Nos titres sur ce sujet
À lire aussi : récits et ouvrages sur le même thème
Récits et ouvrages autour de ce sujet, classés par date, pour situer nos titres. Un lien mène à une édition libre en ligne quand elle existe, ou à notre fiche lorsque l'ouvrage fait partie de notre catalogue.
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Tomé Pires, Suma Oriental (1512-1515)
Apothicaire envoyé aux Indes par le roi Manuel, Tomé Pires rédige à Malacca et en Inde, entre 1512 et 1515, une somme de tout ce qu'il apprend sur l'Orient marchand, de la mer Rouge à la Chine. Il y décrit les ports, les marchandises, les poids, les souverains, Malacca surtout, que les Portugais viennent de conquérir, quelques années après le passage de Varthema. Pires part ensuite en ambassade en Chine, où il meurt sans avoir pu revenir. Son manuscrit, longtemps cru perdu, ne fut retrouvé à Paris qu'en 1944. Il permet de mesurer, sur les mêmes rivages, ce que la conquête portugaise a changé au monde que Varthema avait vu.
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Ogier Ghiselin de Busbecq, Lettres turques (1581)
L'ambassadeur impérial à Istanbul publie en 1581 ses quatre lettres latines depuis la cour de Soliman le Magnifique. Cent quatre-vingts ans après Schiltberger, le même empire ottoman, plus puissant que jamais, accueille un autre Occidental, cette fois en ambassadeur. Busbecq décrit la Sublime Porte au sommet, dans les années où l'imprimeur de Frankfurt republie pour ses contemporains le récit du Bavarois en libellé d'avertissement. Lire Busbecq juste après Schiltberger, c'est suivre l'Empire ottoman de son enfance à son apogée.
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François Pyrard de Laval, Voyage de François Pyrard de Laval aux Indes orientales (1601-1611)
Parti de Saint-Malo en 1601, le Lavallois Pyrard fait naufrage aux Maldives le 2 juillet 1602 et y reste captif cinq ans, apprenant la langue et les usages des insulaires. Évadé en 1607, il passe par l'Inde et connaît Goa, l'Inde portugaise à son apogée, avant de rentrer en France en 1611 et de publier son récit. Un siècle après Varthema, il retrouve les ports de la côte occidentale de l'Inde et les marchands de l'océan Indien, mais vus de l'intérieur de l'empire que le Bolognais a vu naître à Cananor. Ses pages sur les Maldives restent parmi les plus précises jamais écrites par un Européen de son temps.
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Adam Olearius, Voyage en Moscovie, Tartarie et Perse (1647)
Le diplomate de Holstein publie en 1647 son récit du voyage de 1633-1639, à travers Moscou, la Volga, la mer Caspienne, Ispahan et le retour par Bakou. Deux cents ans après Schiltberger, la même géographie sibérienne, caucasienne et persane, mais avec d'autres souverains : les Romanov en Russie, les Safavides en Perse, les Ottomans dans la Caucasie. Schiltberger avait vu ces routes dans le désordre des successions tatares ; Olearius les voit consolidées en empires modernes.
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Engelbert Kaempfer, Amœnitates exoticæ (1712)
Le médecin et naturaliste de Westphalie traverse en 1683-1685 la Russie, la Perse safavide et la mer Caspienne. Son Latin scientifique de la fin du XVIIe siècle est le premier portrait européen complet de la Perse moderne. Là où Schiltberger témoignait à la première personne des destructions timourides, Kaempfer décrit l'Iran reconstitué sous Shah Abbas, avec ses jardins, ses mosquées, ses caravansérails.
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Joseph Pitton de Tournefort, Relation d'un voyage du Levant (1717)
Le botaniste français du Roi-Soleil publie en 1717 son récit de la mission de 1700-1702 en Anatolie, en Géorgie, en Arménie et à Constantinople. Les mêmes lieux que Schiltberger, exactement trois cents ans après, vus par un savant des Lumières naissantes. Le Caucase et l'Anatolie ont changé d'ottomans, mais les noms des villes, les peuples, les religions sont à peu près ceux qu'avait vus le Bavarois.
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Carsten Niebuhr, Description de l'Arabie (1762-1763)
En 1761, le roi de Danemark envoie cinq savants explorer l'Arabie Heureuse. Après Le Caire, le Sinaï et Djedda, l'expédition gagne le Yémen, est reçue à Sanaa par l'imam, mais la fièvre la décime : Niebuhr, l'arpenteur, est le seul à revenir. De Moka à Sanaa, il parcourt les montagnes et les cités que Varthema avait traversées comme prisonnier du sultan d'Aden, deux siècles et demi plus tôt. Sa description, publiée en 1772 et traduite en français dès l'année suivante, apporte cartes, mesures et observations précises là où le Bolognais racontait. Elle reste une référence pour l'histoire du Yémen.
