Nos titres sur ce sujet
À lire aussi : récits et ouvrages sur le même thème
Récits et ouvrages autour de ce sujet, classés par date, pour situer nos titres. Un lien mène à une édition libre en ligne quand elle existe, ou à notre fiche lorsque l'ouvrage fait partie de notre catalogue.
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Ahmad ibn Fadlan, Voyage chez les Bulgares de la Volga (921)
En 921, un siècle et demi avant qu'Adam ne prenne la plume, un envoyé du calife de Bagdad remonte vers le nord et tombe sur des marchands nordiques au bord de la Volga. Ce sont les Rus, cousins orientaux des Normands d'Adam. Ibn Fadlan décrit leurs tatouages, leur commerce d'esclaves et l'effrayant rituel funèbre d'un chef brûlé sur son navire. Là où Adam interroge des marins à distance, l'Arabe a tout vu de ses yeux. Les deux textes se répondent comme les deux faces d'un même monde nordique, vu de Brême et vu de l'Orient.
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Adam de Brême, Histoire des archevêques de Hambourg (v. 1075)
Vers 1075, un clerc allemand rédige la première mention écrite du Vinland hors d'Islande. Adam de Brême, informé par le roi du Danemark, note qu'il existe au-delà du Groenland une île où poussent la vigne et le blé sauvage. La coïncidence est saisissante : au moment où les sagas gardaient encore ces voyages dans la mémoire orale, un savant du continent en recueillait déjà l'écho. Son témoignage, bref mais capital, confirme de l'extérieur ce que les Islandais transmettaient de bouche à oreille sur la terre des vignes.
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Snorri Sturluson, La Saga des rois de Norvège (v. 1230)
Un siècle après Adam, l'Islandais Snorri raconte de l'intérieur les rois que le chanoine n'a connus que par ouï-dire. Harald Hardrada, les deux Olaf, Cnut le Grand y reparaissent, mais vus par les Nordiques eux-mêmes, avec leurs sagas, leurs scaldes et leur mémoire propre. Lire Snorri après Adam, c'est entendre l'autre version de la même histoire, celle des conquis qui prennent enfin la parole.
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Saxo Grammaticus, La Geste des Danois (v. 1200)
Vers 1200, ce clerc danois compose en latin la grande chronique de son peuple. Il connaît l'œuvre d'Adam et la prolonge, donnant aux rois danois leur épopée nationale. On y croise les héros et les légendes que Brême avait à peine entrevus, dans une langue ample qui veut rivaliser avec les Anciens.
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Olaus Magnus, Histoire des peuples du Nord (1555)
Plus d'un siècle avant Scheffer, l'archevêque suédois exilé à Rome avait dressé, en 1555, le grand tableau du Septentrion : tempêtes, glaces, peuples chasseurs, monstres marins et coutumes du froid. Scheffer le lit page après page, l'admire et le corrige sans cesse. C'est ici que l'Europe lettrée découvrit pour la première fois, dans une profusion d'images gravées, ce que pouvait être la vie aux confins du monde. À lire pour mesurer ce que la Lapponia doit à son devancier et ce qu'elle lui retire : la crédulité.
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Jens Munk, Navigatio Septentrionalis (1624)
En 1619, le roi Christian IV de Danemark envoie Jens Munk chercher à son tour le passage par le détroit d'Hudson. Ses deux navires, la Licorne et la Lamproie, entrent dans la baie près de l'île Digges, là où les mutins de Hudson étaient tombés dans l'embuscade, puis hivernent à l'embouchure de la rivière Churchill. Le scorbut emporte presque tout l'équipage : au printemps 1620, sur plus de soixante hommes, Munk et deux compagnons seulement survivent. À eux trois, ils ramènent la Lamproie jusqu'en Norvège et rentrent à Copenhague à Noël. Sa Navigatio Septentrionalis, publiée en 1624, compte parmi les récits d'hivernage les plus terribles de l'Arctique, et fait écho à l'hiver que Hudson avait imposé à ses hommes.
