Nos titres sur ce sujet
À lire aussi : récits et ouvrages sur le même thème
Récits et ouvrages autour de ce sujet, classés par date, pour situer nos titres. Un lien mène à une édition libre en ligne quand elle existe, ou à notre fiche lorsque l'ouvrage fait partie de notre catalogue.
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Crónica del Perú, Pedro de Cieza de León, 1553 (1553)
Le soldat-chroniqueur a parcouru les mêmes routes que Lizárraga, une génération plus tôt. Il a vu Cajamarca après Atahualpa, Cuzco après Pizarro, Potosí à ses débuts. Sa prose, simple et précise, est la grande source des descriptions du Pérou des conquêtes. Lizárraga le connaît, le cite parfois sans le dire. Lire Cieza après Lizárraga, c'est remonter d'une génération, retrouver les villes sous leurs premiers crépis, les Indiens encore proches du choc.
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Antonio Pigafetta, Relation du premier voyage autour du monde (vers 1524) (v. 1524)
Sur la même baie de San Julián, en 1520, Magellan hiverne cinq mois et affronte la mutinerie. Le chevalier vicentin Pigafetta y consigne la rencontre des « géants » Patagons, matrice de toutes les fables ultérieures. Deux siècles plus tard, Cardiel et Quiroga marchent à pied dans la même vase, ouvrent la même sépulture, mesurent les mêmes ossements et concluent : taille ordinaire. Lire Pigafetta puis Lozano, c'est assister à la naissance et à la mort d'un mythe.
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Willem Schouten et Jacob Le Maire, Journal ou description du merveilleux voyage de Guillaume Schouten (1618)
Pour échapper au monopole de la Compagnie, qui seule peut emprunter le détroit de Magellan, des marchands de Hoorn cherchent un autre passage. En 1616, Jacob Le Maire et Willem Schouten découvrent le détroit qui porte le nom du premier, puis doublent un cap qu'ils baptisent Hoorn. Ils traversent ensuite le Pacifique par des îles que Van Noort n'a pas vues, Tuamotu, Tonga, Nouvelle-Irlande, avant d'arriver à Java, où la Compagnie confisque leur navire. Lu après le journal de 1598, ce récit montre à quelle vitesse la Hollande apprend le Pacifique : en vingt ans, la mer qui avait failli engloutir Van Noort devient une route connue.
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Joris van Spilbergen, Speculum Orientalis Occidentalisque Indiae Navigationum (1619)
Quinze ans après Van Noort, Joris van Spilbergen reprend sa route pour le compte de la Compagnie des Indes orientales. Parti en 1614 avec six navires, il franchit le détroit de Magellan, longe le Chili, écrase une escadre espagnole au large du Pérou en 1615, rançonne Paita, négocie à Acapulco, puis traverse le Pacifique vers les Philippines et les Moluques. Son récit, publié en 1619 avec celui de Le Maire et Schouten, se lit comme une version réussie du premier : même itinéraire, mêmes ennemis, mêmes ports, mais une flotte d'État mieux armée, qui fait de la mer du Sud un théâtre régulier de la guerre hollandaise contre l'Espagne.
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William Dampier, Voyage à la Nouvelle-Hollande (1703)
Soixante-dix ans avant Cook, un ancien flibustier devenu explorateur avait été le premier Anglais à décrire la Nouvelle-Hollande, touchant sa côte ouest en 1699. Dampier n'y vit qu'une terre aride et des habitants qu'il jugea misérables, et repartit sans soupçonner l'immensité du continent. Lire sa relation en regard de celle de Cook, c'est mesurer le chemin parcouru en trois générations : l'un aborde par hasard un rivage rebutant, l'autre lève méthodiquement toute une côte et lui donne un nom. Le même pays, vu par deux âges de la navigation.
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Amédée-François Frézier, Relation du voyage de la mer du Sud aux côtes du Chili et du Pérou (1716)
Trois ans après Rogers, l'ingénieur militaire Frézier part pour la mer du Sud sous l'habit d'un capitaine marchand. De 1712 à 1714, de Concepción à Valparaíso, de Callao à Arica, il lève en secret le plan des ports, compte les canons et les garnisons espagnoles, observe les mines et les cultures. Il rapporte en France le fraisier du Chili, qui donnera nos fraises de jardin. Sa relation paraît à Paris en 1716 et une traduction anglaise suit dès 1717. On y retrouve la côte que Rogers remonte, vue cette fois par un œil d'officier attentif aux défenses plus qu'au butin.
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Richard Walter, A Voyage Round the World in the Years 1740-1744 by George Anson (1748)
Un siècle et demi plus tard, une escadre anglaise refait le parcours de Van Noort avec la même ambition : piller la côte espagnole du Pacifique et intercepter l'or de Manille. Le récit officiel de l'expédition de George Anson raconte le cap Horn dans la tempête, le scorbut qui tue des centaines d'hommes, l'escale de Juan Fernández, le sac de Paita, la traversée vers Guam, puis la prise du galion de Manille au large des Philippines en 1743. Un seul navire revient, chargé d'argent. Les ressemblances avec le journal de 1598 sont frappantes : même mer, mêmes ennemis, même hécatombe, mais cette fois un butin à la hauteur des pertes.
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Richard Walter, A Voyage Round the World by George Anson (1748)
Trente ans plus tard, l'escadre du commodore Anson refait presque la route du Duke. Partie en 1740, décimée par le scorbut au passage du cap Horn, elle se refait à Juan Fernández, où les marins trouvent des chèvres aux oreilles fendues qu'ils rattachent à Selkirk. Elle pille Paita, guette en vain le galion au large du Mexique, puis s'empare en 1743 de la Covadonga près des Philippines. Le récit, publié en 1748 sous le nom du chapelain Richard Walter, devient un grand succès de librairie. Il montre ce que la guerre navale a fait du modèle corsaire de Rogers.
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Jean de Surville, Journal du voyage du Saint-Jean-Baptiste (1769-1770)
En décembre 1769, un navire marchand français cherchait lui aussi une terre dans le Pacifique et longeait la côte nord de la Nouvelle-Zélande. Cook et de Surville passèrent à quelques dizaines de lieues l'un de l'autre, dans la même tempête, sans jamais se voir. Le journal du Français, longtemps oublié, raconte l'autre visage de cet instant : un équipage rongé par le scorbut, une relâche tendue avec les Maoris, un otage emmené de force. Lire ces pages en regard du journal de Cook, c'est saisir combien la découverte tenait au hasard des routes et des vents.