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Constantin-François Volney, Voyage en Syrie et en Égypte (1783-1785)
Moins de vingt ans après Niebuhr, le jeune Volney parcourt l'Égypte et la Syrie et publie, en 1787, l'année même des Remarques sur Alep, un tableau qui fera autorité. Son pachalik d'Alep recoupe trait pour trait celui de Niebuhr : villages abandonnés aux portes du désert, route d'Alexandrette infestée de voleurs, Antioche déchue, air fiévreux d'Alexandrette et refuge de Beilan dans la montagne. Il y ajoute les pigeons voyageurs et le célèbre bouton d'Alep. Mais Volney généralise et juge le despotisme ottoman en philosophe des Lumières, là où Niebuhr, plus modeste, raconte ce qu'il a vu et laisse le lecteur conclure.
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Ali Bey el-Abbassi, Voyages d'Ali Bey el Abbassi en Afrique et en Asie (1803-1807)
Sous un nom d'emprunt et un costume de prince musulman, le Catalan Domingo Badía traverse le Maroc, l'Égypte, La Mecque, la Syrie et l'Anatolie. Au printemps 1806, une tempête manque d'engloutir son navire avant qu'il ne débarque à Larnaca. De là, il gagne Nicosie à travers des collines qu'il trouve dignes de la déesse de l'île, note la richesse des sols et observe une Chypre toujours pressurée par ses gouverneurs. Ses Voyages, parus à Paris en 1814, offrent un contrepoint saisissant aux pages de Niebuhr : quarante ans plus tard, la même île vue par un faux musulman qui servait la politique de Napoléon.
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Jean Louis Burckhardt, Travels in Syria and the Holy Land (1810-1812)
Envoyé par l'Association africaine de Londres pour se préparer à traverser le Sahara, le Suisse Burckhardt choisit Alep comme école : il y apprend l'arabe, vit sous le nom de cheikh Ibrahim et rayonne de là dans toute la Syrie. Liban, vallée de l'Oronte, Hauran, puis en 1812 la route du Caire, au cours de laquelle il devient le premier Européen moderne à décrire Pétra. Ses journaux, publiés en 1822 après sa mort, prolongent exactement le regard de Niebuhr : même patience, même goût des itinéraires mesurés, même attention aux sectes et aux tribus que les voyageurs pressés ignorent.
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Johann Ludwig Burckhardt, Travels in Arabia (1814-1815)
Sous le nom de Cheikh Ibrahim, le Suisse Burckhardt passe plusieurs mois dans le Hedjaz en 1814 et 1815, accomplit le pèlerinage et séjourne à La Mecque et à Médine. Ses notes, publiées à Londres après sa mort, décrivent la Kaaba, les rites, la population et le commerce des villes saintes avec une exactitude que les voyageurs postérieurs n'ont guère dépassée. Trois siècles après Varthema, déguisé lui aussi pour entrer dans le sanctuaire interdit aux non-musulmans, Burckhardt suit les mêmes chemins de Djedda et de la caravane. Lire les deux récits côte à côte permet de faire le tri entre ce que le Bolognais a vu et ce qu'il a enjolivé.
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Gérard de Nerval, Voyage en Orient (1843)
Neuf ans après Macbrair, Gérard de Nerval débarque à Alexandrie au début de 1843 et s'installe au Caire, où il loue une maison, achète une esclave javanaise et se fait conter la légende du calife Hakem. Il gagne ensuite Beyrouth et la montagne du Liban, au cœur des rivalités entre Druses et Maronites que Macbrair voyait déjà fermenter sous Ibrahim Pacha. Son Voyage en Orient, paru en 1851, mêle reportage, rêverie et récits enchâssés. Le contraste est complet : le poète cherche dans l'Orient un mystère à aimer, le missionnaire un peuple à sauver, mais tous deux décrivent la même ville grouillante, ses cafés, ses marchés et ses ruelles.
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Harriet Martineau, Eastern Life, Present and Past (1848)
Quatre ans après Ida Pfeiffer, l'Anglaise Harriet Martineau, déjà célèbre pour ses écrits d'économie politique, part à son tour vers l'Orient à la fin de 1846. Elle remonte le Nil jusqu'en Nubie, traverse le Sinaï, visite Pétra, puis Jérusalem, la Galilée et Damas. Comme la Viennoise, elle voyage en femme mûre, sans se laisser arrêter par les fatigues de la selle et des tentes. Mais là où Pfeiffer prie, Martineau raisonne : son livre fait des temples égyptiens et des lieux saints les étapes d'une histoire des religions, au point de scandaliser une partie de ses lecteurs. Deux femmes devant les mêmes pierres, deux manières de croire.
