Nos titres sur ce sujet
À lire aussi : récits et ouvrages sur le même thème
Récits et ouvrages autour de ce sujet, classés par date, pour situer nos titres. Un lien mène à une édition libre en ligne quand elle existe, ou à notre fiche lorsque l'ouvrage fait partie de notre catalogue.
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Abel Tasman, Journal de voyage (1643)
En 1643, le navigateur hollandais aborde le premier les îles qu'il nomme Amsterdam et Middelbourg, soit Tongatapu et Eua, cent trente-quatre ans avant Cook. Son journal, bref et méfiant, note le troc, les pirogues, la douceur trompeuse de l'accueil. Le relire avant ce tome, c'est prendre la mesure de ce que Cook trouve inchangé et de ce qu'il comprend en plus : là où Tasman ne voyait qu'une côte accueillante, Cook démêle une royauté, un tabou, un empire d'îles.
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William Dampier, A Continuation of a Voyage to New Holland (1699-1700)
Cinquante-six ans après Tasman, l'ancien boucanier William Dampier commande pour l'Amirauté anglaise un navire vermoulu, le Roebuck, et reprend la côte de Nouvelle-Guinée. Là où Tasman avait cru suivre un seul rivage continu, Dampier découvre un passage et baptise Nova Britannia la terre qu'il en sépare. Il observe les volcans, les pirogues, les villages, avec une curiosité de naturaliste que le journal du commandeur hollandais n'avait pas. Les deux récits se répondent : Tasman longe une côte qu'il croit unique, Dampier découvre que c'est un archipel, et la carte de la Mélanésie commence à prendre sa forme moderne.
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William Dampier, Voyage à la Nouvelle-Hollande (1703)
Soixante-dix ans avant Cook, un ancien flibustier devenu explorateur avait été le premier Anglais à décrire la Nouvelle-Hollande, touchant sa côte ouest en 1699. Dampier n'y vit qu'une terre aride et des habitants qu'il jugea misérables, et repartit sans soupçonner l'immensité du continent. Lire sa relation en regard de celle de Cook, c'est mesurer le chemin parcouru en trois générations : l'un aborde par hasard un rivage rebutant, l'autre lève méthodiquement toute une côte et lui donne un nom. Le même pays, vu par deux âges de la navigation.
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Louis-Antoine de Bougainville, Voyage autour du monde (1768)
En avril 1768, la Boudeuse mouille devant Tahiti, que Bougainville baptise Nouvelle-Cythère et quitte au bout de neuf jours, laissant derrière lui des ancres et une légende. Son récit, écrit en gentilhomme philosophe, invente à lui seul le mythe polynésien qui va occuper l'Europe pendant un siècle. Le lire avant ce tome, c'est mesurer la distance entre le rêve et l'enquête : là où Bougainville voit une île de la douceur, Cook et Anderson dénombrent les rangs, les guerres, les crânes du morai. L'ancre rachetée à Bora Bora est le fil qui relie les deux livres.
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James Cook, Journal du premier voyage autour du monde (1768-1771)
En octobre 1769, Cook atteint la Nouvelle-Zélande avec la carte de Tasman sous les yeux : un trait de côte inachevé, une baie sanglante, un cap Maria van Diemen. En six mois, l'Endeavour fait le tour complet des deux îles et prouve qu'elles ne tiennent à aucun continent austral. Cook garde le nom de cap Maria van Diemen, passe en vue des Trois Rois, entre dans le détroit que Tasman avait pris pour une baie. Son journal est la suite et la correction de celui-ci : le même océan, les mêmes Maoris, mais un siècle et quart plus tard, et cette fois une carte entière.
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Jean de Surville, Journal du voyage du Saint-Jean-Baptiste (1769-1770)
En décembre 1769, un navire marchand français cherchait lui aussi une terre dans le Pacifique et longeait la côte nord de la Nouvelle-Zélande. Cook et de Surville passèrent à quelques dizaines de lieues l'un de l'autre, dans la même tempête, sans jamais se voir. Le journal du Français, longtemps oublié, raconte l'autre visage de cet instant : un équipage rongé par le scorbut, une relâche tendue avec les Maoris, un otage emmené de force. Lire ces pages en regard du journal de Cook, c'est saisir combien la découverte tenait au hasard des routes et des vents.
