Nos titres sur ce sujet
À lire aussi : récits et ouvrages sur le même thème
Récits et ouvrages autour de ce sujet, classés par date, pour situer nos titres. Un lien mène à une édition libre en ligne quand elle existe, ou à notre fiche lorsque l'ouvrage fait partie de notre catalogue.
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Hidalgo d'Elvas, Relation véridique des travaux du gouverneur Hernando de Soto (1539-1543)
L'année même du retour de Cabeza de Vaca, Hernando de Soto obtient la Floride ; il y débarque en 1539, à son tour dans la région de la baie de Tampa. Ses hommes passent l'hiver à Apalache, recueillent Juan Ortiz, un Espagnol venu chercher Narváez et resté plus de dix ans chez les Indiens, puis errent quatre ans dans le Sud-Est. Soto mort, les survivants construisent des brigantins, descendent le Mississippi et longent la côte jusqu'à Pánuco, ce port que les barques de 1528 n'avaient jamais atteint. Un chevalier portugais anonyme en publie le récit à Évora en 1557.
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Pedro de Castañeda de Nájera, Relation de l'expédition de Cíbola (1540-1542)
Les récits des quatre survivants ont fait rêver Mexico de villes riches au Nord. En 1539, Estevanico guide le franciscain Marcos de Niza vers les sept cités de Cíbola et y est tué ; l'année suivante, Coronado part avec une armée. Simple soldat, Castañeda raconte vingt ans plus tard les villages de pierre des Zuñis, le Grand Canyon, les plaines couvertes de bisons, les vaches à bosse que Cabeza de Vaca avait décrites, et la Quivira introuvable. Le mirage d'Apalache se répète plus à l'ouest, avec la même déception.
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Jean-Baptiste Tavernier, Les Six Voyages (1676)
Un demi-siècle après Carletti, ce marchand de pierres précieuses parcourt à son tour la Perse et l'Inde, des mines de diamant aux cours des grands rois. On retrouve chez lui le même regard de négociant sur les pierres, les monnaies et les routes que chez le Florentin, mais déjà l'Asie a changé : les Hollandais et les Anglais que Carletti voyait poindre à Goa y sont désormais installés en maîtres du commerce.
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Henri Joutel, Journal historique du dernier voyage que feu M. de La Sale fit dans le golfe de Mexique (1684-1687)
En 1685, Cavelier de La Salle cherche l'embouchure du Mississippi, la manque comme l'avaient manquée les barques de Narváez, et débarque sur la côte du Texas, près de la baie de Matagorda. Le fort Saint-Louis s'y épuise en maladies, naufrages et désertions, jusqu'à l'assassinat de La Salle par ses propres hommes en 1687. Joutel, l'un des rares rescapés, remonte à pied vers l'Arkansas et l'Illinois, puis rentre en France. Son journal, publié en 1713, décrit ces côtes basses, leurs lagunes et leurs peuples, un siècle et demi après le passage de Cabeza de Vaca.
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Engelbert Kaempfer, Histoire naturelle, civile et ecclésiastique du Japon (1690-1692)
Médecin de la Compagnie hollandaise des Indes, Kaempfer vit au Japon à la fin du XVIIe siècle, dans un pays désormais fermé aux étrangers et purgé des chrétiens. Son livre permet de voir ce qu'est devenu le Japon que Carletti avait abordé encore ouvert, avant que les croix de Nagasaki n'annoncent la grande clôture. Le même archipel, un siècle plus tard, verrouillé.
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Gemelli Careri, Le Tour du monde (1699-1700)
À la fin du XVIIe siècle, ce magistrat napolitain refait, en touriste fortuné, le tour du monde que Carletti avait accompli en marchand ruiné. Manille, Acapulco, Mexico : il suit presque la même route et publie un récit qui connaîtra un immense succès. Lire Gemelli après Carletti, c'est mesurer le chemin parcouru entre l'aventure périlleuse et le voyage d'agrément.
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Amédée-François Frézier, Relation du voyage de la mer du Sud aux côtes du Chili et du Pérou (1716)
Trois ans après Rogers, l'ingénieur militaire Frézier part pour la mer du Sud sous l'habit d'un capitaine marchand. De 1712 à 1714, de Concepción à Valparaíso, de Callao à Arica, il lève en secret le plan des ports, compte les canons et les garnisons espagnoles, observe les mines et les cultures. Il rapporte en France le fraisier du Chili, qui donnera nos fraises de jardin. Sa relation paraît à Paris en 1716 et une traduction anglaise suit dès 1717. On y retrouve la côte que Rogers remonte, vue cette fois par un œil d'officier attentif aux défenses plus qu'au butin.
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Richard Walter, A Voyage Round the World by George Anson (1748)
Trente ans plus tard, l'escadre du commodore Anson refait presque la route du Duke. Partie en 1740, décimée par le scorbut au passage du cap Horn, elle se refait à Juan Fernández, où les marins trouvent des chèvres aux oreilles fendues qu'ils rattachent à Selkirk. Elle pille Paita, guette en vain le galion au large du Mexique, puis s'empare en 1743 de la Covadonga près des Philippines. Le récit, publié en 1748 sous le nom du chapelain Richard Walter, devient un grand succès de librairie. Il montre ce que la guerre navale a fait du modèle corsaire de Rogers.
