Nos titres sur ce sujet
À lire aussi : récits et ouvrages sur le même thème
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Décadas de Orbe Novo, Pierre Martyr d'Anghiera, 1530 (1530)
Le clerc italien employé à la cour de Castille recueille pendant trente ans les premiers témoignages des navigateurs : Colomb, Cortés, les conquêtes de Cuba, du Mexique, du Darién. Son latin élégant fait passer le Nouveau Monde dans la culture humaniste européenne. Lizárraga écrit à la génération suivante : la stupéfaction des débuts a cédé la place à l'inventaire méthodique, mais l'écho des décennies pionnières traverse encore son récit, dans les pages sur l'origine des Indiens et sur les fondations primitives.
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Jacques Cartier, Bref récit et succincte narration de la navigation faite en 1535 et 1536 (1535-1536)
Pendant que les quatre survivants marchent de peuple en peuple vers le Sinaloa, à l'autre bout du continent Jacques Cartier remonte le Saint-Laurent jusqu'à Hochelaga, puis hiverne à Stadaconé. Le scorbut tue vingt-cinq de ses hommes ; les Iroquoiens leur enseignent le remède de l'annedda, une décoction d'écorce de conifère. Les mêmes années, 1535 et 1536, deux Européens découvrent l'Amérique du Nord par ses habitants : l'un soigné par eux, l'autre devenu leur guérisseur. Le Bref récit, publié en 1545, figure aussi dans la collection.
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Hidalgo d'Elvas, Relation véridique des travaux du gouverneur Hernando de Soto (1539-1543)
L'année même du retour de Cabeza de Vaca, Hernando de Soto obtient la Floride ; il y débarque en 1539, à son tour dans la région de la baie de Tampa. Ses hommes passent l'hiver à Apalache, recueillent Juan Ortiz, un Espagnol venu chercher Narváez et resté plus de dix ans chez les Indiens, puis errent quatre ans dans le Sud-Est. Soto mort, les survivants construisent des brigantins, descendent le Mississippi et longent la côte jusqu'à Pánuco, ce port que les barques de 1528 n'avaient jamais atteint. Un chevalier portugais anonyme en publie le récit à Évora en 1557.
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Pedro de Castañeda de Nájera, Relation de l'expédition de Cíbola (1540-1542)
Les récits des quatre survivants ont fait rêver Mexico de villes riches au Nord. En 1539, Estevanico guide le franciscain Marcos de Niza vers les sept cités de Cíbola et y est tué ; l'année suivante, Coronado part avec une armée. Simple soldat, Castañeda raconte vingt ans plus tard les villages de pierre des Zuñis, le Grand Canyon, les plaines couvertes de bisons, les vaches à bosse que Cabeza de Vaca avait décrites, et la Quivira introuvable. Le mirage d'Apalache se répète plus à l'ouest, avec la même déception.
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Crónica del Perú, Pedro de Cieza de León, 1553 (1553)
Le soldat-chroniqueur a parcouru les mêmes routes que Lizárraga, une génération plus tôt. Il a vu Cajamarca après Atahualpa, Cuzco après Pizarro, Potosí à ses débuts. Sa prose, simple et précise, est la grande source des descriptions du Pérou des conquêtes. Lizárraga le connaît, le cite parfois sans le dire. Lire Cieza après Lizárraga, c'est remonter d'une génération, retrouver les villes sous leurs premiers crépis, les Indiens encore proches du choc.
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Hans Staden, Véritable histoire et description d'un pays habité par des hommes sauvages, nus, féroces et anthropophages (1557)
Marbourg, 1557. Récit d'un arquebusier allemand capturé par les Tupinambas du Brésil entre 1552 et 1555. Écrit pratiquement contemporain du troisième voyage de Cartier, c'est l'autre grand témoignage européen de la rencontre américaine au XVIe siècle.
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Vrai récit d'une captivité chez les sauvages du Brésil, Hans Staden, 1557 (1557)
L'arquebusier allemand a survécu neuf mois chez les Tupinambas, prisonnier promis à être dévoré. Son récit, traduit en plusieurs langues, fait sensation dans toute l'Europe. La description des mœurs cannibales, des rituels et des chefs tupinambas est de première main, brute, sans filtre érudit. À lire en miroir des pages que Lizárraga consacre aux Chiriguanas : même reportage sur le cannibalisme, mais l'un parle d'expérience corporelle, l'autre rapporte ce que les survivants des expéditions du Charcas lui ont raconté au couvent.
