Nos titres sur ce sujet
XXe siècle
À lire aussi : récits et ouvrages sur le même thème
Récits et ouvrages autour de ce sujet, classés par date, pour situer nos titres. Un lien mène à une édition libre en ligne quand elle existe, ou à notre fiche lorsque l'ouvrage fait partie de notre catalogue.
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Robert Falcon Scott, The Voyage of the Discovery (1905)
Rentré en Angleterre en septembre 1904, Robert Falcon Scott raconte l'expédition du Discovery, trois années passées dans la mer de Ross, au bord du continent antarctique. On y suit l'hivernage dans la nuit polaire, les premiers essais de traîneaux, les chiens qui meurent un à un, et la marche vers le sud de Scott, Wilson et Shackleton, qui atteignent en décembre 1902 une latitude jamais approchée jusque-là, avant un retour éprouvé par le scorbut. Le livre paraît en 1905 : tandis que l'Europe se lance à l'assaut des pôles, un Bengali découvre pour la première fois la haute mer et les peuples de l'Asie de l'Est.
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Isabelle Eberhardt, Dans l'ombre chaude de l'Islam (1906)
En 1903 et 1904, Isabelle Eberhardt, née à Genève et convertie à l'islam, parcourt à cheval le Sud-Oranais, aux confins de l'Algérie et du Maroc, vêtue en cavalier arabe. Elle séjourne à la zaouïa de Kenadsa, partage la vie des nomades, des soldats et des lettrés soufis, et consigne la lumière, la faim, la prière et la lenteur des jours dans les ksour. Elle meurt dans la crue d'Aïn Sefra en octobre 1904 ; ses notes, publiées en 1906 par Victor Barrucand, la même année que le Voyage en Chine, offrent un autre regard de l'intérieur, tendre et inquiet, sur une terre soumise à l'Europe.
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Gertrude Bell, Syria: The Desert and the Sown (1907)
Au début de 1905, pendant que les paquebots d'Asie mènent Mallick vers la Chine, l'Anglaise Gertrude Bell part de Jérusalem à cheval, franchit le Jourdain et remonte vers le Djebel druze, Damas, Alep et Antioche. Elle dort sous la tente des Bédouins, discute avec les cheikhs, les notables et les fonctionnaires ottomans, relève les ruines romaines et byzantines et note avec soin ce que chacun lui dit de son monde. Comme le voyageur bengali, elle écoute plus qu'elle ne juge, et son livre peint un vieil empire, l'Empire ottoman, à la veille des grands bouleversements, en écho saisissant à la Chine finissante de Cixi.
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Roald Amundsen, Nordvestpassagen (1907)
De 1903 à 1906, le Norvégien Roald Amundsen conduit la Gjøa, un petit bateau de pêche reconverti, à travers le passage du Nord-Ouest que les marins d'Europe cherchaient depuis des siècles. Il hiverne longuement dans une anse de l'île du Roi-Guillaume, auprès des Inuits Netsilik, dont il apprend l'usage des fourrures, des chiens et des igloos, tout en mesurant la position du pôle magnétique. Pendant que Mallick s'étonne de la vigueur des coolies chinois et de l'énergie des Japonais, Amundsen admire l'ingéniosité de peuples que l'Europe tenait pour primitifs : deux voyageurs qui apprennent des autres au lieu de les mépriser.
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Hiram Bingham, The Journal of an Expedition across Venezuela and Colombia, 1906-1907 (1909)
En 1906 et 1907, le jeune universitaire américain Hiram Bingham, qui fera connaître le Machu Picchu en 1911, traverse le Venezuela et la Colombie à dos de mule pour suivre la route de la marche de Bolívar en 1819, à travers les llanos et les Andes, jusqu'aux champs de bataille de Boyacá et de Carabobo. Il décrit les fièvres, les rivières en crue, les villages pauvres, les routes défoncées et l'hospitalité des haciendas. Comme Mallick devant la Birmanie annexée ou la Chine humiliée, il lit chaque paysage avec un livre d'histoire à la main, celui d'une indépendance conquise, d'une grandeur passée et d'un présent fragile.
