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Histoire de la Somalie : la corne de l'Afrique vue par ses premiers voyageurs

La côte somalienne est l'une des plus anciennement décrites d'Afrique. Vers 1470 avant notre ère, la reine Hatshepsout envoie une flotte au pays de Pount, d'où reviennent encens, myrrhe et babouins ; bien des historiens le placent sur cette côte. Au Ier siècle, le Périple de la mer Érythrée, manuel d'un marchand grec d'Égypte, énumère les comptoirs de la Barbarie : Malao, l'actuelle Berbera, Mosyllon, le cap des Aromates, qui est le Guardafui, et Opone, près de Hafun, où l'on charge cannelle, écaille de tortue et esclaves.

Les témoins suivants écrivent en arabe et en chinois. Au IXe siècle, le lettré Duan Chengshi décrit Bobali, pays de pasteurs qui boivent le sang mêlé au lait de leurs bêtes. Au XIIIe siècle, Yaqut nomme Mogadiscio la première ville de la côte des Zanj, et en 1331 un voyageur de Tanger y est reçu par le sultan après une escale à Zeila, qu'il trouve sale et puante. Entre 1417 et 1422, les flottes de l'amiral Zheng He mouillent devant Mogadiscio et Brava et rapportent à Pékin une girafe et des ambassadeurs.

Les Portugais arrivent par la mer. Vasco da Gama longe Mogadiscio au retour des Indes en 1499 et la canonne ; Tristão da Cunha met Brava à sac en 1507, Lopo Soares de Albergaria brûle Zeila en 1517, António de Saldanha Berbera l'année suivante. Dans l'arrière-pays, le sultanat d'Adal, dont Zeila est le port, lance avec l'imam Ahmad Gragn la grande guerre contre l'Éthiopie chrétienne (1529-1543), que raconte la chronique arabe de Shihab al-Din.

Le XIXe siècle ouvre l'intérieur. L'officier français Charles Guillain relève les côtes du Benadir en 1846-1848, les Britanniques fréquentent Berbera depuis Aden, et en 1855 des officiers de l'armée des Indes y sont attaqués dans leur campement. Carl Claus von der Decken meurt sur le Djouba en 1865 ; Georges Révoil parcourt le pays des Majeerteen vers 1880, Luigi Robecchi Bricchetti traverse la péninsule d'Obbia à Berbera en 1891, Vittorio Bottego remonte le Djouba en 1892-1893. Ils décrivent les clans, les puits et la poésie orale, que les Somalis tiennent pour leur premier art.

Le partage colonial suit : Somaliland britannique en 1884-1887, protectorats italiens à partir de 1889, puis vingt ans de résistance des derviches de Mohammed Abdullah Hassan, jusqu'en 1920.

Ce dossier réunit nos éditions de récits de témoins et un répertoire d'autres récits anciens sur la Somalie.

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