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Julien Crozet, Nouveau voyage à la mer du Sud (1771-1773)
En mars 1772, les navires de Marion Dufresne mouillent dans une baie de la côte est de la Terre de Van Diemen, non loin du point où le charpentier de Tasman avait planté son poteau. Les Français voient enfin les habitants que Tasman n'avait qu'entendus, et la rencontre tourne mal. Quelques mois plus tard, en Nouvelle-Zélande, Marion et une partie de ses hommes sont tués par des Maoris. Le second, Julien Crozet, ramène l'expédition et confie son récit à l'abbé Rochon, qui le publie en 1783. Une même ligne de rencontres manquées court ainsi de la baie des Meurtriers à la baie des Îles.
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Marc-Joseph Marion du Fresne, Relation du voyage (1772)
Deux ans après Cook, un autre navigateur français jeta l'ancre dans la baie des Îles, ces rivages mêmes que l'Endeavour venait de longer. L'escale, d'abord cordiale, s'acheva dans le sang : Marion du Fresne et une partie de ses hommes furent tués par les Maoris qu'ils croyaient amis. La relation de ce voyage éclaire d'une lumière crue ce que le journal de Cook laisse deviner : la fragilité des premiers contacts, où un malentendu suffisait à faire basculer l'hospitalité en guerre.
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Georg Forster, Voyage autour du monde (1772-1775)
Fils du naturaliste embarqué sur le deuxième voyage, Forster a dix-sept ans quand il découvre Tahiti et les îles de la Société. Son récit, publié en 1777 dans l'année même où se situe ce tome, est le premier grand texte littéraire sorti des voyages de Cook : une prose sensible, indignée parfois, attentive à ce que l'arrivée des Européens détruit. Il décrit les mêmes plages, les mêmes chefs, la même flotte de guerre, mais avec les yeux d'un adolescent qui refuse d'être seulement témoin.
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John Ledyard, Journal du dernier voyage du capitaine Cook (1776-1780)
Un caporal américain des soldats de marine se trouvait à Kealakekua ce matin-là. Rentré chez lui, Ledyard publia à Hartford, en 1783, un récit du voyage qui devança de plus d'un an l'édition officielle et raconta la mort de Cook sans passer par l'Amirauté. Le ton est libre, parfois emprunté à d'autres, et le jugement sévère sur la conduite des officiers. C'est le premier contrepoint au texte que l'on vient de lire : deux hommes, la même plage, le même quart d'heure, et deux versions dont la comparaison a occupé les historiens depuis.
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Jean-François de La Pérouse, Voyage autour du monde (1785-1788)
Dix ans après Cook, La Pérouse traverse les mêmes eaux, relâche aux îles des Navigateurs voisines, et y perd son second dans un guet-apens qui répond, comme un écho sinistre, à toutes les amitiés fastueuses de ce tome. Son récit, sauvé du naufrage final par des copies expédiées à temps, montre le revers de la médaille polynésienne : la même mer, les mêmes chefs magnifiques, et la violence que Cook a côtoyée sans toujours la voir venir.
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Jean-Baptiste Barthélemy de Lesseps, Journal historique du voyage (1787-1788)
Le seul survivant de l'expédition La Pérouse fut celui qu'on renvoya. En septembre 1787, à vingt-deux ans, Lesseps débarque à Saint-Pierre-et-Saint-Paul avec les journaux de son commandant et l'ordre de les porter à Versailles par voie de terre. Il met un an à traverser le Kamtchatka, la Sibérie et la Russie, en traîneau à chiens puis à rennes, exactement par les chemins que King venait de décrire. Il passe par Bolcheretsk, s'arrête sur la tombe de Clerke, et retrouve les mêmes jourtes, les mêmes toïons, les mêmes ours. Aucun autre livre ne prolonge celui-ci d'aussi près.
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William Bligh, A Voyage to the South Sea (1787-1789)
Bligh apprit son métier de navigateur auprès de Cook, dont il fut le maître au troisième voyage. En 1788, il revient à Matavai chercher des arbres à pain et y passe cinq mois. Ce que Cook n'avait qu'entrevu, la lente corrosion des équipages par la douceur des îles, éclate ici en mutinerie. Le même mouillage, le même chef Otoo devenu plus puissant, la même méthode nautique, et une catastrophe humaine que Cook avait redoutée sans jamais la subir.
