Nos titres sur ce sujet
À lire aussi : récits et ouvrages sur le même thème
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Ibn Joubayr, Relation des voyages (1183-1185)
Le pèlerin andalou de Valence accomplit le pèlerinage de La Mecque entre 1183 et 1185 et rédige le carnet qui fondera le genre arabe classique de la rihla. Il passe par les mêmes ports égyptiens, descend la mer Rouge, voit La Mecque cent quarante ans après Nasir, sous les Ayyoubides de Saladin. Plus littéraire, plus brillant, plus élogieux aussi envers le pouvoir sunnite restauré, il complète son devancier sur tous les points où Nasir restait silencieux. Les deux carnets se lisent presque comme une partition à deux voix sur le même Levant.
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Geoffroi de Villehardouin, La Conquête de Constantinople, vers 1207 (v. 1207)
Le maréchal de Champagne raconte la quatrième croisade et la prise de Constantinople par les Latins en 1204. Premier grand texte en prose française, écrit par un acteur direct du sac que Gilles connaît par Nicétas Chôniatès. À lire en miroir du chapitre 13 du présent volume : le même événement vu d'un côté et de l'autre.
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Ibn Battuta, Voyages (1325-1354)
Le grand voyageur de Tanger sillonne en trente ans, entre 1325 et 1354, tout le monde musulman, de l'Afrique noire à la Chine. Quand il passe à Jérusalem, au Caire ou à La Mecque, c'est trois siècles après Nasir, et le monde a basculé : croisades passées, Mongols installés, Mamelouks au Caire. Le contraste avec le carnet du Persan donne la mesure de ce qui a changé. Là où Nasir décrit en quelques pages, Ibn Battuta s'étend en aventures personnelles, en mariages, en disputes savantes et en banquets princiers.
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Cristoforo Buondelmonti, Liber insularum Archipelagi, vers 1420 (v. 1420)
Le moine florentin sillonne les îles de la mer Égée et de la Propontide au début du XVe siècle, encore byzantin. Il dresse les premiers plans médiévaux de Constantinople, qui circuleront dans toute l'Europe humaniste. Pierre Gilles a vraisemblablement connu ces représentations. Le passage de Buondelmonti à Gilles, c'est un siècle et la conquête ottomane.
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Ogier Ghiselin de Busbecq, Lettres turques (1581)
L'ambassadeur impérial à Istanbul publie en 1581 ses quatre lettres latines depuis la cour de Soliman le Magnifique. Cent quatre-vingts ans après Schiltberger, le même empire ottoman, plus puissant que jamais, accueille un autre Occidental, cette fois en ambassadeur. Busbecq décrit la Sublime Porte au sommet, dans les années où l'imprimeur de Frankfurt republie pour ses contemporains le récit du Bavarois en libellé d'avertissement. Lire Busbecq juste après Schiltberger, c'est suivre l'Empire ottoman de son enfance à son apogée.
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Evliya Çelebi, Seyahatname, rédigé entre 1640 et 1683 (1640-1683)
Le grand voyageur ottoman parcourt l'empire pendant quarante ans et rédige dix volumes où il décrit Istanbul, l'Anatolie, les Balkans, le Caucase, l'Égypte, le Hedjaz. Son volume sur Constantinople, rédigé un siècle après Gilles, décrit la ville en pleine maturité ottomane, ses mosquées, ses guildes, ses fêtes, ses monuments. Le pendant turc et tardif du carnet de Gilles.
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Adam Olearius, Voyage en Moscovie, Tartarie et Perse (1647)
Le diplomate de Holstein publie en 1647 son récit du voyage de 1633-1639, à travers Moscou, la Volga, la mer Caspienne, Ispahan et le retour par Bakou. Deux cents ans après Schiltberger, la même géographie sibérienne, caucasienne et persane, mais avec d'autres souverains : les Romanov en Russie, les Safavides en Perse, les Ottomans dans la Caucasie. Schiltberger avait vu ces routes dans le désordre des successions tatares ; Olearius les voit consolidées en empires modernes.
