Nos titres sur ce sujet
À lire aussi : récits et ouvrages sur le même thème
Récits et ouvrages autour de ce sujet, classés par date, pour situer nos titres. Un lien mène à une édition libre en ligne quand elle existe, ou à notre fiche lorsque l'ouvrage fait partie de notre catalogue.
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Snorri Sturluson, La Saga des rois de Norvège (v. 1230)
Un siècle après Adam, l'Islandais Snorri raconte de l'intérieur les rois que le chanoine n'a connus que par ouï-dire. Harald Hardrada, les deux Olaf, Cnut le Grand y reparaissent, mais vus par les Nordiques eux-mêmes, avec leurs sagas, leurs scaldes et leur mémoire propre. Lire Snorri après Adam, c'est entendre l'autre version de la même histoire, celle des conquis qui prennent enfin la parole.
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Saxo Grammaticus, La Geste des Danois (v. 1200)
Vers 1200, ce clerc danois compose en latin la grande chronique de son peuple. Il connaît l'œuvre d'Adam et la prolonge, donnant aux rois danois leur épopée nationale. On y croise les héros et les légendes que Brême avait à peine entrevus, dans une langue ample qui veut rivaliser avec les Anciens.
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Olaus Magnus, Histoire des peuples du Nord (1555)
En 1555, ce prélat suédois exilé à Rome publie une vaste description de la Scandinavie, illustrée de gravures fameuses. Cinq siècles après Adam, il décrit encore les mêmes glaces, les mêmes monstres marins, les mêmes peuples des confins, mais avec l'œil de la Renaissance. Le merveilleux d'Adam y survit, à peine atténué par la science nouvelle.
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Michel de Montaigne, Journal de voyage en Italie (1580-1581)
Trois quarts de siècle après Dürer, Montaigne passe par la Suisse et l'Allemagne pour gagner l'Italie et s'arrête une semaine à Venise en novembre 1580. Il y trouve la ville moins merveilleuse qu'il ne l'avait imaginée, observe ses institutions, sa police et ses courtisanes, et reçoit un livre de lettres de Veronica Franco. Le journal, dicté en partie à un secrétaire, ne fut retrouvé et publié qu'en 1774. On y retrouve ce que Dürer décrivait de l'intérieur : une ville qui accueille l'étranger avec curiosité et un peu de méfiance, et un voyageur du Nord qui mesure, avec ironie, ce qu'il a gagné et perdu à sortir de chez lui.
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Thomas Coryat, Coryat's Crudities (1608)
En 1608, un excentrique du Somerset part à pied à travers la France et l'Italie, passe six semaines à Venise, puis rentre en Angleterre par la Suisse, le Rhin et les Pays-Bas. Ses Crudities, publiées en 1611, offrent l'une des descriptions anglaises les plus vivantes de Venise : la place Saint-Marc, les gondoles, les courtisanes, le palais des Doges, et l'usage italien de la fourchette, qu'il rapporte comme une curiosité. Sur le Rhin, il descend presque le même fleuve que Dürer, de Mayence à Cologne, et traverse ensuite les provinces néerlandaises. Son ton farceur et vantard rappelle parfois les lettres de Dürer à Pirckheimer, un siècle plus tôt, quand le peintre se moquait de ses amis restés à Nuremberg.
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Johann Wolfgang von Goethe, Voyage en Italie (1786-1788)
En septembre 1786, Goethe quitte Karlsbad en secret et descend vers l'Italie. Il passe un peu plus de deux semaines à Venise, monte au campanile de Saint-Marc, regarde les bateaux, découvre la mer, court les églises de Palladio et les tableaux des maîtres vénitiens, assiste aux plaidoiries et au théâtre populaire. C'est le récit fondateur du voyage allemand en Italie, celui d'un homme du Nord qui vient y chercher une renaissance personnelle. Dürer, près de trois siècles plus tôt, avait déjà fait ce chemin et éprouvé la même chose, dans une langue plus crue : à Venise on le traite en gentilhomme, et il craint de redevenir, chez lui, un simple parasite.
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John Gabriel Stedman, Narrative of a Five Years' Expedition against the Revolted Negroes of Surinam (1796)
Officier écossais au service de la Hollande, Stedman a combattu au Surinam de 1772 à 1777 les marrons de Boni, dans les mêmes marais et les mêmes forêts que John Thomson. Son grand récit, paru à Londres en 1796 avec des gravures de William Blake, raconte les marches dans la boue, les hamacs tendus aux arbres, les moustiques, les villages incendiés, et l'atroce justice des planteurs. Il y mêle son amour pour Joanna, une jeune esclave. La lettre de Thomson, écrite en 1787, est un petit frère anonyme de ce livre célèbre : même guerre, même pitié devant les cases brûlées et les arbres abattus.
