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Découverte de l'Égypte : explorateurs, pèlerins et voyageurs d'autrefois

L'Égypte n'a jamais été à découvrir : elle a toujours été visitée. Hérodote la parcourt vers 450 avant notre ère et la dit « don du Nil », Strabon remonte le fleuve vers 25 avant notre ère, et les touristes romains gravent leurs noms sur le colosse chantant de Memnon, à Thèbes. Au Moyen Âge, Le Caire des Fatimides puis des Mamelouks est l'une des plus grandes villes du monde. Le médecin Abd al-Latif al-Baghdadi y décrit vers 1200 les pyramides et une famine terrible, l'Andalou Ibn Jubayr y passe en 1183 sur la route de La Mecque, Ibn Battuta en 1326.

Les Européens viennent d'abord en pèlerins et en marchands. Sur la route de Jérusalem et du Sinaï, ils visitent Le Caire, le jardin de Matarieh où la Sainte Famille se serait reposée, et voient dans les pyramides les greniers de Joseph. Les consuls vénitiens et français d'Alexandrie, le naturaliste Pierre Belon en 1547, puis le Danois Frederik Norden, qui remonte en 1737-1738 jusqu'à la deuxième cataracte, ajoutent l'observation au merveilleux. Claude-Étienne Savary et Volney décrivent dans les années 1780 un pays aux mains des beys mamelouks.

L'expédition de Bonaparte, en 1798-1801, change l'échelle : ses savants publient de 1809 à 1829 la Description de l'Égypte, et la pierre de Rosette permet à Champollion de déchiffrer les hiéroglyphes en 1822. Sous Méhémet Ali, maître du pays de 1805 à 1848, l'Égypte s'ouvre aux ingénieurs, aux médecins et aux chercheurs d'antiquités : le Suisse Burckhardt aperçoit Abou Simbel en 1813, le Padouan Giovanni Battista Belzoni en dégage l'entrée en 1817 et ouvre la tombe de Séthi Ier, Edward William Lane décrit en 1836 les mœurs du Caire.

Le regard va aussi dans l'autre sens. Le chroniqueur al-Jabarti raconte l'occupation française vue de l'intérieur, et l'imam Rifa'a al-Tahtawi, revenu de Paris en 1831, fonde au Caire une école de traducteurs. Au milieu du siècle, le Nil devient un itinéraire : dahabiehs, hôtels de Louxor, voyage de Flaubert et de Maxime Du Camp en 1849-1850, musée d'Auguste Mariette en 1858, inauguration du canal de Suez en 1869, croisières à vapeur organisées. Amelia Edwards remonte le fleuve en 1873-1874 et fonde ensuite à Londres une société pour sauver les sites.

Ces récits disent ce que les voyageurs ont cru voir autant que ce qu'ils ont vu : un pays éternel, alors qu'il changeait très vite sous leurs yeux.

Ce dossier réunit nos éditions de récits de témoins et un répertoire d'autres récits anciens sur l'Égypte.

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