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Engelbert Kaempfer, Amœnitates exoticæ (1712)
Le médecin et naturaliste de Westphalie traverse en 1683-1685 la Russie, la Perse safavide et la mer Caspienne. Son Latin scientifique de la fin du XVIIe siècle est le premier portrait européen complet de la Perse moderne. Là où Schiltberger témoignait à la première personne des destructions timourides, Kaempfer décrit l'Iran reconstitué sous Shah Abbas, avec ses jardins, ses mosquées, ses caravansérails.
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Joseph Pitton de Tournefort, Relation d'un voyage du Levant (1717)
Le botaniste français du Roi-Soleil publie en 1717 son récit de la mission de 1700-1702 en Anatolie, en Géorgie, en Arménie et à Constantinople. Les mêmes lieux que Schiltberger, exactement trois cents ans après, vus par un savant des Lumières naissantes. Le Caucase et l'Anatolie ont changé d'ottomans, mais les noms des villes, les peuples, les religions sont à peu près ceux qu'avait vus le Bavarois.
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Constantin-François Volney, Voyage en Syrie et en Égypte (1783-1785)
Moins de vingt ans après Niebuhr, le jeune Volney parcourt l'Égypte et la Syrie et publie, en 1787, l'année même des Remarques sur Alep, un tableau qui fera autorité. Son pachalik d'Alep recoupe trait pour trait celui de Niebuhr : villages abandonnés aux portes du désert, route d'Alexandrette infestée de voleurs, Antioche déchue, air fiévreux d'Alexandrette et refuge de Beilan dans la montagne. Il y ajoute les pigeons voyageurs et le célèbre bouton d'Alep. Mais Volney généralise et juge le despotisme ottoman en philosophe des Lumières, là où Niebuhr, plus modeste, raconte ce qu'il a vu et laisse le lecteur conclure.
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Volney, Voyage en Égypte et en Syrie (1787)
Le philosophe français arpente l'Orient ottoman entre 1783 et 1785 et publie son récit à Paris en 1787. Il décrit Jérusalem, Damas, Le Caire et la côte levantine d'un œil rationaliste et critique. La même géographie que Nasir, sept siècles plus tard, sous un autre empire et d'autres dynasties. Texte fondateur de l'orientalisme moderne, éclairant à relire après le Persan parce qu'il montre, à dix générations de distance, ce que la même terre est devenue : un Levant ottoman, appauvri, engourdi, mais encore largement reconnaissable à celui que Nasir avait traversé.
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Ali Bey el-Abbassi, Voyages d'Ali Bey el Abbassi en Afrique et en Asie (1803-1807)
Sous un nom d'emprunt et un costume de prince musulman, le Catalan Domingo Badía traverse le Maroc, l'Égypte, La Mecque, la Syrie et l'Anatolie. Au printemps 1806, une tempête manque d'engloutir son navire avant qu'il ne débarque à Larnaca. De là, il gagne Nicosie à travers des collines qu'il trouve dignes de la déesse de l'île, note la richesse des sols et observe une Chypre toujours pressurée par ses gouverneurs. Ses Voyages, parus à Paris en 1814, offrent un contrepoint saisissant aux pages de Niebuhr : quarante ans plus tard, la même île vue par un faux musulman qui servait la politique de Napoléon.
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Chateaubriand, Itinéraire de Paris à Jérusalem (1806-1807)
Parti en 1806, l'écrivain français traverse la Grèce, gagne Constantinople, débarque en Terre sainte, visite Jérusalem et Bethléem, puis rentre par l'Égypte et le Maghreb. Son récit, publié à Paris en 1811, croise presque pas à pas l'itinéraire syro-palestinien de Nasir, mais le regard a changé du tout au tout : là où le Persan mesure des coudées et compte des portes, le Romantique cherche des ruines, des tombeaux et de l'émotion. Deux manières opposées de tenir un carnet devant les mêmes pierres.
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Jean Louis Burckhardt, Travels in Syria and the Holy Land (1810-1812)
Envoyé par l'Association africaine de Londres pour se préparer à traverser le Sahara, le Suisse Burckhardt choisit Alep comme école : il y apprend l'arabe, vit sous le nom de cheikh Ibrahim et rayonne de là dans toute la Syrie. Liban, vallée de l'Oronte, Hauran, puis en 1812 la route du Caire, au cours de laquelle il devient le premier Européen moderne à décrire Pétra. Ses journaux, publiés en 1822 après sa mort, prolongent exactement le regard de Niebuhr : même patience, même goût des itinéraires mesurés, même attention aux sectes et aux tribus que les voyageurs pressés ignorent.
