À lire aussi : récits et ouvrages sur le même thème
Récits et ouvrages autour de ce sujet, classés par date, pour situer nos titres. Un lien mène à une édition libre en ligne quand elle existe, ou à notre fiche lorsque l'ouvrage fait partie de notre catalogue.
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Snorri Sturluson, La Saga des rois de Norvège (v. 1230)
Un siècle après Adam, l'Islandais Snorri raconte de l'intérieur les rois que le chanoine n'a connus que par ouï-dire. Harald Hardrada, les deux Olaf, Cnut le Grand y reparaissent, mais vus par les Nordiques eux-mêmes, avec leurs sagas, leurs scaldes et leur mémoire propre. Lire Snorri après Adam, c'est entendre l'autre version de la même histoire, celle des conquis qui prennent enfin la parole.
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Saxo Grammaticus, La Geste des Danois (v. 1200)
Vers 1200, ce clerc danois compose en latin la grande chronique de son peuple. Il connaît l'œuvre d'Adam et la prolonge, donnant aux rois danois leur épopée nationale. On y croise les héros et les légendes que Brême avait à peine entrevus, dans une langue ample qui veut rivaliser avec les Anciens.
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Olaus Magnus, Histoire des peuples du Nord (1555)
En 1555, ce prélat suédois exilé à Rome publie une vaste description de la Scandinavie, illustrée de gravures fameuses. Cinq siècles après Adam, il décrit encore les mêmes glaces, les mêmes monstres marins, les mêmes peuples des confins, mais avec l'œil de la Renaissance. Le merveilleux d'Adam y survit, à peine atténué par la science nouvelle.
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Marc Lescarbot, Histoire de la Nouvelle-France (1609)
Avocat parisien embarqué pour Port-Royal en 1606, Lescarbot passe un an en Acadie et publie en 1609 le premier grand livre français sur le pays. Il y décrit les Souriquois, c'est-à-dire les ancêtres directs de ceux que Maillard appelle Micmacs, cent trente ans plus tôt, avant les missions permanentes et avant l'eau-de-vie. C'est le point de départ obligé : la même côte, le même peuple, un monde encore intact.
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Pierre Biard, Relation de la Nouvelle France (1616)
Publiée en 1616, la relation du premier jésuite d'Acadie ouvre la longue série des Relations qui feront connaître les missions d'Amérique à l'Europe. Biard raconte les débuts difficiles, les malentendus de langue, les maladies. Chez lui, tout ce que Maillard vivra est encore à inventer : la manière de parler aux anciens, la place du missionnaire dans l'assemblée, l'art de se faire écouter sans être obéi.
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Gabriel Sagard, Le Grand Voyage du pays des Hurons (1632)
Paris, 1632. Le récollet pose la première ethnographie de longue durée de la nation huronne-wendat, parente des Iroquoiens de Cartier, dans leur pays de la baie Georgienne.
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Samuel de Champlain, Les Voyages de la Nouvelle France occidentale, dicte Canada (1632)
Paris, 1632. Soixante-dix ans après Cartier, Champlain remonte le même fleuve, fonde Québec en 1608 puis explore l'arrière-pays jusqu'aux Grands Lacs. C'est avec lui que la présence française s'enracine durablement.
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Thomas James, The Strange and Dangerous Voyage of Captaine Thomas James (1633)
En mai 1631, Thomas James quitte Bristol sur l'Henrietta Maria pour reprendre la quête là où Hudson l'avait laissée. Dans la baie, il croise un autre chercheur de passage, Luke Foxe, parti de Londres la même saison, puis descend vers le sud, dans ce fond de baie où Hudson avait hiverné et qui porte aujourd'hui le nom de James. Il passe l'hiver sur l'île Charlton, coule volontairement son navire pour le soustraire aux glaces, le renfloue au printemps et rentre à Bristol en octobre 1632. Son Strange and Dangerous Voyage, paru en 1633, dit la faim, le froid, la prière, et aboutit au même constat que les journaux de Hudson : par là, aucun passage ne s'ouvre vers l'Asie.
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Luke Foxe, North-West Fox, or Fox from the North-West Passage (1635)
Douze ans après Munk, en 1631, Luke Foxe quitte Londres sur le Charles, une petite pinasse, passe par les Orcades et entre dans le détroit d'Hudson en juin. Il longe la côte ouest de la baie, retrouve à Port Nelson les traces de l'hivernage de Thomas Button, croise par hasard son rival Thomas James, puis remonte vers le nord dans le bassin qui porte aujourd'hui son nom. Il rentre en octobre sans avoir hiverné ni perdu d'homme. Son livre, publié en 1635, mêle journal de bord et histoire des voyages antérieurs : la lecture idéale pour mesurer ce que Munk avait payé si cher.
