Nos titres sur ce sujet
À lire aussi : récits et ouvrages sur le même thème
Récits et ouvrages autour de ce sujet, classés par date, pour situer nos titres. Un lien mène à une édition libre en ligne quand elle existe, ou à notre fiche lorsque l'ouvrage fait partie de notre catalogue.
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Robert Knox, An Historical Relation of the Island Ceylon in the East Indies (1659-1679)
Burckhardt ne connaît le roi de Kandy que par l'ambassade de Puqvoy. Le marin anglais Robert Knox, lui, a vécu dix-neuf ans dans son royaume. Capturé en 1659 avec une partie de son équipage par les troupes de Raja Sinha II, il survit en tricotant des bonnets et en prêtant du grain, jusqu'à son évasion vers le fort hollandais d'Arippu, qui l'envoie à Batavia. Rentré à Londres en septembre 1680, il publie son récit en 1681, avec l'appui de la Royal Society. Traduit en allemand dès 1689, il offre le revers exact de celui de Burckhardt : le Ceylan cinghalais de l'intérieur, vu par un captif, face au Ceylan des forts hollandais de la côte.
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William Dampier, A Continuation of a Voyage to New Holland (1699-1700)
Cinquante-six ans après Tasman, l'ancien boucanier William Dampier commande pour l'Amirauté anglaise un navire vermoulu, le Roebuck, et reprend la côte de Nouvelle-Guinée. Là où Tasman avait cru suivre un seul rivage continu, Dampier découvre un passage et baptise Nova Britannia la terre qu'il en sépare. Il observe les volcans, les pirogues, les villages, avec une curiosité de naturaliste que le journal du commandeur hollandais n'avait pas. Les deux récits se répondent : Tasman longe une côte qu'il croit unique, Dampier découvre que c'est un archipel, et la carte de la Mélanésie commence à prendre sa forme moderne.
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Peter Kolb, Caput Bonae Spei hodiernum (1705-1713)
Trente ans après l'escale de Burckhardt, le Franconien Peter Kolb débarque au Cap en 1705, envoyé par un conseiller prussien, le baron von Krosigk, pour y faire des observations astronomiques. Il y reste plusieurs années, jusqu'à ce que sa vue décline, et s'intéresse surtout à la colonie hollandaise et aux Khoïkhoï, ceux que Burckhardt appelle les Hottentots. Son grand livre paraît à Nuremberg en 1719, et une traduction française suit en 1741. Kolb rompt avec les clichés de ses prédécesseurs, compare les croyances des Khoïkhoï à celles des Européens et rapporte les razzias armées des colons. À relire en regard du chapitre du Cap, écrit par un soldat de passage pressé de repartir.
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Johann Wolfgang Heydt, Allerneuester Geographisch- und Topographischer Schau-Platz von Africa und Ost-Indien (1733-1740)
Johann Wolfgang Heydt suit, un demi-siècle plus tard, le chemin de Burckhardt : un Allemand entré au service de la Compagnie en 1733, qui passe d'abord deux ans à Ceylan avant de gagner Batavia, où il devient en 1737 architecte et dessinateur de la Compagnie. Revenu en Europe en 1740 pour raisons de santé, il publie à Nuremberg en 1744 un grand album de plus de cent planches gravées d'après ses dessins, accompagnées d'un long texte : le Cap, Colombo et ses fortifications, Batavia, Malacca, les Moluques, Dejima. On y voit, dessinés, les lieux que Burckhardt décrit avec des mots : les citadelles, les rues, les jardins et la vie des employés européens des Indes.
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Louis-Antoine de Bougainville, Voyage autour du monde par la frégate du Roi La Boudeuse et la flûte L'Étoile (1766-1769)
Le premier tour du monde officiel de la marine française suit, à quarante-cinq ans de distance, une route étonnamment proche de celle de Behrens : les Tuamotu, que Bougainville baptise archipel Dangereux, Tahiti, les îles de Samoa qu'il nomme îles des Navigateurs, puis les parages de la Nouvelle-Irlande, les Moluques et enfin Batavia, où relâchent ses navires éprouvés par le scorbut. Publié en 1771, son livre a fixé pour l'Europe l'image d'une Polynésie heureuse. Le sergent de Rostock, lui, avait connu dans les mêmes archipels les escarmouches, la faim et les morts, et le contraste entre les deux récits éclaire chacun d'eux.
