Nos titres sur ce sujet
XVIIIe siècle
À lire aussi : récits et ouvrages sur le même thème
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Collectif, Lettres édifiantes et curieuses écrites des missions étrangères (1702-1776)
C'est la grande collection dont la lettre de Maillard aurait dû faire partie. Pendant trois quarts de siècle, les jésuites français envoient à Paris des relations venues de Chine, du Levant, du Paraguay, de l'Inde, de la Louisiane, et les libraires les publient en volumes que toute l'Europe s'arrache. On y trouve la même situation qu'ici : un homme seul, à des mois de mer de son supérieur, qui écrit le soir ce qu'il a vu le jour, et dont le témoignage vaut par les détails qu'aucun voyageur pressé n'aurait relevés. La différence est que Maillard, lui, ne fut pas imprimé dans cette collection.
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Cornelis de Bruijn, Voyages par la Moscovie, en Perse et aux Indes (1711)
Peintre hollandais parti dessiner l'Orient, de Bruijn traverse la Russie de Pierre le Grand, descend en Perse safavide et pousse jusqu'aux ruines de Persépolis qu'il relève avec un soin de savant. Contemporain exact d'Hamilton, il voit par l'intérieur des terres l'Asie que le capitaine ne connaît que par ses côtes. Son crayon fixe les palais, les costumes et les monuments là où le marchand écossais compte des cargaisons ; ensemble, ils dessinent les deux versants d'un même continent, celui des routes de caravanes et celui des routes de mousson.
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Bartholomäus Ziegenbalg, Genealogie der malabarischen Götter (1713)
En 1706, le jeune piétiste Ziegenbalg débarque à Tranquebar, comptoir danois de la côte de Coromandel, envoyé par le roi Frédéric IV. C'est le même roi, et bientôt le même Collège des missions fondé en 1714, qui soutiendra l'entreprise d'Egede au Groenland. Ziegenbalg apprend le tamoul, traduit le Nouveau Testament et rédige en 1713, d'après des informateurs et des textes locaux, une généalogie des dieux de l'Inde du Sud. Ses supérieurs de Halle refusent de l'imprimer : un missionnaire doit combattre le paganisme, non le décrire. Le livre ne paraît qu'en 1867. Les deux missions danoises, sous les tropiques et dans les glaces, se répondent de bout en bout.
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Ippolito Desideri, Relation de voyage au Tibet (1716-1721)
Jésuite italien, Desideri franchit l'Himalaya dans les années où Hamilton termine ses courses, atteint Lhassa et s'y fait, seul de son espèce, l'élève patient des lettrés bouddhistes. Là où le capitaine juge de loin les cultes de l'Asie, en marchand pressé, le missionnaire apprend la langue, lit les livres saints et s'efforce de comprendre de l'intérieur une religion qu'il combat. Son témoignage, longtemps enfoui, offre le contrepoint savant du regard d'Hamilton : le même Orient, vu par un homme qui a pris le temps de s'y arrêter.
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Ippolito Desideri, Notizie istoriche del Thibet (1716-1721)
Parti de Rome en 1712, le jésuite toscan Ippolito Desideri atteint Lhassa en mars 1716, après une traversée de l'Himalaya par le Ladakh. Il y reste cinq ans, étudie au monastère de Séra, apprend le tibétain classique et compose dans cette langue des traités qui discutent pied à pied la doctrine bouddhiste de la renaissance. Rappelé en 1721 quand Rome confie le Tibet aux capucins, il rédige une relation qui dormira en manuscrit pendant près de deux siècles. Comme Egede devant Torngarsuk et les angekuts, Desideri veut réfuter une religion et doit d'abord la comprendre, si bien que son récit compte parmi les meilleurs témoignages européens sur le Tibet de son temps.
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Joseph Pitton de Tournefort, Relation d'un voyage du Levant (1717)
Botaniste du roi de France, Tournefort parcourt au début du dix-huitième siècle les îles de la Grèce, les côtes de l'Anatolie et les confins de l'Arménie, herborisant et notant les moeurs des peuples de l'Empire ottoman. Son Orient de terre ferme et de vieilles chrétientés est le seuil occidental du monde qu'Hamilton achève d'explorer à l'autre extrémité de l'Asie. On y retrouve la même prose curieuse et minutieuse, tournée vers les plantes, les cultes et les marchés, et l'on comprend que l'immense arc oriental, de la mer Égée aux mers du Japon, formait pour les Européens d'alors un seul champ de découverte.
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Peter Kolb, Description du cap de Bonne-Espérance (1719)
Envoyé au Cap en 1705 pour y faire des observations astronomiques, l'Allemand Peter Kolb y reste jusqu'en 1713 et délaisse vite les étoiles pour les hommes. Son Caput Bonae Spei hodiernum, paru à Nuremberg en 1719 puis abrégé en français en 1741, décrit la colonie hollandaise, la faune et surtout les Khoikhoi : leur langue à clics, leurs troupeaux, leurs rites et leurs remèdes. À l'autre bout de l'Atlantique, Kolb fait au sud ce qu'Egede fait au nord : un inventaire complet, du sol jusqu'aux croyances, d'un peuple que l'Europe connaissait surtout par des caricatures, avec le même mélange de curiosité réelle et de jugements d'époque.
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Thomas Shaw, Travels, or Observations relating to several parts of Barbary and the Levant (1720-1732)
De 1720 à 1732, presque exactement les années où Egede prépare puis tient sa mission, l'Anglais Thomas Shaw est chapelain du comptoir britannique d'Alger. Il en profite pour parcourir la Régence d'Alger et la Tunisie, puis pousse jusqu'en Égypte et au Levant, relevant les positions, les ruines romaines, les plantes et les usages des habitants. Ses Travels paraissent à Oxford en 1738, l'année même de l'édition danoise de la Relation, et sont traduits en français dès 1743. Deux pasteurs protestants envoyés pour servir des Européens au loin, deux livres nés de longues années loin de chez soi : l'un mesure les déserts du Maghreb, l'autre les fjords et les glaces.
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Yirmisekiz Mehmed Çelebi, Relation de l'ambassade de Méhémet-Effendi à la cour de France en 1721 (1721)
Dans les mois mêmes où Izmaïlov se plie au cérémonial de Kangxi, un autre ambassadeur découvre une cour étrangère : Yirmisekiz Mehmed Çelebi, envoyé du sultan Ahmed III auprès du jeune Louis XV. Après une quarantaine près de Toulon, il remonte vers Paris par Bordeaux et entre dans la capitale en mars 1721. Son rapport au sultan décrit les audiences, Versailles, l'Opéra, l'Observatoire, les jardins et la curiosité des Parisiens qui se pressent pour le voir. Lu en regard d'Unverzagt, il montre l'autre face de la diplomatie du temps : le cérémonial observé, mesuré et raconté par celui que la foule regarde, comme la foule de Pékin regardait les Russes.
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Carl Friedrich Behrens, Reise durch die Süd-Länder und um die Welt (1721-1722)
L'année même où Egede s'installe au Groenland, trois navires hollandais commandés par Jacob Roggeveen partent chercher le continent austral. À bord, un soldat de Rostock, Carl Friedrich Behrens. Le jour de Pâques 1722, l'expédition aborde une île inconnue qu'elle baptise du nom de la fête : l'île de Pâques. Behrens décrit les habitants, leurs pirogues et les grandes statues de pierre, puis la traversée du Pacifique jusqu'à Batavia, où la Compagnie des Indes orientales saisit les navires. Son récit paraît en 1737. Pendant qu'Egede découvre la vie d'un peuple au bord des glaces, Behrens entrevoit, pour quelques heures seulement, celle d'un autre au milieu de l'océan.
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Jean-Baptiste Labat, Nouveau Voyage aux îles de l'Amérique (1722)
Missionnaire dominicain aux Antilles à l'aube du dix-huitième siècle, le père Labat plante la canne, distille le rhum, arme contre les corsaires et raconte tout avec une gourmandise de bon vivant. Son livre est le pendant tropical de celui d'Hamilton : même curiosité pour les plantes, les moeurs et le négoce, même mélange de piété et d'esprit pratique, mais transporté dans le monde sucrier de la Caraïbe. Les lire ensemble, c'est mesurer combien le commerce des îles et celui des épices reposaient sur les mêmes marchands entreprenants, les mêmes rivalités de nations et, trop souvent, les mêmes servitudes.