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Muhammad Labib al-Batanuni, Le Voyage au Hedjaz (al-Rihla al-Hijaziyya) (1909-1910)
À l'hiver 1909, deux ans avant que le prince ne s'embarque pour New York, son frère le khédive Abbas II accomplit le pèlerinage de La Mecque. Muhammad Labib al-Batanuni fait partie du voyage et en tire un gros livre publié au Caire en 1911 : la traversée de la mer Rouge, Djeddah, les rites, Médine, mais aussi les chiffres, les routes, les finances et le tout récent chemin de fer du Hedjaz. Même cour, même génération de voyageurs égyptiens nourris de statistiques et de réformes : vers l'est, le pèlerin mesure les villes saintes ; vers l'ouest, le prince mesure Chicago. Deux regards égyptiens qui interrogent le progrès, à la même heure.
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Theodore Roosevelt, African Game Trails (1910)
En avril 1909, à peine sorti de la Maison-Blanche, Theodore Roosevelt débarque à Mombasa pour une expédition de collecte du Smithsonian. Pendant près d'un an, il traverse l'actuel Kenya et l'Ouganda, puis descend le Nil jusqu'à Khartoum, avec son fils Kermit, des porteurs par centaines et des milliers de spécimens destinés aux musées américains. African Game Trails, paru en 1910, mêle récits de chasse, notes de naturaliste et assurance coloniale. C'est l'autre visage de l'Europe et de l'Amérique que Zaydan regarde en 1912 : celui qui classe, collectionne et administre le monde. Le chapitre du Voyage sur la colonisation anglaise prend, à côté, un relief particulier.
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Apsley Cherry-Garrard, Le Pire Voyage au monde (1910-1913)
En 1910, l'expédition Terra Nova de Robert Falcon Scott part à la conquête du pôle Sud. Apsley Cherry-Garrard, l'un des plus jeunes de l'équipe, raconte dans ce livre paru en 1922 la nuit polaire, l'expédition d'hiver vers les manchots empereurs du cap Crozier et la découverte, en novembre 1912, de la tente où reposaient Scott et ses compagnons. Pendant que le prince admire les glaciers d'Alaska depuis le pont d'un vapeur de tourisme, à l'été 1912, ses camarades attendent encore le retour d'hommes déjà morts de froid à l'autre bout du monde. La même année, deux visages de la glace : spectacle confortable au nord, épreuve mortelle au sud.
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Gertrude Bell, Amurath to Amurath (1911)
Le mouvement inverse de celui de Zaydan : une Anglaise qui part vers l'Orient. En 1909, Gertrude Bell descend l'Euphrate depuis Alep, relève les ruines de Mésopotamie, pousse jusqu'à Bagdad puis remonte par le Tigre et l'Anatolie. Archéologue, arabisante, elle observe les tribus, les fonctionnaires ottomans et les secousses de la révolution jeune-turque avec une curiosité sans complaisance. Son livre paraît en 1911, l'année même où l'auteur du Voyage en Europe s'apprête à juger Londres. Lire les deux ensemble, c'est voir le même siècle par les deux bouts de la lorgnette : l'Europe qui étudie l'Orient, l'Orient qui étudie l'Europe, chacun persuadé d'y trouver une leçon.
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Le Corbusier, Le Voyage d'Orient (1911)
En 1911, un jeune Suisse de vingt-trois ans, Charles-Édouard Jeanneret, qui ne s'appelle pas encore Le Corbusier, part avec un ami pour un long périple par Vienne, Budapest, les Balkans, Constantinople, le mont Athos, Athènes et l'Italie. Ses carnets, publiés seulement en 1966, regardent les maisons, les mosquées, les cafés et l'Acropole avec un œil d'architecte en formation. Le prince fait l'année suivante le chemin inverse : l'Oriental découvre les gratte-ciel de Manhattan et les hôtels géants de Chicago, quand l'Occidental vient chercher en Orient la leçon de la géométrie et de la lumière. Deux voyages croisés, à la veille des guerres qui vont défaire l'Empire ottoman.
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Roald Amundsen, Le Pôle Sud (1912)
Pendant que Zaydan prépare l'examen méthodique d'une Europe sûre d'elle, un Norvégien vient de lui offrir l'un de ses derniers triomphes. Parti avec le Fram en 1910, Amundsen hiverne sur la Barrière de Ross, puis file vers le sud avec ses traîneaux et ses chiens, qu'il sacrifie un à un selon un plan froidement calculé. Le 14 décembre 1911, il plante le drapeau au pôle, devançant Scott. Son récit, sobre et technique, célèbre l'organisation, la prévoyance et la discipline : exactement les vertus que Zaydan admire chez les Européens, poussées ici jusqu'au bout du monde habitable, là où il n'y a plus rien à civiliser.