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Abel Tasman, Journal de voyage (1643)
En 1643, le navigateur hollandais aborde le premier les îles qu'il nomme Amsterdam et Middelbourg, soit Tongatapu et Eua, cent trente-quatre ans avant Cook. Son journal, bref et méfiant, note le troc, les pirogues, la douceur trompeuse de l'accueil. Le relire avant ce tome, c'est prendre la mesure de ce que Cook trouve inchangé et de ce qu'il comprend en plus : là où Tasman ne voyait qu'une côte accueillante, Cook démêle une royauté, un tabou, un empire d'îles.
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Nicolas Denys, Description géographique et historique des costes de l'Amérique septentrionale (1672)
Marchand, pêcheur et concessionnaire du Cap-Breton, Denys publie en 1672 le livre d'un homme qui a passé quarante ans sur ces côtes. On y trouve les havres, les pêches, les bois, les mœurs et déjà l'alcool de traite. C'est la géographie concrète du décor de Maillard, décrite par quelqu'un qui y gagnait sa vie plutôt que d'y sauver des âmes.
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Friedrich Martens, Spitzbergische oder Groenlandische Reise-Beschreibung (1675)
Au printemps 1671, le chirurgien-barbier hambourgeois Friedrich Martens embarque sur un baleinier, le Jonas im Walfisch, pour le Spitzberg. Soixante ans plus tôt, les baleines signalées par Hudson en 1607 avaient attiré dans ces baies les flottes anglaises et hollandaises ; Martens y trouve une industrie installée, avec ses chaloupes, ses harpons et ses fondoirs. Pendant que l'équipage chasse, il observe : les glaces qui se détachent des glaciers, l'ours blanc, le morse, les oiseaux de mer, et l'herbe à cuillère contre le scorbut, celle que les survivants de la mutinerie cueillaient sur les îles de la baie. Sa Reise-Beschreibung, imprimée à Hambourg en 1675, fut traduite en italien, en néerlandais et en anglais.
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Jasper Danckaerts, Journal de Jasper Danckaerts (1679-1680)
En 1679, deux voyageurs néerlandais de la secte des labadistes, Jasper Danckaerts et Peter Sluyter, débarquent à New York pour chercher une terre où fonder leur communauté. Soixante-dix ans après le passage de Hudson, la Nouvelle-Amsterdam est devenue anglaise, mais on y parle encore néerlandais. Danckaerts parcourt Manhattan, Long Island, le New Jersey, remonte le fleuve jusqu'à Albany, et note tout : les fermes, les tavernes, les Indiens qui vivent encore aux abords des villages, les querelles des Églises. Retrouvé à Amsterdam au XIXe siècle et publié en 1867, son journal montre ce qu'est devenu, en deux générations, le pays dont Juet avait décrit les rives, les rencontres et les escarmouches.
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Chrestien Le Clercq, Nouvelle Relation de la Gaspésie (1691)
Le livre indispensable pour comprendre le chapitre des hiéroglyphes. Le récollet y raconte comment, vers 1677, il vit des enfants marquer au charbon des signes sur l'écorce de bouleau pour compter les mots de leurs prières, et comment il en tira une écriture qui leur fit apprendre en un jour ce que des semaines de récitation ne leur donnaient pas. Les éditeurs de 1863 citent longuement ce passage en note du texte de Maillard, et posent la question qui reste ouverte : lequel des deux a inventé, lequel a perfectionné ?
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Nicolas Jérémie, Relation du détroit et de la baie d'Hudson (1694-1714)
Né près de Québec, Nicolas Jérémie arrive à la baie d'Hudson en 1694 avec Iberville comme interprète et commis au fort Bourbon, sur la côte ouest. Fait prisonnier par les Anglais, il revient, sert de nouveau, puis commande le poste de 1708 à 1714, avant de le remettre aux Anglais après le traité d'Utrecht. Sa Relation, publiée à Amsterdam en 1720, décrit les rivières, les animaux et les peuples de la baie. On y lit le nom de « rivière Danoise », donné à la Churchill en souvenir de l'expédition de Munk : un siècle plus tard, l'hivernage danois était encore inscrit dans la géographie du lieu.
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Pierre-Esprit Radisson, Voyages (v. 1669)
Rédigées vers 1669, publiées seulement au XIXe siècle. Le coureur de bois trace les chemins du commerce des fourrures jusqu'à la baie d'Hudson. Texte hybride, écrit en anglais par un Français.
