Nos titres sur ce sujet
À lire aussi : récits et ouvrages sur le même thème
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Pieter van den Broecke, Journal des voyages aux Indes orientales (1605-1630)
Marchand au service de la jeune Compagnie néerlandaise, contemporain exact de Pyrard, van den Broecke trafique au même moment dans le golfe et sur les mêmes côtes que celles où Pyrard erre prisonnier. Son journal sec de négociant, attentif aux cargaisons et aux cours du poivre, éclaire en creux ce que Pyrard ne dit pas : la guerre commerciale féroce que Portugais, Hollandais et Anglais se livraient sur ces eaux pendant qu'un naufragé en apprenait, lui, les langues et les coutumes.
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William Hawkins, Relation de son séjour à la cour du Grand Moghol (1608-1613)
Capitaine anglais débarqué à Surate en 1608, l'année même où Pyrard est jeté en prison à Cochin, Hawkins remonte vers Agra et la cour de l'empereur Jahangir. Tandis que le Français découvre l'Inde par le bas, en captif sur les côtes, l'Anglais la découvre par le haut, parmi les éléphants et les joyaux du palais moghol. Deux Européens, deux fortunes opposées, le même sous-continent saisi à la même date.
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Jean Mocquet, Voyages en Afrique, Asie, Indes orientales et occidentales (1616)
Apothicaire du roi Henri IV, Mocquet sillonne le monde dans les mêmes années que Pyrard et parcourt parfois les mêmes routes : le cap, Goa, le Malabar. Là où Pyrard observe en captif patient, Mocquet collectionne pour le cabinet royal, rapporte des plantes, des bêtes empaillées, des récits de naufrage et de fièvre. Lus côte à côte, les deux Français des premières années du siècle composent un portrait à deux voix de cet Orient maritime que la France découvre alors avec retard, par fragments rapportés dans des coffres de marin.
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Robert Knox, An Historical Relation of the Island Ceylon in the East Indies (1659-1679)
Burckhardt ne connaît le roi de Kandy que par l'ambassade de Puqvoy. Le marin anglais Robert Knox, lui, a vécu dix-neuf ans dans son royaume. Capturé en 1659 avec une partie de son équipage par les troupes de Raja Sinha II, il survit en tricotant des bonnets et en prêtant du grain, jusqu'à son évasion vers le fort hollandais d'Arippu, qui l'envoie à Batavia. Rentré à Londres en septembre 1680, il publie son récit en 1681, avec l'appui de la Royal Society. Traduit en allemand dès 1689, il offre le revers exact de celui de Burckhardt : le Ceylan cinghalais de l'intérieur, vu par un captif, face au Ceylan des forts hollandais de la côte.
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Jean de Thévenot, Troisième partie des Voyages de M. de Thévenot (1665-1667)
Jean de Thévenot, voyageur français déjà rompu au Levant et à la Perse, s'embarque à Bassora le 6 novembre 1665 et atteint Surat le 10 janvier 1666, comme Della Valle quarante-trois ans plus tôt au sortir du golfe Persique. Il passe environ treize mois dans l'empire moghol, traverse le pays par Golconde jusqu'à Masulipatam, sur la côte orientale, puis revient par terre à Surat avant de repartir pour la Perse, où il meurt en novembre 1667. La troisième partie de ses Voyages, consacrée à l'Indostan, paraît en 1684 d'après ses journaux. On y retrouve le grand port moghol, ses marchands, ses comptoirs européens et ses nouvelles de la cour, sous le règne d'Aurangzeb cette fois.
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François Bernier, Voyage dans les États du Grand Mogol (1670-1671)
Médecin et philosophe, Bernier vit près de douze ans dans l'Inde du XVIIe siècle et la raconte avec l'œil d'un savant. Sa description des castes, des religions et de l'administration prolonge et affine les observations encore tâtonnantes de Pyrard sur les brahmanes et les nayres, et montre comment, en deux générations, le regard européen sur l'Inde gagne en méthode ce qu'il perd parfois en fraîcheur.
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John Fryer, A New Account of East India and Persia (1672-1681)
Le médecin anglais John Fryer s'embarque pour l'Inde en 1672 et ne rentre qu'une dizaine d'années plus tard. Il vit surtout sur la côte, à Surat et à Bombay, l'île que le Portugal a cédée à l'Angleterre en 1661 et qui grandit non loin de Bassein, la place portugaise où Della Valle avait fait escale de nuit. Il rassemble ses observations en huit lettres, publiées à Londres en 1698 sous le titre de New Account of East India and Persia. Comme le Pèlerin, il écrit à des correspondants, et l'on y suit la même côte un demi-siècle plus tard, quand les Anglais y ont pris la place des Portugais.
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Jean-Baptiste Tavernier, Les Six Voyages de Jean-Baptiste Tavernier (1676)
Marchand de pierres précieuses, Jean-Baptiste Tavernier fait six voyages en Orient et revient sans cesse en Inde à partir des années 1640. Il connaît Surat, où il débarque et rembarque à maintes reprises, et Goa, où il se trouve à la fin de 1641 puis au début de 1648, quand la capitale portugaise que décrit Della Valle a déjà perdu de son éclat. Entre deux escales, il pousse jusqu'aux mines de diamants de Golconde, qu'il visite plusieurs fois. Ses Six Voyages, publiés en 1676, mêlent comptes de marchand, routes de caravanes et portraits de cours. Là où le Pèlerin observe en lettré, Tavernier pèse, compte et négocie : deux regards sur la même côte, à une génération d'écart.
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Jean-Baptiste Tavernier, Les Six Voyages (1676)
Un demi-siècle après Pyrard, le marchand de pierreries Tavernier parcourt l'Inde des diamants et des cours princières. Là où Pyrard voyait des îles pauvres et des rois insulaires, Tavernier voit l'empire moghol à son apogée, les mines de Golconde, le faste des audiences. Le contraste mesure la distance entre le naufragé sans le sou et le négociant que les souverains reçoivent : deux Frances séparées par cinquante ans d'ambition orientale.
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Robert Knox, Relation de l'île de Ceylan (1681)
Marin anglais retenu prisonnier près de vingt ans à Ceylan, tout près des Maldives, Knox écrit au siècle suivant un récit de captivité qui fait étrangement écho à celui de Pyrard : même apprentissage forcé d'une langue et d'un peuple, même patience, même évasion enfin. Deux Européens captifs sur les eaux de l'océan Indien, à un siècle de distance, et la même métamorphose du prisonnier en témoin.