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John Meares, Voyages à la côte nord-ouest de l'Amérique (1788-1789)
Cook n'avait pas quitté Nootka que le prix des peaux de loutre à Canton faisait déjà courir les marchands. En 1788, Meares s'installe dans la baie même, y construit un petit navire, traite avec le chef Maquinna, et son établissement contesté déclenche la crise de Nootka qui manque de jeter l'Angleterre et l'Espagne à la guerre. Son récit, moins scrupuleux que celui de Cook, montre le revers de la découverte : en dix ans, l'anse aux loutres est devenue un comptoir, et le troc de fer du capitaine, le premier acte d'un grand commerce.
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John Meares, Voyages faits en 1788 et 1789 de la Chine à la côte nord-ouest d'Amérique (1788-1789)
Voici le projet du chapitre 19, mis à exécution huit ans plus tard, par un ancien officier de marine devenu marchand. Meares arme à Macao, remonte à Nootka, y bâtit une maison et un navire, achète les peaux de loutre aux mêmes conditions que King avait calculées, redescend les vendre à Canton, et provoque au passage la crise diplomatique qui faillit mettre l'Angleterre et l'Espagne en guerre. Son livre est vantard et souvent malhonnête, ce qui ne l'empêche pas d'être le premier document du commerce maritime des fourrures, celui que ce tome a inventé sans le savoir.
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James Morrison, Journal de bord de la Bounty et Mémoire sur Tahiti (1789-1792)
Le maître d'équipage de la Bounty, resté à Tahiti après la mutinerie de 1789, y vit près de deux ans avant d'être capturé, condamné, puis gracié. Son mémoire, écrit en prison, est la description la plus détaillée que l'on ait de la société tahitienne avant sa conversion : les arioi, les morai, le maro royal, les guerres de district, tout ce que Cook n'apercevait qu'en visiteur. Il éclaire de l'intérieur les chapitres d'Anderson, douze ans plus tard, sur les mêmes îles.
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William Bligh, Relation de l'enlèvement du navire le Bounty (1790)
Dix-huit ans après l'Endeavour, chassé de son bord par la révolte, le lieutenant Bligh accomplit dans une simple chaloupe l'une des plus extraordinaires traversées de l'histoire de la mer. Sa route recoupe presque exactement celle de Cook : le détroit qui sépare la Nouvelle-Hollande de la Nouvelle-Guinée, puis Timor, où lui aussi arrive épuisé et affamé. Ancien élève de Cook, dont il avait été le maître au dernier voyage, Bligh applique les leçons de son maître à survivre. Deux récits de la même mer semée de récifs, à quelques années d'écart.
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Jacques-Julien Houtou de Labillardière, Relation du voyage à la recherche de La Pérouse (1791-1794)
Envoyé avec Bruni d'Entrecasteaux à la recherche de La Pérouse, le botaniste Labillardière refait presque pas à pas une partie de la route de Tasman. Il herborise en Tasmanie, où les Français nouent cette fois des échanges paisibles avec les habitants, puis séjourne à Tongatapu, l'île d'Amsterdam du journal, et longe la Nouvelle-Irlande. Là où Tasman notait des porcs, des cocos et des pirogues, Labillardière décrit des plantes, des outils, des danses, des visages. Son récit, publié en 1800, est l'un des plus vivants de l'âge des expéditions savantes, et montre ce que les mêmes rivages deviennent sous le regard d'un naturaliste.
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George Vancouver, A Voyage of Discovery to the North Pacific Ocean and Round the World (1791-1795)
Vancouver était sur la Resolution, gamin de quinze ans, quand elle franchissait le cercle polaire. Vingt ans plus tard, il commande sa propre expédition et retourne à Dusky Bay, en 1791, pour achever le levé que son ancien capitaine avait laissé inachevé dans un coin de sa carte. Il y retrouve la souche des arbres coupés par les charpentiers de Cook, l'emplacement de la forge, les traces de la relâche. Lire ce passage après ce tome donne le vertige : c'est le premier retour sur les lieux d'un livre.
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George Vancouver, A Voyage of Discovery to the North Pacific Ocean (1791-1795)
Vancouver était aspirant sur la Discovery pendant ce voyage. Quinze ans plus tard, il commande sa propre expédition, relâche à Dusky Bay puis au détroit de la Reine-Charlotte, et retrouve les souches des arbres coupés par les charpentiers de Cook. Le lecteur y voit ce que deviennent, en une génération, un mouillage familier et les gens qui y campaient.