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Jean-Baptiste Labat, Nouveau voyage aux isles de l'Amérique (1722)
Le dominicain Labat a passé douze ans aux Antilles et en rapporte, en 1722, un des livres les plus vivants du siècle : sucre, flibuste, esclavage, cuisine, procès et tempêtes, le tout raconté par un religieux gourmand de la vie. C'est de ces îles-là que vient la guildive dont Maillard voit ses fidèles s'enivrer. Lire Labat et Maillard ensemble, c'est suivre l'alcool de canne d'un bout à l'autre de sa route, de la sucrerie tropicale jusqu'aux campements d'hiver de l'île Royale.
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Joseph-François Lafitau, Mœurs des sauvages amériquains comparées aux mœurs des premiers temps (1724)
De 1712 à 1717, le jésuite Lafitau vit à la mission du Sault-Saint-Louis, près de Montréal, parmi les Iroquois. Il y apprend leur langue, observe leurs conseils, leurs deuils, leurs danses, et découvre même le ginseng dans les forêts canadiennes. Rentré en France, il publie en 1724 une vaste comparaison entre les coutumes amérindiennes et celles des peuples de l'Antiquité. Le parallèle avec Egede saute aux yeux : deux missionnaires installés pour des années chez un peuple qu'ils veulent convertir, et qui finissent par en devenir les ethnographes. L'un cherche chez les Iroquois les traces des premiers temps, l'autre interroge la langue et les mythes des Groenlandais.
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Lorenz Lange, Journal de la résidence du sieur Lange, agent de Sa Majesté impériale de la Grande Russie à la cour de la Chine, dans les années 1721 et 1722 (1726)
Quand l'ambassade repart en mars 1721, Unverzagt reste à Pékin avec le résident Lorenz Lange, et c'est la suite de ce séjour que raconte le journal de Lange, publié en français à Leyde en 1726, puis traduit en anglais à la suite du récit de John Bell. Seul représentant du tsar à la cour, Lange y consigne ses visites aux ministres, les réponses dilatoires, le commerce bientôt suspendu et l'affaire des Mongols transfuges qui bloque tout. On y retrouve la ville d'Unverzagt, mais vue depuis les dossiers : l'envers patient, souvent amer, des banquets et des feux d'artifice du Nouvel An.
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Francis Moore, Travels into the Inland Parts of Africa (1730-1735)
En 1730, la Royal African Company engage un jeune commis de Worcester, Francis Moore, et l'envoie sur le fleuve Gambie. Pendant cinq ans, il remonte le cours d'eau de comptoir en comptoir, sur des centaines de milles, décrit les royaumes riverains, leurs marchés, leurs langues et leurs religions, et assiste à la traite des esclaves. Il raconte aussi l'histoire d'Ayuba Suleiman Diallo, lettré peul vendu en Amérique puis libéré et rendu à son pays. Le livre paraît à Londres en 1738. Comme chez Egede, la vie d'un poste isolé dépend des navires d'Europe, du commerce d'une compagnie et du bon vouloir des peuples voisins, mais le négoce y porte un tout autre poids.
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Mark Catesby, The Natural History of Carolina, Florida and the Bahama Islands (1731-1743)
Le naturaliste anglais Mark Catesby a parcouru la Caroline de 1722 à 1725, puis les Bahamas, en herborisant, en chassant les oiseaux et en dessinant tout ce qu'il voyait. Revenu à Londres, il apprend lui-même la gravure pour publier sa Natural History, dont le premier volume est daté de 1731, l'année qui précède le départ de Linné. Oiseaux, serpents, poissons et arbres y sont peints sur leur plante d'élection, avec un texte en anglais et en français. Linné puisera dans ces planches pour nommer bien des espèces d'Amérique du Nord : les deux hommes inventorient, chacun sur son continent, une nature que l'Europe ne savait pas encore classer.
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Johann Georg Gmelin, Reise durch Sibirien, von dem Jahr 1733 bis 1743 (1733-1743)
Professeur de chimie et d'histoire naturelle à l'Académie de Saint-Pétersbourg, Johann Georg Gmelin part en 1733 avec la grande expédition du Nord, celle-là même qui conduira Béring en Amérique. Dix ans durant, il remonte les fleuves de Sibérie, de Tobolsk à Iakoutsk, herborise, note les coutumes des Toungouses et des Iakoutes, endure le froid et l'incendie qui détruit ses bagages. Il laisse à d'autres la route du Kamtchatka, que Steller, son jeune compatriote rencontré en Sibérie, prendra à sa place. Rentré en 1743, Gmelin publie à Göttingen, en 1751 et 1752, quatre volumes de journal : l'un des deux savants allemands raconte le continent, l'autre la mer et l'île où il faillit mourir.
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Jean-Baptiste Du Halde, Description de la Chine (1735)
Paru à Paris en 1735, l'année même où Maillard débarque à Louisbourg, cet énorme ouvrage compile les rapports des missionnaires jésuites de Pékin pour donner à l'Europe sa première encyclopédie de la Chine. Le rapprochement est instructif : voici ce qu'un missionnaire produit quand il écrit sur une civilisation d'écriture et d'archives, avec le temps et les moyens. Maillard, lui, travaille sans bibliothèque, dans une langue que peu d'Européens avaient étudiée, et sur un peuple que l'Europe croyait connaître d'avance.
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Frederik Ludvig Norden, Voyage d'Égypte et de Nubie (1737-1738)
Officier de la marine danoise, Frederik Ludvig Norden est envoyé en Égypte en 1737 par le roi Christian VI. Il remonte le Nil au-delà d'Assouan, jusqu'à Derr en Nubie, et dessine temples, colosses et paysages avec une précision d'arpenteur, avant de devoir rebrousser chemin. Il meurt à Paris en 1742, et son Voyage d'Égypte et de Nubie ne paraît qu'en 1755, à Copenhague, avec ses planches gravées. Le destin de l'ouvrage rappelle celui du journal de Steller : un marin danois, comme Béring, un voyageur mort avant d'avoir vu son livre, un témoignage sauvé par d'autres et publié bien des années après le retour.
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Richard Pococke, A Description of the East, and Some Other Countries (1737-1741)
Entre 1737 et 1741, le jeune ecclésiastique anglais Richard Pococke parcourt l'Égypte, la Palestine, le Liban, la Syrie, Chypre, la Crète et l'Asie Mineure. Il mesure les monuments, recopie les inscriptions, décrit les monastères, les ruines de Baalbek et les routes des pèlerins, en voyageur méthodique plus qu'en conteur. Sa Description of the East, publiée de 1743 à 1745, devient l'un des grands guides savants du Levant. Pendant que Pococke chemine sur des terres foulées depuis l'Antiquité, Steller aborde une côte absente de toutes les cartes : deux façons d'être savant en voyage, l'une qui vérifie les livres, l'autre qui n'en a aucun pour la guider.
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Stepan Krachennikov, Histoire du Kamtchatka (1737-1741)
Le premier grand livre sur la presqu'île où finit l'Asie, tiré de l'expédition savante qui accompagna les voyages de Béring. Krachennikov y décrit, dans les années 1730 et 1740, les volcans, les ours, les Kamchadales et leurs chiens de traîneau, la langue et les croyances d'un peuple que l'Europe ne connaissait pas. Cook avait ce livre à bord et le cite pour identifier les oiseaux et les bêtes qu'il rencontre au nord. Le lire, c'est entrer par la porte russe dans le même univers de glace et de fourrure que l'expédition anglaise aborde par la porte du Pacifique.
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George Anson et Richard Walter, A Voyage Round the World, in the Years 1740, 1741, 1742, 1743, 1744 (1740-1744)
En septembre 1740, le commodore George Anson quitte l'Angleterre avec une escadre chargée de harceler les Espagnols dans le Pacifique. Le cap Horn disperse ses navires, et le scorbut fait le reste : sur près de deux mille hommes embarqués, plus de mille trois cents meurent, l'immense majorité de maladie. Le Centurion se refait à Juan Fernández, puis à Tinian, capture le galion de Manille en 1743 et rentre seul en 1744. Le récit, paru en 1748 sous le nom de l'aumônier Richard Walter, connaît un immense succès. Au même moment, de l'autre côté du même océan, Steller voit l'équipage du Saint-Pierre fondre sous le même mal, et cueille des herbes que les officiers dédaignent.
