Biographie
Sergueï Ivanovitch Plechtcheïev naît en 1752 dans une ancienne famille de la noblesse russe, la branche des Mechkov-Plechtcheïev. Son père, Ivan Vassilievitch, a le grade de premier-major ; sa mère, Maria Kirillovna, est née Tchitcherine. Comme bien des fils de gentilshommes, il est inscrit enfant dans la Garde, soldat dès 1759, puis sous-officier au régiment Izmaïlovski.
En novembre 1764, il devient garde-marine et part pour l'Angleterre apprendre le métier de la mer. Cinq années de suite, de 1765 à 1770, il navigue sur des vaisseaux britanniques le long des côtes de l'Amérique du Nord. Il y gagne en 1769 son grade de lieutenant, un anglais parfait et, selon le Dictionnaire biographique russe, un russe devenu si hésitant qu'il lui arrivera d'écrire d'abord en anglais avant de se traduire.
En 1770, il rejoint l'escadre que la Russie envoie en Méditerranée contre l'Empire ottoman et croise dans l'Archipel grec à bord du Saint-Georges-le-Victorieux. En 1772, le comte Alexis Orlov l'envoie sur les côtes de Syrie et de Palestine auprès d'Ali-Bey, le mamelouk révolté contre le Sultan. Le journal de cette mission paraît à Saint-Pétersbourg en 1773 ; il sera ensuite traduit en allemand.
Rentré en Russie en 1773, il est promu capitaine-lieutenant l'année suivante. En 1775, attaché à l'ambassade du prince Repnine à Constantinople, il relève le détroit des Dardanelles, puis, en 1776, les abords de Sinope et de Trébizonde. En 1781, il entre au service du grand-duc Paul, héritier du trône et grand amiral, dont il devient l'un des proches ; il enseigne la géographie à la grande-duchesse Maria Feodorovna. Il commande ensuite les vaisseaux Tchesma et Asia, et s'élève jusqu'au rang de général-major de la flotte en 1789.
Esprit curieux et polyglotte, il publie le récit du voyage des grands-ducs en Europe et surtout un Aperçu de l'Empire russe dans son état actuel, paru à partir de 1786, réédité jusqu'en 1793 et traduit dans plusieurs langues, dont l'anglais en 1792 : l'une des premières descriptions géographiques de la Russie région par région. Franc-maçon, il fréquente à Moscou, à partir de 1781, la Société amicale savante des martinistes, ce qui lui vaut la méfiance de Catherine II.
À l'avènement de Paul Ier, en 1796, il reçoit deux mille âmes et le titre de général aide de camp, puis, en 1797, le grade de vice-amiral. La faveur est brève : écarté de la cour en 1798 par des intrigues, il se retire à Moscou. Il meurt à Montpellier le 23 janvier 1802, selon le calendrier julien, et laisse tous ses biens à sa femme, Natalia Fedotovna, née Vériguine, épousée en 1796.
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