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James Cook, Journal du premier voyage autour du monde (1768-1771)
En octobre 1769, Cook atteint la Nouvelle-Zélande avec la carte de Tasman sous les yeux : un trait de côte inachevé, une baie sanglante, un cap Maria van Diemen. En six mois, l'Endeavour fait le tour complet des deux îles et prouve qu'elles ne tiennent à aucun continent austral. Cook garde le nom de cap Maria van Diemen, passe en vue des Trois Rois, entre dans le détroit que Tasman avait pris pour une baie. Son journal est la suite et la correction de celui-ci : le même océan, les mêmes Maoris, mais un siècle et quart plus tard, et cette fois une carte entière.
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Carl Peter Thunberg, Resa uti Europa, Africa, Asia, förrättad åren 1770-1779 (1770-1779)
Élève de Linné, le Suédois Carl Peter Thunberg s'engage en 1771 comme chirurgien de la Compagnie néerlandaise pour herboriser aux Indes. Il passe trois ans au Cap, gagne Batavia en mai 1775, séjourne au comptoir de Dejima et accompagne en 1776 l'ambassade hollandaise à Edo, puis vit à Ceylan de juillet 1777 à février 1778, avant de rentrer par le Cap. Son récit paraît à Uppsala à partir de 1788. Il refait presque, cent ans plus tard, le parcours du mémorial de Burckhardt, du Cap au Japon fermé en passant par Ceylan, mais avec l'œil d'un naturaliste : là où le commis rapporte des merveilles, Thunberg nomme, classe et décrit les plantes.
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Julien Crozet, Nouveau voyage à la mer du Sud (1771-1773)
En mars 1772, les navires de Marion Dufresne mouillent dans une baie de la côte est de la Terre de Van Diemen, non loin du point où le charpentier de Tasman avait planté son poteau. Les Français voient enfin les habitants que Tasman n'avait qu'entendus, et la rencontre tourne mal. Quelques mois plus tard, en Nouvelle-Zélande, Marion et une partie de ses hommes sont tués par des Maoris. Le second, Julien Crozet, ramène l'expédition et confie son récit à l'abbé Rochon, qui le publie en 1783. Une même ligne de rencontres manquées court ainsi de la baie des Meurtriers à la baie des Îles.
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James Cook, A Voyage towards the South Pole and Round the World (1772-1775)
Cinquante-deux ans après Roggeveen, en mars 1774, la Resolution de James Cook mouille devant l'île de Pâques au retour d'une longue croisière dans les glaces australes. Cook cherchait lui aussi le continent du Sud, et c'est lui qui en démontre l'absence dans les latitudes tempérées, refermant le rêve que poursuivait l'escadre hollandaise. Son récit consacre deux chapitres à l'île, à ses habitants et à ses statues gigantesques, qu'il trouve en partie renversées. Le lecteur de Behrens y retrouve les mêmes rivages vus par un navigateur qui disposait de meilleurs instruments, et mesure ce qui avait déjà changé sur l'île en un demi-siècle.
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Jean-François de La Pérouse, Voyage de La Pérouse autour du monde (1785-1788)
En avril 1786, la Boussole et l'Astrolabe font escale à l'île de Pâques. Les officiers de La Pérouse lèvent une carte de l'île, mesurent les statues, observent les habitants et leurs cultures ; on y laisse des animaux et des semences, dans l'espoir d'enrichir une terre jugée pauvre. Les journaux de l'expédition, sauvés parce qu'ils avaient été envoyés en France avant le naufrage de Vanikoro, paraissent en 1797 sous la direction de Milet-Mureau. Ils offrent le regard des Lumières sur l'île que Behrens avait décrite soixante-quatre ans plus tôt avec les mots, plus naïfs et plus inquiets, d'un soldat embarqué.