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Pierre-François-Xavier de Charlevoix, Journal d'un voyage fait par ordre du roi dans l'Amérique septentrionale (1744)
Publié en 1744, le grand récit du jésuite qui traversa la Nouvelle-France du Saint-Laurent au golfe du Mexique. Il fixa pour un siècle l'image française de l'Amérique du Nord. Curieusement, c'est aussi une pièce du dossier de ce livre : l'éditeur londonien de 1758 joignit à sa traduction abrégée de Maillard un extrait d'une lettre de Charlevoix, pour compléter ce que son volume ne donnait pas.
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Henry Ellis, A Voyage to Hudson's-Bay, by the Dobbs Galley and California (1748)
En 1746 et 1747, deux navires armés à l'initiative d'Arthur Dobbs, le Dobbs Galley et le California, reprennent la quête du passage du Nord-Ouest par la côte occidentale de la baie d'Hudson. Henry Ellis, engagé comme observateur scientifique, mesure les marées, note les vents et les baleines, explore la baie Wager et décrit les Inuits, leurs feux et leur matériel de chasse au phoque. Son livre, paru en 1748, retrace aussi l'histoire des recherches antérieures et conclut qu'aucun passage navigable ne s'ouvre depuis la baie. Il referme, d'une certaine manière, le chapitre que Munk avait ouvert pour le Danemark plus d'un siècle auparavant.
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Pehr Kalm, Voyage en Amérique du Nord (1749)
Le naturaliste suédois, élève de Linné, parcourt le Canada en 1749, entre les deux sièges de Louisbourg. Il note les plantes, les prix, les fortifications, l'état d'esprit des colons et la manière dont Français et Anglais se regardent. Son journal donne le climat exact des années où Maillard écrit, vu par un étranger qui n'a d'intérêt dans aucun des deux camps.
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Pehr Kalm, En resa til Norra America (Voyage en Amérique du Nord) (1753-1761)
Élève de Linné, le Suédois Pehr Kalm part en 1748 pour l'Amérique du Nord, chargé d'en rapporter des plantes utiles. Le 10 juin 1749, il quitte New York sur l'un des voiliers marchands du fleuve et remonte l'Hudson jusqu'à Albany, où il arrive le 13 au matin. Il décrit les Highlands noyés de brume, les esturgeons qui sautent hors de l'eau, la marée qui monte bien au-delà d'Albany, les bateaux de cèdre rouge chargés de bois, de farine et de fourrures, et s'interroge sur ce fleuve qui tranche droit à travers les montagnes. Son récit, paru à Stockholm de 1753 à 1761, refait en naturaliste la remontée de 1609, avec un regard neuf sur le même paysage.
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Louis-Antoine de Bougainville, Voyage autour du monde (1768)
En avril 1768, la Boudeuse mouille devant Tahiti, que Bougainville baptise Nouvelle-Cythère et quitte au bout de neuf jours, laissant derrière lui des ancres et une légende. Son récit, écrit en gentilhomme philosophe, invente à lui seul le mythe polynésien qui va occuper l'Europe pendant un siècle. Le lire avant ce tome, c'est mesurer la distance entre le rêve et l'enquête : là où Bougainville voit une île de la douceur, Cook et Anderson dénombrent les rangs, les guerres, les crânes du morai. L'ancre rachetée à Bora Bora est le fil qui relie les deux livres.
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Georg Forster, Voyage autour du monde (1772-1775)
Fils du naturaliste embarqué sur le deuxième voyage, Forster a dix-sept ans quand il découvre Tahiti et les îles de la Société. Son récit, publié en 1777 dans l'année même où se situe ce tome, est le premier grand texte littéraire sorti des voyages de Cook : une prose sensible, indignée parfois, attentive à ce que l'arrivée des Européens détruit. Il décrit les mêmes plages, les mêmes chefs, la même flotte de guerre, mais avec les yeux d'un adolescent qui refuse d'être seulement témoin.
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John Ledyard, Journal du dernier voyage du capitaine Cook (1776-1780)
Un caporal américain des soldats de marine se trouvait à Kealakekua ce matin-là. Rentré chez lui, Ledyard publia à Hartford, en 1783, un récit du voyage qui devança de plus d'un an l'édition officielle et raconta la mort de Cook sans passer par l'Amirauté. Le ton est libre, parfois emprunté à d'autres, et le jugement sévère sur la conduite des officiers. C'est le premier contrepoint au texte que l'on vient de lire : deux hommes, la même plage, le même quart d'heure, et deux versions dont la comparaison a occupé les historiens depuis.