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Thomas James, The Strange and Dangerous Voyage of Captaine Thomas James (1633)
En mai 1631, Thomas James quitte Bristol sur l'Henrietta Maria pour reprendre la quête là où Hudson l'avait laissée. Dans la baie, il croise un autre chercheur de passage, Luke Foxe, parti de Londres la même saison, puis descend vers le sud, dans ce fond de baie où Hudson avait hiverné et qui porte aujourd'hui le nom de James. Il passe l'hiver sur l'île Charlton, coule volontairement son navire pour le soustraire aux glaces, le renfloue au printemps et rentre à Bristol en octobre 1632. Son Strange and Dangerous Voyage, paru en 1633, dit la faim, le froid, la prière, et aboutit au même constat que les journaux de Hudson : par là, aucun passage ne s'ouvre vers l'Asie.
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Friedrich Martens, Spitzbergische oder Groenlandische Reise-Beschreibung (1675)
Au printemps 1671, le chirurgien-barbier hambourgeois Friedrich Martens embarque sur un baleinier, le Jonas im Walfisch, pour le Spitzberg. Soixante ans plus tôt, les baleines signalées par Hudson en 1607 avaient attiré dans ces baies les flottes anglaises et hollandaises ; Martens y trouve une industrie installée, avec ses chaloupes, ses harpons et ses fondoirs. Pendant que l'équipage chasse, il observe : les glaces qui se détachent des glaciers, l'ours blanc, le morse, les oiseaux de mer, et l'herbe à cuillère contre le scorbut, celle que les survivants de la mutinerie cueillaient sur les îles de la baie. Sa Reise-Beschreibung, imprimée à Hambourg en 1675, fut traduite en italien, en néerlandais et en anglais.
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Pierre Louis Maupertuis, La figure de la Terre (1738)
En 1736, l'Académie des sciences envoie Maupertuis mesurer un degré de méridien sous le cercle polaire, dans la vallée du Tornio que Scheffer n'avait connue que par lettres. Le récit mêle triangulation, nuits blanches d'été, rennes et glace : la Laponie cesse d'être un objet d'érudition pour devenir un laboratoire. À lire pour voir le pays sâme entrer dans la science moderne, deux générations après la Lapponia.
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Réginald Outhier, Journal d'un voyage au Nord en 1736 et 1737 (1744)
Quatre ans après Linné, en 1736, l'abbé Réginald Outhier débarque à Torneå avec l'expédition de Maupertuis, chargée par l'Académie des sciences de mesurer un degré de méridien près du cercle polaire pour trancher la question de la forme de la Terre. L'astronome suédois Anders Celsius, collègue de Linné à Upsal, les accompagne. Outhier tient le journal de cette campagne : remontée du Torne en barque, signaux dressés au sommet des collines jusqu'à Kittis, hiver passé à Torneå, traîneaux tirés par des rennes, froid extrême. Il décrit avec soin les Lapons et les paysans finnois que Linné avait croisés sur la même côte quatre ans plus tôt.
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David Cranz, Historie von Grönland (1761-1762)
En 1733, du vivant d'Egede, des frères moraves de Herrnhut s'installent à côté de sa colonie et fondent Neu-Herrnhut ; la cohabitation entre luthériens et moraves n'est pas toujours paisible. Trente ans plus tard, David Cranz est envoyé par son Église pour écrire l'histoire de cette mission. Il séjourne au Groenland en 1761 et 1762, puis publie en 1765 une somme sur le pays, ses habitants et l'œuvre des frères, traduite en anglais dès 1767. Cranz reprend largement Egede, le complète, le discute, et ajoute ce que trente années de présence ont appris. Lire les deux livres à la suite, c'est voir la même côte décrite par deux missions rivales.
