Un lieutenant russe au camp d'Ali-Bey
Édition française modernisée et illustrée de Dnevnyia zapiski puteshestviia de Sergueï Plechtcheïev (1772). 132 pages.
Août 1772, en pleine guerre russo-turque : un lieutenant russe de vingt ans rejoint le camp d'Ali-Bey, sous les murailles de Jaffa, puis la Galilée. Journal de voyage, 1773.
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- Broché · Ebook (EPUB)
- Français
- XVIIIe siècle
Présentation
Août 1772, en pleine guerre russo-turque. À Paros, base de la flotte russe de l'Archipel, Sergueï Plechtcheïev, lieutenant de vingt ans, embarque sur le Tartare avec Zulfigar-Bey, envoyé d'Ali-Bey, le mamelouk chassé du Caire qui assiège maintenant Jaffa.
À bord se presse une petite société cosmopolite : un rittmeister prussien, un baron français, un moine grec venu de Chypre, un médecin florentin, un cosaque du Terek. Escale à Acre, chez le vieux cheikh Daher-Omar, puis le camp d'Ali-Bey sous les murailles de Jaffa. Le jeune officier y donne ses conseils, reconnaît les lignes sous les balles, prépare des projectiles incendiaires et voit un assaut se briser contre les remparts. Il y laissera un ami.
Viennent la fièvre, puis la Galilée : Nazareth, Cana, les ruines de Sepphoris. Au retour, Acre réserve ses pièges, ses bastonnades et ses intrigues galantes.
Officier des Lumières, curieux de tout, Plechtcheïev regarde l'Orient ottoman avec une liberté rare, des barbiers du camp aux beys et aux cheikhs. Il recueille enfin l'histoire d'Ali-Bey, l'esclave abkhaze devenu maître de l'Égypte. Comment un homme amené au Caire pour y être vendu en vient-il à défier le Sultan ?
Le journal est celui d'un témoin de première main. Les voyageurs européens de ce temps parcourent la Terre sainte en pèlerins ou en consuls ; Plechtcheïev, lui, dîne sous la tente d'Ali-Bey, mesure les retranchements de Jaffa, observe la ville d'Acre, son commerce, ses communautés et l'armée du vieux cheikh Daher-Omar, puis suit la route des pèlerins de Nazareth à Cana. Imprimé à Saint-Pétersbourg en 1773, il fait entrer le lecteur dans les coulisses d'une guerre qui se joue aussi sur les côtes du Levant, entre la flotte russe de l'Archipel, les ambitions d'un ancien maître de l'Égypte et les équilibres fragiles de la Galilée.
La traversée va de Paros à la côte de Syrie, avec les escales de Naxos, du mont Carmel, d'Acre et de Sidna Ali, avant le long séjour devant Jaffa, du 7 au 25 septembre 1772, puis le retour par Acre et la Galilée jusqu'à Paros, le 5 novembre. Les mœurs, les repas, les musiciens, les marchés, les prières, les bastonnades et les ruses de cour y sont notés avec la même curiosité que les sondages de la baie de Caïffa ou le plan d'une mine. Le lecteur d'aujourd'hui y trouve un document rare sur la Palestine ottomane du XVIIIe siècle, écrit par un très jeune homme qui ne prétend pas tout comprendre et regarde de très près.
Première réécriture intégrale moderne pour le lecteur d'aujourd'hui, qui rend lisible ce récit sans rien trahir du voyage. 12 illustrations originales et 8 cartes redessinées donnent à voir l'itinéraire, tandis qu'un appareil de repères (glossaire, chronologie, index, note de l'éditeur, postface, texte original, suggestions de lectures) et des morceaux choisis du texte original éclairent la lecture.
Caractéristiques
- Éditeur
- Itinerarium Éditions
- Collection
- Orient et Levant
- L'auteur du texte
- Sergueï Plechtcheïev
- Époque du voyage
- 1772-1773
- Édition modernisée par
- Erik de Boisgrollier
- Langue
- Français
- Format
- Broché, 15,2 × 22,9 cm
- Pages
- 132
- ISBN
- 978-2-489331-52-3
- Parution
- octobre 2026
L'auteur du texte
Dnevnyia zapiski puteshestviia : Notre travail d'édition
Le texte que l'on vient de lire est un petit livre imprimé à Saint-Pétersbourg en 1773, à l'imprimerie du Corps des cadets de la marine, sous un titre qui tient en une phrase : Journal d'un voyage depuis l'île de Paros, dans l'Archipel, appartenant à la Russie, vers la Syrie et les lieux mémorables. Il se présente d'une seule coulée : des entrées datées, sans chapitres ni titres, puis une Histoire d'Ali-Bey rejetée à la fin faute de place dans le journal. Nous avons découpé cette coulée en dix chapitres : huit pour le voyage, du départ de Paros au retour, deux pour l'Histoire d'Ali-Bey, dont la coupure tombe à la reprise de la guerre de Syrie. Les titres sont de nous. Les dates du journal restent en tête de paragraphe, telles que l'auteur les donne, dans le calendrier russe qui était le sien ; les convertir aurait brouillé les repères d'un homme qui compte ses jours de fièvre. Les quelques notes de bas de page de l'édition de 1773, où Plechtcheïev explique un mot turc ou une coutume, ont été fondues dans le corps du récit, à l'endroit où le lecteur en a besoin.
Avant / après
Всякой разъ, по окончаніи стола, Зюльфигаръ-Бей, наполня большой стаканъ Кипрскаго вина, пилъ за здоровье предводителя Россійскаго Флота и вставши громогласно говорилъ: Вивать Орловъ. Научился сему въ бытность его между Греками, въ островѣ Наксѣ, лежащемъ близь Пароса, гдѣ имѣлъ онъ пребываніе въ нарочно отведенномъ для него лучшемъ казенномъ домѣ. Я воздавъ благодареніе за такое учтивство, считалъ должностію подобнымъ образомъ пить за здоровье Алибея, а Г. Клингенау слѣдуя намъ, опорожнивалъ съ вина стаканъ: за здоровье Шеха-Дагера, союзника Алибеева. Пропіе сотрапезники наши тоже дѣлали, упоминая здоровье благодѣтелей, или любовницъ своихъ.
Il avait appris cela chez les Grecs, à Naxos, tout près de Paros, où l'on avait mis à sa disposition la plus belle maison de l'État. Je le remerciai de cette politesse et tins pour un devoir de lui répondre en buvant de même à la santé d'Ali-Bey. Monsieur Klingenau nous imitait en levant son verre au cheikh Daher, l'allié d'Ali-Bey. Les autres convives suivaient, et chacun buvait à ses bienfaiteurs ou à sa maîtresse.
La carte du voyage
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