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Jean-François de La Pérouse, Voyage autour du monde (1785-1788)
Dix ans après Cook, La Pérouse traverse les mêmes eaux, relâche aux îles des Navigateurs voisines, et y perd son second dans un guet-apens qui répond, comme un écho sinistre, à toutes les amitiés fastueuses de ce tome. Son récit, sauvé du naufrage final par des copies expédiées à temps, montre le revers de la médaille polynésienne : la même mer, les mêmes chefs magnifiques, et la violence que Cook a côtoyée sans toujours la voir venir.
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Jean-Baptiste Barthélemy de Lesseps, Journal historique du voyage (1787-1788)
Le seul survivant de l'expédition La Pérouse fut celui qu'on renvoya. En septembre 1787, à vingt-deux ans, Lesseps débarque à Saint-Pierre-et-Saint-Paul avec les journaux de son commandant et l'ordre de les porter à Versailles par voie de terre. Il met un an à traverser le Kamtchatka, la Sibérie et la Russie, en traîneau à chiens puis à rennes, exactement par les chemins que King venait de décrire. Il passe par Bolcheretsk, s'arrête sur la tombe de Clerke, et retrouve les mêmes jourtes, les mêmes toïons, les mêmes ours. Aucun autre livre ne prolonge celui-ci d'aussi près.
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John Meares, Voyages à la côte nord-ouest de l'Amérique (1788-1789)
Cook n'avait pas quitté Nootka que le prix des peaux de loutre à Canton faisait déjà courir les marchands. En 1788, Meares s'installe dans la baie même, y construit un petit navire, traite avec le chef Maquinna, et son établissement contesté déclenche la crise de Nootka qui manque de jeter l'Angleterre et l'Espagne à la guerre. Son récit, moins scrupuleux que celui de Cook, montre le revers de la découverte : en dix ans, l'anse aux loutres est devenue un comptoir, et le troc de fer du capitaine, le premier acte d'un grand commerce.
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John Meares, Voyages faits en 1788 et 1789 de la Chine à la côte nord-ouest d'Amérique (1788-1789)
Voici le projet du chapitre 19, mis à exécution huit ans plus tard, par un ancien officier de marine devenu marchand. Meares arme à Macao, remonte à Nootka, y bâtit une maison et un navire, achète les peaux de loutre aux mêmes conditions que King avait calculées, redescend les vendre à Canton, et provoque au passage la crise diplomatique qui faillit mettre l'Angleterre et l'Espagne en guerre. Son livre est vantard et souvent malhonnête, ce qui ne l'empêche pas d'être le premier document du commerce maritime des fourrures, celui que ce tome a inventé sans le savoir.
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William Bligh, A Voyage to the South Sea (1788-1789)
Le master de la Resolution, celui qui sonde les baies des Kerguelen dans ce tome, revient à Adventure Bay douze ans plus tard avec la Bounty, y plante des pommiers au même endroit, puis met le cap sur Tahiti où l'attend la mutinerie. Lire son passage sur la terre de Van Diemen à côté de celui de Cook, c'est mesurer ce qu'un élève retient d'un maître : la même méthode, les mêmes gestes, et un tempérament qui fera toute la différence.
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James Morrison, Journal de bord de la Bounty et Mémoire sur Tahiti (1789-1792)
Le maître d'équipage de la Bounty, resté à Tahiti après la mutinerie de 1789, y vit près de deux ans avant d'être capturé, condamné, puis gracié. Son mémoire, écrit en prison, est la description la plus détaillée que l'on ait de la société tahitienne avant sa conversion : les arioi, les morai, le maro royal, les guerres de district, tout ce que Cook n'apercevait qu'en visiteur. Il éclaire de l'intérieur les chapitres d'Anderson, douze ans plus tard, sur les mêmes îles.
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George Vancouver, A Voyage of Discovery to the North Pacific Ocean (1791-1795)
Vancouver était aspirant sur la Discovery pendant ce voyage. Quinze ans plus tard, il commande sa propre expédition, relâche à Dusky Bay puis au détroit de la Reine-Charlotte, et retrouve les souches des arbres coupés par les charpentiers de Cook. Le lecteur y voit ce que deviennent, en une génération, un mouillage familier et les gens qui y campaient.