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Louis-Antoine de Bougainville, Voyage autour du monde par la frégate du Roi La Boudeuse et la flûte L'Étoile (1771)
Premier tour du monde officiel de la marine française, l'expédition de Bougainville passe près de deux mois dans le détroit de Magellan, de décembre 1767 à janvier 1768. Ses pages sur les baies abritées, les vents qui s'engouffrent, les forêts sombres et les Fuégiens rencontrés au bord de l'eau répondent directement aux semaines d'attente et de tempête que raconte Van Noort. Puis viennent Tahiti, les Moluques et Batavia, où les Hollandais tiennent désormais l'empire que la flotte de 1598 cherchait encore. Entre les deux livres, le ton a changé : l'aventurier pillard a fait place au savant et au philosophe, mais le détroit, lui, n'a pas changé.
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Marc-Joseph Marion du Fresne, Relation du voyage (1772)
Deux ans après Cook, un autre navigateur français jeta l'ancre dans la baie des Îles, ces rivages mêmes que l'Endeavour venait de longer. L'escale, d'abord cordiale, s'acheva dans le sang : Marion du Fresne et une partie de ses hommes furent tués par les Maoris qu'ils croyaient amis. La relation de ce voyage éclaire d'une lumière crue ce que le journal de Cook laisse deviner : la fragilité des premiers contacts, où un malentendu suffisait à faire basculer l'hospitalité en guerre.
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John Byron, relation du voyage du Dolphin (publiée en 1773) (1773)
Douze ans avant Viedma, l'amiral anglais entre dans la baie de San Julián et jure y avoir vu des hommes de neuf pieds. Son récit relance en Europe la vieille fable des géants patagons et fait courir les gravures. Lire Byron puis Viedma, c'est passer d'un conte à une toise : le second mesure ses hôtes en varas, note qu'ils sont grands mais nullement démesurés, et explique posément que c'est le vêtement du cou aux pieds qui a trompé les visiteurs pressés.
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Thomas Falkner, A Description of Patagonia (1774) (1774)
Un médecin anglais devenu jésuite passe quarante ans dans les missions du Río de la Plata et rentre avec la première description raisonnée de l'intérieur patagon, de ses peuples et de ses rivières. Le livre paraît six ans avant le départ de Montevideo, et son ombre plane sur toute l'entreprise : c'est en partie parce que Falkner a montré aux Anglais la valeur stratégique de la côte que Madrid décide en hâte d'y planter des villes.
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Julien Crozet, Nouveau voyage à la mer du Sud (1783)
Peu après Cook, le navigateur français Marion du Fresne toucha la Nouvelle-Zélande, où il fut tué avec une partie de ses hommes par les Maoris en 1772. Son second Crozet rapporta l'expédition dans un récit paru en 1783. On y lit, en miroir tragique du cannibalisme constaté par Cook, la violence des malentendus entre Européens et Maoris. Les deux textes, presque contemporains, dessinent ensemble le premier siècle de contacts, fait d'échanges, de fascination et de sang, sur ces rivages du bout du monde.
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William Bligh, A Voyage to the South Sea (1787-1789)
Bligh apprit son métier de navigateur auprès de Cook, dont il fut le maître au troisième voyage. En 1788, il revient à Matavai chercher des arbres à pain et y passe cinq mois. Ce que Cook n'avait qu'entrevu, la lente corrosion des équipages par la douceur des îles, éclate ici en mutinerie. Le même mouillage, le même chef Otoo devenu plus puissant, la même méthode nautique, et une catastrophe humaine que Cook avait redoutée sans jamais la subir.
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William Bligh, Relation de l'enlèvement du navire le Bounty (1790)
Dix-huit ans après l'Endeavour, chassé de son bord par la révolte, le lieutenant Bligh accomplit dans une simple chaloupe l'une des plus extraordinaires traversées de l'histoire de la mer. Sa route recoupe presque exactement celle de Cook : le détroit qui sépare la Nouvelle-Hollande de la Nouvelle-Guinée, puis Timor, où lui aussi arrive épuisé et affamé. Ancien élève de Cook, dont il avait été le maître au dernier voyage, Bligh applique les leçons de son maître à survivre. Deux récits de la même mer semée de récifs, à quelques années d'écart.
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George Vancouver, A Voyage of Discovery to the North Pacific Ocean and Round the World (1791-1795)
Vancouver était sur la Resolution, gamin de quinze ans, quand elle franchissait le cercle polaire. Vingt ans plus tard, il commande sa propre expédition et retourne à Dusky Bay, en 1791, pour achever le levé que son ancien capitaine avait laissé inachevé dans un coin de sa carte. Il y retrouve la souche des arbres coupés par les charpentiers de Cook, l'emplacement de la forge, les traces de la relâche. Lire ce passage après ce tome donne le vertige : c'est le premier retour sur les lieux d'un livre.
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Jean-François de Lapérouse, Voyage autour du monde (1797)
Quinze ans après Cook, la France envoie à son tour deux navires reconnaître le Pacifique. Lapérouse suit une part des routes de l'Endeavour, salue partout la mémoire du grand marin anglais, puis disparaît corps et biens à Vanikoro. Son journal, sauvé et publié en 1797, referme l'âge héroïque des découvertes océaniennes comme le journal de Cook l'avait ouvert. Le lecteur y retrouve les mêmes îles, déjà changées par le passage des Européens, et cette obsession des Lumières de tout cartographier avant de mourir.
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George Vancouver, Voyage de découvertes dans l'océan Pacifique Nord (1798)
Vancouver avait servi comme aspirant sous Cook. Devenu commandant, il revint au Pacifique dans les années 1790 pour en lever les côtes avec une minutie héritée de son maître. Son récit prolonge le geste de l'Endeavour d'une génération : mêmes escales polynésiennes, même patience du relevé, mais un monde insulaire déjà transformé par le commerce et les épidémies. On y voit ce que l'oeuvre de Cook a rendu possible, et le prix que les peuples du Pacifique commencent à en payer.
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Matthew Flinders, A Voyage to Terra Australis (1814)
Une génération après Cook, un jeune officier anglais entreprit de faire le tour complet de la Nouvelle-Hollande et de prouver qu'elle formait un seul continent. Flinders acheva le relevé que l'Endeavour avait commencé sur la côte est, et proposa pour cette terre le nom d'Australie, qui prévalut. Son récit, publié en 1814, prolonge le geste de Cook d'un bout à l'autre du littoral, avec la même rigueur d'hydrographe et la même endurance devant les récifs et les vents contraires.
