Nos titres sur ce sujet
À lire aussi : récits et ouvrages sur le même thème
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Ruy González de Clavijo, Récit de l'ambassade à la cour de Tamerlan (1403-1406)
Pendant que la flotte Ming ouvre les mers du Sud, un ambassadeur castillan chemine vers Samarcande, à la cour de Tamerlan, entre 1403 et 1406. Son journal, précis et vivant, décrit une autre superpuissance de ce début du XVe siècle et les fastes d'une capitale d'Asie centrale. Là où Fei Xin voyage par la mer au nom d'un empereur chinois, Clavijo va par les steppes au nom d'un roi d'Espagne : deux diplomaties du même temps, aux antipodes l'une de l'autre.
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Matteo Ricci et Nicolas Trigault, Histoire de l'expédition chrétienne au royaume de la Chine (1615)
Le jésuite Matteo Ricci entre à Pékin en 1601, après dix-huit ans de patience dans les provinces du Sud, et y vit jusqu'à sa mort en 1610. Ses mémoires, mis en latin et publiés par Nicolas Trigault en 1615, révèlent à l'Europe la Chine des Ming finissants : examens, bureaucratie, rites de cour, eunuques tout-puissants. Ricci connaît le même Pékin que Gwon Beol soixante ans plus tôt, la même machine administrative qu'on ne fait avancer qu'à force de mémoires, de visites et de présents. Les deux témoins décrivent la même cour depuis ses marges, l'un en missionnaire toléré, l'autre en envoyé d'un royaume tributaire venu réclamer justice.
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Johan Nieuhof, L'Ambassade de la Compagnie orientale des Provinces-Unies vers l'empereur de la Chine (1655-1656)
Voici l'empire que Lambert de la Motte n'atteindra jamais, vu de l'intérieur et exactement dans ces années-là. Nieuhof accompagne l'ambassade hollandaise qui remonte de Canton à Pékin en 1655 et 1656, sous les nouveaux maîtres mandchous. Son livre, publié en 1665, offre des centaines de gravures et fixe pour un siècle l'image européenne de la Chine. Le lire contre la Relation, c'est mesurer l'écart entre l'ambition missionnaire et la réalité politique : Canton, à trois semaines de mer d'Ayutthaya, était déjà un port sous surveillance étroite.
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Athanasius Kircher, China Illustrata (1667)
Le jésuite allemand Kircher publie en 1667, au moment où Hamel attend à Deshima, une somme illustrée sur la Chine, fondée sur les rapports des missionnaires. Sa Corée est encore largement imaginaire. La parution de ces deux ouvrages la même année est emblématique : l'Europe savante avait sa Chine, elle découvre sa Corée.
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Ferdinand Verbiest, Voyages de l'empereur de la Chine dans la Tartarie (1685)
Treize ans après Min Jeong-jung, le jésuite flamand Ferdinand Verbiest, astronome de la cour, accompagne l'empereur Kangxi dans sa grande tournée de 1682 en Mandchourie : Shenyang, les tombeaux des ancêtres mandchous, puis les forêts du Nord jusqu'à Ula. Sa lettre, publiée en français en 1685, décrit l'immense cortège, les chasses impériales et les terres vidées par la conquête. L'adolescent de quinze ans que Min aperçoit à Pékin est devenu un souverain sûr de lui, qui revient en pèlerinage sur la terre de ses pères. Les deux textes se complètent : la Mandchourie vue par un tributaire inquiet, puis par un invité de l'empereur.
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Lorenz Lange, Journal de la résidence du sieur Lange, agent de Sa Majesté impériale de la Grande Russie à la cour de la Chine, dans les années 1721 et 1722 (1726)
Quand l'ambassade repart en mars 1721, Unverzagt reste à Pékin avec le résident Lorenz Lange, et c'est la suite de ce séjour que raconte le journal de Lange, publié en français à Leyde en 1726, puis traduit en anglais à la suite du récit de John Bell. Seul représentant du tsar à la cour, Lange y consigne ses visites aux ministres, les réponses dilatoires, le commerce bientôt suspendu et l'affaire des Mongols transfuges qui bloque tout. On y retrouve la ville d'Unverzagt, mais vue depuis les dossiers : l'envers patient, souvent amer, des banquets et des feux d'artifice du Nouvel An.