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Gustave Flaubert, Voyage en Orient (1849-1851)
En novembre 1849, Gustave Flaubert, vingt-sept ans, embarque à Marseille avec Maxime Du Camp, chargé d'une mission photographique. Ils remontent le Nil en cange jusqu'à la deuxième cataracte, s'arrêtent à Philae, Thèbes et Esna, puis gagnent Beyrouth, Jérusalem, Damas et Baalbek. Les notes et les lettres de ce voyage, publiées après la mort de l'écrivain, sont crues, drôles, sensuelles, d'une précision de peintre. Quinze ans après Macbrair, Flaubert suit presque son itinéraire, du Caire aux ruines de Baalbek, mais avec l'œil d'un artiste qui veut tout voir et ne rien juger : le lecteur peut confronter deux regards, l'un pieux, l'autre profane, sur les mêmes rives.
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Thomas Eyre Poole, La vie, les paysages et les mœurs en Sierra Leone et en Gambie (1850)
Aumônier colonial et de garnison à Freetown, le révérend Thomas Eyre Poole publie à Londres, en 1850, deux volumes sur les colonies britanniques d'Afrique de l'Ouest. De la Sierra Leone, il passe en Gambie, visite les établissements du fleuve et le remonte longuement. Il peint la vie des colons, des Africains libérés et des peuples riverains, s'attarde sur les églises mal entretenues, les cimetières envahis par les herbes et les fièvres qui fauchent les Européens, dont il réchappe lui-même plusieurs fois. Le lecteur y retrouve la colonie fragile, ses comptoirs et ses missions que Macbrair avait connus, vus cette fois par un homme d'Église anglican plutôt que méthodiste.
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Richard Francis Burton, Personal Narrative of a Pilgrimage to Al-Madinah and Meccah (1853)
En 1853, l'officier britannique Richard Burton se fait passer pour un médecin afghan et rejoint les pèlerins en route vers Médine puis La Mecque. Son récit, publié peu après, devient l'un des grands classiques du voyage en Orient : description minutieuse des rites, des caravanes, des Bédouins, du danger permanent d'être démasqué. Burton connaissait Varthema, dont il cite longuement le récit en annexe, et se savait l'héritier d'une lignée de voyageurs déguisés qui commence avec le Bolognais engagé parmi les Mamelouks. Entre les deux, trois siècles et demi ont passé, mais la même question demeure : comment voir, et raconter, ce que l'on n'a pas le droit de voir.
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Herman Melville, Journal of a Visit to Europe and the Levant (1856-1857)
En décembre 1856, Herman Melville, épuisé par l'échec de ses derniers romans, arrive au Levant. Il voit Constantinople, les pyramides de Gizeh, puis Jaffa et Jérusalem en janvier 1857, avant de rentrer par Beyrouth, la Grèce, Naples et Rome. Son journal, tenu en notes rapides, est sombre : la Judée lui paraît un paysage de pierres et de désolation, bien loin de la Terre promise. Le lecteur de Pfeiffer y retrouve les mêmes étapes, du Bosphore au Vésuve, mais vues par un homme qui cherche la foi au lieu de l'apporter avec lui. Ces pages nourriront son long poème Clarel, publié en 1876.
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Lucie Duff Gordon, Lettres d'Égypte (1862-1869)
Atteinte de tuberculose, Lucie Duff Gordon part en 1862 chercher en Égypte un air plus sec et y passe les dernières années de sa vie. Elle s'installe à Louxor dans la « maison française » bâtie sur les toits du temple, apprend l'arabe, soigne les paysans, reçoit notables et coptes, et écrit à sa famille des lettres d'une liberté rare, publiées dès 1865. Elle y décrit la corvée, les impôts et les levées d'hommes qui écrasent les fellahs, comme Macbrair trente ans plus tôt sous Méhémet Ali. Mais là où le missionnaire voyait des âmes à gagner, elle voit des voisins et des amis, et l'on mesure à la lire tout ce que l'arrogance européenne laissait échapper.