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Voyage aux régions équinoxiales du Nouveau Continent, Alexander von Humboldt, 1814-1825 (1814-1825)
Le savant prussien refait le voyage andin avec les instruments du siècle des Lumières. Quito, Lima, Cajamarca, le Chimborazo, le mercure de Huancavelica : les mêmes lieux, regardés avec les yeux du naturaliste. Humboldt cite peu Lizárraga, mais il marche dans son ombre, et les deux livres mis bout à bout offrent un panorama de trois siècles : le Pérou colonial encore tout neuf chez l'un, le Pérou colonial finissant chez l'autre.
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James Weddell, A Voyage Towards the South Pole (1822-1824)
Le titre est le même que celui de Cook, et ce n'est pas un hasard. En 1823, un chasseur de phoques écossais descend à 74° 15' sud, plus bas que la Resolution, sur une mer libre de glace qu'il n'explique pas. Cook avait déclaré la question close ; Weddell la rouvre pour de bon. Récit sec, âpre, sans aucune prétention savante, écrit par un homme dont le métier était de tuer des phoques et qui découvrit une mer à la place.
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Charles Wilkes, Narrative of the United States Exploring Expedition during the Years 1838, 1839, 1840, 1841, 1842 (1838-1842)
Un an après l'Astrolabe, l'escadre américaine de Charles Wilkes suit presque la même route. Partie de Norfolk en août 1838, l'expédition relâche à Taïti en septembre 1839, relève les Samoa à l'automne, puis passe trois mois aux îles Fidji en 1840, mouillée notamment devant Levuka, la Lebouka du commandant. Wilkes y fait arrêter le chef Veidovi, tenu pour responsable du massacre de l'équipage du Charles Doggett en 1834, l'année même où l'Aimable-Joséphine était prise par les gens de Piva. En juillet, deux officiers tués à Malolo entraînent une expédition punitive. Les cinq volumes du récit, publiés en 1845, prolongent l'enquête de Dumont d'Urville, avec la même ambition hydrographique et la même violence.
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Charles Darwin, Voyage d'un naturaliste autour du monde (1839)
Le Beagle suit, entre 1832 et 1835, presque toute la route sud-américaine de Van Noort. Darwin fait escale à Port Desire, le Port Désiré où fut enterré le capitaine Huydecoper, remonte le détroit de Magellan, observe les Fuégiens, puis longe le Chili de Chiloé à Valparaíso, ressent à Valdivia le séisme de 1835 puis découvre Concepción en ruine. Là où le journal hollandais ne voyait que des aiguades, des ennemis et des vivres à prendre, le naturaliste lit les terrasses marines, les fossiles et les oiseaux. Les mêmes lieux, deux siècles plus tard, deviennent le laboratoire d'une idée qui changera la biologie.
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Charles Darwin, Journal of Researches (1839)
Embarqué sur le Beagle de 1831 à 1836, Darwin longe à son tour le Brésil, touche les Malouines, double le cap Horn, séjourne au Chili et au Pérou, puis passe cinq semaines aux Galápagos en septembre 1835, avant de rentrer par le Cap. Là où Rogers cherchait de l'eau douce et des tortues pour nourrir ses équipages, le jeune naturaliste note les différences d'une île à l'autre chez les pinsons et les tortues géantes. Son journal, publié en 1839, change le regard porté sur ces archipels que les corsaires de Bristol tenaient pour des cailloux secs et inutiles.
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Charles Darwin, Journal de bord du Beagle (1839) (1839)
Le jeune naturaliste anglais mouille en 1834 devant Puerto Deseado et San Julián. Il y trouve un pays presque intact depuis Cardiel : mêmes falaises, mêmes guanacos, même solitude. Mais Darwin ajoute la question du temps profond, celle des fossiles enfouis dans les barrancas. Son chapitre patagon, écrit un siècle après le San Antonio, donne au paysage inhospitalier des jésuites une dimension géologique et évolutive qu'ils ne pouvaient soupçonner.
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Herman Melville, Typee: A Peep at Polynesian Life (1842)
En juillet 1842, quatre ans après l'Astrolabe, le baleinier américain Acushnet mouille dans la baie de Taïo-haé, quelques semaines après que l'amiral Dupetit-Thouars a pris possession de Nouka-Hiva au nom de Louis-Philippe. Un matelot de vingt-deux ans, Herman Melville, déserte avec un camarade, Toby, franchit les crêtes et descend dans la vallée des Taïpi, cette baie que le commandant avait longée en doublant la pointe Martin sans y voir les villages populeux décrits par Porter. Il y reste quelques semaines, que son livre étire en quatre mois. Typee, paru en 1846, mêle souvenirs, lectures et invention ; il fait de la vallée un paradis menacé et lance la carrière du futur auteur de Moby Dick.
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Herman Melville, Omoo: A Narrative of Adventures in the South Seas (1842)
Quatre ans après la reine en larmes de Papeïti, un matelot américain débarque à Taïti à la suite d'une mutinerie. Herman Melville a quitté Nouka-Hiva, où il vivait chez les Taï-piis dont Hutchinson parlait au commandant, sur le baleinier australien Lucy Ann. À Papeete, l'équipage révolté est enfermé par les autorités taïtiennes ; Melville erre ensuite dans les îles avec un compagnon fantasque, le docteur Long Ghost, gagne Eimeo et tente d'approcher la cour de Pomaré. Il arrive en 1842, au moment où la France impose son protectorat. Omoo, paru en 1847, raconte avec ironie les missionnaires, les marins déserteurs et la société de plage que Dumont d'Urville décrivait déjà.
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Max Radiguet, Les Derniers Sauvages : souvenirs de l'occupation française aux îles Marquises, 1842-1859 (1842)
Embarqué sur la Reine-Blanche, la frégate de l'amiral Dupetit-Thouars, Max Radiguet assiste en 1842 à la prise de possession des Marquises : Tahou-ata le 1er mai, Nouka-Hiva au début de juin. Il dessine, observe, interroge, et laisse du roi de Tahou-ata, ce Hio-tete que le Marquisien Moë présentait au commandant de l'Astrolabe comme un mauvais homme, un portrait resté fameux : un buste de Louis XVIII trempé dans de l'indigo. Ses souvenirs racontent la vie à Taïo-haé et à Tahou-ata, les tatouages, les fêtes, les chefs, la révolte de Hio-tete et les premiers temps de l'occupation française. Le livre reprend le récit presque là où ce tome s'arrête, au mouillage de Taïo-haé, quatre ans plus tard.