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Jean-François de Lapérouse, Voyage autour du monde (1797)
Quinze ans après Cook, la France envoie à son tour deux navires reconnaître le Pacifique. Lapérouse suit une part des routes de l'Endeavour, salue partout la mémoire du grand marin anglais, puis disparaît corps et biens à Vanikoro. Son journal, sauvé et publié en 1797, referme l'âge héroïque des découvertes océaniennes comme le journal de Cook l'avait ouvert. Le lecteur y retrouve les mêmes îles, déjà changées par le passage des Européens, et cette obsession des Lumières de tout cartographier avant de mourir.
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George Vancouver, Voyage de découvertes dans l'océan Pacifique Nord (1798)
Vancouver avait servi comme aspirant sous Cook. Devenu commandant, il revint au Pacifique dans les années 1790 pour en lever les côtes avec une minutie héritée de son maître. Son récit prolonge le geste de l'Endeavour d'une génération : mêmes escales polynésiennes, même patience du relevé, mais un monde insulaire déjà transformé par le commerce et les épidémies. On y voit ce que l'oeuvre de Cook a rendu possible, et le prix que les peuples du Pacifique commencent à en payer.
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François Péron, Voyage de découvertes aux terres australes (1800-1804)
L'expédition Baudin passe l'été 1802 en terre de Van Diemen et rencontre longuement les habitants de la côte sud-est, ceux-là mêmes qui sortent des bois à Adventure Bay dans ce tome. Péron, jeune savant curieux et bavard, note leurs noms, leurs chants, leurs manières, et se livre à des mesures de force physique qui en disent plus long sur lui que sur eux. C'est le dernier grand témoignage avant que tout bascule.
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Adam Johann von Krusenstern, Voyage autour du monde (1803-1806)
Vingt-cinq ans plus tard, la Russie fait enfin ce que King avait imaginé pour elle. Krusenstern relie le Kamtchatka au Japon et à Canton, porte une ambassade à Nagasaki qui attend six mois pour se voir éconduire, lève les Kouriles et Sakhaline, et vend à Canton les fourrures de la compagnie russo-américaine. On y lit, page après page, le programme du chapitre 19 exécuté par d'autres, et la première réponse sérieuse à la question que King laissait ouverte : que se passerait-il si le Kamtchatka commerçait directement avec le Japon ?
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John Martin, Récit de William Mariner aux îles Tonga (1806-1810)
En 1806, un mousse anglais nommé William Mariner survit au massacre de son navire et vit quatre ans parmi les Tongiens, adopté par un chef, apprenant la langue et les guerres de l'archipel. Dicté au docteur Martin, son témoignage est le plus intime que l'on ait de cette société de l'intérieur. Il éclaire, mieux qu'aucun autre, ce que Cook n'a pu qu'entrevoir de l'extérieur : le sens du tabou, la place du roi sacré, la logique des fêtes que ce tome décrit avec émerveillement.
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William Mariner et John Martin, An Account of the Natives of the Tonga Islands (1806-1810)
En 1806, le navire anglais Port-au-Prince est pris par les insulaires aux Ha'apai, entre Tongatapu et Nomuka. Le jeune William Mariner, épargné, est adopté par le chef Finau et vit quatre ans parmi les Tongiens, dont il apprend la langue, les guerres et les cérémonies. De retour à Londres, il dicte ses souvenirs au médecin John Martin, qui les publie en 1817. Tasman n'avait vu les Tonga que depuis son pont et ses chaloupes, le temps d'un troc ; Mariner les raconte de l'intérieur. Les deux livres encadrent un siècle et demi de contacts entre les Tongiens et les Européens.
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Archibald Campbell, Voyage autour du monde (1809-1810)
Trente ans après le drame, un matelot écossais naufragé et amputé des deux pieds échoue à Hawaï et y passe treize mois, de 1809 à 1810, sous la protection du roi Kamehameha, le Maiha-Maiha de ce tome. Il vit à Honolulu, tisse de la voile pour le souverain, observe une cour où le fer, les navires et les mousquets ont tout changé, et où l'ancien ordre des chefs tient encore. Aucun autre livre ne montre aussi bien ce que devint, en une génération d'homme, le monde décrit dans les derniers chapitres de ce volume.
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Matthew Flinders, A Voyage to Terra Australis (1814)
Une génération après Cook, un jeune officier anglais entreprit de faire le tour complet de la Nouvelle-Hollande et de prouver qu'elle formait un seul continent. Flinders acheva le relevé que l'Endeavour avait commencé sur la côte est, et proposa pour cette terre le nom d'Australie, qui prévalut. Son récit, publié en 1814, prolonge le geste de Cook d'un bout à l'autre du littoral, avec la même rigueur d'hydrographe et la même endurance devant les récifs et les vents contraires.