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Mark Twain, The Innocents Abroad (1869)
En 1867, Mark Twain embarque sur le Quaker City avec un groupe de pèlerins américains, pour l'une des premières croisières organisées vers la Terre sainte. Naples et le Vésuve, Rome, Constantinople, Smyrne, Beyrouth, Baalbek, Damas, la Galilée, Jérusalem, la mer Morte, puis les pyramides : la liste des escales recoupe presque celle d'Ida Pfeiffer. Mais là où la Viennoise voyageait seule et à l'économie, Twain décrit le tourisme naissant, ses guides, ses souvenirs et ses passagers qui ébrèchent les monuments. Son ironie sur les reliques douteuses et les lieux saints disputés rejoint parfois, avec plus de mordant, le bon sens de Pfeiffer.
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Vasilij Vereščagin, Tableaux et croquis de l'Asie centrale (1870)
Le grand peintre russe, qui suit l'expédition militaire de Konstantin von Kaufman au Turkestan dans les années 1860-1870, peint Samarcande, Khiva et Boukhara avant qu'elles ne soient incorporées à la Russie. Ses descriptions accompagnant les tableaux décrivent une Asie centrale encore reconnaissable de celle de Schiltberger : émirs locaux, fanatismes religieux, esclaves circassiens, processions de cavaliers. Les dernières années où la steppe avait l'air de la steppe.
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Amelia B. Edwards, Mille milles en remontant le Nil (A Thousand Miles up the Nile) (1873-1874)
Romancière et journaliste, Amelia Edwards arrive en Égypte presque par hasard, en novembre 1873, pour fuir la pluie d'Europe. Elle loue une dahabieh et remonte le Nil au-delà d'Abou Simbel jusqu'à la deuxième cataracte, en dessinant tout ce qu'elle voit. Son livre, paru en 1877, mêle humour, érudition et indignation devant les monuments mutilés par les chercheurs de trésors et les visiteurs. Elle fondera en 1882 l'Egypt Exploration Fund, pour fouiller et protéger ce patrimoine. Macbrair avait vu les mêmes temples à Thèbes, Edfou et Philae ; quarante ans plus tard, Edwards montre ce que le tourisme naissant a fait de ce Nil des missionnaires et des pachas.
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Samuel White Baker, Cyprus as I Saw It in 1879 (1879)
Un an après que l'Empire ottoman a cédé l'administration de Chypre à la Grande-Bretagne, l'explorateur du Nil Samuel Baker débarque à Larnaca et parcourt l'île pendant plusieurs mois avec sa femme Florence, en chariot et sous la tente. Il décrit les routes, les forêts dévastées, les paysans, les impôts, les villes de Nicosie, de Kyrenia et de Famagouste, et juge sans indulgence la nouvelle administration comme l'ancienne. Plus d'un siècle après Niebuhr, la question reste la même : pourquoi une île si fertile est-elle si pauvre ? La réponse de Baker, celle d'un colon pragmatique, fait écho à la colère des Chypriotes de 1766.
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Lord Curzon, Russia in Central Asia (1889)
Le futur vice-roi des Indes publie en 1889 son récit du voyage à travers le Turkestan russe nouvellement conquis. Schiltberger avait vu Saraï sur la Volga florissante ; Curzon traverse ses ruines de sable. Mille routes que le Bavarois avait parcourues comme captif, l'Anglais les refait en train transcaspien. La modernité industrielle a remplacé la steppe nomade.
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Pierre Loti, Jérusalem (1895)
Au printemps 1894, Pierre Loti traverse le désert du Sinaï à dos de chameau, puis gagne Jérusalem, où il passe plusieurs semaines. Le livre qu'il en tire, publié en 1895, est celui d'un croyant sans foi qui espère encore une émotion devant le tombeau du Christ et trouve une ville déjà changée par les hôtels, les foules de pèlerins et les constructions neuves. Un demi-siècle sépare les deux voyages : la Via dolorosa, le mont des Oliviers, la vallée de Josaphat sont les mêmes, mais la Jérusalem de Pfeiffer, petite ville ottomane dont on fermait les portes la nuit, a commencé à s'étendre hors de ses murs.
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Gertrude Bell, Syria: The Desert & the Sown (1905)
Au début de 1905, Gertrude Bell quitte Jérusalem à cheval, traverse le Hauran et le pays druze, gagne Damas, Homs et Hama, puis s'attarde à Alep avant de descendre par Antioche jusqu'à Alexandrette, où s'arrête son livre, publié en 1907. C'est presque l'itinéraire de Niebuhr, en sens inverse et cent quarante ans plus tard : les mêmes Bédouins maîtres du désert, les mêmes Nosaïris, les mêmes ruines d'Antioche. Bell, archéologue et future actrice de la politique britannique en Irak, écrit avec un sens du dialogue et du portrait qui fait de ce récit l'un des classiques du voyage au Levant.
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