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Souvenirs d'un voyage au Chili, Gabriel Lafond de Lurcy, 1843 (1843)
Le marin français a fréquenté les ports de la côte pacifique sud dans les années qui suivent l'indépendance. Ses pages sur Valparaíso, sur le Callao, sur les ruines d'Arica donnent la mesure du temps : les mêmes baies, les mêmes vents, mais les bannières espagnoles ont disparu, et les républiques créoles cherchent leur ordre nouveau dans le décor que Lizárraga avait inventorié.
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Charles Wilkes, Narrative of the United States Exploring Expedition (1844)
En février 1842, deux ans et demi après les Français, l'expédition américaine de Charles Wilkes jette l'ancre devant le bourg de Soung, à Jolo. Elle y retrouve le datou Molou, qui avait servi d'intermédiaire à Dumont d'Urville, et un sultan aux yeux rougis par l'opium, entouré de ses fils et de ses conseillers. Wilkes, qui vient de faire relâche à Caldera, petit fort espagnol voisin de Zamboanga, est là pour faire signer un traité de commerce et de protection des navires. Ses pages sur Sulu, reprises dans un recueil libre en ligne, forment le contrechamp exact des chapitres de ce tome : mêmes personnages, même cour, même méfiance, vues cette fois par un officier américain.
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Ludwig Leichhardt, Journal of an Overland Expedition in Australia, from Moreton Bay to Port Essington (1844-1845)
Six ans après la visite des Français, le naturaliste prussien Ludwig Leichhardt part de la région de Moreton Bay, en octobre 1844, pour rejoindre par la terre le port Essington. Plus de quatre mille kilomètres de brousse, de rivières et d'escarpements, des vivres qui s'épuisent, un compagnon tué lors d'une attaque nocturne : l'expédition est donnée pour perdue quand elle atteint enfin Victoria, la petite colonie où Dumont d'Urville avait dîné chez le commodore Bremer. Son journal, préfacé en 1846, décrit le même poste isolé, vu cette fois depuis l'intérieur du continent, comme le terme d'une traversée que la colonie avait été fondée pour rendre possible.
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John Elphinstone Erskine, Journal of a Cruise among the Islands of the Western Pacific (1849)
De juin à octobre 1849, le capitaine John Elphinstone Erskine conduit le navire britannique Havannah des Samoa aux Tonga, puis aux Fidji, aux Nouvelles-Hébrides et en Nouvelle-Calédonie. Aux Viti, il mouille à Ovalau, décrit le village de Levuka retranché derrière son fossé, reçoit à bord le missionnaire Hazlewood et des chefs chrétiens dans la baie de Bua, et s'entretient avec Cakobau, fils du vieux Tanoa, par l'intermédiaire du missionnaire Calvert. Le récit, publié à Londres en 1853, montre le chemin parcouru en une décennie par les missions wesleyennes que Dumont d'Urville voyait s'implanter. Lebouka, Boua, Bau : les noms de ce tome reviennent sous la plume d'un officier anglais, avec la même question du cannibalisme.
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Edmond Reuel Smith, The Araucanians, or Notes of a Tour among the Indian Tribes of Southern Chili (1853)
Le 4 janvier 1853, Edmond Reuel Smith quitte Concepcion pour la frontière du Biobío. Jeune Américain attaché à l'expédition astronomique envoyée au Chili par la marine des États-Unis, il a quitté le service pour voir de près ces Araucans dont tout le pays parle. Avec un interprète, il passe la rivière, va de cacique en cacique, assiste aux cérémonies des machis, aux danses et aux funérailles, puis revient à Concepcion avant de descendre la baie de Talcahuano. Son livre paraît en 1855. Quinze ans après l'Astrolabe, il prolonge les pages que Dumont d'Urville consacre aux Araucans d'après le vice-consul Bardel et le padre Gil, et sa visite au vieux cacique Penoleo, le dernier héros d'Ercilla.
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Herman Melville, Les Encantadas ou îles enchantées (1854)
En 1841, le baleinier Acushnet longe l'île Albemarle, aux Galápagos, avec à bord un jeune matelot nommé Herman Melville. Treize ans plus tard, sous le pseudonyme de Salvator R. Tarnmoor, il publie dans le Putnam's Monthly dix esquisses sur ces îles de cendre et de lave, peuplées de tortues, d'ermites et d'anciens repaires de boucaniers. Il y cite les vieux récits de boucaniers, comme celui de Cowley, ces marins qui, avant et après Rogers, venaient y chercher des tortues. Le texte, repris en 1856 dans The Piazza Tales, transforme en paysage moral l'archipel que le journal de Rogers décrit en marin pressé.
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Ida Pfeiffer, Meine zweite Weltreise (1856)
Viennoise partie seule autour du monde, Ida Pfeiffer arrive à Bornéo à la fin de 1851. De Kuching, chez le rajah blanc James Brooke, elle traverse avec une petite escorte, en pirogue et à pied, le pays des Dayaks, dort dans leurs longues maisons et atteint Pontianak, sur la côte occidentale, en février 1852. Elle passe ensuite par Java et pousse jusqu'au pays batak de Sumatra. Son récit, publié en 1856 et vite traduit, parcourt à hauteur d'homme la côte que les canots de l'Astrolabe n'ont fait qu'effleurer à l'embouchure de la Sambas, et donne chair aux Dayaks dont le manuscrit hollandais cité par Dumont d'Urville ne parlait que de loin.
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Albert S. Bickmore, Travels in the East Indian Archipelago (1865)
En 1865, le jeune naturaliste américain Albert Bickmore quitte Batavia pour les Moluques, sur les traces des coquillages décrits par Rumphius deux siècles plus tôt. Il passe par Makassar, séjourne à Amboine et dans les îles voisines, aborde Céram, gravit les pentes du Gounong-Api à Banda, puis explore Bourou avant de remonter vers Ternate et le nord de Célèbes. Son livre, paru en 1868, est celui d'un homme qui fonde ensuite un grand musée d'histoire naturelle à New York. Le volcan, les plantations de muscade et l'administration hollandaise y apparaissent une génération après Dumont d'Urville, peu changés en apparence.