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Alphonse de Lamartine, Voyage en Orient (1832-1833)
Vingt ans après Mayr, Alphonse de Lamartine débarque à Beyrouth en 1832 avec sa femme et sa fille Julia, qui y meurt en décembre. Il visite Jérusalem, Damas, Baalbek, les cèdres, rend visite à l'émir Béchir, dont Mayr rapportait la cruauté, puis rentre par Constantinople et, comme lui, par voie de terre à travers la Bulgarie et la Serbie. Publié en 1835, son Voyage en Orient est le grand récit romantique de ces lieux. Le contraste est total : là où le marchand compte les piastres et les jours de quarantaine, le poète prie, rêve et compose.
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Alexander Kinglake, Eothen (1834-1835)
En 1834, le jeune Anglais Alexander Kinglake quitte Belgrade et traverse à cheval les Balkans ottomans jusqu'à Constantinople, puis gagne Smyrne, Chypre, Beyrouth, Nazareth, Jérusalem et, à travers le désert, Le Caire où sévit la peste de 1835. C'est presque l'itinéraire de Mayr, à vingt ans de distance, avec les mêmes quarantaines et la même peur de la contagion. Eothen, paru en 1844, est écrit avec un humour désinvolte qui en a fait un classique. Le marchand suisse et le gentleman anglais partagent le refus de l'emphase et le goût de l'anecdote vécue.
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Edward Lane, Mœurs et coutumes des Égyptiens modernes (1836)
L'arabisant anglais s'installe au Caire en 1825, puis de nouveau en 1833, au temps de Mohammed Ali, et publie en 1836 la plus minutieuse description du Caire de son siècle. Lui aussi distingue, comme Nasir huit cents ans plus tôt, le Caire et le Vieux-Caire, les fastes du pouvoir et l'abondance des bazars. C'est le même labyrinthe de ruelles, le même appel à la prière, les mêmes marchands d'épices, mais la dynastie a changé bien des fois et le califat n'existe plus. Lane achève par l'intérieur ce que Nasir avait commencé : une anthropologie de la ville vécue.
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Charles Texier, Description de l'Asie Mineure, Paris, 1839-1849 (1839-1849)
Le grand archéologue français du XIXe siècle parcourt l'Anatolie et Constantinople pour le compte de l'Académie. Il identifie pour la première fois nombre de monuments antiques qui n'étaient connus que par les textes. Son ouvrage, en plusieurs volumes in-folio, illustré par les meilleurs graveurs de l'époque, reprend le projet topographique de Gilles avec les moyens du siècle des sciences. Indispensable pour qui veut prolonger Gilles dans la science archéologique moderne.
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Hans Christian Andersen, Le Bazar d'un poète (1840-1841)
Au printemps 1841, Hans Christian Andersen rentre de Constantinople par la mer Noire et le Danube, sur les bateaux à vapeur qui remontent désormais le fleuve vers Vienne. Il fait quarantaine à Orsova, la ville frontière où Mayr avait passé vingt et un jours au lazaret en novembre 1813, et décrit les rives bulgares, serbes et valaques. Le livre, publié en 1842, fait de ce trajet un tableau poétique. Ce qui était pour Mayr une traversée dangereuse en caravane et en barque est devenu, une génération plus tard, une croisière à vapeur ; mais le lazaret, lui, n'a guère changé.
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Gérard de Nerval, Voyage en Orient (1843)
En 1843, Gérard de Nerval séjourne plusieurs mois au Caire, y achète une esclave javanaise, puis gagne Beyrouth et le Mont-Liban, où il s'intéresse passionnément aux Druzes et aux Maronites, avant de finir son voyage à Constantinople pendant le ramadan. Trois étapes majeures du voyage de Mayr, trente ans plus tard. Le Voyage en Orient, publié en 1851, mêle observation, rêverie et légendes. Les conflits de la Montagne libanaise, que le marchand suisse avait vus de près au temps de l'émir Béchir, sont devenus chez Nerval matière à enquête et à récit.