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Louis-Antoine de Bougainville, Voyage autour du monde par la frégate du roi La Boudeuse et la flûte L'Étoile (1771)
Parti en 1766 pour remettre aux Espagnols l'établissement français des Malouines, Bougainville franchit le détroit de Magellan, traverse le Pacifique par Tahiti, les Samoa, les Nouvelles-Hébrides et les Salomon, puis gagne les Moluques et Batavia avant de rentrer par l'océan Indien. C'est le premier tour du monde officiel de la marine française. Son récit, paru en 1771, nourrit le débat des philosophes sur le bon sauvage. La comparaison avec Rogers est parlante : les mêmes mers, les mêmes escales hollandaises, mais un voyage d'État, de savants et d'observation, là où Rogers commandait une entreprise de prises.
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William Bartram, Voyages à travers les Carolines, la Géorgie et les Florides (1773-1777)
Deux siècles et demi après la marche de Narváez, le naturaliste de Philadelphie parcourt à cheval et en canot les Florides, du fleuve Saint-Jean à la savane d'Alachua, puis gagne la côte du golfe vers Mobile et le Mississippi. Il dessine les plantes, les alligators, les grues, et décrit avec respect les villes des Creeks et des Séminoles. Là où les hommes de 1528 ne voyaient que lagunes, arbres abattus et archers embusqués, Bartram voit un jardin. Publiés en 1791, ses Voyages ont nourri l'imagination de Coleridge et de Wordsworth.
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Alexander von Humboldt, Voyage aux régions équinoxiales du Nouveau Continent (1799-1804)
Deux siècles après Carletti, le savant prussien explore la Nouvelle-Espagne et le Pérou avec les instruments de la science moderne. Là où le marchand notait les prix du cacao et de l'argent, Humboldt mesure, classe et comprend. Les mêmes terres, vues par un esprit du siècle des Lumières, éclairent en retour la curiosité encore tâtonnante du voyageur florentin.
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Charles Darwin, Journal of Researches (1839)
Embarqué sur le Beagle de 1831 à 1836, Darwin longe à son tour le Brésil, touche les Malouines, double le cap Horn, séjourne au Chili et au Pérou, puis passe cinq semaines aux Galápagos en septembre 1835, avant de rentrer par le Cap. Là où Rogers cherchait de l'eau douce et des tortues pour nourrir ses équipages, le jeune naturaliste note les différences d'une île à l'autre chez les pinsons et les tortues géantes. Son journal, publié en 1839, change le regard porté sur ces archipels que les corsaires de Bristol tenaient pour des cailloux secs et inutiles.
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John Russell Bartlett, Récit personnel des explorations au Texas, au Nouveau-Mexique, en Californie, au Sonora et au Chihuahua (1850-1853)
Nommé commissaire américain pour tracer la nouvelle frontière après la guerre contre le Mexique, Bartlett passe trois ans entre le Texas, le Nouveau-Mexique, le Chihuahua et le Sonora. Il suit le Rio Grande, traverse les sierras sèches, visite les villes et les missions du Sonora, dessine les paysages et les peuples. Publié en 1854, son récit couvre presque exactement la dernière partie de la route des quatre survivants, des villages du Rio Grande à la côte de la mer du Sud, au moment où cette terre se trouve partagée entre deux États.
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Frederick Law Olmsted, Voyage à travers le Texas (1853-1854)
Avant de dessiner Central Park, Olmsted traverse le Texas à cheval avec son frère, pendant l'hiver 1853-1854. Il décrit la plaine côtière, les colons allemands de New Braunfels, San Antonio, les ranchs, et pousse jusqu'au Rio Grande et au-delà, au Mexique. Son livre, publié en 1857, est aussi un réquisitoire contre l'esclavage qui s'étend dans le nouvel État. Là où Cabeza de Vaca avait marché nu de nation en nation, Olmsted trouve une terre en train de se peupler de fermes, et observe ce que la colonisation fait des hommes.
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Herman Melville, Les Encantadas ou îles enchantées (1854)
En 1841, le baleinier Acushnet longe l'île Albemarle, aux Galápagos, avec à bord un jeune matelot nommé Herman Melville. Treize ans plus tard, sous le pseudonyme de Salvator R. Tarnmoor, il publie dans le Putnam's Monthly dix esquisses sur ces îles de cendre et de lave, peuplées de tortues, d'ermites et d'anciens repaires de boucaniers. Il y cite les vieux récits de boucaniers, comme celui de Cowley, ces marins qui, avant et après Rogers, venaient y chercher des tortues. Le texte, repris en 1856 dans The Piazza Tales, transforme en paysage moral l'archipel que le journal de Rogers décrit en marin pressé.
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