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Alfred Russel Wallace, The Malay Archipelago (1869)
Vingt ans après le passage des corvettes, le naturaliste anglais Wallace parcourt l'archipel malais de 1854 à 1862. Il loge à Ternate, d'où il envoie en 1858 à Darwin sa lettre sur la sélection naturelle, et séjourne à Amboine, dont il décrit les jardins et la mer transparente. On retrouve chez lui les Hollandais, les sultans, les Chinois et les girofliers que Dubouzet décrivait en 1839, mais vus par un homme qui reste des mois et collectionne oiseaux et insectes. Le lecteur de ce tome y voit les mêmes rivages approfondis, avec la patience que la marine n'avait pas.
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George Chaworth Musters, At Home with the Patagonians (1869-1870)
En avril 1869, l'officier de marine anglais George Chaworth Musters quitte Punta Arenas, la colonie chilienne fondée en 1848 sur le détroit de Magellan, avec une petite troupe qui monte vers le fleuve Santa Cruz. La route passe par le havre Oazy, où les officiers de Dumont d'Urville avaient reconnu un camp de Patagons. Musters se joint ensuite aux Tehuelches de Casimiro et d'Orkeke, vit sous leurs tentes de peaux, chasse avec eux le guanaco et le nandou, et remonte toute la Patagonie jusqu'à Carmen de Patagones, sur le río Negro. Son livre, paru à Londres en 1871, donne des noms, des visages et des coutumes aux « géants » du havre Peckett.
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Constance Gordon-Cumming, At Home in Fiji (1875-1877)
En 1875, un an après la cession des Fidji à la Grande-Bretagne, l'Écossaise Constance Gordon-Cumming accompagne le nouveau gouverneur, sir Arthur Gordon, à Levuka, la Lebouka de Dumont d'Urville devenue capitale d'une colonie. Elle y arrive juste après une épidémie de rougeole qui a décimé les insulaires, et le gouvernement n'est pas même installé. Pendant deux ans, aquarelle à la main, elle rencontre les chefs, visite les missions et les villages, observe les cérémonies et la vie quotidienne. At Home in Fiji paraît en 1881. Le pays des vengeances et des alliances de 1838 y est devenu une province de l'Empire britannique, et la voyageuse mesure tout ce qui a changé en une seule génération.
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Anna Brassey, A Voyage in the Sunbeam (1876-1877)
Le 1er juillet 1876, le yacht Sunbeam quitte l'Angleterre pour un tour du monde, avec à son bord Thomas et Anna Brassey, leurs enfants, des amis et un équipage. La route ressemble à celle de l'Astrolabe : relâche à Ténériffe et ascension nocturne du pic, passage de la ligne, Rio de Janeiro et sa baie, puis le sud. Au lendemain du départ de Buenos Aires, le Sunbeam recueille l'équipage du Monkshaven, un voilier anglais dont la cargaison de charbon brûle en pleine mer. Viennent ensuite Punta Arenas, le détroit de Magellan et les canots des Fuégiens. Anna Brassey tient le journal d'une famille en mer, attentive aux escales que Dumont d'Urville avait décrites quarante ans plus tôt.
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Florence Dixie, Across Patagonia (1878-1879)
Lady Florence Dixie débarque à Punta Arenas, sur le détroit de Magellan, avec son mari, deux de ses frères et quelques amis. Lasse des salons de Londres, elle veut aller là où personne de son monde n'est allé. La petite troupe traverse à cheval les pampas de Patagonie vers les Andes, chasse le guanaco et le nandou, campe sous le vent et rencontre des familles tehuelches, ces Patagons que Dumont d'Urville avait reçus à son bord au havre Peckett en janvier 1838. Le livre, publié en 1880, garde le regard d'une cavalière plus que d'un savant, avec ses fatigues, ses repas de gibier et ses paysages immenses. Quarante ans après les corvettes, la même côte vue depuis la terre.
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Henry Ogg Forbes, A Naturalist's Wanderings in the Eastern Archipelago (1878-1883)
Entre 1878 et 1883, le naturaliste écossais Henry Ogg Forbes parcourt Java, Sumatra, puis l'est de l'archipel, Banda, Bourou et les îles Timor-Laut, au sud des Aru. Collecteur infatigable de plantes et d'oiseaux, il voyage en partie avec sa femme, et ses pages sur les îles orientales prolongent celles de Wallace, qu'il admire. Le récit, publié en 1885, montre les mêmes archipels un demi-siècle après les corvettes françaises : les mêmes petits ports, la même dépendance au commerce des épices et aux vents de mousson. C'est aussi un témoignage sur des sociétés insulaires que l'administration coloniale atteignait encore à peine.
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Francisco Moreno, Viaje a la Patagonia austral (1879) (1879)
Le jeune savant argentin explore le sud de la Patagonie pour affirmer la souveraineté nationale contre la revendication chilienne. Il redécouvre la baie de San Julián, les lagunes de sel, les sentiers indiens. Ses relations serviront à fixer la frontière moderne. Un siècle et demi après Cardiel, la même côte redevient un enjeu politique, mais cette fois entre républiques.
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Lady Florence Dixie, Across Patagonia (1880) (1880)
Une aristocrate écossaise part chasser dans le sud avec son frère, ses chiens et un cuisinier, et rapporte le premier récit patagon écrit par une femme. Le ton est celui d'une partie de plaisir, et c'est précisément ce qui saisit : là où Viedma comptait ses malades et sa farine véreuse, on pique-nique et l'on photographie. Un siècle a suffi pour transformer un bout du monde mortel en terrain de sport.
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Pierre Loti, Le Mariage de Loti (1880)
Un siècle après Cook, l'officier de marine français Julien Viaud, sous le nom de Loti, débarque à Tahiti et en tire un roman mélancolique paru en 1880. L'île des rois Otoo est devenue un protectorat, la monarchie s'éteint, la population a fondu. Loti pleure un paradis déjà perdu. Lire ce livre après celui de Cook, c'est mesurer en un siècle l'effondrement d'un monde que le navigateur avait vu encore souverain et peuplé, et sentir le poids de ce que la rencontre a emporté.
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Isabella Bird, The Golden Chersonese and the Way Thither (1883)
En 1879, au retour du Japon, l'Anglaise Isabella Bird fait escale à Singapour. Invitée par l'administration coloniale, elle part cinq semaines dans les États malais tout juste placés sous protection britannique : Malacca, Selangor, Perak, à bord de petits vapeurs chinois puis à dos d'éléphant dans la boue de la jungle. Ses lettres, publiées en 1883, décrivent une Singapour devenue foule chinoise, malaise et indienne, quarante ans après celle que Dumont d'Urville trouvait déjà prospère. Le livre aide à mesurer le chemin parcouru par le port franc que l'amiral voyait grandir, et la façon dont l'Angleterre a transformé en protectorat l'arrière-pays dont il ne voyait que la côte.
