Biographie
Pero Vaz de Caminha naît vers 1450, probablement à Porto, ville où se déroule l'essentiel de sa vie ; l'année reste approximative. Son père, Vasco Fernandes de Caminha, est chevalier au service d'un grand seigneur du royaume, et la famille est rattachée aux premiers peuplants de Neiva. Rien de sûr n'est connu de sa formation, mais il est un homme lettré, à l'aise avec la plume et les comptes, et il appartient à la maison de plusieurs rois, d'Alphonse V à Manuel Ier.
Sa carrière est celle d'un officier municipal et royal. Le 8 mars 1476, il est nommé maître de la balance à la Monnaie de Porto, charge que l'on dit héritée de son père. La lettre de nomination laisse penser qu'il avait servi dans la campagne d'Alphonse V contre la Castille, peut-être jusqu'à la bataille de Toro, mais ce point n'est pas assuré. En 1497, comme conseiller de la ville (vereador), il rédige les chapitres que la chambre de Porto destine aux Cortes de Lisbonne. Il a alors près de cinquante ans, une famille, et une place bien établie.
En 1500, le roi Manuel Ier le désigne comme écrivain de la factorerie royale que le Portugal veut fonder à Calicut, sous l'autorité du facteur Aires Correia. Il embarque dans la seconde flotte des Indes, commandée par Pedro Álvares Cabral. Le 22 avril, la flotte aperçoit une terre inconnue, qui deviendra le Brésil. Depuis Porto Seguro, Caminha rédige, datée du 1er mai 1500, la Carta a El-Rei D. Manuel : un compte rendu au souverain de ce qu'il a vu, des premiers contacts avec les habitants à la messe et à la croix. Un navire de la flotte rapporte la lettre à Lisbonne. Il y plaide aussi, en terminant, pour son gendre Jorge de Osório, exilé à São Tomé.
Caminha poursuit sa route vers l'Inde. Selon la tradition, il meurt à Calicut à la fin de 1500, lors de l'attaque contre la factorerie portugaise. La date exacte est discutée : on trouve le 15 décembre, les 16 ou 17 décembre, ou simplement la fin du mois, et sa mort au combat n'est que présumée. Une lettre royale du 3 décembre 1501 le dit « mort aux Indes ». Il avait eu au moins une fille, Isabel, et un petit-fils reçut en 1501 son ancien office de la Monnaie de Porto.
Comme le Portugal gardait secrets les récits de ses découvertes, la lettre est restée longtemps inconnue du public. Le manuscrit, retrouvé en 1773 aux archives de la Torre do Tombo, à Lisbonne, n'est imprimé qu'en 1817, à Rio de Janeiro, par le père Manuel Aires de Casal dans sa Corografia Brasílica. Elle est depuis considérée comme l'acte de naissance du Brésil et figure parmi les trois grands témoignages de la découverte, avec la relation du pilote anonyme et la lettre de maître Jean. Elle connaît de nombreuses éditions, dont celles de Douglas Tufano (1999) et de Sílvio Castro (2009).
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