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Vitus Béring, journaux de la seconde expédition du Kamtchatka (1741-1742) (1741-1742)
Au moment même où l'on prépare à Buenos Aires l'expédition de Patagonie, le Danois Béring, au service de la Russie, meurt sur une île déserte au large de la côte d'Alaska qu'il vient de reconnaître. Aux deux bouts du Pacifique, deux monarchies européennes envoient de petits équipages sur des mers sans cartes ; les journaux de Béring, longtemps confisqués par la chancellerie de Saint-Pétersbourg, sont le pendant boréal du récit patagon : mêmes tempêtes, mêmes brumes, même solitude.
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Pierre-François-Xavier de Charlevoix, Journal d'un voyage fait par ordre du roi dans l'Amérique septentrionale (1744)
À l'automne 1720, tandis qu'Unverzagt s'enfonce dans la steppe mongole, le jésuite Pierre-François-Xavier de Charlevoix débarque à Québec, chargé par le Régent de s'informer discrètement d'une route vers la mer de l'Ouest. Deux années durant, il remonte le Saint-Laurent, longe les Grands Lacs, gagne le pays des Illinois et descend le Mississippi jusqu'à La Nouvelle-Orléans, avant de faire naufrage sur le chemin du retour. Ses lettres, publiées en 1744, décrivent en canot d'écorce un continent de fleuves, de portages et de nations amérindiennes. Les deux voyageurs avancent au même rythme, de rivière en rivière et de poste en poste : l'un cherche une mer, l'autre un marché.
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Réginald Outhier, Journal d'un voyage au Nord en 1736 et 1737 (1744)
Quatre ans après Linné, en 1736, l'abbé Réginald Outhier débarque à Torneå avec l'expédition de Maupertuis, chargée par l'Académie des sciences de mesurer un degré de méridien près du cercle polaire pour trancher la question de la forme de la Terre. L'astronome suédois Anders Celsius, collègue de Linné à Upsal, les accompagne. Outhier tient le journal de cette campagne : remontée du Torne en barque, signaux dressés au sommet des collines jusqu'à Kittis, hiver passé à Torneå, traîneaux tirés par des rennes, froid extrême. Il décrit avec soin les Lapons et les paysans finnois que Linné avait croisés sur la même côte quatre ans plus tôt.
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Charles-Marie de La Condamine, Relation abrégée d'un voyage fait dans l'intérieur de l'Amérique méridionale (1745)
En 1735, trois ans après le départ de Linné, l'Académie des sciences de Paris envoie Charles-Marie de La Condamine sous l'équateur, dans la province de Quito, pour y mesurer un degré de méridien ; une seconde équipe, menée par Maupertuis, partira l'année suivante pour la vallée du Torne, sur les traces mêmes de notre voyageur. Ses mesures achevées, La Condamine choisit en 1743 de rentrer en Europe par l'Amazone, qu'il descend en pirogue jusqu'à l'océan. Sa Relation abrégée décrit le fleuve, ses rives, ses peuples et les poisons de chasse des Indiens. Au même moment, aux deux bouts du monde, la science des Lumières envoie ses savants arpenter le terrain.
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George Anson, Voyage autour du monde (1748)
Le récit du plus dur des voyages anglais du siècle : parti en 1740 pour harceler l'Espagne dans le Pacifique, Anson perd la moitié de ses hommes du scorbut, double le cap Horn dans l'enfer, et rentre en 1744 avec le galion de Manille. Le livre, énorme succès en France comme en Angleterre, montre l'autre visage de la puissance qui, dans le même temps, met le siège devant Louisbourg. Les guerriers de Lorembec et les marins d'Anson se battent pour la même guerre, aux deux bouts du monde.
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George Anson, A Voyage Round the World (1748) (1748)
Cinq ans avant l'expédition Strobl-Cardiel-Quiroga, le commodore anglais Anson entreprend le tour du monde à la tête d'une escadre décimée par le scorbut. C'est lui, précisément, dont les cartes imprimées font naître les fables de fleuves géants et d'huîtres démesurées à San Julián que le voyage de 1746 va démonter. Le récit anglais est un chef-d'œuvre de propagande navale : Patagonie sauvage, galion de Manille capturé, retour triomphal. Lire Anson à côté de Lozano, c'est voir la même côte sous deux plumes ennemies, l'une qui grandit tout, l'autre qui compte les brasses.
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Pehr Kalm, Voyage en Amérique du Nord (1749)
Le naturaliste suédois, élève de Linné, parcourt le Canada en 1749, entre les deux sièges de Louisbourg. Il note les plantes, les prix, les fortifications, l'état d'esprit des colons et la manière dont Français et Anglais se regardent. Son journal donne le climat exact des années où Maillard écrit, vu par un étranger qui n'a d'intérêt dans aucun des deux camps.
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Charles-Marie de La Condamine, Journal du voyage fait par ordre du Roi à l'équateur (1751) (1751)
Pendant que Cardiel remonte pieds nus vers l'ouest, La Condamine descend l'Amazone après dix ans passés à mesurer le méridien du Pérou. Récit d'une autre Amérique, tropicale, verte, peuplée, mais même génération de voyageurs savants, mêmes instruments, même désir d'en finir avec les fables des géographes de cabinet.
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Jean-Baptiste Chappe d'Auteroche, Voyage en Sibérie (1761)
Dix-huit ans avant que King ne monte en traîneau vers Bolcheretsk, un abbé astronome français traverse la Russie en plein hiver pour observer à Tobolsk le passage de Vénus devant le soleil. Il note tout : le froid qui fend les instruments, les relais de poste, la misère des paysans, la puissance des popes, et rentre publier un livre si sévère que Catherine II prend elle-même la plume pour y répondre. C'est l'envers exact de ce tome. Chappe voit un empire et le juge ; King voit un homme, le major Behm, et n'en revient pas. Les deux ont raison, et c'est ce qui rend la comparaison instructive.
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David Cranz, Historie von Grönland (1761-1762)
En 1733, du vivant d'Egede, des frères moraves de Herrnhut s'installent à côté de sa colonie et fondent Neu-Herrnhut ; la cohabitation entre luthériens et moraves n'est pas toujours paisible. Trente ans plus tard, David Cranz est envoyé par son Église pour écrire l'histoire de cette mission. Il séjourne au Groenland en 1761 et 1762, puis publie en 1765 une somme sur le pays, ses habitants et l'œuvre des frères, traduite en anglais dès 1767. Cranz reprend largement Egede, le complète, le discute, et ajoute ce que trente années de présence ont appris. Lire les deux livres à la suite, c'est voir la même côte décrite par deux missions rivales.
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Guillaume Le Gentil de la Galaisière, Voyage dans les mers de l'Inde (1761-1769)
Parti observer le passage de Vénus de 1761, l'astronome français le manque en mer, décide d'attendre le suivant, huit ans plus tard, s'installe à Pondichéry, et voit le ciel se couvrir le matin décisif de 1769. Il rentre en France pour apprendre qu'on l'a déclaré mort et partagé ses biens. Son livre est la plus mélancolique des aventures scientifiques du siècle, et le contrepoint parfait aux relevés méthodiques de King et de Bayly sous les cocotiers de Matavai : la même quête du ciel, l'une couronnée, l'autre volée par un nuage.
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John Bell, Travels from St. Petersburg in Russia, to Diverse Parts of Asia (1763)
Le meilleur compagnon de lecture d'Unverzagt marchait à ses côtés : le médecin écossais John Bell faisait partie de la même ambassade d'Izmaïlov. Il publia son récit à Glasgow en 1763, plus de quarante ans après le voyage, avec le recul d'un homme qui avait déjà suivi la mission russe en Perse. On y retrouve Tobolsk, le Baïkal, la steppe mongole, l'entrée dans Pékin et les audiences de Kangxi, racontés par un adulte attentif aux plantes, aux peuples et aux arguments des négociateurs. Lire les deux livres ensemble, c'est voir le même cortège par deux regards : celui du jeune homme ébloui et celui du praticien qui observe.
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James Cook, Journal du premier voyage (1768-1771) (1768-1771)
Vingt-deux ans après le retour du San Antonio, le lieutenant anglais Cook remonte la côte est de l'Australie et cartographie la Nouvelle-Zélande avec une précision qui va périmer tous les portulans. Même exigence que Quiroga : sondes, latitudes, marées, points remarquables. Même sobriété que Lozano dans la relation. Les deux voyages, à vingt-deux ans de distance, disent la même chose : le grand siècle des découvertes est fini, celui du relevé exact commence.