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Peter Simon Pallas, Reise durch verschiedene Provinzen des Russischen Reiches (1771-1776)
Publié entre 1771 et 1776, l'immense voyage du naturaliste allemand Pallas à travers l'empire russe, de la Volga à l'Altaï et à la Sibérie orientale, se déroule dans les années qui précèdent et suivent Phipps. Pallas décrit les steppes, les mammouths, les peuples turcs et mongols. Le lecteur curieux du Grand Nord y trouvera, du côté russe, la contrepartie continentale de ce que Phipps cherche en mer.
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James Cook et James King, A Voyage to the Pacific Ocean (1776-1780)
Au printemps 1778, trente-sept ans après Béring, James Cook longe à son tour la côte de l'Alaska à la recherche d'un passage vers l'Atlantique. Il passe devant l'île où Steller avait herborisé dix heures et la baptise Kaye's Island ; ses hommes y laissent une bouteille et des pièces d'argent. Cook remonte jusqu'au détroit de Béring, rencontre des trafiquants russes à Unalaska, puis meurt à Hawaï. En 1779, ses navires mouillent dans la baie d'Avatcha, d'où le Saint-Pierre était parti. Le récit officiel, achevé par James King et paru en 1784, refait la route de Steller avec des instruments plus sûrs et mesure enfin ce que les Russes avaient découvert.
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Martin Sauer, An Account of a Geographical and Astronomical Expedition to the Northern Parts of Russia (1785-1794)
Secrétaire de l'expédition de Joseph Billings, chargée par Catherine II de relever les côtes entre l'Asie et l'Amérique, l'Anglais Martin Sauer passe près de dix ans en Sibérie orientale. Il hiverne au Kamtchatka, embarque à Petropavlovsk en 1790 et visite les îles Aléoutiennes, Unalaska et Kodiak. Son récit, paru à Londres en 1802, s'attarde sur les Aléoutes, leurs kayaks, leurs parkas, leurs villages, et dénonce sans détour la brutalité des chasseurs de fourrures russes envers eux. Un demi-siècle après la rencontre des îles Choumaguine racontée par Steller, Sauer décrit le prix payé par ces insulaires pour la loutre de mer que l'expédition de Béring avait fait connaître.
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Jean-Baptiste Barthélemy de Lesseps, Journal historique du voyage de M. de Lesseps (1787-1788)
En septembre 1787, La Pérouse fait escale dans la baie d'Avatcha et y débarque son jeune interprète, Jean-Baptiste Barthélemy de Lesseps, chargé de porter en France les journaux de l'expédition. Commence alors une traversée d'un an : en traîneau à chiens à travers le Kamtchatka, par Bolcheretsk, puis chez les Koriaks, le long de la mer d'Okhotsk et à travers toute la Sibérie, jusqu'à Saint-Pétersbourg et Paris, où il arrive en octobre 1788. Son Journal historique, paru en 1790, décrit les Kamtchadales, les Koriaks, les postes cosaques et les rigueurs de l'hiver. Le lecteur de Steller y retrouve Avatcha et Bolcheretsk un demi-siècle plus tard, sur la route même de son retour à pied.
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Paul Egede, Efterretninger om Grønland, uddragne af en Journal holden fra 1721 til 1788 (1788)
Paul Egede a douze ans quand il débarque avec ses parents en 1721, et la Relation le suit de tournée en tournée avant qu'il ne revienne, ordonné, en 1734, pour aider à fonder Christianshåb sur la baie de Disko. Resté au Groenland jusqu'en 1740, il devient ensuite l'auteur du premier dictionnaire et de la première grammaire groenlandaise, traduit le Nouveau Testament et finit évêque du Groenland. Peu avant sa mort, il publie à Copenhague des extraits de son propre journal, tenu de 1721 à 1788. Le fils reprend là où le père s'arrête : mêmes fjords, mêmes familles, mais avec la langue enfin maîtrisée et le recul d'une vie entière.