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Fridtjof Nansen, Through Siberia, the Land of the Future (1913)
À l'été 1913, Fridtjof Nansen embarque sur le vapeur Correct pour ouvrir une route maritime par la mer de Kara jusqu'à l'embouchure de l'Ienisseï, puis remonte le fleuve et traverse la Sibérie jusqu'à Vladivostok. Il observe les forêts, les villages de colons, les peuples autochtones, et voit dans ces immensités une terre d'avenir, comme on parlait alors de l'Ouest américain. Le parallèle avec le prince est direct : même fascination pour le chemin de fer qui ouvre un continent, même attention aux peuples premiers que la colonisation repousse, l'un en Sibérie, l'autre chez les Indiens de l'Arizona et de l'Alaska, à un an d'écart seulement.
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Vilhjalmur Stefansson, My Life with the Eskimo (1913)
De 1908 à 1912, l'anthropologue canado-américain Stefansson vit dans l'Arctique canadien, chasse avec les Inuit, partage leur nourriture et leurs maisons de neige, apprend leur langue. Il rapporte de la région du golfe du Couronnement la description de communautés jusque-là presque inconnues des Européens, et un credo : on peut vivre du pays si l'on accepte d'imiter ceux qui l'habitent. Son livre paraît en 1913, à peine un an après le retour de Zaydan. Les deux hommes posent au fond la même question, depuis des bords opposés : qu'est-ce qu'un peuple doit emprunter à un autre, et que doit-il garder de lui-même pour ne pas se perdre ?
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Rabindranath Tagore, Japan-Jatri (1919)
En mai 1916, Rabindranath Tagore, prix Nobel de littérature trois ans plus tôt, quitte Calcutta sur le Tosa Maru, un petit cargo japonais, et suit la route de Mallick par Rangoun et les mers d'Asie jusqu'au Japon. Ses lettres de voyage, parues d'abord dans des revues bengalies puis réunies en 1919 sous le titre Japan-Jatri, racontent la tempête du golfe du Bengale, les passagers de pont montés à Rangoun, puis un pays qui s'est modernisé sans renoncer à sa beauté. Douze ans après Mallick, un autre Bengali regarde l'Asie de l'Est comme un miroir tendu à l'Inde, entre admiration pour l'énergie des peuples et inquiétude devant le modèle européen.
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Hiram Bingham, Inca Land (1922)
En juillet 1911, un an avant l'été européen de Zaydan, un universitaire de Yale grimpe à travers la jungle des Andes et découvre, sous la végétation, les terrasses de Machu Picchu. Inca Land rassemble les explorations de Bingham dans les hautes terres du Pérou : ponts de lianes au-dessus de l'Apurimac, mules épuisées, guides quechuas, mal des montagnes et ruines qu'il croit être la dernière capitale inca. Comme Zaydan au Louvre ou au British Museum, Bingham s'interroge sur ce qu'une civilisation laisse derrière elle et sur qui a le droit de la raconter. Mais lui cherche un passé perdu, quand le Levantin scrute le présent triomphant.
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Georges Duhamel, Scènes de la vie future (1928)
En 1928, Georges Duhamel traverse l'Atlantique et passe quelques semaines aux États-Unis. Il en rapporte Scènes de la vie future, publié en 1930, réquisitoire contre une civilisation de la machine, de la publicité et de la standardisation. Les abattoirs de Chicago, le cinéma, l'automobile, la foule pressée : Duhamel s'arrête souvent devant les mêmes spectacles que le prince et y voit la menace d'un avenir mécanique pour l'Europe. La comparaison éclaire les deux livres : le prince égyptien s'agace du bruit et des réclames mais admire l'organisation, quand l'écrivain français, seize ans plus tard, n'y voit plus guère qu'un asservissement.
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William Somerset Maugham, The Gentleman in the Parlour (1930)
En 1922 et 1923, William Somerset Maugham débarque à Rangoun, parcourt la Birmanie jusqu'à Mandalay, puis gagne à dos de mule les États shan et la frontière du Siam, avant de poursuivre par Bangkok et le Cambodge jusqu'à Haiphong. Son récit, paru en 1930, mêle paysages de fleuve et de jungle, rencontres de hasard, petits portraits de fonctionnaires britanniques et d'aventuriers échoués, et réflexions sur l'art de voyager. On y retrouve la Birmanie britannique que Mallick avait observée une génération plus tôt, ses pagodes, ses moines et ses bazars, cette fois par les yeux d'un Anglais ironique et lucide sur le monde colonial auquel il appartient.