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Robert Louis Stevenson, In the South Seas (1888-1889)
Le 28 juillet 1888, avant l'aube, le yacht Casco approche de Nouka-Hiva et entre dans la baie d'Anaho : Robert Louis Stevenson, malade des poumons, découvre les mers du Sud. Il gagne à pied Hatiheu en comptant les plates-formes de maisons abandonnées, mouille à Taïo-haé, séjourne à Hiva-Hoa chez les chefs d'Atuona, puis passe aux Pomotou et à l'atoll de Fakarava. Il écoute les chefs, les missionnaires et les traders, interroge les vieillards sur le tapu et sur les guerres d'autrefois, et s'attarde sur la dépopulation qui vide les vallées. In the South Seas, réuni en volume après sa mort, est le témoin lucide d'un monde que Dumont d'Urville voyait déjà décliner en cherchant en vain les villages de Porter.
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Charles Morris Woodford, A Naturalist among the Head-hunters (1890)
Entre 1886 et 1888, le naturaliste anglais Woodford fait trois séjours aux îles Salomon : à Alu et Fauro, puis à Aola sur Guadalcanal, et enfin à Roviana et Nggela. Il y rassemble des milliers de spécimens et raconte la vie des villages, les expéditions de chasseurs de têtes et les échanges avec les commerçants. Quelques années plus tard, il devient le premier commissaire résident du protectorat britannique des Salomon. Son livre prolonge les pages de Dumont d'Urville sur Isabelle et Guadalcanar : les mêmes rivages, un demi-siècle après, au seuil de la colonisation.
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Paul Gauguin, Noa Noa (1891-1893)
En juin 1891, Paul Gauguin débarque à Papeete avec l'espoir de trouver à Taïti le paradis que les récits de voyage lui ont promis. Il découvre une petite ville coloniale, la quitte vite pour Mataiea, sur la côte sud, prend une compagne tahitienne, Tehura, et peint. Revenu à Paris en 1893, il écrit Noa Noa avec le poète Charles Morice pour faire comprendre ses toiles au public. Le livre, mi-journal mi-poème, chante une Polynésie rêvée et regrette celle que les missionnaires et les colons ont transformée. Un demi-siècle plus tôt, devant l'immense église abandonnée de Papa-Oa, Dumont d'Urville méditait déjà sur la gloire passée de l'île : Sic transit gloria mundi.
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William Henry Hudson, Idle Days in Patagonia (1893) (1893)
Naturaliste né dans la pampa, Hudson passe des mois immobiles au bord du Río Negro, un bras en écharpe, à regarder les oiseaux et le vent. Son livre invente une manière de dire le vide patagon comme une expérience intérieure. Après les latitudes de Viedma, cette lecture donne la sensation qui manque au journal : ce que fait à un homme un paysage où il n'arrive rien pendant des semaines.
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Ramón Lista, Viaje al país de los tehuelches (1894) (1894)
Explorateur et gouverneur du territoire de Santa Cruz, Lista remonte le fleuve que Viedma n'avait pu remonter et atteint par voie de terre les lacs de la Cordillère. Il retrouve, exsangues, les groupes dont le journal de 1783 estimait la population à quatre mille âmes. Les deux textes, séparés par cent onze ans, se lisent comme un avant et un après dont on ne sort pas indemne.
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Joshua Slocum, Sailing Alone Around the World (1895-1898)
En février 1896, Joshua Slocum, seul à bord du Spray, un petit sloop rebâti de ses mains, entre dans le détroit de Magellan. Il fait relâche à Punta Arenas, où l'on le met en garde contre les Fuégiens, puis longe les parages de Port-Famine. Les canots le suivent ; un soir, pour dormir tranquille, il sème des clous de tapissier sur son pont, et les visiteurs nocturnes s'enfuient en hurlant. Chassé vers le cap Horn par une tempête au débouché du détroit, il y rentre par le canal Cockburn avant de gagner enfin le Pacifique. Les goulets, les rafales et les mouillages que décrit Dumont d'Urville, vus cette fois par un homme seul.
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Frederick William Christian, The Caroline Islands (1899)
À la fin des années 1890, le voyageur anglais F. W. Christian parcourt les Carolines alors espagnoles : Ponape et ses ruines de Nan Madol, Kusaie, Yap, Palaos et le lagon de Truk, l'ancien Hogoleu de ce tome. Linguiste autant que voyageur, il note les langues, les légendes et les monuments de pierre. Son récit permet de revoir, soixante ans après, les insulaires dont les pirogues avaient assailli le canot de l'Astrolabe à Rouk, et de mesurer ce que missions, baleiniers et commerçants ont changé entre-temps dans ces îles que l'expédition française n'avait fait qu'effleurer.
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Odoardo Beccari, Nelle foreste di Borneo (1902)
Le botaniste florentin Odoardo Beccari arrive à Kuching en juin 1865 et ne quitte Bornéo qu'en janvier 1868. Il vit dans une cabane au cœur de la forêt du Sarawak, collecte palmiers, fougères et plantes carnivores, chasse l'orang-outan et partage la vie des Dayaks, jusqu'à ce que la fièvre l'oblige à rentrer. Il publie son récit en 1902, traduit en anglais deux ans plus tard. Là où ce tome livre sur Bornéo l'inventaire froid d'un résident hollandais, bois, or, diamants et étain, Beccari raconte la forêt elle-même, son humidité, ses bruits et ses habitants, et offre au lecteur l'intérieur de l'île que l'expédition française a seulement deviné depuis la mer.
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Otto Nordenskjöld, Antarctica, or Two Years Amongst the Ice of the South Pole (1901-1903)
En 1902, le géologue suédois Otto Nordenskjöld s'installe pour hiverner sur l'île Snow Hill, au bord de la mer de Weddell, dans les parages que Ross avait reconnus en janvier 1843. Le plan déraille : son navire, l'Antarctic, est broyé par les glaces, et l'équipage gagne en canot l'île Paulet, celle-là même que Ross avait nommée, où il passe l'hiver dans une hutte de pierre en se nourrissant de manchots. Les groupes dispersés finissent par se retrouver, et la canonnière argentine Uruguay vient chercher les survivants à la fin de 1903. Le récit, traduit en anglais en 1905, fait de ces îles un décor de survie et rend sa juste place à la cartographie de Ross.