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Samuel Hearne, A Journey from Prince of Wales's Fort in Hudson's Bay to the Northern Ocean (1795)
Le fort Prince of Wales se dressait à l'embouchure de la rivière Churchill, là où, un siècle et demi plus tôt, Munk avait vu mourir son équipage. C'est de là que Samuel Hearne, employé de la Compagnie de la baie d'Hudson, part à pied entre 1769 et 1772, guidé par le chef déné Matonabbee, jusqu'à l'embouchure de la rivière Coppermine et l'océan Arctique. Il découvre que le continent n'offre aucun passage par la terre, et vit au rythme des peuples du Nord, de leurs chasses et de leurs famines. Publié en 1795, son récit montre ce que Munk n'avait pas pu apprendre : comment survivre à l'hiver de la baie.
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Louis-Antoine de Bougainville, Écrits sur le Canada (v. 1758)
Rédaction vers 1758. Le futur navigateur passe trois années aux côtés de Montcalm en Nouvelle-France avant de partir faire le tour du monde. Regard d'un philosophe des Lumières sur la colonie à la veille de sa chute.
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François Péron, Voyage de découvertes aux terres australes (1800-1804)
L'expédition Baudin passe l'été 1802 en terre de Van Diemen et rencontre longuement les habitants de la côte sud-est, ceux-là mêmes qui sortent des bois à Adventure Bay dans ce tome. Péron, jeune savant curieux et bavard, note leurs noms, leurs chants, leurs manières, et se livre à des mesures de force physique qui en disent plus long sur lui que sur eux. C'est le dernier grand témoignage avant que tout bascule.
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Adam Johann von Krusenstern, Voyage autour du monde (1803-1806)
Vingt-cinq ans plus tard, la Russie fait enfin ce que King avait imaginé pour elle. Krusenstern relie le Kamtchatka au Japon et à Canton, porte une ambassade à Nagasaki qui attend six mois pour se voir éconduire, lève les Kouriles et Sakhaline, et vend à Canton les fourrures de la compagnie russo-américaine. On y lit, page après page, le programme du chapitre 19 exécuté par d'autres, et la première réponse sérieuse à la question que King laissait ouverte : que se passerait-il si le Kamtchatka commerçait directement avec le Japon ?
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John Martin, Récit de William Mariner aux îles Tonga (1806-1810)
En 1806, un mousse anglais nommé William Mariner survit au massacre de son navire et vit quatre ans parmi les Tongiens, adopté par un chef, apprenant la langue et les guerres de l'archipel. Dicté au docteur Martin, son témoignage est le plus intime que l'on ait de cette société de l'intérieur. Il éclaire, mieux qu'aucun autre, ce que Cook n'a pu qu'entrevoir de l'extérieur : le sens du tabou, la place du roi sacré, la logique des fêtes que ce tome décrit avec émerveillement.
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Archibald Campbell, Voyage autour du monde (1809-1810)
Trente ans après le drame, un matelot écossais naufragé et amputé des deux pieds échoue à Hawaï et y passe treize mois, de 1809 à 1810, sous la protection du roi Kamehameha, le Maiha-Maiha de ce tome. Il vit à Honolulu, tisse de la voile pour le souverain, observe une cour où le fer, les navires et les mousquets ont tout changé, et où l'ancien ordre des chefs tient encore. Aucun autre livre ne montre aussi bien ce que devint, en une génération d'homme, le monde décrit dans les derniers chapitres de ce volume.
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Otto von Kotzebue, Voyage dans la mer du Sud et le détroit de Béring (1815-1818)
En 1815, un officier russe repart chercher, dans le détroit même où Cook s'était arrêté, le passage que celui-ci n'avait pu forcer. Sur le brick Rurik, avec le poète et naturaliste Chamisso à bord, Kotzebue découvre au nord du détroit une vaste baie qui porte aujourd'hui son nom, et met au jour des falaises de glace fossile mêlée de terre. Il rôde le long de la banquise, interroge les Tchouktches, et se heurte au même refus que son devancier. Quarante ans après, l'Arctique n'a rien cédé.
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Otto von Kotzebue, Voyage de découverte dans la mer du Sud et le détroit de Béring (1815-1818)
En 1816, un capitaine russe repart chercher le passage par où Cook et Clerke avaient échoué. Il découvre le grand golfe qui porte son nom sur la côte américaine, y trouve des falaises de glace fossile pleines d'ossements de mammouths, mesure les courants du détroit et se heurte à la même banquise, au même endroit, à la même saison. Le savant embarqué, Chamisso, celui-là même qui avait écrit Peter Schlemihl, tient de son côté le journal le plus vivant de l'expédition. Deux générations, une seule barrière.
