Nos titres sur ce sujet
À lire aussi : récits et ouvrages sur le même thème
Récits et ouvrages autour de ce sujet, classés par date, pour situer nos titres. Un lien mène à une édition libre en ligne quand elle existe, ou à notre fiche lorsque l'ouvrage fait partie de notre catalogue.
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Ibn Battuta, Voyages (v. 1355)
Bien avant Pyrard, au XIVe siècle, le grand voyageur de Tanger séjourne aux Maldives, y exerce même la charge de juge et y prend femme. Lire son témoignage, c'est découvrir l'archipel musulman trois siècles avant le naufrage du Corbin, et mesurer ce qui, dans les coutumes décrites par le voyageur de Laval, durait déjà depuis des âges.
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Amerigo Vespucci, Mundus Novus (1503)
Un an après le passage de Cabral, une flotte portugaise revient reconnaître la terre nouvelle, et le Florentin Amerigo Vespucci est à bord. Il longe la côte brésilienne vers le sud sur des centaines de lieues, et la lettre imprimée en 1503 sous le titre Mundus Novus répand en Europe l'idée qu'il s'agit d'un monde nouveau, non d'une île ni d'un morceau d'Asie. Ses descriptions des peuples côtiers, plus crues et plus romanesques que celles de Caminha, firent la fortune du texte, et son prénom finit par baptiser le continent. Là où Caminha décrit pour son roi, Vespucci fait déjà de cette terre un récit pour toute l'Europe.
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Binot Paulmier de Gonneville, Relation authentique du voyage du capitaine de Gonneville ès nouvelles terres des Indes (1505)
Parti de Honfleur en 1503 pour les Indes, le navire normand L'Espoir est détourné par les vents vers une côte du Brésil méridional, où l'équipage séjourne plusieurs mois parmi des Indiens qui l'accueillent. Au retour, en 1505, le capitaine fait sa déclaration devant l'Amirauté : c'est l'un des tout premiers témoignages français sur le Brésil. Il ramène en Normandie Essomericq, fils d'un chef, qui ne reverra jamais son pays et épousera une parente de Gonneville. Ce récit bref prolonge celui de Caminha : quelques années plus tard, sur un autre rivage de la même terre, la même curiosité réciproque entre des marins venus d'Europe et des hommes qui ignoraient tout d'eux.
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Hans Staden, Véritable histoire et description d'un pays habité par des hommes sauvages, nus, féroces et anthropophages (1557)
Un demi-siècle après Caminha, l'artilleur hessois Hans Staden, venu servir les Portugais au Brésil, tombe vers 1554 aux mains des Tupinamba, leurs ennemis, proches par la langue et les mœurs des habitants de Porto Seguro. Pendant des mois, il attend d'être mangé, assiste aux fêtes, aux guerres et aux rites, et ne doit son salut qu'à sa ruse et à un navire français. Son récit, imprimé à Marbourg en 1557 avec des gravures saisissantes, devint un succès européen. La comparaison avec la lettre de 1500 est vertigineuse : des peuples de la même famille, la même côte, mais la confiance rieuse des premiers jours a fait place à la guerre.
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Pero de Magalhães de Gândavo, História da Província Santa Cruz (1576)
Humaniste portugais, dont le livre s'ouvre sur des vers de Camões, Pero de Magalhães de Gândavo publie à Lisbonne en 1576 ce que l'on tient souvent pour la première histoire imprimée du Brésil. Son titre garde le nom de Santa Cruz, héritier de la Vera Cruz que Caminha avait consignée. Gândavo y décrit les capitaineries, les moulins à sucre, les plantes et les animaux, les peuples de la côte, et invite ses compatriotes à venir s'établir dans une terre qu'il dit fertile et saine. Trois quarts de siècle après la lettre de 1500, l'émerveillement est devenu programme de peuplement : la même terre, vue désormais par ceux qui veulent s'y installer.
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Jean de Léry, Histoire d'un voyage faict en la terre du Brésil (1578)
Jeune cordonnier calviniste, Jean de Léry rejoint en 1557 la colonie française de Villegagnon dans la baie de Guanabara. Brouillé avec le chef de la France antarctique, il passe plusieurs mois parmi les Tupinamba, partage leurs repas, écoute leurs chants, apprend des mots de leur langue. Publiée vingt ans plus tard, en 1578, son Histoire est l'un des chefs-d'œuvre du récit de voyage français, que Claude Lévi-Strauss appelait le bréviaire de l'ethnologue. On y retrouve, mûrie par le recul et par les guerres de Religion, la même attention que chez Caminha aux corps peints, aux plumes, aux danses et à une nudité sans honte.