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Otto Nordenskjöld et Johan Gunnar Andersson, Antarctica, or Two Years amongst the Ice of the South Pole (1901-1903)
Soixante ans après Dumont d'Urville, les parages de la terre Louis-Philippe deviennent le décor d'une robinsonnade polaire. En février 1902, le navire Antarctic, commandé par Carl Anton Larsen, dépose le géologue suédois Otto Nordenskjöld et cinq compagnons sur l'île Snow Hill pour un hivernage. Venu les reprendre, le navire est pris dans les glaces et sombre le 12 février 1903 ; l'équipage hiverne dans une hutte de pierre à l'île Paulet, tandis que trois hommes passent l'hiver à Hope Bay dans un abri de fortune. Les trois groupes se retrouvent en novembre 1903 et sont recueillis par la corvette argentine Uruguay. Le récit, publié en suédois puis en anglais en 1905, raconte ces deux années parmi les glaces.
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Robert Falcon Scott, The Voyage of the Discovery (1901-1904)
Soixante ans après Ross, la Discovery de Robert Falcon Scott hiverne en 1902 au fond du détroit de McMurdo, baptisé du nom du lieutenant du Terror. Scott longe la grande Barrière que Ross avait suivie sans pouvoir y aborder, s'élève même en ballon captif au-dessus d'elle, puis s'enfonce vers le sud avec Wilson et Shackleton jusqu'au-delà de 82 degrés, à pied et derrière des chiens mal employés. Le récit, publié en 1905, nomme à chaque page les caps et les volcans de Ross, l'Erebus et le Terror en tête. Ce qui n'était, en 1842, qu'un front de glace vu depuis le pont devient un territoire que l'on traverse, au prix du scorbut et de l'épuisement.
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Robert Neal Rudmose Brown, Robert Cockburn Mossman et James Hunter Harvey Pirie, The Voyage of the Scotia (1902-1904)
Le 25 mars 1903, la Scotia de l'expédition écossaise de William Speirs Bruce jette l'ancre dans une baie de l'île Laurie, aux Orcades du Sud, que les corvettes françaises avaient longée en février 1838. Prise par la glace jusqu'au 23 novembre, l'équipe bâtit une maison de pierre, Omond House, et y tient un observatoire météorologique. Le 22 février 1904, Bruce cède la station au gouvernement argentin : c'est la base Orcadas, en service sans interruption depuis. La Scotia pousse ensuite dans la mer de Weddell, découvre la terre de Coats et reste prise dans la banquise par 74° 01' sud. Le récit, écrit par trois membres de l'expédition et paru en 1906, garde la verve des journaux de bord.
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Jean-Baptiste Charcot, Le Français au pôle Sud (1903-1905)
Jean-Baptiste Charcot appareille en 1903 sur le Français, trois-mâts construit à Saint-Malo, d'abord pour porter secours à l'expédition suédoise de Nordenskjöld, que les Argentins ont déjà retrouvée. Il se tourne alors vers la côte ouest de la péninsule Antarctique, l'autre versant de ces terres que Ross avait aperçues par l'est sous les noms de Joinville et de Louis-Philippe. Hivernage dans une baie de l'île Booth, relevés hydrographiques, observations magnétiques et météorologiques : le médecin devenu marin reprend, à soixante ans de distance, le programme savant de Ross. Le Français, touché sur une roche, rentre avarié et sera vendu à l'Argentine. Le récit, publié en 1906, garde la verve d'un journal de bord.
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Jack London, The Cruise of the Snark (1907-1909)
Le 6 décembre 1907, après soixante jours de mer depuis Hawaï, le petit ketch Snark de Jack London double la pointe Martin, comme l'Astrolabe le 26 août 1838, et entre de nuit dans la baie de Taïo-haé. Lecteur de Melville depuis l'enfance, l'écrivain part à cheval pour Typee. Il y trouve une jungle où les plates-formes des maisons se perdent sous les arbres, et une douzaine de survivants rongés par la lèpre, l'éléphantiasis et la tuberculose. Le chapitre « Typee » de La Croisière du Snark, paru en 1911, dit sans fard la dépopulation des Marquises. Il rappelle aussi l'expédition de Porter contre les Taïpi, ce Porter dont un morne de la baie garde le nom.
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Jean-Baptiste Charcot, Le Pourquoi-Pas ? dans l'Antarctique (1908-1910)
En août 1908, Jean-Baptiste Charcot quitte Le Havre sur le Pourquoi-Pas ?, trois-mâts polaire construit pour lui à Saint-Malo, et atteint l'Antarctique en décembre. Comme Dumont d'Urville soixante-dix ans plus tôt, il passe par les Shetland du Sud : à l'île Déception, devant laquelle l'Astrolabe avait connu le calme et la goutte de son commandant, des baleiniers sont déjà installés, et l'expédition donne à leur mouillage le nom de baie des Baleiniers. Charcot hiverne en 1909 à l'île Petermann, relève la côte ouest de la péninsule Antarctique et découvre en 1910 la terre qu'il nomme d'après son père. Son journal, paru en 1910, prolonge en français le récit des navigateurs de l'Astrolabe.
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Roald Amundsen, Sydpolen (Le Pôle Sud) (1910-1912)
En janvier 1911, Roald Amundsen installe sa base, Framheim, dans la baie des Baleines, une échancrure de cette grande Barrière que Ross avait longée en 1841 puis revue en 1842, sans pouvoir y mettre pied. Le Norvégien fait le pari de vivre sur la glace flottante elle-même. De là, avec quatre compagnons et des traîneaux à chiens, il atteint le pôle Sud le 14 décembre 1911, plus d'un mois avant Scott. Son récit, paru dès 1912, est celui d'une méthode : dépôts balisés, fourrures, chiens sacrifiés au fil de la route. Il clôt l'histoire ouverte par Ross : la Barrière, mur infranchissable vu des navires, devient la grande route du pôle.
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Apsley Cherry-Garrard, The Worst Journey in the World (1910-1913)
En plein hiver austral de 1911, Apsley Cherry-Garrard, Edward Wilson et Henry Bowers quittent le cap Evans pour le cap Crozier, que Ross avait baptisé du nom du commandant du Terror. Cinq semaines dans la nuit polaire, par des froids qui descendent sous moins 40 degrés, pour rapporter des œufs de manchot empereur que la science de l'époque croyait décisifs. Les trois hommes reviennent à peine vivants. Un an plus tard, Cherry-Garrard fait partie de l'équipe qui retrouve la tente de Scott, de Wilson et de Bowers sur la Barrière. Son livre, publié en 1922, est sans doute le plus beau récit de l'Antarctique : là où Ross mesurait la glace, il dit ce qu'elle fait aux hommes.
