Portrait de Kim Jong-jeong (1722-1787)

L'auteur du texte

Kim Jong-jeong (1722-1787)

Simyang illok (1764)
Kim Jong-jeong (1722-1787) est l'auteur de Simyang illok (1764). Itinerarium en publie 1 édition modernisée, réécrite en français contemporain et illustrée, disponible en ebook, livre papier et audiobook.

Biographie

Kim Jong-jeong naît en 1722 dans le royaume de Joseon, au sein du clan de Cheongpung, une lignée de fonctionnaires lettrés qui donne à la cour plusieurs ministres au XVIIIe siècle. Il porte le nom de courtoisie Baekgang et signe ses écrits du nom de plume Ungye, « le ruisseau des nuages ». Son père, Kim Chi-hu, a été grand censeur, l'une des charges de remontrance les plus exposées de la cour, et a servi comme magistrat à Jeongju, dans le nord-ouest du pays. Il meurt vers 1744, quand son fils a un peu plus de vingt ans ; Kim Jong-jeong en garde une mémoire vive, et son journal le montre en larmes devant la stèle gravée en souvenir de ce père.

Reçu au premier degré des concours en 1741, il réussit en 1757 le concours de lettres tenu au palais, sous le règne de Yeongjo, et entre dans la carrière des censeurs, chargés de relever les fautes du gouvernement. En 1764, il est conseiller de troisième rang dans les ministères quand une affaire de frontière éclate : des habitants d'Uiju, la ville coréenne qui fait face à la Mandchourie, ont franchi illégalement le Yalu et tué des soldats Qing. Le roi le nomme enquêteur royal et l'envoie, avec les prisonniers, mener une enquête conjointe avec les autorités mandchoues.

La mission tourne à l'humiliation. À Shenyang, l'ancienne capitale des Qing, les fonctionnaires mandchous l'écartent de l'instruction, et l'enquêteur coréen assiste, impuissant, à la réécriture des dépositions. Rentré à Séoul à la fin de juillet 1764, il est reçu en audience par Yeongjo, qui lui reproche de n'avoir pas su défendre la dignité du royaume et le destitue ; un interprète de la mission est exilé. Le journal qu'il a tenu pendant ces mois, le Simyang illok, est un témoignage direct sur les enquêtes frontalières entre la Corée et l'empire Qing, et une source estimée pour l'histoire diplomatique et économique de la région.

La disgrâce est passagère. Kim Jong-jeong poursuit sa carrière, reçoit le titre de prince de Cheongcheon, dignité accordée aux serviteurs méritants, et devient ministre du Personnel, l'un des postes les plus influents du gouvernement. Il meurt en 1787 ; la cour lui donne le nom posthume de Cheongheon.

Ses écrits sont réunis dans le Ungye mango, « Brouillons d'Ungye », recueil manuscrit de trente-deux livres en quinze volumes conservé au Kyujanggak, l'ancienne bibliothèque royale, aujourd'hui rattachée à l'Université nationale de Séoul. On y trouve plus de quatre cents poèmes, dont ceux composés pendant la mission de 1764, des mémoires adressés au trône, des lettres, des éloges funèbres et des épitaphes, mais aussi de longues notes de lecture sur les classiques confucéens, le Livre des Documents, le Livre des Odes, l'Invariable Milieu et le Livre des Rites, ainsi qu'un code de conduite pour sa famille. Le Simyang illok figure parmi les écrits divers du huitième livre, en chinois classique, la langue de toute la prose lettrée de Joseon.

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