Couverture de Voyage du comte Duprat dans l'Inde de Pierre-Antoine Duprat
Indes Orientales · Édition modernisée et illustrée

Voyage du comte Duprat dans l'Inde

Édition française modernisée et illustrée de Voyage du comte Duprat dans l'Inde de Pierre-Antoine Duprat (1773-1774). 146 pages.

Novembre 1773 : le comte Duprat, colonel à Mahé, obtient en trois semaines la soumission du Samorin de Calicut au Roi de France. Un récit vaniteux et audacieux, réécrit en français moderne.

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  • 146 pages
  • Broché · Ebook (EPUB)
  • Français
  • XVIIIe siècle

XVIIIe siècleIndes Orientales

Pays traversés : Inde

Présentation

En novembre 1773, le comte Duprat arrive à Mahé, petit comptoir français de la côte de Malabar, avec un brevet de colonel, une poignée de soldats et une conviction : dans un pays où l'or abonde, la bonne foi fera plus que l'argent.

Autour de lui, les princes du Malabar plient devant l'armée de Haïder Ali, nabab de Mysore, que Duprat dit ancien caporal cipaye de Pondichéry. Le Samorin de Calicut, aux abois, cherche un protecteur. Duprat saisit l'occasion. Lettres écrites à trois heures du matin, ambassadeur, interprètes pressés : en moins de trois semaines, tout un royaume accepte de se soumettre au Roi de France. Puis la frégate la Belle Poule mouille en rade, et l'audace devient spectacle : cent cinquante hommes, trois canons, une flotte ennemie tenue en respect devant Calicut, et les clefs du royaume offertes sur un bouclier de soldat.

Mais un traité signé dans l'urgence tient-il face à une armée en marche ? De retour à Mahé, Duprat mène encore une guerre du poivre contre le roi de Cartenatte, fortifie la colonie et affronte les Mapelets de la côte.

Écrit à la première personne par un officier vaniteux, brave et impatient, ce plaidoyer adressé au Roi fait revivre une ambition française en Inde que l'histoire a oubliée. Jusqu'où peut-on aller, sur la côte de Malabar, avec cent invalides et beaucoup d'aplomb ?

Le texte paraît en 1780 sous une fausse adresse londonienne, ce qui en dit long sur son caractère : un plaidoyer pro domo, écrit à la première personne, où le narrateur justifie ses choix devant le Roi et devant la postérité. Il y mêle lettres échangées avec le Samorin, avec le nabab Haïder Ali et avec ses propres officiers, et récits d'action. Le lecteur y suit, jour après jour, les négociations de Calicut, la cérémonie des clefs, la fuite du Samorin, puis la guerre du poivre et la défense de Mahé.

Ce témoignage éclaire un moment peu connu de la présence française en Inde, entre la paix de 1763 et la guerre d'Indépendance américaine : des comptoirs sans murailles, une Compagnie des Indes dépossédée de son privilège, les Anglais installés à Tellicherry et la puissance montante de Haïder Ali, maître de Mysore. Sur la côte de Malabar, tout tourne autour du poivre, des douanes, des alliances de circonstance et de l'orgueil des officiers. Duprat ne cache rien de sa vanité, et c'est ce qui rend son récit si vivant : on y entend un homme se regarder agir.

Cette édition conserve l'intégralité du récit et de ses documents, dans une langue d'aujourd'hui, avec des repères pour s'y retrouver : personnages, lieux, dates, vocabulaire de l'époque.

Première réécriture intégrale moderne pour le lecteur d'aujourd'hui, qui rend lisible ce récit sans rien trahir du voyage. 12 illustrations originales et 8 cartes du voyage donnent à voir l'itinéraire, tandis qu'un appareil de repères (glossaire, chronologie, index, note de l'éditeur, postface, texte original, suggestions de lectures) et des morceaux choisis du texte original accompagnent la lecture.

