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La découverte de Madagascar par les Européens et ses témoins

Madagascar n'attendait pas les Européens. Des navigateurs venus d'Asie du Sud-Est, parlant une langue austronésienne, s'y installent dans le premier millénaire ; des marchands swahilis et arabes fréquentent ensuite les côtes du nord-ouest. Les Antemoro du sud-est écrivent leur langue en caractères arabes, les sorabe. Marco Polo, vers 1298, parle d'une île « Madeigascar » peuplée d'éléphants et visitée par l'oiseau rokh : il la confond sans doute avec Mogadiscio, mais le nom restera.

Le 10 août 1500, le Portugais Diogo Dias, séparé de la flotte de Cabral, aperçoit la côte orientale ; l'île reçoit le nom de São Lourenço. Tristão da Cunha en longe les rivages en 1506, et des postes portugais tentés au sud échouent. Entre 1613 et 1619, le jésuite Luís Mariano parcourt les côtes et laisse les premières descriptions détaillées des royaumes malgaches.

Au XVIIe siècle, l'île devient une escale des routes des Indes. La flotte hollandaise de Cornelis de Houtman y relâche en 1595 et y perd tant d'hommes que la baie d'Antongil garde un cimetière de marins. Les Anglais vantent l'île : Walter Hamond la dit en 1640 la plus riche et la plus fertile du monde, mais la colonie de la baie de Saint-Augustin, en 1645, tourne au désastre. Les Français fondent Fort-Dauphin en 1643 ; Étienne de Flacourt, qui y commande, publie en 1658 une histoire de la Grande Île, avec son premier dictionnaire malgache, ses plantes et ses animaux.

Vers 1700, les pirates s'installent à l'île Sainte-Marie et autour de la baie d'Antongil ; Robert Drury, naufragé en 1703, vit quinze ans comme esclave dans le sud et raconte sa captivité en 1729. Le comte Maurice Benyovszky fonde Louisbourg en 1774 et se fait proclamer roi.

Le XIXe siècle est celui du royaume merina. Radama Ier accueille en 1818 les missionnaires gallois David Jones et Thomas Bevan, qui fixent l'écriture du malgache en lettres latines ; Ranavalona Ire ferme ensuite le pays aux étrangers et persécute les chrétiens, tout en faisant bâtir des fabriques à Mantasoa par un Français naufragé en 1831. William Ellis fait trois voyages entre 1853 et 1856, Alfred Grandidier explore l'île de 1865 à 1870, et le jésuite François Callet recueille les traditions royales, les Tantara ny Andriana, publiées en 1873. La conquête française de 1895 clôt cette histoire.

Ce dossier réunit nos éditions de récits de témoins et un répertoire d'autres récits anciens sur Madagascar.

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