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James Bruce, Travels to Discover the Source of the Nile (1768-1773)
Exactement contemporain du deuxième voyage. De 1768 à 1773, l'Écossais Bruce s'enfonce en Abyssinie, atteint les sources du Nil Bleu et vit cinq ans à la cour de Gondar, parmi les intrigues, les exécutions et les festins de viande crue. Rentré à Londres, il est traité de menteur : ce qu'il raconte est trop invraisemblable pour un salon. Cook, lui, sera cru sans discussion. Les deux hommes reviennent à la même heure, avec la même prétention à l'exactitude, et l'Europe accepte l'un et rejette l'autre. Rien n'éclaire mieux ce que le public d'alors était prêt à entendre.
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Peter Simon Pallas, Voyages en différentes provinces de l'Empire de Russie (1768-1774)
De 1768 à 1774, le naturaliste allemand traverse la Russie de la Volga à la frontière chinoise pour le compte de Catherine II. Il décrit les steppes, les mines de l'Oural, les Kalmouks et les Bouriates, avec une exactitude qui fait encore autorité. Ses volumes paraissent au moment même où la Resolution quitte Plymouth. Le Pacifique de Cook et la Sibérie de Pallas se rejoignent d'ailleurs plus vite qu'on ne le croit : c'est vers le détroit de Bering, entre ces deux mondes, que l'expédition fait route à la fin de ce tome.
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Jean-Baptiste Chappe d'Auteroche, Voyage en Californie (1769)
En 1769, l'astronome français traverse le Mexique jusqu'à la Basse-Californie pour observer le passage de Vénus, la même quête qui avait mené Cook à Tahiti la même année. Il achève ses relevés au milieu d'une épidémie qui l'emporte, lui et presque toute sa troupe. Son journal, publié après sa mort, dit la ferveur scientifique du siècle et son prix en vies. On y retrouve, sous d'autres cieux, l'astronomie de plein air qui occupe King et Cook à Tongatapu, l'éclipse guettée entre les nuages.
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Jean de Surville, Journal du voyage du Saint-Jean-Baptiste (1769-1770)
En décembre 1769, un navire marchand français cherchait lui aussi une terre dans le Pacifique et longeait la côte nord de la Nouvelle-Zélande. Cook et de Surville passèrent à quelques dizaines de lieues l'un de l'autre, dans la même tempête, sans jamais se voir. Le journal du Français, longtemps oublié, raconte l'autre visage de cet instant : un équipage rongé par le scorbut, une relâche tendue avec les Maoris, un otage emmené de force. Lire ces pages en regard du journal de Cook, c'est saisir combien la découverte tenait au hasard des routes et des vents.
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Samuel Hearne, A Journey from Prince of Wales's Fort in Hudson's Bay to the Northern Ocean (1769-1772)
Pendant que Cook descend vers la glace australe, un commis de la Compagnie de la baie d'Hudson marche vers la glace du nord. De 1769 à 1772, Hearne traverse à pied, avec des guides dénés, des milliers de kilomètres de toundra pour atteindre l'embouchure de la rivière Coppermine. Il ne trouve pas les mines de cuivre qu'on l'envoyait chercher, et il assiste, impuissant, au massacre d'un campement inuit par ses propres compagnons. Le contraste avec Cook est saisissant : même décennie, même froid, même quête d'un objet qui n'existe pas, mais aucun navire, aucun instrument, aucune montre marine. Seulement des mocassins et le savoir des gens du pays.
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Samuel Hearne, Voyage du fort du Prince-de-Galles à l'océan Septentrional (1770-1772)
Pendant que Cook cherche le passage du Nord-Ouest par la mer, un commis de la Compagnie de la baie d'Hudson le cherche par la terre. De 1770 à 1772, Hearne marche vers le nord depuis Churchill, guidé par le chef Matonabbee et sa troupe, se nourrissant de ce qu'on tue, jusqu'à l'embouchure de la rivière Coppermine, sur l'océan Arctique. Il y assiste, impuissant, au massacre d'un campement esquimau par ses propres compagnons. Sa conclusion rejoint celle de Cook, prise de l'autre côté du continent : à cette latitude, il n'existe aucun passage navigable. Deux hommes, deux routes opposées, le même mur au bout.
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Louis-Antoine de Bougainville, Voyage autour du monde par la frégate du roi La Boudeuse et la flûte L'Étoile (1771)
Parti de Nantes en 1766, Louis-Antoine de Bougainville achève en 1769 le premier tour du monde accompli par une expédition française. Son escale à Tahiti, racontée dans le Voyage autour du monde de 1771, nourrit pour des décennies le rêve européen d'une humanité heureuse et sans contrainte. Le contraste avec Kim Jong-jeong, à quelques années près, est saisissant : le lettré coréen ne trouve à Shenyang que mœurs relâchées et brutalité, et cherche en vain un seul héros dans toute la Chine. Un même siècle, deux regards opposés sur l'étranger : l'un l'idéalise, l'autre le juge à l'aune d'un ordre confucéen qu'il croit seul légitime.
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Louis-Antoine de Bougainville, Voyage autour du monde (1771)
Six ans avant que Cook ne relâche à Tahiti, le Français Bougainville y avait planté son pavillon et rebaptisé l'île Nouvelle-Cythère. Son récit, publié en 1771, invente pour l'Europe le mythe du paradis océanien : îles parfumées, accueil des femmes, hommes libres et heureux. Là où Cook observe, compte et doute, Bougainville s'enflamme et rêve. Lire les deux côte à côte, c'est voir naître sous nos yeux deux manières opposées de raconter le Pacifique, l'une savante et prudente, l'autre lyrique, et comprendre pourquoi Tahiti est entrée si vite dans l'imaginaire des philosophes des Lumières.
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Maurice-Auguste de Benyowski, Mémoires et voyages (1771)
Le personnage qui hante le deuxième chapitre de ce tome sans jamais y paraître a écrit ses propres mémoires. Officier polonais déporté au Kamtchatka, il souleva Bolcheretsk en 1771, tua le commandant, s'empara d'une galiote et gagna Macao par le Japon et Formose, avant de finir gouverneur à Madagascar. Son livre est d'une invention sans scrupule et les historiens en démontent les pages depuis deux siècles ; mais c'est la seule voix de l'autre bord dans cette affaire, et elle explique mieux qu'aucune autre pourquoi une garnison entière, huit ans plus tard, prend deux sloops anglais pour des pirates français.
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Julien Crozet, Nouveau voyage à la mer du Sud (1771-1772)
Marion du Fresne quitte l'île de France en 1771, aperçoit dans la brume les deux îles que Cook baptisera du Prince-Édouard, puis gagne la Nouvelle-Zélande où il est tué avec vingt-six de ses hommes dans la baie des Îles, en juin 1772. Crozet, son second, ramène les navires et publie le récit. Tout ce qui hante la relâche de Cook au détroit de la Reine-Charlotte est là, vu de l'autre bord : la confiance, la rupture qu'on ne comprend pas, la vengeance, et la question que Cook se pose à voix haute devant Kahoora.
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Pierre Sonnerat, Voyage à la Nouvelle-Guinée (1771-1772)
Naturaliste et dessinateur, Sonnerat parcourt en 1771 et 1772 les îles de la mer des Indes et les côtes de la Nouvelle-Guinée, herborisant, croquant oiseaux et coutumes, mêlant à ses observations sa part de fables. Contemporain exact des îles des Amis de Cook, il donne à voir un autre Pacifique, plus occidental, où l'Europe commence à peine à démêler le vrai du merveilleux. À le lire, on mesure ce que la méthode d'Anderson, sobre et vérifiée, apporte de neuf au regard sur ces mers.
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Yves-Joseph de Kerguelen, Relation de deux voyages dans les mers australes et des Indes (1771-1774)
Au même moment, un autre officier de Louis XV cherche dans l'océan Indien de quoi agrandir le royaume. Kerguelen, persuadé d'avoir découvert en 1772 une « France australe » riche et habitable, y retourne en 1773-1774 et ne trouve que des terres désolées battues par les vents. Son retour en France se termine par un procès et une disgrâce. Le parallèle avec Duprat est frappant : deux Français de la même décennie, la même ambition de donner au roi un empire lointain, la même distance entre le rêve proclamé et la réalité, et chacun publie sa relation pour défendre sa conduite.