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Ippolito Desideri, Notizie istoriche del Thibet (1727-1733)
Au moment où Izmaïlov négocie avec Kangxi, l'empereur mène une autre partie loin à l'ouest : en 1720, ses armées entrent à Lhassa pour en chasser les Dzoungars, maîtres de la ville depuis 1717. Le jésuite toscan Ippolito Desideri, arrivé à Lhassa en 1716, vit ces années de guerre au Tibet, apprend la langue, étudie dans les monastères et dispute de doctrine avec les lettrés, avant d'être rappelé en 1721. Sa relation, rédigée après son retour et restée inédite jusqu'au XXe siècle, compte parmi les grandes descriptions européennes du Tibet. Elle montre l'empire de Kangxi par ses marges, quand Unverzagt le découvre en son centre.
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John Bell, Travels from St. Petersburg in Russia, to Diverse Parts of Asia (1763)
Médecin écossais au service du tsar, John Bell accompagne l'ambassade russe de Lev Izmaïlov, qui atteint Pékin à la fin de 1720 après une traversée de la Sibérie et de la Mongolie. Il y voit le vieux Kangxi, qui règne alors depuis près de soixante ans. Son récit, publié en 1763, décrit les audiences, les banquets impériaux et l'inévitable question de la prosternation, à laquelle les Russes finissent par se plier. Un demi-siècle après Min Jeong-jung, le même empereur reçoit les mêmes hommages, dans les mêmes salles, et l'envoyé européen y éprouve une gêne qui fait écho à celle de l'ambassadeur coréen resté fidèle aux Ming.
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Pak Chi-won, Yeorha ilgi (1780)
Seize ans après Kim Jong-jeong, le lettré Pak Chi-won traverse à son tour Shenyang avec l'ambassade coréenne de 1780, en route vers Pékin et Jehol. Son Yeorha ilgi, traduit en anglais sous le titre The Jehol Diary, consacre à la ville des pages célèbres : boutiques, enseignes, conversations nocturnes avec des marchands chinois. Le contraste avec Kim est frappant. Là où l'enquêteur de 1764, humilié et méfiant, ne voit dans la capitale mandchoue que barbarie et corruption, Pak Chi-won y découvre une prospérité et des techniques dont la Corée, selon lui, devrait s'inspirer. La même ville, deux humeurs, et l'amorce d'un débat qui traversera la Corée lettrée.
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George Leonard Staunton, An Authentic Account of an Embassy from the King of Great Britain to the Emperor of China (1797)
En 1793, Lord Macartney conduit auprès de l'empereur Qianlong la première ambassade britannique en Chine, et son secrétaire George Staunton en publie la relation officielle en 1797. Le différend qui l'a rendue célèbre porte sur la prosternation : Macartney refuse de se plier au rite exigé de tous les envoyés tributaires, ceux de Corée compris. Lu à côté du journal de Gwon Beol, le récit anglais montre l'autre face du même cérémonial. Ce que l'ambassadeur coréen accomplit sans discussion, comme le prix d'une relation ancienne, apparaît à l'Anglais comme une humiliation à négocier, et l'échec de sa mission annonce un siècle d'affrontements entre la Chine et l'Occident.
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Egor Timkovski, Voyage à Péking, à travers la Mongolie, en 1820 et 1821 (1827)
Un siècle exactement après Unverzagt, Egor Timkovski, fonctionnaire du département asiatique russe, escorte vers Pékin la nouvelle mission ecclésiastique orthodoxe, comme l'ambassade d'Izmaïlov y conduisait déjà un archimandrite. Parti de Kiakhta en 1820, il suit la route des caravanes par Ourga, le Gobi et Kalgan, puis passe l'hiver dans la capitale des Qing. Son récit, traduit en français en 1827, multiplie les observations sur les Mongols, les lamas, les relais de la steppe et la ville de Pékin. On y mesure ce qui a changé en cent ans, une frontière fixée et un commerce réglé à Kiakhta, et ce qui demeure : le même cérémonial et la même méfiance.
