge.
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William Adams, Lettres du Japon (dans Memorials of the Empire of Japon) (1611)
Quelques jours avant Van Noort, en juin 1598, cinq navires partent de Rotterdam pour le même détroit de Magellan sous Jacques Mahu puis Simon de Cordes : c'est la flotte de Verhagen, dont le journal croise sans cesse les débris, de Sebald de Weert affamé dans le détroit aux lettres de prisonniers saisies au Chili. Un seul de ces navires, la Liefde, atteint le Japon en avril 1600 ; à Bornéo, un capitaine portugais en donne la nouvelle au général. Son pilote anglais, William Adams, devient le conseiller de Tokugawa Ieyasu, et ses lettres de 1611 racontent cette traversée fatale puis une vie entière au service du shogun.
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Anthony Sherley, Sir Antony Sherley his Relation of his Travels into Persia (1613)
En 1598, pendant que les navires de Rotterdam descendent l'Atlantique, l'aventurier anglais Anthony Sherley traverse l'Empire ottoman avec son frère Robert et une vingtaine de compagnons pour gagner la cour de Shah Abbas à Qazvin. Il en repart en 1599 comme ambassadeur du roi de Perse auprès des princes chrétiens, chargé de nouer une alliance contre les Turcs. Son récit, publié des années plus tard, mêle diplomatie, vanité et intrigues de cour. Il éclaire l'autre versant du même moment : l'Europe du Nord cherche partout des chemins qui contournent les puissances établies, par la mer du Sud pour Van Noort, par la Perse pour Sherley.
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Fernão Mendes Pinto, Peregrinação (1614)
Fernão Mendes Pinto quitte le Portugal en 1537 et passe plus de vingt ans en Asie, entre Malacca, le Siam, la Chine et le Japon. Dans sa Peregrinação, publiée en 1614, il raconte avoir été capturé sur la côte chinoise, conduit enchaîné jusqu'à Pékin et condamné à travailler sur la Grande Muraille au début des années 1540. Le récit mêle choses vues, ouï-dire et invention, et sa véracité est discutée depuis quatre siècles. Il dessine pourtant la même Chine des Ming que Gwon Beol parcourt au même moment, mais vue d'en bas, par un aventurier sans protection, quand l'ambassadeur coréen y entre en hôte officiel.
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Matteo Ricci, Histoire de l'expédition chrétienne au royaume de la Chine (1615)
Au moment précis où Carletti achète soie et porcelaine à Canton, le jésuite Matteo Ricci s'enfonce dans l'intérieur de la Chine et apprend à parler aux mandarins. Là où le marchand voit des prix, des productions et un empire fabuleusement riche, le missionnaire cherche les âmes et la langue des lettrés. Lire les deux ensemble, c'est confronter l'œil du négociant pressé à la patience de celui qui restera trente ans : la même Chine, vue du comptoir et vue du dedans.
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Andrew Battell, The Strange Adventures of Andrew Battell of Leigh, in Angola and the Adjoining Regions (1625)
Marin anglais pris par les Portugais au Brésil en 1589, Andrew Battell est déporté en Angola, où il passe près de vingt ans : soldat contre son gré, évadé, repris, il vit plusieurs mois parmi les Imbangala, guerriers redoutés de l'intérieur, avant de rentrer en Angleterre vers 1610. Samuel Purchas publie son récit en 1625. Il montre de l'intérieur l'empire portugais de l'Atlantique sud que la flotte de Van Noort ne fait qu'effleurer, avec ses comptoirs du golfe de Guinée, ses garnisons et ses guet-apens. Ce que l'île du Prince et Rio de Janeiro laissent deviner depuis le pont, Battell l'a vécu à terre.
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Antonio Pigafetta, Relation du premier voyage autour du monde (v. 1524)
Pendant que les Dieppois descendent vers le Cap, le souvenir du tour du monde de Magellan est encore tout frais. Pigafetta, gentilhomme vicentin embarqué par curiosité, en a rapporté le seul récit complet. Il a vu mourir Magellan aux Philippines, traversé l'archipel des épices, ramené en Espagne dix-huit survivants d'une flotte de cinq navires. Sa relation, écrite à la même époque que le journal de Crignon, raconte les mêmes mers d'Insulinde, les mêmes îles à poivre et à girofle, mais par l'autre route, celle de l'occident. Deux carnets se répondent ainsi d'un bout du monde à l'autre, écrits par deux marins lettrés que la mer a rendus attentifs.
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Akbar, Akbar Nama, rédigé par Abou'l-Fazl, vers 1590 (v. 1590)
Pendant que Gilles arpente Constantinople, l'empereur moghol Akbar (1542-1605) bâtit la nouvelle capitale de Fatehpur Sikri et réorganise l'empire des Indes. La chronique de son règne, rédigée plus tard par son secrétaire, peint un autre sommet impérial contemporain. Trois grands empereurs musulmans règnent simultanément au milieu du XVIe siècle : Soliman à Istanbul, Tahmasp en Perse, Akbar en Inde. Le Persan d'Albi en côtoie un, les deux autres lui parviennent comme rumeurs lointaines.