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Samuel Hearne, A Journey from Prince of Wales's Fort in Hudson's Bay to the Northern Ocean (1795)
Employé de la Compagnie de la Baie d'Hudson, Hearne accomplit à pied, entre 1769 et 1772, la traversée qui le mène de Fort Prince de Galles jusqu'à l'océan Arctique par la rivière Coppermine. Publié en 1795, son récit est le pendant terrestre de Phipps : mêmes années, même Arctique, mais du côté américain, en compagnie des chasseurs Dénés. La glace y prend d'autres formes, la faim y remplace le pôle.
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Giuseppe Acerbi, Voyage au cap Nord (1802)
Au tournant du dix-neuvième siècle, un Italien remonte la Scandinavie jusqu'à la pointe extrême du continent, là où Scheffer plaçait les bornes du monde connu. Acerbi note les chants, les danses, les instruments, la vie quotidienne des Sâmes avec une curiosité d'amateur éclairé. On y retrouve, vivants et changés, les usages que la Lapponia avait figés un siècle et demi plus tôt.
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Giuseppe Acerbi, Travels through Sweden, Finland, and Lapland, to the North Cape (1802)
Le jeune Italien Giuseppe Acerbi quitte Stockholm en 1798 pour un voyage qui le mènera jusqu'au cap Nord. Au cœur de l'hiver, il franchit en traîneau la mer d'Åland prise par les glaces, gagne la Finlande et remonte la côte du golfe de Botnie jusqu'à Oulu et Torneå, en sens inverse du retour de Linné. L'été 1799 venu, il remonte en barque le Torne et le Muonio, de rapide en rapide, jusqu'aux campements lapons et à l'océan Arctique. Ses Travels, publiés à Londres en 1802 avec de nombreuses gravures, offrent un tableau vivant des Finnois, des Lapons et de leurs rennes, deux générations après le journal de 1732.
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Georg Heinrich von Langsdorff, Bemerkungen auf einer Reise um die Welt in den Jahren 1803 bis 1807 (1803-1807)
Médecin et naturaliste allemand, Georg Heinrich von Langsdorff embarque sur la Nadejda de Krusenstern pour le premier tour du monde russe. En 1804, il séjourne au Kamtchatka ; en 1805, il suit le chambellan Rezanov vers les comptoirs de la Compagnie russe d'Amérique, à Unalaska, à Kodiak, puis à Sitka où sévit la famine, avant de pousser jusqu'en Californie. Rentré à travers la Sibérie, il publie ses Remarques en 1812. Langsdorff est un héritier direct de Steller : même métier de médecin naturaliste, même curiosité pour les plantes, les animaux marins et les peuples des îles, et le même regard critique sur les chasseurs de loutres, soixante ans après le naufrage de l'île de Béring.
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Leopold von Buch, Reise durch Norwegen und Lappland (1810)
Le géologue prussien Leopold von Buch passe les années 1806 à 1808 en Norvège et en Laponie, à étudier les roches, les glaciers et la limite des arbres. En 1807, après le Finnmark, il redescend vers la Baltique par l'intérieur de la Laponie, l'Enontekis et le fleuve Torne, puis longe vers le sud la côte du golfe de Botnie que Linné avait suivie. Il monte même au Skula, en rappelant que Linné faillit y perdre la vie, comme le raconte la préface de la Flora Lapponica. Son Reise durch Norwegen und Lappland, publié à Berlin en 1810 et vite traduit en anglais, mêle science de terrain et récit de route.
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Adelbert von Chamisso, Reise um die Welt mit der Romanzoffischen Entdeckungs-Expedition (1815-1818)
Poète déjà connu pour Peter Schlemihl, l'homme qui a vendu son ombre, Adelbert von Chamisso embarque comme naturaliste sur le Rurik d'Otto von Kotzebue, armé par le comte Roumiantsev pour chercher un passage au nord de l'Amérique. En 1816 et 1817, le brick fait escale à Petropavlovsk, croise dans le détroit de Béring et relâche à Unalaska, dont Chamisso observe les Aléoutes avec une sympathie rare chez les voyageurs de son temps. Son récit, publié en 1836, mêle journal de route et remarques savantes. Chamisso navigue dans le sillage de Béring, et son regard de naturaliste, attentif aux plantes comme aux hommes, prolonge celui de Steller sur les mêmes rivages.