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Jacques Arago, Promenade autour du monde (1819)
Dessinateur de l'expédition Freycinet, Arago débarque à Hawaï en août 1819, quelques semaines après la mort de Kamehameha et quelques mois avant que son fils ne renverse publiquement la loi du tabou. Il assiste donc au dernier été de l'ordre dont King avait, quarante ans plus tôt, patiemment démonté les règles. Sa plume est vive, bavarde, souvent injuste, et prodigieusement vivante ; on y voit des chefs en habits d'Europe, des morais abandonnés et des interdits que plus personne ne fait respecter. La fin d'un monde vue par un homme qui ne sait pas qu'il la regarde.
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Ferdinand von Wrangel, Le Nord de la Sibérie (1820-1824)
Le chapitre 7 de ce tome soutient que la côte entre le cap Chelatskoï et le cap Nord doit s'infléchir vers l'ouest, et qu'il ne reste presque rien d'inconnu. Wrangel est allé vérifier. De 1820 à 1824, il part de la Kolyma, la rivière même de Deshneff, et pousse quatre fois sur la glace de mer en traîneau à chiens, à la recherche de la terre que les Tchouktches disaient voir au nord. Il ne la trouve pas, manque plusieurs fois de se perdre sur une banquise en dérive, mais relève enfin la côte que King avait devinée. L'île qu'il n'a pas atteinte porte aujourd'hui son nom.
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William Ellis, Polynesian Researches (1822-1825)
Missionnaire à Huahine puis à Hawaï dans les années 1820, Ellis a vu les deux archipels de ce tome à la charnière de leur bouleversement. Il parle les langues, recueille les généalogies et les mythes, décrit les temples avant leur démolition et les rites au moment où on les abandonne. Son témoignage confirme, corrige et complète presque tout ce que Cook avait noté à la hâte, et permet de comprendre après coup ce que signifiait le sacrifice d'Attahooroo.
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John Williams, Récit d'entreprises missionnaires dans les mers du Sud (1823)
Le missionnaire qui aborde Rarotonga en 1823 et parcourt les îles Cook et les Amis inaugure le siècle qui va transformer ces sociétés de fond en comble. Son livre, best-seller de l'Angleterre victorienne, raconte avec ferveur ce que Cook avait laissé intact et que la mission entreprend de refaire. Entre les deux récits tient tout ce qui bascule : les dieux abandonnés, l'étoffe remplacée, le tabou aboli. Williams paie de sa vie, à Erromango, l'œuvre qu'il croit apporter.
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Frederick William Beechey, Voyage vers le Pacifique et le détroit de Béring (1825-1828)
En 1826, le Blossom pousse plus loin que Cook n'avait pu aller. Beechey double le cap de Glace, atteint la pointe Barrow, l'extrémité nord-ouest de l'Amérique, et attend là un Franklin venu par l'intérieur qui n'arrivera jamais. Il complète, mille sur mille, la carte que ce tome laissait inachevée au mur de banquise, décrit les Esquimaux de la côte et leurs échanges avec les Tchouktches d'en face. Son récit ferme, un demi-siècle plus tard, la ligne que Cook avait tracée jusqu'à l'endroit exact où les glaces l'avaient rejeté.
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Jules Dumont d'Urville, Voyage au pôle Sud et dans l'Océanie (1827-1840)
Le navigateur français traverse deux fois la Nouvelle-Zélande, en 1827 puis en 1840, et mouille dans le détroit de la Reine-Charlotte à la veille du traité de Waitangi. Il connaît son Cook par cœur et le cite à chaque anse. Entre les deux récits tiennent soixante ans : les mousquets, les missions, les guerres qui vident les baies, et des chefs qui savent désormais très bien ce qu'un navire annonce.
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Charles Wilkes, Narrative of the United States Exploring Expedition (1840)
Ce que l'expédition de Cook avait manqué, l'Amérique le fit en 1840. Wilkes conduisit deux cents hommes et des tonnes d'instruments jusqu'au sommet du Mauna Loa, y campa des semaines sous la neige et y mesura la pesanteur au pendule. Le récit de cette montée, avec ses porteurs hawaïens, ses tentes gelées et son cratère fumant, répond directement à la marche avortée du chapitre 8, quand trois officiers renoncèrent devant un champ de pierres brûlées. Soixante ans séparent les deux tentatives, et le même volcan les mesure.