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Otto von Kotzebue, Voyage dans la mer du Sud et le détroit de Béring (1815-1818)
En 1815, un officier russe repart chercher, dans le détroit même où Cook s'était arrêté, le passage que celui-ci n'avait pu forcer. Sur le brick Rurik, avec le poète et naturaliste Chamisso à bord, Kotzebue découvre au nord du détroit une vaste baie qui porte aujourd'hui son nom, et met au jour des falaises de glace fossile mêlée de terre. Il rôde le long de la banquise, interroge les Tchouktches, et se heurte au même refus que son devancier. Quarante ans après, l'Arctique n'a rien cédé.
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Otto von Kotzebue, Voyage de découverte dans la mer du Sud et le détroit de Béring (1815-1818)
En 1816, un capitaine russe repart chercher le passage par où Cook et Clerke avaient échoué. Il découvre le grand golfe qui porte son nom sur la côte américaine, y trouve des falaises de glace fossile pleines d'ossements de mammouths, mesure les courants du détroit et se heurte à la même banquise, au même endroit, à la même saison. Le savant embarqué, Chamisso, celui-là même qui avait écrit Peter Schlemihl, tient de son côté le journal le plus vivant de l'expédition. Deux générations, une seule barrière.
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Jacques Arago, Promenade autour du monde (1819)
Dessinateur de l'expédition Freycinet, Arago débarque à Hawaï en août 1819, quelques semaines après la mort de Kamehameha et quelques mois avant que son fils ne renverse publiquement la loi du tabou. Il assiste donc au dernier été de l'ordre dont King avait, quarante ans plus tôt, patiemment démonté les règles. Sa plume est vive, bavarde, souvent injuste, et prodigieusement vivante ; on y voit des chefs en habits d'Europe, des morais abandonnés et des interdits que plus personne ne fait respecter. La fin d'un monde vue par un homme qui ne sait pas qu'il la regarde.
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Ferdinand von Wrangel, Le Nord de la Sibérie (1820-1824)
Le chapitre 7 de ce tome soutient que la côte entre le cap Chelatskoï et le cap Nord doit s'infléchir vers l'ouest, et qu'il ne reste presque rien d'inconnu. Wrangel est allé vérifier. De 1820 à 1824, il part de la Kolyma, la rivière même de Deshneff, et pousse quatre fois sur la glace de mer en traîneau à chiens, à la recherche de la terre que les Tchouktches disaient voir au nord. Il ne la trouve pas, manque plusieurs fois de se perdre sur une banquise en dérive, mais relève enfin la côte que King avait devinée. L'île qu'il n'a pas atteinte porte aujourd'hui son nom.
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James Weddell, A Voyage Towards the South Pole (1822-1824)
Le titre est le même que celui de Cook, et ce n'est pas un hasard. En 1823, un chasseur de phoques écossais descend à 74° 15' sud, plus bas que la Resolution, sur une mer libre de glace qu'il n'explique pas. Cook avait déclaré la question close ; Weddell la rouvre pour de bon. Récit sec, âpre, sans aucune prétention savante, écrit par un homme dont le métier était de tuer des phoques et qui découvrit une mer à la place.
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William Ellis, Polynesian Researches (1822-1825)
Missionnaire à Huahine puis à Hawaï dans les années 1820, Ellis a vu les deux archipels de ce tome à la charnière de leur bouleversement. Il parle les langues, recueille les généalogies et les mythes, décrit les temples avant leur démolition et les rites au moment où on les abandonne. Son témoignage confirme, corrige et complète presque tout ce que Cook avait noté à la hâte, et permet de comprendre après coup ce que signifiait le sacrifice d'Attahooroo.
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John Williams, Récit d'entreprises missionnaires dans les mers du Sud (1823)
Le missionnaire qui aborde Rarotonga en 1823 et parcourt les îles Cook et les Amis inaugure le siècle qui va transformer ces sociétés de fond en comble. Son livre, best-seller de l'Angleterre victorienne, raconte avec ferveur ce que Cook avait laissé intact et que la mission entreprend de refaire. Entre les deux récits tient tout ce qui bascule : les dieux abandonnés, l'étoffe remplacée, le tabou aboli. Williams paie de sa vie, à Erromango, l'œuvre qu'il croit apporter.
