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Voyage à Constantinople : l'Anatolie et l'Empire ottoman racontés par les voyageurs

Avant d'être turque, l'Anatolie est grecque, perse, romaine puis byzantine, et Constantinople est pour l'Europe médiévale la ville des reliques et des empereurs. Les Turcs seldjoukides s'installent en Anatolie après la bataille de Manzikert, en 1071. Vers 1331, le Marocain Ibn Battuta parcourt les émirats turcs qui se partagent le pays et loue l'hospitalité des confréries akhi ; en 1403, le Castillan Ruy González de Clavijo décrit une Constantinople déjà encerclée.

En 1432 et 1433, le Bourguignon Bertrandon de la Broquière traverse l'Anatolie à cheval et voit le sultan Murad II à Andrinople. Après la prise de Constantinople par Mehmed II, le 29 mai 1453, que le médecin vénitien Nicolò Barbaro raconte au jour le jour, Istanbul devient la capitale d'un empire qui s'étendra de Bude à Bagdad.

Le XVIe siècle est celui des ambassades. Ogier Ghiselin de Busbecq, envoyé de Ferdinand d'Autriche de 1554 à 1562, écrit des lettres sur Soliman le Magnifique et rapporte à Vienne des tulipes et un manuscrit de Dioscoride. L'alliance de François Ier avec la Porte attire des Français : le naturaliste Pierre Belon voyage de 1546 à 1549, et Nicolas de Nicolay dessine en 1551 les costumes des janissaires, des derviches et des femmes, gravés en 1567.

Les Ottomans se décrivent aussi eux-mêmes. À partir de 1640, Evliya Çelebi parcourt l'empire pendant quarante ans et en tire les dix volumes de son Livre de voyages ; en 1720 et 1721, Yirmisekiz Mehmed Çelebi, ambassadeur à Paris, décrit Versailles pour le sultan. Côté européen, Jean de Thévenot, Antoine Galland, futur traducteur des Mille et une nuits, et Joseph Pitton de Tournefort, qui herborise au Levant de 1700 à 1702, nourrissent l'orientalisme savant. De 1716 à 1718, Lady Mary Wortley Montagu entre dans les bains des femmes et rapporte en Angleterre l'inoculation contre la variole.

Au XIXe siècle, Constantinople est une étape du voyage en Orient pour Chateaubriand en 1806 et pour Lamartine en 1833. Charles Texier relève dans les années 1830 les ruines d'Anatolie, et Heinrich Schliemann fouille de 1871 à 1873 la colline d'Hisarlik, qu'il identifie à Troie.

Ce dossier réunit nos éditions de récits de témoins et un répertoire d'autres récits anciens sur la Turquie.

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