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Albert von Sack, A Narrative of a Voyage to Surinam (1810)
Vingt ans après Thomson, le baron prussien Albert von Sack s'installe au Surinam de 1805 à 1807, pendant les guerres napoléoniennes, alors que la colonie est passée sous contrôle anglais. Naturaliste amateur, il décrit la faune, la flore, les plantations et les mœurs de la colonie, puis rentre en Europe par l'Amérique du Nord, Philadelphie, New York et Boston. Son récit paraît à Londres en 1810, traduit de l'allemand. Le lecteur y retrouve la même colonie que dans la lettre de Thomson, vue cette fois par un gentilhomme curieux et non par un soldat mal payé qui boit de l'eau faute de bière.
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Victor Hugo, Le Rhin (1838-1840)
Hugo remonte le Rhin à la fin des années 1830 et en tire, en 1842, un livre de lettres à un ami. Il s'arrête à Aix-la-Chapelle devant le tombeau de Charlemagne, contemple la cathédrale inachevée de Cologne, s'émerveille devant Bacharach, Saint-Goar et les burgs en ruine, et mêle aux paysages les légendes, l'histoire et la politique européenne. C'est presque exactement la route de Dürer en 1520 : les mêmes villes de péage, la même chapelle de Charlemagne où le peintre vit sacrer Charles Quint, la même Cologne où il obtint sa pension. Là où Dürer comptait les florins versés aux douaniers, Hugo rêve devant les ruines d'un Moyen Âge disparu.
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Pierre Jacques Benoit, Voyage à Surinam (1839)
Peintre belge, Pierre Jacques Benoit se rend au Surinam en 1830 et en rapporte un album publié à Bruxelles en 1839 : près de cent lithographies et un texte qui retrace l'histoire de la colonie, sa population, ses fêtes, son commerce et ses plantations. Les planches montrent les Amérindiens, les esclaves, les colons, les maisons de Paramaribo et les paysages du fleuve. C'est l'image qui manque à la lettre de Thomson : la colonie qu'il décrit sans pouvoir la dessiner, saisie par un artiste un demi-siècle plus tard, une génération avant l'abolition de l'esclavage au Surinam en 1863.
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Johann Georg Kohl, Die deutsch-russischen Ostseeprovinzen (1841)
Précepteur en Courlande dès 1830, Johann Georg Kohl parcourt ensuite la Livonie avant de pousser jusqu'à Saint-Pétersbourg. En 1841, il publie à Dresde deux volumes sur la nature et la vie des peuples des provinces baltes : barons allemands, paysans lettons et estes, villes hanséatiques, routes de poste et longs hivers. C'est la Riga de Peters quatre-vingts ans plus tard, vue par un Brêmois parti, comme lui, gagner sa vie dans ces provinces russes de langue allemande. Les traîneaux, les relais et les pasteurs de campagne y sont toujours.
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Eugène Fromentin, Les Maîtres d'autrefois (1875)
Peintre et écrivain, Fromentin part en 1875 voir sur place les tableaux de Belgique et de Hollande, et publie l'année suivante ce livre devenu un classique de la critique d'art. Il suit Rubens à Anvers et Malines, s'arrête à Bruges devant Memling, à Gand devant l'Agneau mystique des Van Eyck, puis gagne la Hollande de Rembrandt. C'est l'un des rares récits qui regardent ces villes avec des yeux de peintre, comme Dürer en 1521, quand il notait à Gand le tableau de Jan et à Bruges la Vierge de Michel-Ange. Trois siècles et demi séparent les deux voyageurs, mais la même question les guide : comment ces maîtres ont-ils fait ?
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Jules Crevaux, Voyages dans l'Amérique du Sud (1883)
En juillet 1877, le médecin de marine Jules Crevaux remonte le Maroni, le fleuve qui sépare aujourd'hui le Suriname de la Guyane française. Il y rencontre les descendants des marrons que les soldats de Thomson pourchassaient un siècle plus tôt : un Aluku, Apatou, devient son guide. Ensemble ils gagnent les Wayanas, franchissent les monts Tumuc-Humac et descendent le Jari jusqu'à l'Amazone ; Crevaux arrive à Belém presque nu. Le récit de ses expéditions paraît chez Hachette en 1883. Les fugitifs d'hier sont devenus des bateliers et des guides, maîtres d'une forêt où les Européens ne savent toujours pas marcher.
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Pierre Loti, Pêcheur d'Islande (1886)
À la fin du dix-neuvième siècle, le romancier français suit les marins bretons qui campagnent sur les bancs glacés d'Islande. La Thulé d'Adam, terre où la glace brûle, est devenue un lieu de labeur et de deuil. Le roman donne chair, à huit siècles de distance, à l'effroi que le chanoine éprouvait devant ces mers du bout du monde.