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Frederick William Beechey, Voyage vers le Pacifique et le détroit de Béring (1825-1828)
En 1826, le Blossom pousse plus loin que Cook n'avait pu aller. Beechey double le cap de Glace, atteint la pointe Barrow, l'extrémité nord-ouest de l'Amérique, et attend là un Franklin venu par l'intérieur qui n'arrivera jamais. Il complète, mille sur mille, la carte que ce tome laissait inachevée au mur de banquise, décrit les Esquimaux de la côte et leurs échanges avec les Tchouktches d'en face. Son récit ferme, un demi-siècle plus tard, la ligne que Cook avait tracée jusqu'à l'endroit exact où les glaces l'avaient rejeté.
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Charles Darwin, Voyage d'un naturaliste autour du monde (1839)
À bord du Beagle, dans les années 1830, un jeune naturaliste double le Cap Horn, séjourne en Terre de Feu parmi les Fuégiens et traverse le Pacifique. Ses pages sur les mers australes dialoguent de près avec le journal de Cook : mêmes tempêtes, mêmes rivages glacés, mêmes habitants que l'Anglais avait rencontrés soixante ans plus tôt. Mais Darwin y cherche déjà autre chose, l'histoire du vivant et des terres. On passe ainsi du regard du marin à celui du savant, sur des côtes que Cook avait été le premier à décrire.
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Charles Wilkes, Narrative of the United States Exploring Expedition (1840)
Ce que l'expédition de Cook avait manqué, l'Amérique le fit en 1840. Wilkes conduisit deux cents hommes et des tonnes d'instruments jusqu'au sommet du Mauna Loa, y campa des semaines sous la neige et y mesura la pesanteur au pendule. Le récit de cette montée, avec ses porteurs hawaïens, ses tentes gelées et son cratère fumant, répond directement à la marche avortée du chapitre 8, quand trois officiers renoncèrent devant un champ de pierres brûlées. Soixante ans séparent les deux tentatives, et le même volcan les mesure.
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Jules Dumont d'Urville, Voyage au pôle Sud et dans l'Océanie (1841-1854)
Au XIXe siècle, la corvette de Dumont d'Urville sillonne à son tour la Nouvelle-Zélande, les îles de la Société et les mers australes. Le savant français dresse le premier vrai tableau ethnographique de la Polynésie et de la Mélanésie, là où Cook n'avait pu que jeter des jalons. Lire son récit, c'est mesurer le chemin parcouru en deux générations, et voir les rivages maoris de la baie de la Pauvreté entrer, cette fois, dans une observation méthodique. La rencontre y perd de sa stupeur et gagne en épaisseur.
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George Kennan, La vie sous la tente en Sibérie (1865-1867)
En 1865, une compagnie américaine entreprend de relier New York à Moscou par un télégraphe passant par l'Alaska, le détroit de Béring et la Sibérie. Kennan, vingt ans, est chargé de reconnaître le tracé du Kamtchatka à l'Anadyr. Il vit deux ans chez les Koriaks nomades et les Tchouktches, décrit leurs troupeaux de rennes, leurs jourtes et leurs chamanes, et se retrouve un jour à mille verstes de tout en apprenant que le câble transatlantique vient d'être posé et que son télégraphe n'a plus d'objet. Le pays des chapitres 11 à 14, un siècle plus tard, presque inchangé.
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Mark Twain, Lettres des îles Sandwich (1866)
En 1866, un jeune journaliste débarque à Honolulu pour un journal de Sacramento et reste quatre mois. Twain visite les plantations, descend dans le cratère du Kilauea, essaie la planche de nage et boit la tasse, puis se fait conduire à Kealakekua, devant le monument de Cook, où il écrit quelques pages froides sur ce que le capitaine méritait ou non. Le comique y couvre mal une mélancolie réelle : le royaume qu'il traverse est celui de ce tome, mais dépeuplé, converti, endetté, et déjà tourné vers la Californie.
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Isabella Bird, Six Months in the Sandwich Islands (1873)
En 1873, une Anglaise de quarante ans, malade et intrépide, parcourt Hawaï à cheval, en amazone puis à califourchon, dort dans les cases, descend au bord du cratère du Kilauea et remonte les vallées de Kauai. Un siècle après Cook, elle trouve un royaume chrétien, une monarchie constitutionnelle, des plantations de canne, et sous tout cela la même terre volcanique et les mêmes noms. Le contraste avec la plage de Waimea de janvier 1778 tient en un seul livre.