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Évariste Huc, Souvenirs d'un voyage dans la Tartarie, le Thibet et la Chine (1850)
En 1844, les lazaristes Évariste Huc et Joseph Gabet quittent leur mission de Xiwanzi, au nord de la Grande Muraille, non loin de Kalgan où Unverzagt entrait en Chine. Vêtus en lamas, ils traversent avec leurs chameaux les steppes mongoles, partagent les yourtes, le thé et les fêtes des nomades, puis poussent jusqu'à Lhassa, d'où ils sont expulsés. Leur récit, plein d'humour et de détails vécus, fut l'un des grands succès de librairie du siècle. Il rend vivant ce qu'Unverzagt note au passage : les campements, les lamas, les caravanes et l'immensité de la steppe entre la Chine et le monde russe.
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Nikolaï Prjevalski, Mongolia i strana tangutov (1875-1876)
En 1870, l'officier russe Nikolaï Prjevalski part de Kiakhta, non loin de la Selenginsk où Unverzagt attendait l'autorisation chinoise, et traverse le Gobi par Ourga et Kalgan jusqu'à Pékin. C'est le début d'une expédition de trois ans qui le mène ensuite dans l'Ordos, l'Alachan, au Koukou-Nor et aux confins du Tibet. Naturaliste autant que militaire, il décrit la steppe, les puits, les tempêtes de sable, les oiseaux et les plantes avec une précision nouvelle. Son livre, traduit en anglais dès 1876, fait passer la route des ambassades du récit de cour à l'exploration : la même steppe, regardée cette fois pour ses reliefs et sa faune plutôt que pour son cérémonial.
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Percival Lowell, Chosön, the Land of the Morning Calm (1886)
Percival Lowell, futur astronome de Mars, passe l'hiver 1883-1884 à Séoul, après avoir accompagné aux États-Unis la mission diplomatique coréenne de 1883. Son livre, paru en 1886, décrit la capitale, ses portes fermées à la nuit, ses palais et sa vie de cour, à l'heure où le royaume s'ouvre à peine aux traités occidentaux. Le Séoul que Gwon Beol quitte en 1539 sous les coupes d'adieu est encore, pour l'essentiel, celui que photographie Lowell : même enceinte, mêmes rites, mêmes lettrés. Mais la route de Pékin n'est plus la seule porte du royaume, et le monde centré sur la cour impériale chinoise commence à se défaire.
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Henry E. M. James, The Long White Mountain, or, A Journey in Manchuria (1888)
En 1886, le fonctionnaire britannique Henry E. M. James parcourt la Mandchourie avec l'officier Francis Younghusband et le diplomate Harry Fulford, jusqu'aux monts Changbai, la longue montagne blanche sacrée des Mandchous. Son livre, publié en 1888, décrit les colons chinois qui gagnent désormais les terres autrefois réservées, les auberges, les marchés et les routes de charrettes. Min Jeong-jung avait traversé en 1669 un Liaodong en ruines, vidé par la conquête ; deux siècles plus tard, James trouve une région repeuplée et défrichée. La comparaison mesure le chemin parcouru par cette frontière, du désert militaire au front pionnier.
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Isabella Bird, Korea and Her Neighbours (1898)
Au cours de ses séjours coréens, de 1894 à 1897, la voyageuse anglaise Isabella Bird pousse jusqu'à Moukden en pleine guerre sino-japonaise. Son livre, publié en 1898, décrit la ville que Kim Jong-jeong a connue, désormais remplie de soldats, de blessés et de missionnaires. La comparaison montre ce que cent trente ans ont changé : la Mandchourie gardée par les Huit Bannières et fermée par la Palissade est devenue un champ de bataille entre empires, et la Corée, que Kim défendait pied à pied devant les juges mandchous, a cessé en 1895 d'être vassale de la Chine. Le regard étranger enregistre la fin d'un ordre que le journal de 1764 croyait éternel.