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Peter Simon Pallas, Reise durch verschiedene Provinzen des Russischen Reichs (1771-1776)
Pendant que la flotte de Catherine II croise dans l'Archipel, l'Académie de Saint-Pétersbourg envoie ses savants inventorier l'autre extrémité de l'empire. Le naturaliste berlinois Peter Simon Pallas part en 1768 et ne revient qu'en 1774, après avoir parcouru la Volga, l'Oural et la Sibérie jusqu'au lac Baïkal et à la frontière chinoise. Il décrit les roches, les plantes et les bêtes, mais aussi les Kalmouks, les Bachkirs et les Bouriates. Le rapprochement montre deux visages de la même Russie des Lumières : celle qui explore méthodiquement ses steppes, et celle qui tente sa chance en Orient par les armes et la diplomatie.
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Peter Simon Pallas, Reise durch verschiedene Provinzen des Russischen Reiches (1771-1776)
Publié entre 1771 et 1776, l'immense voyage du naturaliste allemand Pallas à travers l'empire russe, de la Volga à l'Altaï et à la Sibérie orientale, se déroule dans les années qui précèdent et suivent Phipps. Pallas décrit les steppes, les mammouths, les peuples turcs et mongols. Le lecteur curieux du Grand Nord y trouvera, du côté russe, la contrepartie continentale de ce que Phipps cherche en mer.
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Jean Chappe d'Auteroche, Voyage en Californie pour l'observation du passage de Vénus (1772)
Le 3 juin 1769, tandis que Cook guettait Vénus depuis Tahiti, l'astronome français Chappe d'Auteroche la guettait depuis une mission de Basse-Californie. Il réussit son observation, puis mourut sur place d'une fièvre, à quelques jours de là. Son récit posthume, paru en 1772, raconte l'autre versant de la même aventure scientifique : la course planétaire d'astronomes lancés aux quatre coins du globe pour mesurer d'un seul coup la distance de la Terre au soleil. Le lecteur mesure alors combien le voyage de l'Endeavour appartenait à une entreprise mondiale, coordonnée d'un hémisphère à l'autre.
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Marc-Joseph Marion du Fresne, Relation du voyage (1772)
Deux ans après Cook, un autre navigateur français jeta l'ancre dans la baie des Îles, ces rivages mêmes que l'Endeavour venait de longer. L'escale, d'abord cordiale, s'acheva dans le sang : Marion du Fresne et une partie de ses hommes furent tués par les Maoris qu'ils croyaient amis. La relation de ce voyage éclaire d'une lumière crue ce que le journal de Cook laisse deviner : la fragilité des premiers contacts, où un malentendu suffisait à faire basculer l'hospitalité en guerre.
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Yves-Joseph de Kerguelen de Trémarec, Relation de deux voyages dans les mers australes et des Indes (1772-1774)
L'autre version de l'histoire, par celui qui perdit. Kerguelen crut avoir trouvé la France australe, promit à Versailles un continent tempéré et peuplé, revint sans être descendu à terre, et passa devant un conseil de guerre. Son livre plaide, mesure, rectifie, et laisse voir un homme qui défend une découverte contre un rival anglais venu quatre ans plus tard emporter le nom. Lire ce récit après le nôtre, c'est écouter la partie adverse dans le procès que l'annotateur de 1784 instruit page après page.
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Anders Sparrman, Voyage au cap de Bonne-Espérance (1772-1776)
Le naturaliste suédois embarqué sur la Resolution au deuxième voyage était retourné au Cap et y courait encore la campagne quand Cook y mouilla en octobre 1776. Son livre raconte ce qu'Anderson n'a fait qu'entrevoir en trois jours de mule : les fermes de l'arrière-pays, les chasses, les peuples de la frontière, l'immense pays qui commence là où s'arrête le jardin de la Compagnie. On y trouve les mêmes vignes, les mêmes hôtes hollandais, le même rocher en forme de tour, et ce qu'un homme voit d'un pays quand il y reste des mois au lieu d'y relâcher entre deux marées.
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Constantine John Phipps, Voyage vers le pôle Nord (1773)
En 1773, deux navires anglais sont envoyés droit au nord par le Spitzberg pour voir si la mer polaire est libre. Ils sont arrêtés par la banquise à quatre-vingts degrés, restent quinze jours enfermés dans les glaces et rentrent avec la réponse : elle ne l'est pas. C'est de ce voyage que King tire, au chapitre 6, les mesures de l'ours blanc de lord Mulgrave qu'il compare aux siennes. Et c'est le contraste entre ces quatre-vingts degrés atteints près du Groenland et les soixante et onze qu'on ne dépasse jamais au nord du détroit de Béring qui nourrit toute sa discussion sur la formation des glaces.
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James Boswell, Journal d'un voyage aux Hébrides avec Samuel Johnson (1773)
À l'automne 1773, pendant que Cook cherche un continent austral, deux Londoniens traversent à cheval les Highlands et les îles de l'ouest de l'Écosse, trente ans après l'écrasement des clans. Boswell note tout : les auberges sans fenêtres, la gaélique qu'il ne comprend pas, les chefs ruinés qui reçoivent encore en seigneurs. On y observe, à quatre jours de Londres, un monde de rangs, de tabous et d'hospitalités codées qui ressemble plus qu'on ne l'imagine à celui d'Otoo et de Towha.
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John Byron, relation du voyage du Dolphin (publiée en 1773) (1773)
Douze ans avant Viedma, l'amiral anglais entre dans la baie de San Julián et jure y avoir vu des hommes de neuf pieds. Son récit relance en Europe la vieille fable des géants patagons et fait courir les gravures. Lire Byron puis Viedma, c'est passer d'un conte à une toise : le second mesure ses hôtes en varas, note qu'ils sont grands mais nullement démesurés, et explique posément que c'est le vêtement du cou aux pieds qui a trompé les visiteurs pressés.
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John Hawkesworth, Relation des voyages entrepris pour faire des découvertes dans l'hémisphère méridional (1773)
Deux ans avant l'Endeavour, un autre navire anglais, le Dolphin, avait touché Tahiti et en avait rapporté la nouvelle qui décida de l'escale de Cook. La grande compilation de Hawkesworth, parue en 1773, rassemble ces expéditions de Byron, Wallis et Carteret dans le Pacifique. On y lit la découverte de Tahiti telle que la Royal Navy la connut d'abord, ce Dolphin dont le journal de Cook garde partout le souvenir. C'est l'avant-scène des mers du Sud, juste avant que l'Endeavour n'en fasse le tour.
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Patrick Brydone, A Tour through Sicily and Malta (1773)
En 1770, l'Écossais Patrick Brydone fait le tour de la Sicile et pousse jusqu'à Malte avec les jeunes gens qu'il accompagne dans leur grand tour. Il gravit l'Etna, observe, mesure, plaisante, et publie ses lettres à Londres en 1773, l'année même où le journal de Plechtcheïev est imprimé à Saint-Pétersbourg. Malte, l'île des chevaliers, et la Méditerranée des corsaires forment aussi l'horizon des marins russes de l'Archipel. Les deux livres montrent la même mer sous deux jours : celle du voyageur lettré qui flâne parmi les ruines antiques, et celle de l'officier en campagne qui la traverse en temps de guerre.
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Sydney Parkinson, A Journal of a Voyage to the South Seas (1773)
Dessinateur du premier voyage de Cook, mort en mer avant le retour, Parkinson a laissé un journal publié en 1773 par sa famille. On y suit l'Endeavour le long des mêmes côtes néo-zélandaises et australiennes que Cook venait de révéler. Le ton est celui d'un jeune homme émerveillé et scrupuleux, qui note les mots des langues rencontrées et croque plantes et visages. C'est le premier regard européen prolongé sur ces rivages, celui qui a préparé le terrain du deuxième voyage raconté ici.
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William Bartram, Travels through North and South Carolina, Georgia, East and West Florida (1773-1777)
En mars 1773, le mois même où Duprat débarque à Pondichéry, le naturaliste de Philadelphie part pour la Géorgie et la Floride. Pendant quatre ans, il herborise le long de la rivière Saint-Jean, séjourne chez les Séminoles, traverse le pays creek et les montagnes cherokees. Là où Duprat traite avec les princes du Malabar en officier qui veut des clefs et des serments, Bartram observe les peuples amérindiens en hôte attentif, sans rien vouloir leur prendre. Publié en 1791, son livre a nourri l'imaginaire des romantiques anglais, et il offre le contrepoint paisible d'une même décennie d'empires rivaux.