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George Orwell, Dans la dèche à Paris et à Londres (1933)
Zaydan comparait Paris et Londres du point de vue du visiteur instruit, entre musées, parlements et écoles. Orwell, vingt ans plus tard, descend d'un étage, puis de plusieurs. En 1928 et 1929, il est plongeur dans les cuisines d'un grand hôtel parisien près de la Concorde, puis dans un restaurant russe ; rentré en Angleterre, il erre de foyer en asile de nuit dans les environs de Londres. Paru en 1933, son premier livre décrit l'envers exact des façades que l'écrivain levantin admirait. Il ne contredit pas Zaydan : il le complète, en montrant ce que coûte, en bas de l'échelle, l'ordre européen.
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Henri Michaux, Un barbare en Asie (1933)
En 1930 et 1931, le poète belge Henri Michaux traverse l'Inde, l'Asie du Sud-Est, la Chine et le Japon. Un barbare en Asie, paru en 1933, n'a rien d'un guide : c'est une suite de notes vives et partiales sur les gestes, les visages, les foules, le théâtre, l'écriture et les religions. Comme Mallick devant les Chinois de Hong Kong et d'Amoy, Michaux s'émerveille de l'énergie et de la retenue chinoises, s'interroge sur la place des femmes et sur la force des caractères écrits, et compare sans cesse ce qu'il voit à son propre monde, avec un humour qui n'épargne personne, pas même lui.
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Tawfiq al-Hakim, Usfur min al-Sharq (Un moineau d'Orient) (1938)
Le jeune Égyptien Tawfiq al-Hakim arrive à Paris en 1925 pour y préparer un doctorat de droit ; il passe surtout ses soirées au théâtre et à l'Opéra, et rentre au Caire en 1928 sans diplôme, mais décidé à transformer la scène arabe. Dix ans plus tard, il tire de ces années un roman : Muhsin, son double, y découvre la ville, s'éprend d'une Parisienne et se heurte au matérialisme de l'Occident industriel. C'est la question de Zaydan reprise par la génération suivante, avec moins d'admiration et plus d'inquiétude : que doit prendre l'Orient à l'Europe, et que risque-t-il d'y perdre ?
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Stefan Zweig, Le Monde d'hier. Souvenirs d'un Européen (1942)
Le monde que visite Zaydan en 1912, Zweig le connaissait de l'intérieur, et il l'a vu mourir. Écrits en exil et parus en 1942, après le suicide de l'auteur, ces souvenirs reviennent sur ses séjours à Paris avant 1914, sur Londres, où il s'installe dans les années 1930, et sur la Suisse, refuge des pacifistes pendant la Grande Guerre. Zweig y peint l'Europe de la sécurité, des bibliothèques et des voyages sans passeport, la même dont le Levantin dresse l'inventaire, curieux et confiant. Lu après le Voyage en Europe, le livre en donne la suite tragique : ce que Zaydan proposait en modèle à l'Orient allait se déchirer deux ans plus tard.
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Simone de Beauvoir, L'Amérique au jour le jour (1947)
De janvier à mai 1947, Simone de Beauvoir parcourt les États-Unis en conférencière : New York, Chicago, où elle rencontre Nelson Algren, la traversée vers l'Ouest, la Californie, les déserts et les villages indiens du Sud-Ouest, puis le Sud. L'Amérique au jour le jour, paru en 1948, tient le journal de ces mois avec une curiosité gourmande et un regard critique sur l'argent et la ségrégation. Trente-cinq ans après le prince, elle retrouve les trains, les hôtels démesurés et les foules de Broadway, et pose à son tour la question de la place faite aux Noirs et aux Indiens dans la puissance américaine, avec une liberté de femme que le prince observait chez les Américaines.
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Sayyid Qutb, L'Amérique que j'ai vue (Amrika allati ra'aytu) (1948-1950)
De la fin de 1948 à 1950, l'Égyptien Sayyid Qutb, alors fonctionnaire du ministère de l'Instruction publique, étudie aux États-Unis, notamment à Greeley, dans le Colorado, puis en Californie. Il en tire une série d'articles, L'Amérique que j'ai vue, publiés au Caire en 1951. Le texte est sévère : matérialisme, mœurs, sport brutal, racisme. Lu à côté du prince, il dessine une tradition égyptienne du regard sur l'Amérique. Le Colorado est le même, les questions aussi, la liberté des femmes, la publicité, la place des non-Blancs, mais l'admiration de 1912 a cédé la place au rejet, et Qutb deviendra l'un des penseurs majeurs des Frères musulmans.