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George Kennan, La vie sous la tente en Sibérie (1865-1867)
En 1865, une compagnie américaine entreprend de relier New York à Moscou par un télégraphe passant par l'Alaska, le détroit de Béring et la Sibérie. Kennan, vingt ans, est chargé de reconnaître le tracé du Kamtchatka à l'Anadyr. Il vit deux ans chez les Koriaks nomades et les Tchouktches, décrit leurs troupeaux de rennes, leurs jourtes et leurs chamanes, et se retrouve un jour à mille verstes de tout en apprenant que le câble transatlantique vient d'être posé et que son télégraphe n'a plus d'objet. Le pays des chapitres 11 à 14, un siècle plus tard, presque inchangé.
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Mark Twain, Lettres des îles Sandwich (1866)
En 1866, un jeune journaliste débarque à Honolulu pour un journal de Sacramento et reste quatre mois. Twain visite les plantations, descend dans le cratère du Kilauea, essaie la planche de nage et boit la tasse, puis se fait conduire à Kealakekua, devant le monument de Cook, où il écrit quelques pages froides sur ce que le capitaine méritait ou non. Le comique y couvre mal une mélancolie réelle : le royaume qu'il traverse est celui de ce tome, mais dépeuplé, converti, endetté, et déjà tourné vers la Californie.
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Isabella Bird, Six Months in the Sandwich Islands (1873)
En 1873, une Anglaise de quarante ans, malade et intrépide, parcourt Hawaï à cheval, en amazone puis à califourchon, dort dans les cases, descend au bord du cratère du Kilauea et remonte les vallées de Kauai. Un siècle après Cook, elle trouve un royaume chrétien, une monarchie constitutionnelle, des plantations de canne, et sous tout cela la même terre volcanique et les mêmes noms. Le contraste avec la plage de Waimea de janvier 1778 tient en un seul livre.
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Pierre Loti, Pêcheur d'Islande (1886)
À la fin du dix-neuvième siècle, le romancier français suit les marins bretons qui campagnent sur les bancs glacés d'Islande. La Thulé d'Adam, terre où la glace brûle, est devenue un lieu de labeur et de deuil. Le roman donne chair, à huit siècles de distance, à l'effroi que le chanoine éprouvait devant ces mers du bout du monde.
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Robert Louis Stevenson, Dans les mers du Sud (1888-1890)
Malade et cherchant un climat, l'écrivain écossais navigue de 1888 à 1890 des Marquises aux Gilbert, écoute, questionne, et refuse la carte postale. Il décrit des sociétés qui se souviennent encore du tabou et des morai, et une dépopulation qu'il attribue sans détour au contact européen. Sur les îles de la Société et sur ce que Cook y a laissé sans le vouloir, ses pages valent bien des traités.
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Basil Thomson, Les Distractions d'un premier ministre (1890-1891)
À la fin du dix-neuvième siècle, un jeune fonctionnaire britannique devient, presque par hasard, premier ministre du royaume de Tonga, seul État polynésien à n'avoir jamais été colonisé. Son livre, drôle et fin, décrit une monarchie héritière de l'ancien ordre des Tu'i Tonga de Poulaho, avec ses rites, ses rangs et ses tabous encore vivaces. On y reconnaît, sous le vernis chrétien, l'archipel que Cook avait cru comprendre, et la royauté sacrée qu'il avait devinée derrière les fastes de Feenou.
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Fridtjof Nansen, Vers le pôle (1893-1896)
À la fin du XIXe siècle, l'explorateur norvégien Nansen laisse son navire, le Fram, prendre dans les glaces de l'Arctique pour se laisser dériver vers le pôle. Héritier lointain des marins de ce livre, il affronte la même banquise, le même silence blanc, la même mer qui décide à la place des hommes. Nansen, qui étudia aussi l'histoire des voyages norrois, savait ce qu'il devait à ces ancêtres. Son récit prolonge, à l'âge de la science, l'aventure commencée mille ans plus tôt par des vikings lâchant des corbeaux pour trouver la terre.
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Vilhjalmur Stefansson, Le Pays de l'aventure (1906-1918)
Au début du XXe siècle, cet explorateur d'origine islandaise, né au Canada, arpente l'Arctique et vit des années durant parmi les Inuit. Descendant des colons dont ce livre raconte l'épopée, il boucle en quelque sorte la boucle : les lointains fils des Norrois retournent au Nouveau Monde, non plus pour le nommer, mais pour apprendre à y vivre auprès de ceux que leurs aïeux appelaient Skrælings. Son témoignage offre le contrepoint qui manque aux sagas, celui d'une véritable rencontre avec les peuples de l'Arctique.