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William Scoresby, An Account of the Arctic Regions (1820)
Baleinier de Whitby comme les pilotes de Phipps, Scoresby publie en 1820 la première synthèse scientifique moderne sur le Spitzberg et les mers boréales. Il reprend et corrige les observations de Phipps, décrit la formation des glaces, la vie animale, la conduite des navires baleiniers. C'est le grand livre qui succède au voyage de 1773 sur les mêmes eaux, un demi-siècle plus tard, et qui inaugure l'océanographie polaire.
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William Scoresby, Journal of a Voyage to the Northern Whale-Fishery (1822)
Baleinier de Whitby et savant reconnu, William Scoresby longe en 1822 la côte orientale du Groenland, celle qu'Egede rêvait d'atteindre en petits bateaux et où l'on situait encore l'Eastbygd perdu des Normands. Entre deux campagnes de chasse, il relève les caps et les fjords sur quelque quatre cents milles, entre le soixante-neuvième et le soixante-treizième degré, mesure les glaces, les courants et les fonds. Son journal, publié en 1823, livre une carte d'une précision alors inédite pour ce littoral. Un siècle après Egede, la côte interdite commence à sortir du brouillard, non grâce aux expéditions royales, mais grâce aux baleiniers que le missionnaire voyait déjà croiser au large de Disko.
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Xavier Marmier, Lettres sur le Nord (1840)
Voyageur romantique et savant, Marmier parcourt vers 1840 la Scandinavie et rapporte de la Laponie des pages où l'émotion le dispute à l'observation. Il visite les paroisses, écoute les pasteurs, recueille les traditions et s'interroge sur l'avenir d'un peuple que la modernité commence à serrer de près. Le livre prolonge, en langue française, le geste de Scheffer : faire connaître le Nord à ceux du Sud.
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Hinrich Rink, Danish Greenland, its People and its Products (1848-1868)
Le géologue Hinrich Rink arrive au Groenland en 1848 et y revient sans cesse pendant vingt ans. Inspecteur royal du Groenland du Sud, il réside à Godthaab, la colonie fondée par Egede, où il installe une imprimerie et lance en 1861 Atuagagdliutit, le premier journal en langue groenlandaise. Il recueille aussi auprès des conteurs des centaines de récits traditionnels. Son grand tableau du Groenland danois, publié en anglais en 1877, décrit la chasse, le commerce, l'administration et les effets d'un siècle et demi de colonie. On y mesure ce qu'est devenu, cent cinquante ans plus tard, le petit établissement de l'île de l'Espérance.
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Léonie d'Aunet, Voyage d'une femme au Spitzberg (1854)
En 1839, la toute jeune Léonie d'Aunet accompagne le peintre Biard dans l'expédition de la corvette La Recherche jusqu'au Spitzberg. Pour le retour, elle choisit la Laponie : Kautokeino, ses petites maisons de bois et son presbytère hospitalier, puis Karesuando et la descente du Muonio et du Torne jusqu'à Torneå et Haparanda. Elle observe les campements, les rennes par centaines, l'habit et les mœurs des Lapons, et confronte ce qu'elle voit aux savants : sur le bois des rennes castrés, note-t-elle avec malice, « Linné dit oui, et Buffon dit non ». Son récit, vif et personnel, paraît en 1854 et reste l'un des plus attachants du Nord romantique.
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Julius Payer, Die österreichisch-ungarische Nordpolexpedition (1876)
En 1873, Payer et Weyprecht découvrent la Terre François-Joseph en dérivant sur la banquise à bord du Tegetthoff prisonnier des glaces. Le récit de Payer, publié à Vienne en 1876, prolonge exactement le mur de banquise devant lequel Phipps a reculé. Un siècle plus tard, la glace tient encore, mais on la traverse cette fois à pied, en laissant le navire.