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François Bernier, Voyage dans les États du Grand Mogol (1670-1671)
Médecin et philosophe, Bernier vit près de douze ans dans l'Inde du XVIIe siècle et la raconte avec l'œil d'un savant. Sa description des castes, des religions et de l'administration prolonge et affine les observations encore tâtonnantes de Pyrard sur les brahmanes et les nayres, et montre comment, en deux générations, le regard européen sur l'Inde gagne en méthode ce qu'il perd parfois en fraîcheur.
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Jean-Baptiste Tavernier, Les Six Voyages (1676)
Un demi-siècle après Pyrard, le marchand de pierreries Tavernier parcourt l'Inde des diamants et des cours princières. Là où Pyrard voyait des îles pauvres et des rois insulaires, Tavernier voit l'empire moghol à son apogée, les mines de Golconde, le faste des audiences. Le contraste mesure la distance entre le naufragé sans le sou et le négociant que les souverains reçoivent : deux Frances séparées par cinquante ans d'ambition orientale.
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Robert Knox, Relation de l'île de Ceylan (1681)
Marin anglais retenu prisonnier près de vingt ans à Ceylan, tout près des Maldives, Knox écrit au siècle suivant un récit de captivité qui fait étrangement écho à celui de Pyrard : même apprentissage forcé d'une langue et d'un peuple, même patience, même évasion enfin. Deux Européens captifs sur les eaux de l'océan Indien, à un siècle de distance, et la même métamorphose du prisonnier en témoin.
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Amédée-François Frézier, Relation du voyage de la mer du Sud aux côtes du Chili et du Pérou (1716)
Trois ans après Rogers, l'ingénieur militaire Frézier part pour la mer du Sud sous l'habit d'un capitaine marchand. De 1712 à 1714, de Concepción à Valparaíso, de Callao à Arica, il lève en secret le plan des ports, compte les canons et les garnisons espagnoles, observe les mines et les cultures. Il rapporte en France le fraisier du Chili, qui donnera nos fraises de jardin. Sa relation paraît à Paris en 1716 et une traduction anglaise suit dès 1717. On y retrouve la côte que Rogers remonte, vue cette fois par un œil d'officier attentif aux défenses plus qu'au butin.
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Richard Walter, A Voyage Round the World by George Anson (1748)
Trente ans plus tard, l'escadre du commodore Anson refait presque la route du Duke. Partie en 1740, décimée par le scorbut au passage du cap Horn, elle se refait à Juan Fernández, où les marins trouvent des chèvres aux oreilles fendues qu'ils rattachent à Selkirk. Elle pille Paita, guette en vain le galion au large du Mexique, puis s'empare en 1743 de la Covadonga près des Philippines. Le récit, publié en 1748 sous le nom du chapelain Richard Walter, devient un grand succès de librairie. Il montre ce que la guerre navale a fait du modèle corsaire de Rogers.
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Louis-Antoine de Bougainville, Voyage autour du monde par la frégate du roi La Boudeuse et la flûte L'Étoile (1771)
Parti en 1766 pour remettre aux Espagnols l'établissement français des Malouines, Bougainville franchit le détroit de Magellan, traverse le Pacifique par Tahiti, les Samoa, les Nouvelles-Hébrides et les Salomon, puis gagne les Moluques et Batavia avant de rentrer par l'océan Indien. C'est le premier tour du monde officiel de la marine française. Son récit, paru en 1771, nourrit le débat des philosophes sur le bon sauvage. La comparaison avec Rogers est parlante : les mêmes mers, les mêmes escales hollandaises, mais un voyage d'État, de savants et d'observation, là où Rogers commandait une entreprise de prises.
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Le Gentil de la Galaisière, Voyage dans les mers de l'Inde (1779-1781)
Astronome envoyé observer le passage de Vénus au XVIIIe siècle, Le Gentil échoue dans ses calculs mais réussit, par hasard, une longue traversée de ces mêmes parages que Pyrard avait connus deux siècles plus tôt. Son récit montre une côte de Coromandel et des îles entrées, désormais, dans le grand jeu des empires européens.
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Maximilien de Wied-Neuwied, Voyage au Brésil dans les années 1815, 1816 et 1817 (1820-1821)
Naturaliste formé à Göttingen, le prince Maximilien de Wied-Neuwied remonte entre 1815 et 1817 la côte orientale du Brésil, de Rio de Janeiro jusqu'à Bahia, à travers des forêts que la colonie n'avait pas encore défrichées. Il passe par Porto Seguro, tout près de la baie où Caminha avait vu planter la croix trois siècles plus tôt, et une vue gravée de la ville illustre son livre. Il observe longuement les Botocudos et les Pataxó, dont il rapporte vocabulaires, objets et portraits. Publié en allemand en 1820 et 1821, puis traduit en français dès 1822, son récit offre un saisissant retour sur les lieux mêmes de la découverte.