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William Bartram, Voyages dans les Carolines, la Géorgie et la Floride (1773-1777)
Pendant que la Resolution longe une côte de volcans, un quaker de Philadelphie marche seul, de 1773 à 1777, dans les forêts du sud de l'Amérique. Bartram herborise, dessine des alligators, dort chez les Creeks et les Cherokees, et tient sur eux un langage que son siècle n'emploie guère : celui de l'hôte reconnaissant. Là où King observe un peuple qu'il ne reverra pas, Bartram vit des mois entiers dans les villages qu'il décrit, et son livre a nourri l'imagination des romantiques anglais autant que les cartes des botanistes. Deux façons opposées de regarder, à la même heure, un monde que l'Europe s'apprête à défaire.
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Carsten Niebuhr, Description de l'Arabie (1774) (1774)
Seul survivant d'une expédition danoise de six savants partis pour le Yémen, Niebuhr rentre avec des relevés, des latitudes et des plans de villes dressés à la boussole. Le livre est un monument de patience désolée : tous ses compagnons sont morts, et il continue de mesurer. Cette obstination du fonctionnaire savant, qui préfère un chiffre juste à une belle page, est exactement celle qui court d'un bout à l'autre du journal de San Julián.
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Thomas Falkner, A Description of Patagonia (1774) (1774)
Un médecin anglais devenu jésuite passe quarante ans dans les missions du Río de la Plata et rentre avec la première description raisonnée de l'intérieur patagon, de ses peuples et de ses rivières. Le livre paraît six ans avant le départ de Montevideo, et son ombre plane sur toute l'entreprise : c'est en partie parce que Falkner a montré aux Anglais la valeur stratégique de la côte que Madrid décide en hâte d'y planter des villes.
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Carsten Niebuhr, Voyage en Arabie et en d'autres pays circonvoisins (1774-1778)
Au moment où Kim Jong-jeong attend à Shenyang, le géomètre Carsten Niebuhr est en Inde, après avoir parcouru le Yémen. Il est le seul survivant de l'expédition scientifique envoyée en Arabie par le roi de Danemark en 1761 et ne rentrera qu'en 1767, par la Perse, la Mésopotamie et la Syrie. Son récit, publié à partir de 1774, décrit avec une précision d'arpenteur les villes, les douanes et les autorités locales. Comme le magistrat coréen, Niebuhr est un envoyé du roi, attentif aux hiérarchies et aux procédures, qui consigne ce qu'il voit en homme chargé d'un rapport plus qu'en voyageur en quête de pittoresque.
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Carsten Niebuhr, Voyage en Arabie (1774-1778)
Pendant que l'Endeavour s'armait, un géomètre allemand rentrait seul d'Arabie, unique survivant d'une expédition danoise décimée par la maladie. Son récit, publié dans les années 1770, décrit un Yémen alors presque ignoré des Européens, avec la même patience d'arpenteur que Cook met à relever une côte. C'est un autre visage de l'âge des grandes reconnaissances : non plus les mers du Sud, mais les déserts et les ports de la mer Rouge. La rigueur du trait, le souci de tout mesurer et nommer, rapprochent ces deux voyageurs que tout séparait.
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Carl Peter Thunberg, Voyage au Japon par le cap de Bonne-Espérance et Java (1775-1776)
Élève de Linné, le botaniste suédois passe l'année 1775 et une partie de 1776 sur l'îlot de Dejima, dans la rade de Nagasaki, seul point du Japon ouvert aux Européens. Il herborise à travers les treillis de sa prison, achète des plantes aux domestiques, monte enfin à Edo dans le cortège annuel de l'ambassade hollandaise. Sa méthode est exactement celle d'Anderson à Tahiti : nommer, classer, noter les remèdes, écouter la langue. Deux disciples du même maître, aux deux bouts de l'Asie, tirent d'une réclusion polie et d'un séjour de quelques semaines une somme que personne n'avait su rassembler avant eux.
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Carl Peter Thunberg, Voyage au Japon (1775-1776)
Le Japon que les navires longent sans y toucher, un botaniste suédois y a vécu quinze mois, en 1775 et 1776, comme médecin du comptoir hollandais de Dejima. Élève de Linné, il herborise dans le fourrage des chevaux faute de pouvoir sortir, obtient enfin de monter à Edo avec l'ambassade annuelle, et rapporte la première flore du pays. Là où King renonce devant les courants et les tempêtes en citant l'avertissement de Kaempfer, Thunberg montre ce qu'il en coûtait, et ce qu'on pouvait malgré tout y apprendre, quand on acceptait d'entrer en cage.
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John Ledyard, Journal du dernier voyage du capitaine Cook (1776-1780)
Un caporal américain des soldats de marine se trouvait à Kealakekua ce matin-là. Rentré chez lui, Ledyard publia à Hartford, en 1783, un récit du voyage qui devança de plus d'un an l'édition officielle et raconta la mort de Cook sans passer par l'Amirauté. Le ton est libre, parfois emprunté à d'autres, et le jugement sévère sur la conduite des officiers. C'est le premier contrepoint au texte que l'on vient de lire : deux hommes, la même plage, le même quart d'heure, et deux versions dont la comparaison a occupé les historiens depuis.
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Georg Forster, Voyage autour du monde (1777)
Embarqué à dix-sept ans sur la Resolution aux côtés de son père, le jeune Forster a vécu exactement les scènes que raconte Cook, mais il en donne une version tout autre : sensible, colorée, attentive aux gens plus qu'aux relèvements. Publié en 1777, la même année que le récit officiel, son livre est le contrechamp intime du nôtre. On y retrouve les îles des Amis, le cannibalisme maori, l'île de Pâques, mais vus par un adolescent cultivé qui deviendra l'un des grands prosateurs allemands. Le double regard, celui du capitaine et celui du passager, éclaire tout le voyage.
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Georg Forster, A Voyage round the World (1777)
Naturaliste allemand embarqué sur le Resolution avec Cook, Forster publie à Londres en 1777 le récit du même voyage que son commandant, mais du point de vue du savant. Il décrit les Polynésiens, les glaces antarctiques, les albatros et les manchots avec une prose plus littéraire que celle des marins. On lit Forster après Phipps pour comprendre comment un naturaliste embarqué observe, note, classe, dans la même décennie et sous d'autres cieux.
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Jonathan Carver, Travels Through the Interior Parts of North America, in the Years 1766, 1767, and 1768 (1778)
Au lendemain de la guerre de Sept Ans, l'officier colonial Jonathan Carver remonte en 1766 le cours supérieur du Mississippi et passe l'hiver chez les Dakotas, à la recherche d'une route vers l'ouest. Son récit, publié à Londres en 1778, connaît un grand succès. Comme le journal de Kim Jong-jeong, il se situe sur une frontière entre empires : le traité de 1763 vient de redistribuer l'Amérique du Nord, comme la conquête mandchoue a redessiné la Mandchourie et ses marges. Dans les deux cas, un voyageur venu du centre décrit des peuples, des postes et des passages que les traités ne contrôlent qu'à moitié.
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Guillaume Le Gentil, Voyage dans les mers de l'Inde (1779-1781)
Nul ne fut plus malheureux que cet astronome français, parti observer le passage de Vénus de 1761 et retenu si longtemps dans l'océan Indien qu'il manqua aussi celui de 1769, un nuage lui volant l'instant décisif. Rentré au bout de onze ans, il se découvrit déclaré mort et dépouillé de ses biens. Son livre, publié en 1779, est le revers tragique et cocasse du triomphe de Cook : la même quête céleste, mais poursuivie sous une mauvaise étoile. On y respire toute la fièvre savante du siècle et la fragilité des expéditions lointaines.
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Pak Chi-won, Yeorha ilgi (1780)
Seize ans après Kim Jong-jeong, le lettré Pak Chi-won traverse à son tour Shenyang avec l'ambassade coréenne de 1780, en route vers Pékin et Jehol. Son Yeorha ilgi, traduit en anglais sous le titre The Jehol Diary, consacre à la ville des pages célèbres : boutiques, enseignes, conversations nocturnes avec des marchands chinois. Le contraste avec Kim est frappant. Là où l'enquêteur de 1764, humilié et méfiant, ne voit dans la capitale mandchoue que barbarie et corruption, Pak Chi-won y découvre une prospérité et des techniques dont la Corée, selon lui, devrait s'inspirer. La même ville, deux humeurs, et l'amorce d'un débat qui traversera la Corée lettrée.