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Dugald Christie, Thirty Years in Moukden, 1883-1913 (1914)
Médecin missionnaire écossais, Dugald Christie s'installe à Moukden, l'ancienne Shenyang, en 1883 et y reste trente ans : il y fonde un hôpital, puis une école de médecine. Ses souvenirs, publiés en 1914, racontent la capitale mandchoue de l'intérieur, à travers les épidémies, la guerre sino-japonaise, la révolte des Boxers, la guerre russo-japonaise et la peste de 1910-1911. On y retrouve la ville, ses yamen et ses tribunaux, où Kim Jong-jeong a vu réécrire les aveux de ses prisonniers, avec cette fois le regard d'un étranger qui a soigné les habitants et partagé leurs épreuves pendant une génération.
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Danièle Bouchez, Connaissance des Religions de Corée
L'orientaliste français Danièle Bouchez, qui enseigne les études coréennes en France des années 1960 aux années 2000, donne dans ce livre une introduction synthétique aux religions du péninsule. Lecture indispensable pour comprendre les bonzes-soldats, les béguinages et les rites royaux que Hamel décrit sans clé interprétative.
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Luigi Barzini, La metà del mondo vista da un'automobile. Da Pechino a Parigi in 60 giorni (1908)
Le 10 juin 1907, le prince Scipione Borghese lance son Itala dans le raid Pékin-Paris, et le journaliste Luigi Barzini tient la chronique de l'équipage. La voiture sort de Chine par Kalgan, franchit le Gobi, passe à Ourga et à Kiakhta, longe le Baïkal, traverse Irkoutsk, Tomsk et l'Oural, puis gagne Moscou et Saint-Pétersbourg : l'itinéraire d'Unverzagt, ou presque, en sens inverse et en deux mois. Barzini raconte les pistes défoncées, les ponts qui cèdent, les villages sibériens et les foules accourues. Deux siècles plus tard, la même route reste une épreuve, mais on la parcourt désormais pour la vitesse plutôt que pour un traité.
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Rabindranath Tagore, Japan-Jatri (1919)
En mai 1916, Rabindranath Tagore, prix Nobel de littérature trois ans plus tôt, quitte Calcutta sur le Tosa Maru, un petit cargo japonais, et suit la route de Mallick par Rangoun et les mers d'Asie jusqu'au Japon. Ses lettres de voyage, parues d'abord dans des revues bengalies puis réunies en 1919 sous le titre Japan-Jatri, racontent la tempête du golfe du Bengale, les passagers de pont montés à Rangoun, puis un pays qui s'est modernisé sans renoncer à sa beauté. Douze ans après Mallick, un autre Bengali regarde l'Asie de l'Est comme un miroir tendu à l'Inde, entre admiration pour l'énergie des peuples et inquiétude devant le modèle européen.
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André Eckardt, Geschichte der koreanischen Kunst (1929)
Le bénédictin allemand Eckardt vit en Corée de 1909 à 1929. Sa grande histoire de l'art coréen, publiée en 1929, est le premier ouvrage européen à traiter sérieusement la culture artistique du péninsule, deux siècles et demi après que Hamel en eut effleuré les apparences sans les comprendre. Eckardt nomme ce que Hamel n'avait vu que de loin : la peinture, la céramique, l'architecture des palais.
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Owen Lattimore, Manchuria: Cradle of Conflict (1932)
Après avoir parcouru la Mandchourie en 1929 et 1930, chez les colons chinois, les Mongols et les peuples de la forêt, Owen Lattimore publie en 1932 un livre nourri de ses routes et de ses rencontres. Il y montre la Mandchourie comme une succession de frontières, où la Palissade des saules, que Kim Jong-jeong franchit en 1764, séparait les terres réservées aux Mandchous de celles ouvertes aux paysans chinois. Le livre paraît au moment où le Japon s'empare de la région. Il éclaire, avec un siècle et demi de recul, la logique de cloisonnement que l'enquêteur coréen subissait à chaque poste de garde sans la nommer.