Caractéristiques

Éditeur
Itinerarium Éditions
Collection
Indes Orientales
L'auteur du texte
Pierre-Antoine Duprat
Époque du voyage
1773-1774
Édition modernisée par
Thierry Ruolz
Langue
Français
Format
Broché, 15,2 × 22,9 cm
Pages
146
ISBN
978-2-489331-54-7
Parution
octobre 2026

L'auteur du texte

Portrait de Pierre-Antoine Duprat

Pierre-Antoine Duprat

Voyage du comte Duprat dans l'Inde (1773-1774)

Pierre-Antoine Duprat, dit le comte Duprat, est un officier français dont la Bibliothèque nationale de France ignore les dates exactes de naissance et de mort, qu'elle situe entre le XVIIIe et le XIXe siècle. Colonel d'infanterie, il est nommé fin 1772 au commandement de Mahé, comptoir français de la côte de Malabar, où il arrive en novembre 1773. En janvier 1774, sans attendre l'aval de Pondichéry, il obtient du Samorin de Calicut un traité qui place son royaume sous la protection du Roi de France, avant que l'avance de l'armée de Haïder Ali ne fasse tout échouer. Il quitte son commandement en mai 1774 et publie en 1780, sous l'adresse de Londres, le récit de son action, seul ouvrage qui l'ait fait connaître.

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Voyage du comte Duprat dans l'Inde : Notre travail d'édition

Le mince volume que Pierre-Antoine Duprat fit paraître en 1780 porte une adresse qui ne trompe personne : « A Londres ». Cent trente-trois pages in-octavo, sans nom d'imprimeur, sans privilège, sans avis au lecteur. Un officier rentré de l'Inde y rend compte au Roi de six mois de commandement à Mahé, sous le couvert d'une ville étrangère, comme on publiait alors ce qu'on n'avait pas la permission d'imprimer. C'est cette édition, la première et la seule, que nous avons suivie, d'après l'exemplaire conservé à la Bibliothèque nationale de France sous la cote 8-LK10-84.

La relation de 1780 court d'une seule traite, sans chapitres ni table, et les lettres que Duprat y insère (au Samorin, à Haïder Ali, à M. Russel, au chevalier Meder, à Sirini-Vasseran) y entrent comme des pièces à conviction, chacune sous son intitulé. Nous avons découpé cette coulée en onze chapitres qui suivent les mouvements de l'affaire : l'arrivée, l'ambassade, le traité, le débarquement, le serment, la fuite, le repli, puis la guerre du poivre, les Mapelets et l'embuscade de Balgaret. Les titres sont de nous. L'ordre du récit est celui de l'auteur, retours en arrière compris. Les lettres restent des pièces datées, avec leur lieu et leur jour ; nous les avons seulement allégées des compliments qui les ouvrent et les ferment, quand ils ne disaient rien que l'usage. Les notes de bas de page de l'imprimé, qui glosent les brahmanes, les Naïrs, les drapeaux blancs ou la valeur de la roupie, sont passées dans le corps du texte ou entre parenthèses.

Avant / après

Texte original

Qui veut fortement le bien, a communément le bonheur de le faire ; mais n'est pas toujours éloquent qui le voudroit : ainsi ce n'est point par l'éloquence que je prétends captiver l'attention des lecteurs, mais par le simple exposé de mes travaux militaires que je desire y parvenir. C'est à vous, mon Roi; c'est à vous, ma Patrie, que je rends compte de ce que j'ai fait : le voici. J'obtins, sur la fin de 1772, la commission de Colonel, & des provisions pour aller dans l'Inde commander à Mahé, sur la côte de Malabar.

Édition modernisée et illustrée

Qui veut fortement le bien a le plus souvent le bonheur de l'accomplir. Être éloquent, c'est autre chose, et ne l'est pas qui veut. Je ne retiendrai donc pas le lecteur par de belles phrases. Je n'ai à lui offrir que le simple exposé de mes travaux militaires. C'est à vous, mon Roi, c'est à vous, ma Patrie, que je rends compte de ce que j'ai fait. Le voici.

La carte du voyage

Carte d'ensemble de Voyage du comte Duprat dans l'Inde de Pierre-Antoine Duprat, nord en haut : 1773  -  1774.
1773 - 1774. Carte d'ensemble, d'après Voyage du comte Duprat dans l'Inde de Pierre-Antoine Duprat (1773-1774).

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L'éditeur moderne

Thierry Ruolz

Thierry Ruolz

Éditeur et traducteur

Lecteur insatiable et polyglotte par curiosité, Thierry Ruolz s'est pris de passion pour les littératures orientales après un long séjour en Turquie et en Iran dans sa vingtaine. Arabisant autodidacte, il a appris le persan sur le terrain, au fil de voyages qui l'ont mené de Damas à Samarcande. Il apporte au projet sa connaissance intime des cultures du Levant et de l'Asie. Il travaille sur les collections Asie Profonde, Orient et Levant et Indes Orientales.

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