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Paul Du Chaillu, The Land of the Midnight Sun (1881)
Rendu célèbre par ses gorilles du Gabon, Paul Du Chaillu change de latitude dans les années 1870 : il passe plusieurs étés et plusieurs hivers en Suède, en Norvège, en Laponie et dans le nord de la Finlande. Il emprunte la route de poste qui mène d'Upsal à Haparanda par soixante et onze relais, celle-là même que Linné avait remontée à cheval, puis voyage en barque et en traîneau à rennes, logé chez les paysans, les pasteurs et les Lapons. Fêtes, repas, costumes, travaux de chaque saison : The Land of the Midnight Sun, publié en 1881, offre un portrait foisonnant de ces campagnes du Nord un siècle et demi après le jeune naturaliste.
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Pierre Loti, Pêcheur d'Islande (1886)
À la fin du dix-neuvième siècle, le romancier français suit les marins bretons qui campagnent sur les bancs glacés d'Islande. La Thulé d'Adam, terre où la glace brûle, est devenue un lieu de labeur et de deuil. Le roman donne chair, à huit siècles de distance, à l'effroi que le chanoine éprouvait devant ces mers du bout du monde.
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Fridtjof Nansen, La Première Traversée du Groenland (1888)
En 1888, le jeune Norvégien Fridtjof Nansen et cinq compagnons débarquent sur la côte est du Groenland et traversent l'inlandsis à ski, d'un rivage à l'autre, pour la première fois. Ils redescendent par le fjord d'Ameralik jusqu'à Godthaab, la colonie fondée par Egede. Le dernier navire de la saison est parti : Nansen passe l'hiver parmi les Groenlandais, apprend le kayak, observe la chasse et la vie des maisons, matière d'un second livre sur les Inuits. Ce Norvégien qui arrive à Nuuk par la glace, près de cent soixante-dix ans après le pasteur norvégien arrivé par la mer, referme une boucle que le lecteur d'Egede appréciera.
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Fridtjof Nansen, Paa ski over Grønland (1888-1889)
En 1888, le Norvégien Fridtjof Nansen et cinq compagnons débarquent sur la côte orientale du Groenland, celle qu'Egede avait cherchée en vain, et traversent l'inlandsis à ski d'un rivage à l'autre. Ils redescendent par le fjord d'Ameralik, l'Amaralik où Egede semait son blé et fit ses adieux en 1735, puis gagnent Godthaab en bateau. Le dernier navire de la saison est parti : Nansen hiverne parmi les Groenlandais, apprend le kayak et observe la vie des maisons. Son récit paraît en 1890. Un Norvégien arrivé par la glace, près de cent soixante-dix ans après le pasteur norvégien arrivé par la mer, referme une boucle que le lecteur d'Egede appréciera.
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Fridtjof Nansen, Vers le pôle (1893-1896)
À la fin du XIXe siècle, l'explorateur norvégien Nansen laisse son navire, le Fram, prendre dans les glaces de l'Arctique pour se laisser dériver vers le pôle. Héritier lointain des marins de ce livre, il affronte la même banquise, le même silence blanc, la même mer qui décide à la place des hommes. Nansen, qui étudia aussi l'histoire des voyages norrois, savait ce qu'il devait à ces ancêtres. Son récit prolonge, à l'âge de la science, l'aventure commencée mille ans plus tôt par des vikings lâchant des corbeaux pour trouver la terre.
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Fridtjof Nansen, Farthest North (1897)
Nansen fait exprès ce que Phipps a subi malgré lui : il laisse le Fram se prendre dans la banquise pour dériver vers le pôle. Il publie en 1897 le récit de cette dérive de trois ans (1893-1896) et de sa marche vers le nord avec Johansen. Aucun livre ne rend mieux l'immobilité obstinée de la glace, dans laquelle les deux bombardes de Phipps étaient déjà restées prises.