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Johann Baptist von Spix et Carl Friedrich Philipp von Martius, Reise in Brasilien (1823-1831)
Envoyés par le roi de Bavière dans le sillage de l'archiduchesse Léopoldine, future impératrice du Brésil, le zoologiste Spix et le botaniste Martius parcourent le pays de 1817 à 1820. Après le Minas Gerais et ses mines de diamants, ils gagnent la côte à Salvador, puis repartent à travers la caatinga, où la soif et la fièvre manquent de les tuer, étudient la météorite de Bendegó et finissent par remonter l'Amazone. Leur relation, publiée de 1823 à 1831, est le grand inventaire savant d'un pays que l'ouverture des ports, décrétée à Bahia en 1808, vient de rendre accessible aux étrangers. Ce que Ver Huell regardait en curieux, ils le classent en naturalistes.
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Maria Graham, Journal of a Voyage to Brazil (1824)
Fin 1821, Maria Graham arrive à Bahia sur la frégate Doris, commandée par son mari, alors que le Brésil s'apprête à rompre avec Lisbonne. Son journal, publié en 1824, décrit la ville basse, ses marchés, ses églises, les chaises à porteurs et le marché aux esclaves, qu'elle dit ne pas savoir regarder sans honte ni indignation ; elle visite aussi l'île d'Itaparica et ses champs de canne. Anglaise, lettrée, bientôt veuve, elle voit la ville avec d'autres yeux que le jeune officier hollandais, mais les mêmes rues en pente, les mêmes cadeiras et la même violence de l'esclavage traversent les deux livres, à quatorze ans d'écart.
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Charles Darwin, Journal of Researches (1839)
Embarqué sur le Beagle de 1831 à 1836, Darwin longe à son tour le Brésil, touche les Malouines, double le cap Horn, séjourne au Chili et au Pérou, puis passe cinq semaines aux Galápagos en septembre 1835, avant de rentrer par le Cap. Là où Rogers cherchait de l'eau douce et des tortues pour nourrir ses équipages, le jeune naturaliste note les différences d'une île à l'autre chez les pinsons et les tortues géantes. Son journal, publié en 1839, change le regard porté sur ces archipels que les corsaires de Bristol tenaient pour des cailloux secs et inutiles.
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Charles Darwin, Voyage d'un naturaliste autour du monde (1839)
Le 29 février 1832, le Beagle mouille devant Salvador. Charles Darwin, vingt-trois ans, entre pour la première fois dans une forêt tropicale et note que le mot de délice est trop faible pour dire ce qu'éprouve un naturaliste. À Bahia, il observe des insectes lumineux, des araignées, un poisson-globe qui se gonfle d'eau ; plus loin dans son livre, il dira sa colère contre l'esclavage brésilien. Ce récit, publié en 1839, est lui aussi un livre de jeunesse : presque le même âge que Ver Huell, le même premier grand départ, le même émerveillement de dessinateur et de collectionneur devant la nature de la baie de Tous-les-Saints, à un quart de siècle d'écart.
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Herman Melville, Les Encantadas ou îles enchantées (1854)
En 1841, le baleinier Acushnet longe l'île Albemarle, aux Galápagos, avec à bord un jeune matelot nommé Herman Melville. Treize ans plus tard, sous le pseudonyme de Salvator R. Tarnmoor, il publie dans le Putnam's Monthly dix esquisses sur ces îles de cendre et de lave, peuplées de tortues, d'ermites et d'anciens repaires de boucaniers. Il y cite les vieux récits de boucaniers, comme celui de Cowley, ces marins qui, avant et après Rogers, venaient y chercher des tortues. Le texte, repris en 1856 dans The Piazza Tales, transforme en paysage moral l'archipel que le journal de Rogers décrit en marin pressé.
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James Wetherell, Brazil. Stray Notes from Bahia (1860)
Vice-consul britannique à Bahia pendant une quinzaine d'années, James Wetherell meurt en 1858 sans avoir publié ses notes ; William Hadfield les édite en 1860. Ce sont des fragments vifs et précis : les cadeiras portées sur l'épaule par des esclaves, les ganhadores qui chantent sous leurs charges, la chair de baleine vendue au marché, les fêtes, l'enfant mort promené dans une chaise ornée de rubans avant d'être enterré. Presque tout ce que Ver Huell avait découvert en 1808 est encore là, à peine changé, sous le regard d'un autre étranger installé dans la ville. Le livre montre combien la société de Bahia a peu bougé en un demi-siècle.
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