Biographie
Georg August Wallin naît le 24 octobre 1811 à Sund, dans l'archipel d'Åland, fils d'Israel Wallin, fonctionnaire, et de Johanna Maria Ahrenberg. Élève de l'école cathédrale d'Åbo, déplacée à Rauma après le grand incendie de 1827, il achève ses études en privé puis s'inscrit en 1829 à l'université de Helsingfors. Il y suit les cours de lettres classiques et de langues orientales du professeur Gabriel Geitlin, apprend aussi l'anglais, l'allemand et le français, et obtient sa maîtrise en 1836.
Les années suivantes, il enseigne dans une école privée de Helsingfors et travaille comme surnuméraire à la bibliothèque de l'université. Une thèse sur l'arabe et le persan lui ouvre en 1839 la charge de docent de littérature orientale. Vers 1840, il part pour Saint-Pétersbourg, où l'Égyptien Muhammad Ayyad al-Tantawi lui enseigne l'arabe vivant ; les récits de ce maître sur l'Égypte nourrissent son désir de voir l'Orient de près.
Grâce à une bourse de son université, il quitte Helsingfors en 1843 et gagne Le Caire par Marseille et Constantinople. Sous le nom d'Abd al-Wali, il se fait passer pour musulman et exerce comme médecin. En 1845, il traverse le nord de l'Arabie par Ma'an, Al-Djouf, Djubba et Haïl jusqu'à Médine, La Mecque et Djedda. En 1846 et 1847, il parcourt la Palestine et la Syrie. Une troisième expédition, tournée vers le Nadjd, s'arrête à Haïl : sentant son identité d'emprunt compromise, il remonte vers la Mésopotamie et la Perse, puis revient par Bagdad et Damas. Son journal et ses lettres, réunis par S. G. Elmgren sous le titre Reseanteckningar från Orienten åren 1843-1849. Dagbok och bref, paraissent à Helsingfors à partir de 1864, en quatre volumes jusqu'en 1866.
Rentré en Europe en 1849, Wallin séjourne à Londres, étudie les manuscrits arabes des bibliothèques et rédige en anglais le récit de son voyage, que la Royal Geographical Society publie. Selon l'université de Helsinki, la Société lui décerne en 1850 sa médaille d'or du fondateur, et la Société de géographie de Paris une médaille d'argent. Il est le premier savant occidental à recueillir la poésie des Bédouins et à étudier leurs dialectes. De retour en Finlande, il devient en 1851 professeur de littérature orientale et publie une courte grammaire arabe.
Il meurt soudainement à Helsingfors le 23 octobre 1852, la veille de son quarante et unième anniversaire, et repose au cimetière de Hietaniemi. Écrits pour l'essentiel en suédois, ses carnets restent longtemps ignorés hors de Finlande, d'autant que l'ethnographie finlandaise de l'époque se tourne surtout vers les peuples finno-ougriens. Knut Tallqvist en publie des lettres et des extraits de journal en 1905. La Société de littérature suédoise de Finlande en a donné une édition critique, les Skrifter, parue de 2010 à 2017 sous la direction de Kaj Öhrnberg, Patricia Berg et Kira Pihlflyckt. On y voit aujourd'hui un témoignage irremplaçable sur les tribus et les oasis de l'Arabie du Nord au milieu du XIXe siècle.
Ses livres chez Itinerarium