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Harriet Martineau, Eastern Life, Present and Past (1848)
Quatre ans après Ida Pfeiffer, l'Anglaise Harriet Martineau, déjà célèbre pour ses écrits d'économie politique, part à son tour vers l'Orient à la fin de 1846. Elle remonte le Nil jusqu'en Nubie, traverse le Sinaï, visite Pétra, puis Jérusalem, la Galilée et Damas. Comme la Viennoise, elle voyage en femme mûre, sans se laisser arrêter par les fatigues de la selle et des tentes. Mais là où Pfeiffer prie, Martineau raisonne : son livre fait des temples égyptiens et des lieux saints les étapes d'une histoire des religions, au point de scandaliser une partie de ses lecteurs. Deux femmes devant les mêmes pierres, deux manières de croire.
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Gustave Flaubert, Voyage en Orient (1849-1851)
Cinq ans après Thackeray, Gustave Flaubert et son ami Maxime Du Camp, chargé de photographier les monuments, débarquent à Alexandrie en novembre 1849. Ils remontent le Nil jusqu'à la deuxième cataracte, grimpent sur les Pyramides, puis passent par Beyrouth, Jérusalem, Rhodes, Smyrne, Constantinople et Athènes avant de rentrer en 1851. La plupart des escales orientales de Thackeray s'y retrouvent, mais vues par un homme qui fuit le pittoresque convenu autant que lui et cherche la sensation brute : la chaleur, la crasse, les almées, la mort. Ses notes et ses lettres, publiées après sa mort, ont la liberté d'un carnet intime. Le Saint-Sépulcre déçoit Flaubert comme il avait agacé Thackeray.
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Herman Melville, Journal of a Visit to Europe and the Levant (1856-1857)
À l'automne 1856, Herman Melville, épuisé par les échecs de Moby Dick et de Pierre, part seul pour la Méditerranée. Il découvre Constantinople, descend en Égypte où les Pyramides l'écrasent, puis débarque à Jaffa et passe plusieurs semaines en Palestine, de Jérusalem à la mer Morte, avant Beyrouth, la Grèce et l'Italie. Son journal, griffonné au jour le jour et publié seulement au XXe siècle, suit presque la route de Thackeray, mais dans une autre tonalité : là où l'Anglais plaisante devant le Saint-Sépulcre, l'Américain y trouve un désert spirituel. De ce voyage naîtra Clarel, long poème sur le doute religieux paru en 1876.
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Mark Twain, The Innocents Abroad (1867)
En 1867, Mark Twain embarque à New York sur le Quaker City pour l'une des premières croisières organisées : Gibraltar, Tanger, l'Italie, Athènes, Constantinople, Smyrne, Beyrouth, la Terre sainte et l'Égypte. C'est, vingt-trois ans plus tard, la croisière de Thackeray en version américaine, avec ses pèlerins pieux, ses voyageurs qui cassent des souvenirs sur les monuments et un narrateur qui refuse de s'extasier sur commande. Twain se glisse de nuit sur l'Acropole, marchande au bazar, s'agace des reliques de Jérusalem et contemple le Sphinx. Publié en 1869, le livre devient l'un des récits de voyage les plus vendus de son temps et prolonge, sur un ton plus bruyant, la satire du touriste.
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Vasilij Vereščagin, Tableaux et croquis de l'Asie centrale (1870)
Le grand peintre russe, qui suit l'expédition militaire de Konstantin von Kaufman au Turkestan dans les années 1860-1870, peint Samarcande, Khiva et Boukhara avant qu'elles ne soient incorporées à la Russie. Ses descriptions accompagnant les tableaux décrivent une Asie centrale encore reconnaissable de celle de Schiltberger : émirs locaux, fanatismes religieux, esclaves circassiens, processions de cavaliers. Les dernières années où la steppe avait l'air de la steppe.
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Amelia B. Edwards, A Thousand Miles up the Nile (1873-1874)
Thackeray s'arrête au Caire et aux Pyramides ; la romancière anglaise Amelia Edwards, arrivée en Égypte presque par hasard à l'hiver 1873, va beaucoup plus loin. Sur une dahabieh, avec une amie et un équipage nubien, elle remonte le Nil jusqu'à Abou Simbel et la deuxième cataracte, dessine les temples, fait dégager des peintures ensablées et s'indigne des pillages. Son livre, publié en 1877, mêle la vie du bord, les paysages et une érudition qui grandit au fil des pages. Le voyage décide de sa vie : en 1882, elle fonde à Londres l'Egypt Exploration Fund.
