Biographie
Georg Wilhelm Steller naît le 10 mars 1709 à Windsheim, en Franconie, alors ville libre d'Empire. Son père, Johann Jakob Stöhler, y est cantor du gymnase et organiste de l'église ; la famille vit modestement, et le nom s'écrit d'abord Stöller ou Stöhler. Il commence des études de théologie luthérienne à Wittenberg, puis se tourne vers la médecine et l'histoire naturelle, à Halle notamment, où il suit les cours de botanique de Friedrich Hoffmann. Il passe son examen de médecin en 1734.
Faute de débouchés en Allemagne, il part pour la Russie. Il sert d'abord comme chirurgien auprès des troupes russes devant Dantzig, puis gagne Saint-Pétersbourg en 1734, presque sans ressources. L'archevêque Feofan Prokopovitch le protège ; en 1737, il devient adjoint d'histoire naturelle à l'Académie des sciences. Il épouse la veuve du naturaliste Daniel Gottlieb Messerschmidt, dont il récupère des notes sibériennes. Le nom s'adapte alors aux Russes et devient Steller. Rattaché à la Grande Expédition du Nord, il traverse la Sibérie et arrive au Kamtchatka à l'automne 1740, où il travaille aux côtés de Stepan Krachenninikov.
En 1741, Vitus Béring, privé de médecin, lui propose de s'embarquer sur le Saint-Pierre pour chercher l'Amérique. Steller accepte. Le navire touche la côte d'Alaska à la mi-juillet, et le naturaliste obtient, non sans mal, de descendre dix heures environ sur l'île Kayak, où il relève plus d'une centaine d'espèces de plantes. Le retour tourne au désastre : scorbut, tempêtes, naufrage sur l'île qui prendra le nom de Béring, où le commandeur meurt. Steller soigne les malades, chasse, observe, et décrit la loutre de mer, l'otarie qui porte aujourd'hui son nom et la vache de mer, qu'il est seul à avoir vue vivante. Les survivants construisent un bateau avec les restes du navire et regagnent le Kamtchatka en 1742. Le journal de cette traversée sera publié par Pallas en 1793 sous le titre Reise von Kamtschatka nach Amerika mit dem Commandeur-Capitän Bering, à Saint-Pétersbourg.
Steller reste encore deux ans au Kamtchatka. Il y étudie les Itelmènes, apprend leur langue avec l'aide d'un interprète et prend leur défense, ce qui lui vaut des inimitiés parmi les administrateurs russes. Parmi ses autres écrits, la Beschreibung von dem Lande Kamtschatka paraît en 1774 à Francfort et Leipzig, et son traité sur les animaux marins, De Bestiis Marinis, en 1751 en latin, puis en allemand en 1753.
Quittant le Kamtchatka en août 1744, il est arrêté à Irkoutsk au printemps 1745, soupçonné d'avoir dressé des peuples sibériens contre le pouvoir ; l'enquête le laisse libre. Il reprend la route de l'ouest, mais meurt de fièvre à Tioumen en novembre 1746, à trente-sept ans. La date varie : le 12 novembre selon le calendrier julien, le 23 novembre en grégorien, et le 14 novembre dans la Wikipédia anglaise. Ses journaux et ses documents, conservés dans les archives russes, ont fait l'objet d'éditions critiques allemandes de Wieland Hintzsche au début des années 2000. Le journal de la traversée a été traduit en anglais (Journal of a Voyage with Bering, Stanford, 1988), et son texte allemand de 1774 a été réédité par Kasten et Dürr.
Ses livres chez Itinerarium