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William Coxe, Nouvelles découvertes des Russes entre l'Asie et l'Amérique (1780)
Publié à Londres en 1780, au moment même où la Resolution rentre au port, ce livre raconte tout ce que Cook ignorait en abordant Unalaska : un demi-siècle de voyages obscurs de chasseurs russes, partis du Kamtchatka d'île en île à la poursuite de la loutre de mer. Coxe compile les rapports, les cartes et les journaux de ces promychlenniks que nul récit officiel n'avait rassemblés. On y retrouve le monde entrevu par Cook chez Ismyloff : des baraques, des fourrures, des baïdares, et cette Europe silencieuse installée au bout de l'Asie bien avant que les Anglais n'y jettent l'ancre.
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François-Jean de Chastellux, Voyages dans l'Amérique septentrionale (1780-1782)
La guerre que l'expédition a laissée derrière elle en 1776 se joue pendant qu'elle meurt à Hawaï. Chastellux, major général de l'armée de Rochambeau, la traverse à cheval de 1780 à 1782, de Newport à la Virginie, et raconte ce qu'il voit : les tavernes, les fermes, Washington chez lui, les universités naissantes, les esclaves. C'est le monde qui gouvernait la pensée de Londres pendant que Clerke, dans la baie de Kealakekua, négociait la restitution d'ossements. Le contraste est le meilleur commentaire qui soit sur l'étrange indifférence des deux histoires l'une à l'autre.
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François Le Vaillant, Voyage dans l'intérieur de l'Afrique (1781-1784)
Quelques années après Cook, un Français né en Guyane s'enfonce du Cap vers le nord avec ses chariots, ses fusils et son singe apprivoisé. Le Vaillant chasse, collectionne les oiseaux, se lie avec les Namaquas, et écrit tout cela dans un style de roman qui fit le succès de son livre et le soupçon des savants. Il représente exactement ce que la manière de King refuse : le voyageur qui se met en scène. Les lire l'un après l'autre montre à quel point le ton d'un récit décide de ce que la postérité croira.
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Jean-François de La Pérouse, Voyage autour du monde (1785-1788)
Dix ans après Cook, La Pérouse traverse les mêmes eaux, relâche aux îles des Navigateurs voisines, et y perd son second dans un guet-apens qui répond, comme un écho sinistre, à toutes les amitiés fastueuses de ce tome. Son récit, sauvé du naufrage final par des copies expédiées à temps, montre le revers de la médaille polynésienne : la même mer, les mêmes chefs magnifiques, et la violence que Cook a côtoyée sans toujours la voir venir.
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Martin Sauer, An Account of a Geographical and Astronomical Expedition to the Northern Parts of Russia (1785-1794)
Secrétaire de l'expédition de Joseph Billings, chargée par Catherine II de relever les côtes entre l'Asie et l'Amérique, l'Anglais Martin Sauer passe près de dix ans en Sibérie orientale. Il hiverne au Kamtchatka, embarque à Petropavlovsk en 1790 et visite les îles Aléoutiennes, Unalaska et Kodiak. Son récit, paru à Londres en 1802, s'attarde sur les Aléoutes, leurs kayaks, leurs parkas, leurs villages, et dénonce sans détour la brutalité des chasseurs de fourrures russes envers eux. Un demi-siècle après la rencontre des îles Choumaguine racontée par Steller, Sauer décrit le prix payé par ces insulaires pour la loutre de mer que l'expédition de Béring avait fait connaître.
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Constantin-François Volney, Voyage en Égypte et en Syrie (1787) (1787)
Quatre ans après la signature de la description patagonne, un jeune Français parcourt l'Orient ottoman avec le projet d'en écrire non les merveilles mais l'état réel : population, ressources, gouvernement, climat. La seconde moitié du volume de Viedma, où le journal cède la place au relevé raisonné d'une côte et d'un peuple, procède du même geste et de la même époque. C'est le moment où le voyage cesse d'être un récit d'aventures pour devenir un rapport.
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Volney, Voyage en Syrie et en Égypte (1787)
Dix ans après Plechtcheïev, de 1783 à 1785, le jeune Volney séjourne en Égypte puis en Syrie, où il passe plusieurs mois à apprendre l'arabe dans un couvent du Liban. Son livre consacre de longues pages à l'histoire toute récente : la carrière d'Ali-Bey et sa chute, l'ascension puis la mort du cheikh Daher, et la tyrannie de Djezzar, son successeur à Acre. Ce que le lieutenant russe a vu de ses yeux, Volney le reconstitue en historien et en penseur des Lumières. Le lecteur de Plechtcheïev y trouve la suite et le dénouement d'une histoire dont il a vécu un chapitre.
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Jean-Baptiste Barthélemy de Lesseps, Journal historique du voyage de M. de Lesseps (1787-1788)
En septembre 1787, La Pérouse fait escale dans la baie d'Avatcha et y débarque son jeune interprète, Jean-Baptiste Barthélemy de Lesseps, chargé de porter en France les journaux de l'expédition. Commence alors une traversée d'un an : en traîneau à chiens à travers le Kamtchatka, par Bolcheretsk, puis chez les Koriaks, le long de la mer d'Okhotsk et à travers toute la Sibérie, jusqu'à Saint-Pétersbourg et Paris, où il arrive en octobre 1788. Son Journal historique, paru en 1790, décrit les Kamtchadales, les Koriaks, les postes cosaques et les rigueurs de l'hiver. Le lecteur de Steller y retrouve Avatcha et Bolcheretsk un demi-siècle plus tard, sur la route même de son retour à pied.
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Jean-Baptiste Barthélemy de Lesseps, Journal historique du voyage (1787-1788)
Le seul survivant de l'expédition La Pérouse fut celui qu'on renvoya. En septembre 1787, à vingt-deux ans, Lesseps débarque à Saint-Pierre-et-Saint-Paul avec les journaux de son commandant et l'ordre de les porter à Versailles par voie de terre. Il met un an à traverser le Kamtchatka, la Sibérie et la Russie, en traîneau à chiens puis à rennes, exactement par les chemins que King venait de décrire. Il passe par Bolcheretsk, s'arrête sur la tombe de Clerke, et retrouve les mêmes jourtes, les mêmes toïons, les mêmes ours. Aucun autre livre ne prolonge celui-ci d'aussi près.
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William Bligh, A Voyage to the South Sea (1787-1789)
Bligh apprit son métier de navigateur auprès de Cook, dont il fut le maître au troisième voyage. En 1788, il revient à Matavai chercher des arbres à pain et y passe cinq mois. Ce que Cook n'avait qu'entrevu, la lente corrosion des équipages par la douceur des îles, éclate ici en mutinerie. Le même mouillage, le même chef Otoo devenu plus puissant, la même méthode nautique, et une catastrophe humaine que Cook avait redoutée sans jamais la subir.
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Paul Egede, Efterretninger om Grønland, uddragne af en Journal holden fra 1721 til 1788 (1788)
Paul Egede a douze ans quand il débarque avec ses parents en 1721, et la Relation le suit de tournée en tournée avant qu'il ne revienne, ordonné, en 1734, pour aider à fonder Christianshåb sur la baie de Disko. Resté au Groenland jusqu'en 1740, il devient ensuite l'auteur du premier dictionnaire et de la première grammaire groenlandaise, traduit le Nouveau Testament et finit évêque du Groenland. Peu avant sa mort, il publie à Copenhague des extraits de son propre journal, tenu de 1721 à 1788. Le fils reprend là où le père s'arrête : mêmes fjords, mêmes familles, mais avec la langue enfin maîtrisée et le recul d'une vie entière.
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John Meares, Voyages à la côte nord-ouest de l'Amérique (1788-1789)
Cook n'avait pas quitté Nootka que le prix des peaux de loutre à Canton faisait déjà courir les marchands. En 1788, Meares s'installe dans la baie même, y construit un petit navire, traite avec le chef Maquinna, et son établissement contesté déclenche la crise de Nootka qui manque de jeter l'Angleterre et l'Espagne à la guerre. Son récit, moins scrupuleux que celui de Cook, montre le revers de la découverte : en dix ans, l'anse aux loutres est devenue un comptoir, et le troc de fer du capitaine, le premier acte d'un grand commerce.
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John Meares, Voyages faits en 1788 et 1789 de la Chine à la côte nord-ouest d'Amérique (1788-1789)
Voici le projet du chapitre 19, mis à exécution huit ans plus tard, par un ancien officier de marine devenu marchand. Meares arme à Macao, remonte à Nootka, y bâtit une maison et un navire, achète les peaux de loutre aux mêmes conditions que King avait calculées, redescend les vendre à Canton, et provoque au passage la crise diplomatique qui faillit mettre l'Angleterre et l'Espagne en guerre. Son livre est vantard et souvent malhonnête, ce qui ne l'empêche pas d'être le premier document du commerce maritime des fourrures, celui que ce tome a inventé sans le savoir.
