Biographie
Albrecht Dürer naît à Nuremberg le 21 mai 1471. Son père, orfèvre du même nom, était venu s'y établir en 1455 depuis Ajtós, près de Gyula, en Hongrie. Le jeune Albrecht apprend d'abord le métier dans l'atelier paternel, où la pratique du burin le prépare à la gravure. Le 30 novembre 1486, il entre chez le peintre Michael Wolgemut, auprès de qui il reste trois ans. Son parrain, Anton Koberger, était devenu imprimeur et éditeur l'année même de sa naissance.
Revenu à Nuremberg, il épouse Agnes Frey le 7 juillet 1494. Le couple n'a pas d'enfant qui survive, et l'image d'un mariage malheureux repose surtout sur les lettres de Dürer et de son ami Pirckheimer, ce qui invite à la prudence. Un premier séjour en Italie vers 1494 et 1495 est discuté : la chronique familiale ne le mentionne pas et plusieurs chercheurs le rejettent. Il fait en revanche carrière comme peintre, dessinateur et graveur. À partir de 1512, l'empereur Maximilien Ier devient son grand protecteur, et son entrée au service impérial est attestée dès 1511.
Le voyage de Venise est, lui, bien documenté. Dürer s'y trouve en 1505 selon certains récits, puis certainement à partir du début de 1506, et y reste jusqu'au printemps 1507. Il y peint pour la colonie des marchands allemands la Madone du Rosaire, destinée à l'église San Bartolomeo, et il y admire Giovanni Bellini. Il écrit à son ami le patricien humaniste Willibald Pirckheimer, rencontré en 1495, des lettres vives qui forment la première moitié du livre, publié ici sous son titre d'origine, Briefe aus Venedig. De juillet 1520 à juillet 1521, il voyage ensuite aux Pays-Bas avec sa femme et leur servante. Il y tient au jour le jour le journal de ses dépenses, de ses portraits et des estampes vendues ou offertes, sous le titre Tagebuch der Reise in die Niederlande. Il assiste au couronnement de Charles Quint à Aix-la-Chapelle, cherche à faire renouveler sa pension impériale, rencontre Érasme, dont il fait le portrait, et voit la régente Marguerite d'Autriche refuser un portrait de Maximilien.
Son cercle compte des marchands, des humanistes et des peintres, et sa pensée religieuse reste débattue. Il lit Luther dès 1520 et souhaite le portraiturer, mais on ignore s'il a jamais quitté l'Église catholique. Il publie en 1525 une Instruction sur la manière de mesurer, premier traité de mathématiques en allemand destiné à des adultes, puis un ouvrage sur les fortifications des villes en 1527. Le Traité des proportions du corps humain paraît après sa mort.
Dürer meurt à Nuremberg le 6 avril 1528, à 56 ans, et repose au cimetière Saint-Jean. Sa succession est estimée à 6 874 florins. La cause de sa mort reste incertaine : une pleurésie, peut-être liée à une pneumonie, est avancée, sans confirmation possible. Les lettres de Venise et le journal néerlandais sont lus aujourd'hui dans des éditions modernes, dont celle de Roger Fry, publiée en 1913 en anglais sous le titre Records of Journeys to Venice and the Low Countries. Le lieu de conservation des manuscrits n'a pas pu être établi dans les sources consultées.
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