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Raymond Rallier du Baty, Aventures aux Kerguelen (1907-1909)
En 1907, un jeune Breton achète un vieux dundee, l'appelle le J.-B. Charcot et part avec cinq hommes vivre plus d'un an sur la terre que Cook appelait la Désolation. Il chasse l'éléphant de mer, dresse des cartes, hiverne dans les fjords, et décrit la même roche bleue, le même varech, les mêmes manchots par milliers. Aucun livre ne donne mieux à sentir ce que Cook a seulement longé pendant huit jours.
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Georges Duhamel, Scènes de la vie future (1928)
En 1928, Georges Duhamel traverse l'Atlantique et passe quelques semaines aux États-Unis. Il en rapporte Scènes de la vie future, publié en 1930, réquisitoire contre une civilisation de la machine, de la publicité et de la standardisation. Les abattoirs de Chicago, le cinéma, l'automobile, la foule pressée : Duhamel s'arrête souvent devant les mêmes spectacles que le prince et y voit la menace d'un avenir mécanique pour l'Europe. La comparaison éclaire les deux livres : le prince égyptien s'agace du bruit et des réclames mais admire l'organisation, quand l'écrivain français, seize ans plus tard, n'y voit plus guère qu'un asservissement.
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Simone de Beauvoir, L'Amérique au jour le jour (1947)
De janvier à mai 1947, Simone de Beauvoir parcourt les États-Unis en conférencière : New York, Chicago, où elle rencontre Nelson Algren, la traversée vers l'Ouest, la Californie, les déserts et les villages indiens du Sud-Ouest, puis le Sud. L'Amérique au jour le jour, paru en 1948, tient le journal de ces mois avec une curiosité gourmande et un regard critique sur l'argent et la ségrégation. Trente-cinq ans après le prince, elle retrouve les trains, les hôtels démesurés et les foules de Broadway, et pose à son tour la question de la place faite aux Noirs et aux Indiens dans la puissance américaine, avec une liberté de femme que le prince observait chez les Américaines.
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Sayyid Qutb, L'Amérique que j'ai vue (Amrika allati ra'aytu) (1948-1950)
De la fin de 1948 à 1950, l'Égyptien Sayyid Qutb, alors fonctionnaire du ministère de l'Instruction publique, étudie aux États-Unis, notamment à Greeley, dans le Colorado, puis en Californie. Il en tire une série d'articles, L'Amérique que j'ai vue, publiés au Caire en 1951. Le texte est sévère : matérialisme, mœurs, sport brutal, racisme. Lu à côté du prince, il dessine une tradition égyptienne du regard sur l'Amérique. Le Colorado est le même, les questions aussi, la liberté des femmes, la publicité, la place des non-Blancs, mais l'admiration de 1912 a cédé la place au rejet, et Qutb deviendra l'un des penseurs majeurs des Frères musulmans.
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John Steinbeck, Voyage avec Charley (1960)
À l'automne 1960, John Steinbeck aménage une camionnette, embarque son caniche Charley et fait le tour des États-Unis pour retrouver le pays dont il écrit. Voyage avec Charley, paru en 1962, suit une route qui croise souvent celle du prince : les chutes du Niagara, où une affaire de certificat de vaccination du chien le fait renoncer au Canada, Chicago, les Rocheuses, Seattle, l'Oregon et la Californie de sa jeunesse. Il trouve un pays transformé par l'automobile, les déchets et le béton, inquiet de sa propre uniformité. Un demi-siècle après 1912, le progrès qu'admirait le voyageur égyptien montre son revers.
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Gwyn Jones, The Norse Atlantic Saga (1964)
L'historien gallois refait, document en main, tout le trajet de ce livre : des premières dérives vers l'Islande jusqu'aux camps du Vinland. Jones ne se contente pas de résumer les sagas ; il les confronte à la géographie, aux vents, aux courants, et propose des identifications prudentes pour Helluland, Markland et Vinland. Son récit, à la fois savant et limpide, sert de compagnon idéal à qui veut suivre les Norrois sur une carte réelle. C'est le pont le plus sûr entre la mémoire des sagas et le sol que foulent aujourd'hui les archéologues.
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John McPhee, Coming into the Country (1977)
Coming into the Country, paru en 1977, est le grand livre de John McPhee sur l'Alaska. Il y suit des naturalistes sur les rivières de l'Arctique, enquête sur le projet de déplacer la capitale loin de Juneau, puis s'installe parmi les chercheurs d'or et les trappeurs du haut Yukon, autour d'Eagle. Soixante ans après le passage du prince, l'Alaska n'est plus une croisière de glaciers et de totems, mais un État où s'affrontent protection de la nature, droits des autochtones et rêve d'or toujours vivace. Quant à la mine de Treadwell, visitée en détail en 1912, elle s'est effondrée sous la mer en 1917.