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James Morrison, Journal de bord de la Bounty et Mémoire sur Tahiti (1789-1792)
Le maître d'équipage de la Bounty, resté à Tahiti après la mutinerie de 1789, y vit près de deux ans avant d'être capturé, condamné, puis gracié. Son mémoire, écrit en prison, est la description la plus détaillée que l'on ait de la société tahitienne avant sa conversion : les arioi, les morai, le maro royal, les guerres de district, tout ce que Cook n'apercevait qu'en visiteur. Il éclaire de l'intérieur les chapitres d'Anderson, douze ans plus tard, sur les mêmes îles.
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Alessandro Malaspina, Journaux de l'expédition politique et scientifique (1789-1794) (1789-1794)
Six ans après le retour de Viedma, l'Espagne lance sa plus grande expédition scientifique, deux corvettes autour du monde, avec ordre de mesurer, cartographier et inventorier tout l'empire. Malaspina passe au large des mêmes côtes australes. Ses journaux, restés inédits pendant un siècle pour cause de disgrâce politique, disent la fin de l'aventure espagnole en Amérique du Sud ; le journal de San Julián en dit, à voix basse, le commencement du renoncement.
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James Bruce, Voyage aux sources du Nil (1790)
Tandis que l'Endeavour cherchait la Nouvelle-Hollande, un géant écossais remontait le Nil bleu. Le 4 novembre 1770, aux mois mêmes où Cook remontait la côte australienne, Bruce atteignait les sources qu'il croyait celles du grand fleuve. Son récit, publié en 1790, souleva l'incrédulité de l'Europe savante tant ses aventures paraissaient invraisemblables. C'est l'autre versant de l'âge des découvertes : non plus les mers du Sud, mais les hauts plateaux d'Abyssinie. On y retrouve la même obstination à voir de ses yeux ce que nul Européen n'avait décrit, et la même solitude de l'explorateur au bout du monde connu.
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William Bligh, Relation de l'enlèvement du navire le Bounty (1790)
Dix-huit ans après l'Endeavour, chassé de son bord par la révolte, le lieutenant Bligh accomplit dans une simple chaloupe l'une des plus extraordinaires traversées de l'histoire de la mer. Sa route recoupe presque exactement celle de Cook : le détroit qui sépare la Nouvelle-Hollande de la Nouvelle-Guinée, puis Timor, où lui aussi arrive épuisé et affamé. Ancien élève de Cook, dont il avait été le maître au dernier voyage, Bligh applique les leçons de son maître à survivre. Deux récits de la même mer semée de récifs, à quelques années d'écart.
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George Vancouver, A Voyage of Discovery to the North Pacific Ocean and Round the World (1791-1795)
Vancouver était sur la Resolution, gamin de quinze ans, quand elle franchissait le cercle polaire. Vingt ans plus tard, il commande sa propre expédition et retourne à Dusky Bay, en 1791, pour achever le levé que son ancien capitaine avait laissé inachevé dans un coin de sa carte. Il y retrouve la souche des arbres coupés par les charpentiers de Cook, l'emplacement de la forge, les traces de la relâche. Lire ce passage après ce tome donne le vertige : c'est le premier retour sur les lieux d'un livre.
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George Vancouver, A Voyage of Discovery to the North Pacific Ocean (1791-1795)
Vancouver était aspirant sur la Discovery pendant ce voyage. Quinze ans plus tard, il commande sa propre expédition, relâche à Dusky Bay puis au détroit de la Reine-Charlotte, et retrouve les souches des arbres coupés par les charpentiers de Cook. Le lecteur y voit ce que deviennent, en une génération, un mouillage familier et les gens qui y campaient.
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Samuel Hearne, Voyage à l'océan glacial (1795)
Aux mêmes années, un employé de la Compagnie de la baie d'Hudson s'enfonçait à pied dans le Grand Nord canadien, guidé par des chasseurs déné, pour atteindre l'embouchure de la rivière Coppermine. Son récit, publié en 1795, est le pendant terrestre et glacé du voyage de Cook : mêmes distances démesurées, même dépendance envers des guides autochtones, même patience à relever une géographie vierge. Là où Cook sonde des baies tropicales, Hearne traverse la toundra ; mais l'un et l'autre écrivent la rencontre de l'Europe et de mondes qu'elle ne soupçonnait pas.
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Samuel Hearne, A Journey from Prince of Wales's Fort to the Northern Ocean (1795) (1795)
Pendant que Viedma sonde des ports vides, un employé de la Compagnie de la baie d'Hudson marche pendant trois ans vers l'océan Arctique, guidé par des chasseurs chipewyans dont il dépend entièrement pour manger, s'orienter et survivre. Comme le journal patagon, ce récit tient sa force de l'accumulation des jours et du refus de l'emphase, et il pose la même question sans jamais la formuler : que devient un homme de bureau quand sa vie tient à des gens dont il ne parle pas la langue ? La réponse est chez Hearne aussi crue que chez Viedma elle est discrète.
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Paulin de Saint-Barthélemy, Viaggio alle Indie Orientali (1796)
Arrivé sur la côte de Malabar au milieu des années 1770, quand les échos de l'équipée de Duprat ne sont pas éteints, ce carme autrichien y reste jusqu'en 1789. Missionnaire, il apprend le malayalam et le sanskrit, dont il publie la première grammaire imprimée en Europe. Son voyage, paru à Rome en 1796 et traduit en français en 1808, décrit les Naïrs, les brahmanes, les castes de pêcheurs, la cour de Travancore et l'avancée des armées de Mysore. On y retrouve, vus par un homme qui les a longuement fréquentés, les peuples et les royaumes que Duprat croise au pas de charge.
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Jean-François de Lapérouse, Voyage autour du monde (1797)
Quinze ans après Cook, la France envoie à son tour deux navires reconnaître le Pacifique. Lapérouse suit une part des routes de l'Endeavour, salue partout la mémoire du grand marin anglais, puis disparaît corps et biens à Vanikoro. Son journal, sauvé et publié en 1797, referme l'âge héroïque des découvertes océaniennes comme le journal de Cook l'avait ouvert. Le lecteur y retrouve les mêmes îles, déjà changées par le passage des Européens, et cette obsession des Lumières de tout cartographier avant de mourir.
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George Vancouver, Voyage de découvertes dans l'océan Pacifique Nord (1798)
Vancouver avait servi comme aspirant sous Cook. Devenu commandant, il revint au Pacifique dans les années 1790 pour en lever les côtes avec une minutie héritée de son maître. Son récit prolonge le geste de l'Endeavour d'une génération : mêmes escales polynésiennes, même patience du relevé, mais un monde insulaire déjà transformé par le commerce et les épidémies. On y voit ce que l'oeuvre de Cook a rendu possible, et le prix que les peuples du Pacifique commencent à en payer.
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Giuseppe Acerbi, Travels through Sweden, Finland, and Lapland, to the North Cape (1802)
Le jeune Italien Giuseppe Acerbi quitte Stockholm en 1798 pour un voyage qui le mènera jusqu'au cap Nord. Au cœur de l'hiver, il franchit en traîneau la mer d'Åland prise par les glaces, gagne la Finlande et remonte la côte du golfe de Botnie jusqu'à Oulu et Torneå, en sens inverse du retour de Linné. L'été 1799 venu, il remonte en barque le Torne et le Muonio, de rapide en rapide, jusqu'aux campements lapons et à l'océan Arctique. Ses Travels, publiés à Londres en 1802 avec de nombreuses gravures, offrent un tableau vivant des Finnois, des Lapons et de leurs rennes, deux générations après le journal de 1732.
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Jacob Roggeveen, Dagverhaal der ontdekkings-reis van Mr. Jacob Roggeveen (1838)
En août 1721, pendant qu'Unverzagt attend à Pékin que soient achevées les tapisseries de l'empereur, Jacob Roggeveen quitte la Hollande avec trois navires pour chercher le continent austral. Le dimanche de Pâques 1722, il aborde une île que ses cartes ignorent et lui donne le nom de la fête : l'île de Pâques, avec ses statues géantes. Il traverse ensuite le Pacifique, passe aux Samoa et finit à Batavia, où la Compagnie des Indes orientales saisit ses navires pour atteinte à son monopole. Son journal, publié seulement en 1838, raconte comme celui d'Unverzagt une route où le commerce et ses privilèges décident de tout.
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