Nos titres sur ce sujet
À lire aussi : récits et ouvrages sur le même thème
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Matteo Ricci et Nicolas Trigault, Histoire de l'expédition chrétienne au royaume de la Chine (1615)
Le jésuite Matteo Ricci entre à Pékin en 1601, après dix-huit ans de patience dans les provinces du Sud, et y vit jusqu'à sa mort en 1610. Ses mémoires, mis en latin et publiés par Nicolas Trigault en 1615, révèlent à l'Europe la Chine des Ming finissants : examens, bureaucratie, rites de cour, eunuques tout-puissants. Ricci connaît le même Pékin que Gwon Beol soixante ans plus tôt, la même machine administrative qu'on ne fait avancer qu'à force de mémoires, de visites et de présents. Les deux témoins décrivent la même cour depuis ses marges, l'un en missionnaire toléré, l'autre en envoyé d'un royaume tributaire venu réclamer justice.
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Hendrik Hamel, Journael van de ongeluckige voyagie van 't jacht de Sperwer (1668)
Un peu plus d'un siècle après Gwon Beol, le Hollandais Hendrik Hamel découvre la Corée par l'autre bout. Naufragé sur l'île de Jeju en 1653, il est conduit à Séoul avec ses compagnons, puis retenu treize ans dans les provinces avant de s'enfuir vers le Japon en 1666. Son journal, publié en 1668, est l'un des tout premiers témoignages européens sur le royaume Joseon. On y retrouve l'administration que traverse Gwon Beol, magistrats de province, relais et corvées, mais vue depuis la condition d'étranger retenu. En 1655, deux des naufragés se jettent même au-devant d'un envoyé mandchou de passage à Séoul pour être emmenés en Chine, en vain.
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Ferdinand Verbiest, Voyages de l'empereur de la Chine dans la Tartarie (1685)
Treize ans après Min Jeong-jung, le jésuite flamand Ferdinand Verbiest, astronome de la cour, accompagne l'empereur Kangxi dans sa grande tournée de 1682 en Mandchourie : Shenyang, les tombeaux des ancêtres mandchous, puis les forêts du Nord jusqu'à Ula. Sa lettre, publiée en français en 1685, décrit l'immense cortège, les chasses impériales et les terres vidées par la conquête. L'adolescent de quinze ans que Min aperçoit à Pékin est devenu un souverain sûr de lui, qui revient en pèlerinage sur la terre de ses pères. Les deux textes se complètent : la Mandchourie vue par un tributaire inquiet, puis par un invité de l'empereur.
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John Bell, Travels from St. Petersburg in Russia, to Diverse Parts of Asia (1763)
Médecin écossais au service du tsar, John Bell accompagne l'ambassade russe de Lev Izmaïlov, qui atteint Pékin à la fin de 1720 après une traversée de la Sibérie et de la Mongolie. Il y voit le vieux Kangxi, qui règne alors depuis près de soixante ans. Son récit, publié en 1763, décrit les audiences, les banquets impériaux et l'inévitable question de la prosternation, à laquelle les Russes finissent par se plier. Un demi-siècle après Min Jeong-jung, le même empereur reçoit les mêmes hommages, dans les mêmes salles, et l'envoyé européen y éprouve une gêne qui fait écho à celle de l'ambassadeur coréen resté fidèle aux Ming.
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Pak Chi-won, Yeorha ilgi (1780)
Seize ans après Kim Jong-jeong, le lettré Pak Chi-won traverse à son tour Shenyang avec l'ambassade coréenne de 1780, en route vers Pékin et Jehol. Son Yeorha ilgi, traduit en anglais sous le titre The Jehol Diary, consacre à la ville des pages célèbres : boutiques, enseignes, conversations nocturnes avec des marchands chinois. Le contraste avec Kim est frappant. Là où l'enquêteur de 1764, humilié et méfiant, ne voit dans la capitale mandchoue que barbarie et corruption, Pak Chi-won y découvre une prospérité et des techniques dont la Corée, selon lui, devrait s'inspirer. La même ville, deux humeurs, et l'amorce d'un débat qui traversera la Corée lettrée.
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George Leonard Staunton, An Authentic Account of an Embassy from the King of Great Britain to the Emperor of China (1797)
En 1793, Lord Macartney conduit auprès de l'empereur Qianlong la première ambassade britannique en Chine, et son secrétaire George Staunton en publie la relation officielle en 1797. Le différend qui l'a rendue célèbre porte sur la prosternation : Macartney refuse de se plier au rite exigé de tous les envoyés tributaires, ceux de Corée compris. Lu à côté du journal de Gwon Beol, le récit anglais montre l'autre face du même cérémonial. Ce que l'ambassadeur coréen accomplit sans discussion, comme le prix d'une relation ancienne, apparaît à l'Anglais comme une humiliation à négocier, et l'échec de sa mission annonce un siècle d'affrontements entre la Chine et l'Occident.