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Paul-Émile Victor, Boréal
Bien plus tard, un Français part vivre chez les peuples de l'Arctique et en revient avec un récit d'immersion. Si la région diffère, le regard dialogue avec celui de Scheffer : même monde de neige, de rennes et de tentes, mais raconté désormais de l'intérieur, par quelqu'un qui a partagé le froid au lieu de le compiler. À lire pour mesurer la distance parcourue entre la description savante et l'expérience vécue.
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Knud Rasmussen, Nye Mennesker (1902-1904)
Né en 1879 à Ilulissat, sur la baie de Disko, fils d'un pasteur danois et d'une mère en partie groenlandaise, Knud Rasmussen parle le groenlandais depuis l'enfance. De 1902 à 1904, l'Expédition littéraire danoise le conduit jusqu'aux Inughuit du cap York, les Inuits les plus septentrionaux du monde. Il en rapporte Nye Mennesker (1905), recueil de récits, de mythes et de portraits recueillis de la bouche des conteurs. Là où Egede notait les croyances des Groenlandais pour mieux les combattre, Rasmussen les écoute pour les sauver de l'oubli. Le pays des âmes, les esprits de la mer, les angekoks reviennent, cette fois racontés de l'intérieur.
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Vilhjalmur Stefansson, Le Pays de l'aventure (1906-1918)
Au début du XXe siècle, cet explorateur d'origine islandaise, né au Canada, arpente l'Arctique et vit des années durant parmi les Inuit. Descendant des colons dont ce livre raconte l'épopée, il boucle en quelque sorte la boucle : les lointains fils des Norrois retournent au Nouveau Monde, non plus pour le nommer, mais pour apprendre à y vivre auprès de ceux que leurs aïeux appelaient Skrælings. Son témoignage offre le contrepoint qui manque aux sagas, celui d'une véritable rencontre avec les peuples de l'Arctique.
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Roald Amundsen, Nordostpassagen (1921)
Le Norvégien Amundsen, premier au pôle Sud en 1911, réussit en 1918-1920 le passage du Nord-Est à bord du Maud. Son récit, publié en 1921, ferme la porte que Robert Thorne avait entrouverte en 1527. Le lecteur de Phipps voit s'accomplir en Sibérie ce que le baron Mulgrave espérait au nord du Spitzberg.
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Jean Malaurie, Les Derniers Rois de Thulé (1950-1951)
En 1950, le géographe Jean Malaurie part seul pour le nord-ouest du Groenland, chez les Inughuit de la région de Thulé. Il vit avec eux, voyage en traîneau à chiens, partage la chasse et l'hiver polaire, recense les familles et les campements. En 1951, il découvre l'immense base aérienne que les Américains construisent en secret à quelques kilomètres des igloos. Son livre, paru en 1955, inaugure la collection Terre humaine. Deux siècles après Egede, un autre Européen observe un peuple groenlandais au moment où le monde extérieur fait irruption chez lui, mais il le fait en témoin inquiet, et non plus en missionnaire.
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Gwyn Jones, The Norse Atlantic Saga (1964)
L'historien gallois refait, document en main, tout le trajet de ce livre : des premières dérives vers l'Islande jusqu'aux camps du Vinland. Jones ne se contente pas de résumer les sagas ; il les confronte à la géographie, aux vents, aux courants, et propose des identifications prudentes pour Helluland, Markland et Vinland. Son récit, à la fois savant et limpide, sert de compagnon idéal à qui veut suivre les Norrois sur une carte réelle. C'est le pont le plus sûr entre la mémoire des sagas et le sol que foulent aujourd'hui les archéologues.
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Béatrice Collignon, Les Inuit, ce qu'ils savent du territoire (1996)
Cet essai de géographie, publié à Paris en 1996, décrit la manière dont les Inuit du Nunavut nomment, cartographient et habitent leur monde de glace. Il éclaire par contraste ce que ni Phipps ni ses successeurs européens n'ont su voir : la banquise n'est pas seulement une frontière, elle est un territoire habité, qui se lit et se parcourt par ceux qui y vivent.