Naufrages
Édition française modernisée et illustrée de Relation de voyage (1527-1537) (Naufragios) de Álvar Núñez Cabeza de Vaca (1527-1536). 222 pages.
En 1527, six cents hommes quittent l'Espagne pour conquérir la Floride. Naufragé sur la côte du Texas en 1528, Cabeza de Vaca traverse à pied, huit ans durant, un continent inconnu.
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- Broché · Ebook (EPUB)
- Français
- XVIe siècle
Pays traversés : États-Unis · Mexique · République dominicaine · Cuba · Portugal
Présentation
Le 17 juin 1527, cinq navires et six cents hommes quittent Sanlúcar de Barrameda sous les ordres de Pánfilo de Narváez. Ils partent conquérir la Floride. À bord, le trésorier de l'expédition se nomme Álvar Núñez Cabeza de Vaca.
Tout se défait. Un ouragan à Cuba, un pilote qui ne retrouve pas son port, puis trois cents hommes lancés à pied vers Apalache, où l'on promettait de l'or : ils n'y trouvent que quarante cabanes de paille. Coupés de leurs navires, les rescapés forgent des clous avec leurs étriers, cousent des voiles avec leurs chemises et prennent la mer dans cinq barques. Le 6 novembre 1528, celle de Cabeza de Vaca s'échoue sur une île de la côte du Texas.
Commence alors une autre vie. Esclave, puis marchand de coquillages d'une tribu à l'autre, le conquistador devient guérisseur par le signe de croix et le souffle. Avec Andrés Dorantes, Alonso del Castillo et Estevanico, esclave noir venu d'Azemmour, il entreprend de traverser à pied un continent inconnu, de peuple en peuple, bientôt suivi par des milliers d'Indiens.
L'expédition de Narváez s'inscrit dans la course des conquistadors qui suit la chute de Tenochtitlan en 1521. La Floride, alors nom vague donné à toute la côte nord du golfe du Mexique, passe pour une terre riche, et la Couronne en confie la conquête à un adelantado. Ce que le récit rapporte est l'envers de cette ambition : la faim, la maladie, la dépendance à l'égard de peuples que les Espagnols pensaient soumettre.
Publiée à Zamora en 1542, puis remaniée en 1555 sous le titre de Relation, l'œuvre compte parmi les plus anciens témoignages écrits sur l'intérieur de l'Amérique du Nord. Le lecteur y trouve des descriptions précises des coutumes, des nourritures, des maladies et des langues rencontrées, ainsi que le récit d'une rencontre pacifique, rare dans la littérature de la conquête. Son retour en 1536 auprès des Espagnols de Nouvelle-Galice nourrira les rumeurs qui conduiront aux expéditions de Coronado et de Soto.
Écrite à la première personne et adressée à Charles Quint, cette relation fait entrer le lecteur chez les peuples du Texas et du nord du Mexique, décrits de l'intérieur par un homme qui a vécu nu parmi eux. Que reste-t-il d'un conquistador après huit ans de marche chez ceux qu'il était venu soumettre ?
Première réécriture intégrale moderne pour le lecteur d'aujourd'hui, qui rend lisible ce témoignage sans rien trahir du voyage. 12 illustrations originales et 8 cartes redessinées donnent à voir l'itinéraire, tandis qu'un appareil de repères (glossaire, chronologie, index, note de l'éditeur, postface, texte original, suggestions de lectures) et des morceaux choisis du texte original éclairent la lecture.
Caractéristiques
- Éditeur
- Itinerarium Éditions
- Collection
- Amériques Sauvages
- L'auteur du texte
- Álvar Núñez Cabeza de Vaca
- Époque du voyage
- 1527-1536
- Édition modernisée par
- Erik de Boisgrollier
- Langue
- Français
- Format
- Broché, 15,2 × 22,9 cm
- Pages
- 222
- ISBN
- 978-2-489331-56-1
- Parution
- octobre 2026
L'auteur du texte
Naufragios : Notre travail d'édition
Cabeza de Vaca n'a pas écrit un livre de voyage, il a rendu des comptes. Sa relation est celle d'un officier du roi qui rentre sans l'or, sans l'armée et sans le gouverneur qu'on lui avait confiés, et qui explique à Charles Quint, de mémoire, ce qu'il est advenu des six cents hommes partis de Sanlúcar. Nous avons voulu que le lecteur entende cette voix telle qu'elle se présente : un « je » qui témoigne, qui compte les morts par leur nom et qui s'adresse à Votre Majesté.
Le texte que nous avons suivi est celui qu'Andrés González de Barcia publia à Madrid en 1749, au premier tome de ses Historiadores primitivos de las Indias occidentales, sous le titre qui lui est resté depuis, Naufragios. L'auteur, lui, parlait seulement de sa « relation ». Barcia l'avait découpée en trente-huit chapitres très inégaux, certains de quelques lignes, d'autres de plusieurs pages, chacun coiffé d'un long intitulé à l'ancienne. Nous avons regroupé ces chapitres en seize, sans rien déplacer, chacun fermé sur un épisode entier. Les titres modernes sont de nous. Le portrait des nations indiennes, que l'auteur glisse au milieu de sa marche comme une halte, demeure à l'endroit exact où il l'a placé : le chapitre 11 suspend le récit parce que Cabeza de Vaca lui-même le suspend. L'édition de Barcia ne reproduit pas le court préambule adressé à l'empereur que portait l'impression de 1542 ; le récit s'ouvre donc ici, comme chez lui, au 17 juin 1527.
Avant / après
Los Indios de vèr el desastre que nos havia venido, y el desastre en que estabamos, con tanta desventura, i miseria se sentaron entre nosotros: i con el gran dolor, i lastima que ovieron de vernos en tanta fortuna, començaron todos à llorar recio, i tan de verdad, que lexos de alli se podia oìr, i esto les durò mas de media hora: i cierto, vèr que estos Hombres, tan sin raçon, i tan crudos, à manera de Brutos, se dolian tanto de nosotros, hiço que en mì, i en otros de la compañia cresciese mas la pasion, i la consideracion de nuestra desdicha.
Alors ils regardèrent le désastre qui venait de nous frapper, et celui où nous nous trouvions, avec tant de malheur et de misère. Ils s'assirent parmi nous. Une grande douleur les prit, une grande pitié, de nous voir en si triste fortune. Et tous ensemble, ils se mirent à pleurer.
La carte du voyage
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