Portrait de Friedrich Dieterici

L'auteur du texte

Friedrich Dieterici

Reisebilder aus dem Morgenlande (1847-1848)
Friedrich Dieterici est l'auteur de Reisebilder aus dem Morgenlande (1847-1848). Itinerarium en publie 3 éditions modernisées, réécrites en français contemporain et illustrées, disponibles en ebook, livre papier et audiobook.

Biographie

Friedrich Heinrich Dieterici naît à Berlin le 6 juillet 1821. Son père, Carl Friedrich Dieterici, est un statisticien et économiste de l'administration prussienne. Le fils choisit une autre voie : les langues orientales, et d'abord l'arabe. Il étudie à Halle auprès d'Emil Rödiger, à Leipzig auprès de Heinrich Leberecht Fleischer, l'un des maîtres de l'arabisme allemand, et à Berlin. Ses premiers travaux portent sur la grammaire et la poésie : en 1847 paraît une étude consacrée au poète al-Mutanabbi et à son protecteur, le prince hamdanide Sayf al-Dawla.

Habilité à Berlin en 1846, le jeune savant part l'année suivante pour l'Orient. De novembre 1847 à l'été 1849, il vit au Caire, remonte le Nil jusqu'en Haute-Égypte et en Nubie, traverse le Sinaï et l'Arabie Pétrée, puis gagne la Palestine, Damas et Beyrouth. De ce voyage naît en 1853 un livre, les Reisebilder aus dem Morgenlande, où l'arabisant se fait conteur : scènes de rue, leçons chez un cheikh, épidémie de choléra, caravane de Bédouins, ruines de Pétra.

En octobre 1850, il est nommé professeur extraordinaire de littérature arabe à l'université de Berlin, où il enseignera jusqu'à la fin de sa vie. Il donne une édition de l'Alfiyya d'Ibn Malik, le grand poème didactique de la grammaire arabe, avec le commentaire d'Ibn Aqil, une Chrestomathie ottomane (1854), puis une édition des poèmes d'al-Mutanabbi accompagnée du commentaire d'al-Wahidi. Il publie aussi un dictionnaire arabe-allemand du Coran.

La seconde moitié de sa carrière est tournée vers la philosophie arabe, alors presque inaccessible aux lecteurs européens. Dieterici traduit et commente les épîtres des Frères de la Pureté (Ikhwan al-Safa), encyclopédie savante composée au Xe siècle, dans une longue série d'ouvrages réunis sous le titre Die Philosophie der Araber im X. Jahrhundert. Il édite et traduit des traités d'al-Farabi et la « Théologie d'Aristote », compilation néoplatonicienne attribuée à tort au philosophe grec. Il prend part aussi aux débats de son temps avec un essai sur le darwinisme (1878), qu'il met en regard des penseurs arabes du Xe siècle.

Membre de la Société orientale allemande, il est nommé professeur honoraire en 1901. Il avait épousé Amanda Badicke ; parmi leurs quatre enfants, Konrad devint professeur de physique et Walter dirigea la police criminelle de Berlin. Friedrich Dieterici meurt à Berlin le 18 août 1903, à quatre-vingt-deux ans.

Ses Reisebilder occupent une place à part dans son œuvre. C'est le seul de ses livres où le philologue parle en témoin, avec l'assurance et les préjugés d'un chrétien prussien du milieu du XIXe siècle, mais aussi avec la curiosité d'un homme qui lisait l'arabe et pouvait converser avec ceux qu'il rencontrait.

Ses livres chez Itinerarium