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Edmondo de Amicis, Constantinople, Milan, 1877 (1877)
L'écrivain italien décrit Constantinople à la fin de l'époque ottomane, juste avant les grandes transformations urbaines de la fin du siècle. Bazars, derviches tourneurs, cimetières, Bosphore, Sainte-Sophie : c'est un livre vivant et très documenté, qui sert encore aujourd'hui de repère à l'imagination occidentale d'Istanbul.
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Samuel White Baker, Cyprus as I Saw It in 1879 (1879)
Un an après que l'Empire ottoman a cédé l'administration de Chypre à la Grande-Bretagne, l'explorateur du Nil Samuel Baker débarque à Larnaca et parcourt l'île pendant plusieurs mois avec sa femme Florence, en chariot et sous la tente. Il décrit les routes, les forêts dévastées, les paysans, les impôts, les villes de Nicosie, de Kyrenia et de Famagouste, et juge sans indulgence la nouvelle administration comme l'ancienne. Plus d'un siècle après Niebuhr, la question reste la même : pourquoi une île si fertile est-elle si pauvre ? La réponse de Baker, celle d'un colon pragmatique, fait écho à la colère des Chypriotes de 1766.
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Lord Curzon, Russia in Central Asia (1889)
Le futur vice-roi des Indes publie en 1889 son récit du voyage à travers le Turkestan russe nouvellement conquis. Schiltberger avait vu Saraï sur la Volga florissante ; Curzon traverse ses ruines de sable. Mille routes que le Bavarois avait parcourues comme captif, l'Anglais les refait en train transcaspien. La modernité industrielle a remplacé la steppe nomade.
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Guy Le Strange, Palestine sous les musulmans (1890)
L'orientaliste anglais rassemble en 1890 les descriptions que les géographes arabes et persans ont laissées de la Syrie et de la Palestine, du VIIe au XVe siècle, et il accorde une large place au témoignage de Nasir sur Jérusalem et le Haram. Lire ce recueil après le Safarnama, c'est replacer le carnet du Persan dans le chœur de tous ceux qui ont décrit la ville sainte avant les croisés : Le Strange traduit, compare, situe, et fait entendre Nasir parmi ses pairs.
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Pierre Loti, Jérusalem (1894)
Au printemps 1894, après avoir traversé le Sinaï à dos de chameau, Pierre Loti arrive à Jérusalem en pèlerin sans foi, venu chercher une émotion religieuse qu'il ne trouve pas. Il décrit, cinquante ans après Thackeray, le même Saint-Sépulcre encombré de sectes rivales, les mêmes foules de pèlerins, une ville grise sous la pluie, mais sur un ton de mélancolie fervente qui est l'opposé exact de l'ironie de l'Anglais. Publié en 1895, le livre forme avec Le Désert et La Galilée un triptyque oriental. Lire Loti après Thackeray, c'est mesurer comment le même lieu peut susciter la satire chez l'un et la ferveur nostalgique chez l'autre.
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Gertrude Bell, Syria: The Desert & the Sown (1905)
Au début de 1905, Gertrude Bell quitte Jérusalem à cheval, traverse le Hauran et le pays druze, gagne Damas, Homs et Hama, puis s'attarde à Alep avant de descendre par Antioche jusqu'à Alexandrette, où s'arrête son livre, publié en 1907. C'est presque l'itinéraire de Niebuhr, en sens inverse et cent quarante ans plus tard : les mêmes Bédouins maîtres du désert, les mêmes Nosaïris, les mêmes ruines d'Antioche. Bell, archéologue et future actrice de la politique britannique en Irak, écrit avec un sens du dialogue et du portrait qui fait de ce récit l'un des classiques du voyage au Levant.
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Orhan Pamuk, Istanbul, souvenirs d'une ville, Istanbul, 2003 (2003)
Le romancier turc, prix Nobel 2006, raconte son enfance dans l'Istanbul républicaine des années 1950 et 1960. Il décrit la mélancolie particulière d'une ville qui se sait déchue de sa grandeur. Résonance profonde avec le ton de Gilles : la même conscience d'une grandeur perdue, quatre siècles plus tard, sous une autre forme.