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Percival Lowell, Chosön, the Land of the Morning Calm (1886)
Percival Lowell, futur astronome de Mars, passe l'hiver 1883-1884 à Séoul, après avoir accompagné aux États-Unis la mission diplomatique coréenne de 1883. Son livre, paru en 1886, décrit la capitale, ses portes fermées à la nuit, ses palais et sa vie de cour, à l'heure où le royaume s'ouvre à peine aux traités occidentaux. Le Séoul que Gwon Beol quitte en 1539 sous les coupes d'adieu est encore, pour l'essentiel, celui que photographie Lowell : même enceinte, mêmes rites, mêmes lettrés. Mais la route de Pékin n'est plus la seule porte du royaume, et le monde centré sur la cour impériale chinoise commence à se défaire.
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Henry E. M. James, The Long White Mountain, or, A Journey in Manchuria (1888)
En 1886, le fonctionnaire britannique Henry E. M. James parcourt la Mandchourie avec l'officier Francis Younghusband et le diplomate Harry Fulford, jusqu'aux monts Changbai, la longue montagne blanche sacrée des Mandchous. Son livre, publié en 1888, décrit les colons chinois qui gagnent désormais les terres autrefois réservées, les auberges, les marchés et les routes de charrettes. Min Jeong-jung avait traversé en 1669 un Liaodong en ruines, vidé par la conquête ; deux siècles plus tard, James trouve une région repeuplée et défrichée. La comparaison mesure le chemin parcouru par cette frontière, du désert militaire au front pionnier.
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Isabella Bird, Korea and Her Neighbours (1898)
Au cours de ses séjours coréens, de 1894 à 1897, la voyageuse anglaise Isabella Bird pousse jusqu'à Moukden en pleine guerre sino-japonaise. Son livre, publié en 1898, décrit la ville que Kim Jong-jeong a connue, désormais remplie de soldats, de blessés et de missionnaires. La comparaison montre ce que cent trente ans ont changé : la Mandchourie gardée par les Huit Bannières et fermée par la Palissade est devenue un champ de bataille entre empires, et la Corée, que Kim défendait pied à pied devant les juges mandchous, a cessé en 1895 d'être vassale de la Chine. Le regard étranger enregistre la fin d'un ordre que le journal de 1764 croyait éternel.
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Dugald Christie, Thirty Years in Moukden, 1883-1913 (1914)
Médecin missionnaire écossais, Dugald Christie s'installe à Moukden, l'ancienne Shenyang, en 1883 et y reste trente ans : il y fonde un hôpital, puis une école de médecine. Ses souvenirs, publiés en 1914, racontent la capitale mandchoue de l'intérieur, à travers les épidémies, la guerre sino-japonaise, la révolte des Boxers, la guerre russo-japonaise et la peste de 1910-1911. On y retrouve la ville, ses yamen et ses tribunaux, où Kim Jong-jeong a vu réécrire les aveux de ses prisonniers, avec cette fois le regard d'un étranger qui a soigné les habitants et partagé leurs épreuves pendant une génération.
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Owen Lattimore, Manchuria: Cradle of Conflict (1932)
Après avoir parcouru la Mandchourie en 1929 et 1930, chez les colons chinois, les Mongols et les peuples de la forêt, Owen Lattimore publie en 1932 un livre nourri de ses routes et de ses rencontres. Il y montre la Mandchourie comme une succession de frontières, où la Palissade des saules, que Kim Jong-jeong franchit en 1764, séparait les terres réservées aux Mandchous de celles ouvertes aux paysans chinois. Le livre paraît au moment où le Japon s'empare de la région. Il éclaire, avec un siècle et demi de recul, la logique de cloisonnement que l'enquêteur coréen subissait à chaque poste de garde sans la nommer.
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Peter Fleming, One's Company: A Journey to China (1934)
En 1933, le jeune journaliste Peter Fleming gagne la Chine par le Transsibérien et traverse le Mandchoukouo, l'État créé par le Japon un an plus tôt, avant de poursuivre vers le sud jusqu'aux zones de guerre entre nationalistes et communistes. One's Company, paru en 1934, est un récit drôle et lucide. Sur les terres que Min Jeong-jung parcourait sous l'œil des Mandchous victorieux, Fleming voit un nouveau conquérant installer ses garnisons et ses fonctionnaires. Près de trois siècles après la chute des Ming, la Mandchourie reste ce qu'elle était pour l'ambassadeur coréen : un pays de passage, tenu par la force et par ceux qui la détiennent.