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Pierre Loti, Le Mariage de Loti (1880)
Un siècle après Cook, l'officier de marine français Julien Viaud, sous le nom de Loti, débarque à Tahiti et en tire un roman mélancolique paru en 1880. L'île des rois Otoo est devenue un protectorat, la monarchie s'éteint, la population a fondu. Loti pleure un paradis déjà perdu. Lire ce livre après celui de Cook, c'est mesurer en un siècle l'effondrement d'un monde que le navigateur avait vu encore souverain et peuplé, et sentir le poids de ce que la rencontre a emporté.
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Robert Louis Stevenson, Dans les mers du Sud (1888-1890)
Malade et cherchant un climat, l'écrivain écossais navigue de 1888 à 1890 des Marquises aux Gilbert, écoute, questionne, et refuse la carte postale. Il décrit des sociétés qui se souviennent encore du tabou et des morai, et une dépopulation qu'il attribue sans détour au contact européen. Sur les îles de la Société et sur ce que Cook y a laissé sans le vouloir, ses pages valent bien des traités.
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Basil Thomson, Les Distractions d'un premier ministre (1890-1891)
À la fin du dix-neuvième siècle, un jeune fonctionnaire britannique devient, presque par hasard, premier ministre du royaume de Tonga, seul État polynésien à n'avoir jamais été colonisé. Son livre, drôle et fin, décrit une monarchie héritière de l'ancien ordre des Tu'i Tonga de Poulaho, avec ses rites, ses rangs et ses tabous encore vivaces. On y reconnaît, sous le vernis chrétien, l'archipel que Cook avait cru comprendre, et la royauté sacrée qu'il avait devinée derrière les fastes de Feenou.
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Otto Nordenskjöld, Antarctica, or Two Years Amongst the Ice of the South Pole (1901-1903)
En 1902, le géologue suédois Otto Nordenskjöld s'installe pour hiverner sur l'île Snow Hill, au bord de la mer de Weddell, dans les parages que Ross avait reconnus en janvier 1843. Le plan déraille : son navire, l'Antarctic, est broyé par les glaces, et l'équipage gagne en canot l'île Paulet, celle-là même que Ross avait nommée, où il passe l'hiver dans une hutte de pierre en se nourrissant de manchots. Les groupes dispersés finissent par se retrouver, et la canonnière argentine Uruguay vient chercher les survivants à la fin de 1903. Le récit, traduit en anglais en 1905, fait de ces îles un décor de survie et rend sa juste place à la cartographie de Ross.
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Robert Falcon Scott, The Voyage of the Discovery (1901-1904)
Soixante ans après Ross, la Discovery de Robert Falcon Scott hiverne en 1902 au fond du détroit de McMurdo, baptisé du nom du lieutenant du Terror. Scott longe la grande Barrière que Ross avait suivie sans pouvoir y aborder, s'élève même en ballon captif au-dessus d'elle, puis s'enfonce vers le sud avec Wilson et Shackleton jusqu'au-delà de 82 degrés, à pied et derrière des chiens mal employés. Le récit, publié en 1905, nomme à chaque page les caps et les volcans de Ross, l'Erebus et le Terror en tête. Ce qui n'était, en 1842, qu'un front de glace vu depuis le pont devient un territoire que l'on traverse, au prix du scorbut et de l'épuisement.
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Jean-Baptiste Charcot, Le Français au pôle Sud (1903-1905)
Jean-Baptiste Charcot appareille en 1903 sur le Français, trois-mâts construit à Saint-Malo, d'abord pour porter secours à l'expédition suédoise de Nordenskjöld, que les Argentins ont déjà retrouvée. Il se tourne alors vers la côte ouest de la péninsule Antarctique, l'autre versant de ces terres que Ross avait aperçues par l'est sous les noms de Joinville et de Louis-Philippe. Hivernage dans une baie de l'île Booth, relevés hydrographiques, observations magnétiques et météorologiques : le médecin devenu marin reprend, à soixante ans de distance, le programme savant de Ross. Le Français, touché sur une roche, rentre avarié et sera vendu à l'Argentine. Le récit, publié en 1906, garde la verve d'un journal de bord.