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Jacques-Julien Houtou de Labillardière, Relation du voyage à la recherche de La Pérouse (1791-1794)
Envoyé avec Bruni d'Entrecasteaux à la recherche de La Pérouse, le botaniste Labillardière refait presque pas à pas une partie de la route de Tasman. Il herborise en Tasmanie, où les Français nouent cette fois des échanges paisibles avec les habitants, puis séjourne à Tongatapu, l'île d'Amsterdam du journal, et longe la Nouvelle-Irlande. Là où Tasman notait des porcs, des cocos et des pirogues, Labillardière décrit des plantes, des outils, des danses, des visages. Son récit, publié en 1800, est l'un des plus vivants de l'âge des expéditions savantes, et montre ce que les mêmes rivages deviennent sous le regard d'un naturaliste.
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William Mariner et John Martin, An Account of the Natives of the Tonga Islands (1806-1810)
En 1806, le navire anglais Port-au-Prince est pris par les insulaires aux Ha'apai, entre Tongatapu et Nomuka. Le jeune William Mariner, épargné, est adopté par le chef Finau et vit quatre ans parmi les Tongiens, dont il apprend la langue, les guerres et les cérémonies. De retour à Londres, il dicte ses souvenirs au médecin John Martin, qui les publie en 1817. Tasman n'avait vu les Tonga que depuis son pont et ses chaloupes, le temps d'un troc ; Mariner les raconte de l'intérieur. Les deux livres encadrent un siècle et demi de contacts entre les Tongiens et les Européens.
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Pierre Loti, L'Île de Pâques, journal d'un aspirant de La Flore (1872)
En 1872, le jeune Julien Viaud, qui ne signe pas encore Pierre Loti, est aspirant sur la frégate La Flore, envoyée rapporter en France l'une des grandes statues de l'île de Pâques. Il en tire un journal, publié en 1899, où l'île devient, selon ses mots, un pays à moitié fantastique. L'île qu'il découvre a été dévastée entre-temps par les raids esclavagistes et les épidémies. Lire ce journal après Behrens, c'est mesurer un siècle et demi : le premier témoin voyait une population nombreuse et des statues debout ; le romancier trouve des survivants et des ruines, et met dans ses pages toute la mélancolie de ce qui a disparu.
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Ernst Haeckel, Indische Reisebriefe (1881-1882)
Deux siècles après Burckhardt, un autre Allemand découvre Ceylan avec émerveillement. Le zoologiste Ernst Haeckel, professeur à Iéna et grand défenseur de Darwin, débarque à Colombo le 21 novembre 1881, après un voyage par Bombay, et reste dans l'île jusqu'en mars 1882. Il installe un laboratoire à Belligemma, l'actuelle Weligama, sur la côte sud non loin de Matara, où Burckhardt avait chaviré, visite Kandy et le jardin de Peradeniya et gravit le plus haut sommet de l'île. Ses lettres, réunies sous le titre Indische Reisebriefe, célèbrent la jungle, la mer et la faune, avec les préjugés raciaux de leur temps.
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Katherine Routledge, The Mystery of Easter Island (1914-1915)
Katherine Routledge et son mari font construire une goélette, la Mana, pour gagner l'île de Pâques et y mener la première véritable enquête de terrain. L'expédition y passe dix-sept mois, de 1914 à 1915 : relevé des plateformes, des carrières de Rano Raraku et des statues, entretiens avec les derniers habitants qui se souvenaient des anciens rites. Le livre, paru en 1919, mêle récit d'aventure et travail savant, avec une liberté de ton remarquable. On y retrouve, deux siècles plus tard, les questions que posait déjà Behrens devant les grandes figures de pierre : qui les a dressées, comment, et pour quoi faire.
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Thor Heyerdahl, Aku-Aku (1955-1956)
Huit ans après le Kon-Tiki, Thor Heyerdahl débarque à l'île de Pâques avec cinq archéologues norvégiens, chiliens et américains. Au pied du volcan Rano Raraku, l'équipe dégage des statues qu'on croyait réduites à des têtes et met au jour leurs torses colossaux enfouis ; des familles de l'île lui ouvrent leurs grottes secrètes et leurs petites sculptures anciennes. Le récit, paru en norvégien en 1957 puis traduit dans de nombreuses langues, a fait de l'île un mystère populaire. Ses thèses sur un peuplement venu d'Amérique ont été depuis largement rejetées, mais le livre reste un témoignage vivant sur l'île telle que Behrens fut l'un des premiers à la décrire.