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Aux pays de l'argent, Jules Huret, 1911 (1911)
Le reporter du Figaro parcourt l'Amérique du Sud à la veille de la Première Guerre mondiale. Buenos Aires, Córdoba, Potosí, La Paz, Lima : il visite les mêmes lieux que Lizárraga, mais avec un train, un appareil photo, un carnet de journaliste. Les villes incaïques sont devenues touristiques, la mine de Potosí est presque épuisée, et les héritages coloniaux affleurent partout comme des ossements sous le sable.
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Ernest Shackleton, South: The Story of Shackleton's Last Expedition, 1914-1917 (1914-1917)
En janvier 1915, l'Endurance d'Ernest Shackleton est prise dans la banquise de la mer de Weddell, celle que Dumont d'Urville avait tenté de forcer en février 1838. Le navire dérive dix mois avec la glace avant d'être broyé ; il sombre le 21 novembre 1915. Les vingt-huit hommes campent sur les floes, puis gagnent en canots, en avril 1916, l'île Éléphant, la terre abrupte que les corvettes avaient longée après les Orcades. Shackleton repart avec cinq compagnons sur le James Caird jusqu'à la Géorgie du Sud et revient chercher les autres le 30 août 1916 à bord du Yelcho chilien. South, paru en 1919, raconte jusqu'au bout ce que le commandant de l'Astrolabe redoutait pendant ses cinq jours de blocus.
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Ernest Shackleton, South (1919)
Cent quarante ans après que Cook a fait demi-tour devant la banquise, un Irlandais mène son navire dans la même glace et s'y fait broyer. Ce que Cook a deviné du haut de sa hune sans jamais le voir, Shackleton le vit de l'intérieur, à pied, sur la banquise à la dérive. Aucun livre ne donne mieux la sensation physique de ce que la Resolution a frôlé, ni ne fait mieux comprendre la sagesse du capitaine qui, à 71° de latitude sud, a dit non.
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Alain Gerbault, À la poursuite du soleil (1929)
Navigateur solitaire des années 1920, Gerbault traversa le Pacifique à la voile et séjourna longuement dans les îles de la Société, dont il aima les habitants au point de vouloir les défendre. Son récit, paru en 1929, retrouve Tahiti, Huaheine et Ulietea deux siècles après Cook. Le contraste est saisissant : mêmes lagons, mêmes noms, mais un monde bouleversé par la colonisation et les maladies. Gerbault, amoureux déçu de la Polynésie, offre le pendant sensible et engagé du regard clinique du capitaine.
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Robert Lee Eskridge, Manga Reva, the Forgotten Islands (1931)
En 1927, le peintre américain Robert Lee Eskridge est à Taïti quand la reine Marau lui parle de Manga-Reva, de ses perles et de son isolement. Il s'y embarque et passe huit mois aux Gambier, parmi les derniers Mangaréviens et une poignée d'Européens. Il peint, écoute les histoires de tupapau, les esprits des morts, et consacre un chapitre au passé missionnaire de l'île, dont la grande cathédrale de Rikitea reste le monument. En août 1838, Dumont d'Urville voyait déjà, dans l'ancien temple de Riki-Tea, les blocs de corail taillés pour l'église à venir, et regrettait tant de peine. Paru en 1931, le livre montre ce que sont devenues, un siècle plus tard, les îles du roi Mapou-teoa.
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Thor Heyerdahl, Aku-Aku, le secret de l'île de Pâques (1957)
En 1955, l'explorateur norvégien Heyerdahl installe une expédition archéologique à Rapa Nui et fait parler les statues que Cook n'avait fait qu'entrevoir. Fouilles, relèvement d'un géant, récits des derniers habitants sur les esprits de l'île : le livre, best-seller mondial, prolonge en enquête ce que Cook avait laissé en énigme. Ses thèses ont été contestées, mais son récit garde la force d'un homme qui a voulu comprendre comment ces colosses avaient été taillés, déplacés et dressés.
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Bruce Chatwin, In Patagonia (1974-1975)
À la fin de 1974, Bruce Chatwin part pour la Patagonie sur la trace d'un morceau de peau de mylodon, l'animal préhistorique que Charley Milward, un cousin de sa grand-mère, marin installé à Punta Arenas, avait envoyé en Angleterre. De Buenos Aires à la Terre de Feu, il recueille les histoires de colons gallois, de hors-la-loi nord-américains, d'anarchistes et d'exilés, et remonte jusqu'aux géants patagons de Pigafetta et à l'origine de leur nom. Publié en 1977, son livre de courts chapitres a renouvelé le récit de voyage. On y croise de nouveau le détroit, les Patagons et la mémoire des devanciers que Dumont d'Urville passait en revue avant d'entrer au Port-Famine.
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Bruce Chatwin, En Patagonie (1977) (1977)
Le voyageur anglais parcourt la Patagonie sur les traces d'un morceau de peau de mylodon rapporté par un aïeul. Récit fragmentaire, poétique, obsédé par les récits antérieurs, il croise partout Cardiel, Darwin, Magellan, sans les nommer toujours. Le meilleur guide contemporain pour retrouver, dans les silences de la pampa, l'écho des voyages jésuites.
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Tim Severin, The Spice Islands Voyage (1997)
Dans les années 1990, l'aventurier Tim Severin refait la route de Wallace dans les Moluques à bord d'un prao construit pour l'occasion, baptisé Alfred Wallace. D'île en île, d'Amboine à Banda et aux Aru, il cherche ce qui reste des oiseaux, des forêts et des villages décrits au XIXe siècle par le naturaliste. Son livre referme une longue chaîne de regards sur ces îles des épices : après les Hollandais, Dumont d'Urville et Wallace, un voyageur de la fin du XXe siècle y mesure ce que le temps a fait du jardin d'Amboine.
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Sylvain Tesson, La Panthère des neiges et carnets patagoniens
Chez plusieurs voyageurs français récents, la côte patagonienne apparaît en filigrane : chez Le Clézio, chez Kessel, chez Tesson. Le désert austral y est devenu un topos, presque un lieu commun ; il faut revenir aux jésuites de 1746 pour retrouver cette côte quand elle était encore un blanc sur la carte, une côte des Patagons dont on doutait qu'elle fût peuplée.