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John Steinbeck, Voyage avec Charley (1960)
À l'automne 1960, John Steinbeck aménage une camionnette, embarque son caniche Charley et fait le tour des États-Unis pour retrouver le pays dont il écrit. Voyage avec Charley, paru en 1962, suit une route qui croise souvent celle du prince : les chutes du Niagara, où une affaire de certificat de vaccination du chien le fait renoncer au Canada, Chicago, les Rocheuses, Seattle, l'Oregon et la Californie de sa jeunesse. Il trouve un pays transformé par l'automobile, les déchets et le béton, inquiet de sa propre uniformité. Un demi-siècle après 1912, le progrès qu'admirait le voyageur égyptien montre son revers.
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Ernest Hemingway, Paris est une fête (1964)
Une décennie après Zaydan, Paris a changé de visage, mais pas de pouvoir d'attraction. De 1921 à 1926, le jeune Hemingway y vit pauvrement avec sa femme Hadley, écrit dans les cafés de Montparnasse, emprunte des livres chez Sylvia Beach à Shakespeare and Company, fréquente Gertrude Stein, Ezra Pound, Scott Fitzgerald. Rédigés à la fin de sa vie et publiés en 1964 après sa mort, ces souvenirs font de la ville une école d'écriture et de discipline. Zaydan voyait dans Paris la capitale du goût et de la réclame ; l'Américain y trouve celle de la faim féconde et de la phrase juste. Deux étrangers, deux leçons de la même ville.
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Paul Theroux, The Great Railway Bazaar (1975)
En 1973, l'Américain Paul Theroux part de la gare Victoria, à Londres, et gagne Tokyo presque uniquement en train, par l'Iran, l'Afghanistan, l'Inde, la Birmanie, la Malaisie, Singapour et le Viêt Nam, avant de rentrer par le Transsibérien. Son livre, paru en 1975, est devenu un classique du récit de voyage moderne : compagnons de compartiment, conversations de quai, rails qui traversent des pays en guerre ou à bout de souffle. Soixante-dix ans après Mallick, la même mosaïque de peuples défile entre Rangoun et Singapour, et le même goût des portraits saisis sur le vif, tendres ou cruels, tient tout le récit.
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John McPhee, Coming into the Country (1977)
Coming into the Country, paru en 1977, est le grand livre de John McPhee sur l'Alaska. Il y suit des naturalistes sur les rivières de l'Arctique, enquête sur le projet de déplacer la capitale loin de Juneau, puis s'installe parmi les chercheurs d'or et les trappeurs du haut Yukon, autour d'Eagle. Soixante ans après le passage du prince, l'Alaska n'est plus une croisière de glaciers et de totems, mais un État où s'affrontent protection de la nature, droits des autochtones et rêve d'or toujours vivace. Quant à la mine de Treadwell, visitée en détail en 1912, elle s'est effondrée sous la mer en 1917.
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Jan Morris, Hong Kong (1988)
Jan Morris, qui avait suivi pour la presse britannique la conquête de l'Everest en 1953, consacre en 1988 un grand livre à Hong Kong, alors à neuf ans de sa rétrocession à la Chine. Elle y raconte la naissance de la colonie après la guerre de l'opium, le règne des grandes maisons de commerce, les sampans de la rade, le Pic et ses villas, Kowloon et la frontière, et la foule chinoise qui fait vivre la ville sous le drapeau britannique. Les décors que Mallick découvrait au début du siècle, le funiculaire, le jardin botanique, la douane de l'opium, y prennent toute leur profondeur historique, jusqu'au crépuscule de l'Empire.
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Bill Bryson, Nos voisins du dessous. Chroniques anglaises (1995)
Américain installé depuis vingt ans en Angleterre, Bill Bryson décide, avant de repartir vivre aux États-Unis, de faire le tour de son pays d'adoption en n'utilisant que les transports publics. D'Exeter à John o' Groats, en passant par les villages du Yorkshire et la cathédrale de Durham, il observe les manies, la courtoisie, l'amour des files d'attente et le goût du compromis des Britanniques, avec un humour tendre. Zaydan, en 1912, s'efforçait déjà de saisir le caractère anglais, sa morale, son éducation, ses institutions. Quatre-vingts ans plus tard, un autre étranger, plus moqueur mais tout aussi admiratif, reprend l'enquête et constate que l'essentiel n'a pas tant changé.