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Henri Michaux, Un barbare en Asie (1933)
En 1930 et 1931, le poète belge Henri Michaux traverse l'Inde, l'Asie du Sud-Est, la Chine et le Japon. Un barbare en Asie, paru en 1933, n'a rien d'un guide : c'est une suite de notes vives et partiales sur les gestes, les visages, les foules, le théâtre, l'écriture et les religions. Comme Mallick devant les Chinois de Hong Kong et d'Amoy, Michaux s'émerveille de l'énergie et de la retenue chinoises, s'interroge sur la place des femmes et sur la force des caractères écrits, et compare sans cesse ce qu'il voit à son propre monde, avec un humour qui n'épargne personne, pas même lui.
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Peter Fleming, One's Company: A Journey to China (1934)
En 1933, le jeune journaliste Peter Fleming gagne la Chine par le Transsibérien et traverse le Mandchoukouo, l'État créé par le Japon un an plus tôt, avant de poursuivre vers le sud jusqu'aux zones de guerre entre nationalistes et communistes. One's Company, paru en 1934, est un récit drôle et lucide. Sur les terres que Min Jeong-jung parcourait sous l'œil des Mandchous victorieux, Fleming voit un nouveau conquérant installer ses garnisons et ses fonctionnaires. Près de trois siècles après la chute des Ming, la Mandchourie reste ce qu'elle était pour l'ambassadeur coréen : un pays de passage, tenu par la force et par ceux qui la détiennent.
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Pak Wan-so, L'Arbre nu (1970)
Un roman, pour quitter l'œil de l'étranger. Pak Wan-so raconte la guerre de Corée depuis Séoul occupé. Ce livre, paru en 1970, dit le pays de l'intérieur : la ville que Hamel découvrait avec étonnement en 1654 sera détruite en 1950 et reconstruite, et Pak Wan-so en garde la mémoire.
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Paul Theroux, The Great Railway Bazaar (1975)
En 1973, l'Américain Paul Theroux part de la gare Victoria, à Londres, et gagne Tokyo presque uniquement en train, par l'Iran, l'Afghanistan, l'Inde, la Birmanie, la Malaisie, Singapour et le Viêt Nam, avant de rentrer par le Transsibérien. Son livre, paru en 1975, est devenu un classique du récit de voyage moderne : compagnons de compartiment, conversations de quai, rails qui traversent des pays en guerre ou à bout de souffle. Soixante-dix ans après Mallick, la même mosaïque de peuples défile entre Rangoun et Singapour, et le même goût des portraits saisis sur le vif, tendres ou cruels, tient tout le récit.
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Jan Morris, Hong Kong (1988)
Jan Morris, qui avait suivi pour la presse britannique la conquête de l'Everest en 1953, consacre en 1988 un grand livre à Hong Kong, alors à neuf ans de sa rétrocession à la Chine. Elle y raconte la naissance de la colonie après la guerre de l'opium, le règne des grandes maisons de commerce, les sampans de la rade, le Pic et ses villas, Kowloon et la frontière, et la foule chinoise qui fait vivre la ville sous le drapeau britannique. Les décors que Mallick découvrait au début du siècle, le funiculaire, le jardin botanique, la douane de l'opium, y prennent toute leur profondeur historique, jusqu'au crépuscule de l'Empire.
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Bruce Cumings, Korea's Place in the Sun (1997)
L'historien américain Cumings publie en 1997 une histoire moderne de la Corée qui replace l'isolement Joseon dans une perspective longue. Le chapitre sur le XVIIe siècle éclaire les choix politiques qui ont fait du royaume une enclave : la décision de se fermer après les invasions Hideyoshi et Qing. Hamel, sans le savoir, en est le témoin involontaire.
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Patrick Maurus, Histoire de la littérature coréenne
Maurus, qui a dirigé les études coréennes à l'Inalco, propose une histoire littéraire de la Corée des origines à nos jours. Le chapitre Joseon éclaire le monde des lettres dans lequel Hamel a vécu sans y avoir accès : car les marins de Sperwer ne savaient pas lire le coréen, et tout ce qui se publiait autour d'eux leur demeurait invisible.