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André Thevet, Les Singularités de la France antarctique et Cosmographie universelle (1557-1575)
Paris, 1557 et 1575. Le cosmographe royal, qui a connu Cartier à Saint-Malo à la fin de sa vie, recueille de lui plusieurs anecdotes et donne sur le Brésil et le Canada une vision encyclopédique typique de son siècle.
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Francis Fletcher, The World Encompassed by Sir Francis Drake (1577-1580)
Publié en 1628 à partir des notes de l'aumônier de bord Francis Fletcher, ce récit raconte le tour du monde de 1577-1580, celui qui a fait de Drake une légende avant le voyage des Indes occidentales. On y suit la Patagonie, le détroit de Magellan, l'exécution de Thomas Doughty, la remontée des côtes du Pérou et la prise du galion Cacafuego. Lire les deux textes à la suite, c'est voir un capitaine passer de la course lointaine à l'opération militaire de grande envergure, avec deux mille trois cents hommes et des actionnaires derrière lui.
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Jean de Léry, Histoire d'un voyage faict en la terre du Brésil (1578)
Un cordonnier genevois devenu pasteur débarque en 1557 dans la baie de Rio, au sein d'une colonie française qui se déchire avant de disparaître. Léry passe près d'un an chez les Tupinamba, apprend leur langue, mange avec eux, écoute leurs chants, et rentre écrire le plus beau livre du siècle sur une rencontre entre deux mondes. Là où Bigges compte les canons et les ducats, Léry regarde des visages. Les deux récits se lisent aux deux bouts de la même Amérique atlantique, à trente ans de distance : l'un veut comprendre, l'autre veut prendre.
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Thomas Harriot, A Briefe and True Report of the New Found Land of Virginia (1588)
Harriot était à Roanoke avec Ralph Lane pendant l'année même où Drake naviguait vers les Antilles. Mathématicien, il a mesuré, inventorié, appris quelques mots d'algonquin, et il publie en 1588 un rapport destiné à convaincre les investisseurs anglais que la Virginie vaut qu'on y retourne. On y trouve le maïs, le tabac, les maisons d'écorce, et le silence prudent sur ce qui a mal tourné. C'est l'envers exact de la dernière page de Bigges : ce que les cent trois colons rembarqués en juin 1586 avaient vu et cru.
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Richard Hakluyt, The Principal Navigations, Voyages and Discoveries of the English Nation (1589)
Paru en 1589, la même année que le récit de Bigges, ce monument rassemble tout ce que l'Angleterre pouvait revendiquer sur les mers : Cabot, Frobisher, Gilbert, Hawkins, Drake, les marchands de Moscovie et ceux du Levant. Hakluyt écrit pour prouver qu'une nation restée à l'écart des grands partages a désormais sa place. Le volume permet de replacer l'expédition des Indes occidentales dans la série dont elle fait partie, et de mesurer à quel point ce genre de raid tenait alors lieu de politique étrangère.
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Garcilaso de la Vega, dit l'Inca, Comentarios reales de los Incas (1609)
Lisbonne, 1609. Le métis de Cuzco, fils d'un conquistador et d'une princesse inca, écrit à Cordoue le grand récit intérieur de l'empire détruit. À lire en contrepoint des relations européennes.
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Comentarios reales de los Incas, Inca Garcilaso de la Vega, 1609 (1609)
Le métis cuzquégnois rédige à Cordoue, en Espagne, l'histoire de l'empire inca vu de l'intérieur. Sa mère était une princesse incaïque, son père un capitaine espagnol. Le livre, publié quatre ans après l'achèvement du manuscrit de Lizárraga, fait revivre Cuzco, ses rituels, ses langues, ses souverains, avec une nostalgie que le dominicain n'éprouve pas. Les deux textes, presque contemporains, sont les deux versants d'un même paysage : l'un par un métis qui se réclame des Incas, l'autre par un religieux qui les juge.
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Bernal Díaz del Castillo, Histoire véridique de la conquête de la Nouvelle-Espagne (v. 1568)
Rédigée vers 1568. Le vieux soldat de Cortés raconte, soixante ans après les faits, la marche sur Mexico-Tenochtitlan, l'entrevue avec Montezuma, le siège et la chute de la capitale aztèque. Mémoire d'un témoin direct, écrite dans une langue rude, qui résonne avec le carnet du Malouin par sa précision visuelle.