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Raymond Rallier du Baty, Aventures aux Kerguelen (1907-1909)
En 1907, un jeune Breton achète un vieux dundee, l'appelle le J.-B. Charcot et part avec cinq hommes vivre plus d'un an sur la terre que Cook appelait la Désolation. Il chasse l'éléphant de mer, dresse des cartes, hiverne dans les fjords, et décrit la même roche bleue, le même varech, les mêmes manchots par milliers. Aucun livre ne donne mieux à sentir ce que Cook a seulement longé pendant huit jours.
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Jean-Baptiste Charcot, Le Pourquoi-Pas ? dans l'Antarctique (1908-1910)
Au début du XXe siècle, le médecin et navigateur français hiverna aux abords du continent blanc que Cook avait pressenti sans le voir. Son récit, illustré de photographies, décrit les mêmes îles de glace, les mêmes oiseaux et les mêmes tempêtes que la Resolution affronta près de la Géorgie du Sud. Un siècle et demi de progrès sépare les deux hommes, mais la même mer hostile les unit. Charcot donne à voir ce que Cook n'avait fait qu'entrevoir depuis le pont d'un voilier de bois.
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Roald Amundsen, Sydpolen (Le Pôle Sud) (1910-1912)
En janvier 1911, Roald Amundsen installe sa base, Framheim, dans la baie des Baleines, une échancrure de cette grande Barrière que Ross avait longée en 1841 puis revue en 1842, sans pouvoir y mettre pied. Le Norvégien fait le pari de vivre sur la glace flottante elle-même. De là, avec quatre compagnons et des traîneaux à chiens, il atteint le pôle Sud le 14 décembre 1911, plus d'un mois avant Scott. Son récit, paru dès 1912, est celui d'une méthode : dépôts balisés, fourrures, chiens sacrifiés au fil de la route. Il clôt l'histoire ouverte par Ross : la Barrière, mur infranchissable vu des navires, devient la grande route du pôle.
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Apsley Cherry-Garrard, The Worst Journey in the World (1910-1913)
En plein hiver austral de 1911, Apsley Cherry-Garrard, Edward Wilson et Henry Bowers quittent le cap Evans pour le cap Crozier, que Ross avait baptisé du nom du commandant du Terror. Cinq semaines dans la nuit polaire, par des froids qui descendent sous moins 40 degrés, pour rapporter des œufs de manchot empereur que la science de l'époque croyait décisifs. Les trois hommes reviennent à peine vivants. Un an plus tard, Cherry-Garrard fait partie de l'équipe qui retrouve la tente de Scott, de Wilson et de Bowers sur la Barrière. Son livre, publié en 1922, est sans doute le plus beau récit de l'Antarctique : là où Ross mesurait la glace, il dit ce qu'elle fait aux hommes.
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Ernest Shackleton, South (1919)
Cent quarante ans après que Cook a fait demi-tour devant la banquise, un Irlandais mène son navire dans la même glace et s'y fait broyer. Ce que Cook a deviné du haut de sa hune sans jamais le voir, Shackleton le vit de l'intérieur, à pied, sur la banquise à la dérive. Aucun livre ne donne mieux la sensation physique de ce que la Resolution a frôlé, ni ne fait mieux comprendre la sagesse du capitaine qui, à 71° de latitude sud, a dit non.
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Alain Gerbault, À la poursuite du soleil (1929)
Navigateur solitaire des années 1920, Gerbault traversa le Pacifique à la voile et séjourna longuement dans les îles de la Société, dont il aima les habitants au point de vouloir les défendre. Son récit, paru en 1929, retrouve Tahiti, Huaheine et Ulietea deux siècles après Cook. Le contraste est saisissant : mêmes lagons, mêmes noms, mais un monde bouleversé par la colonisation et les maladies. Gerbault, amoureux déçu de la Polynésie, offre le pendant sensible et engagé du regard clinique du capitaine.
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Thor Heyerdahl, Aku-Aku, le secret de l'île de Pâques (1957)
En 1955, l'explorateur norvégien Heyerdahl installe une expédition archéologique à Rapa Nui et fait parler les statues que Cook n'avait fait qu'entrevoir. Fouilles, relèvement d'un géant, récits des derniers habitants sur les esprits de l'île : le livre, best-seller mondial, prolonge en enquête ce que Cook avait laissé en énigme. Ses thèses ont été contestées, mais son récit garde la force d'un homme qui a voulu comprendre comment ces colosses avaient été taillés, déplacés et dressés.