Biographie
Christian Burckhardt est né à Halle, en Saxe, vers 1652 : il écrit lui-même avoir quitté sa ville le 29 avril 1669, à dix-sept ans, pour tenter sa chance à l'étranger. On ne sait rien de ses parents, sinon qu'il avait un frère aîné juriste. Ses premières années de service se passent dans des cours princières : en Prusse, il est commis aux cuisines du comte palatin Charles de Birkenfeld, puis, après un passage en France, employé de chancellerie du landgrave Louis de Hesse-Darmstadt.
Recommandé par ce dernier à l'administrateur de l'archevêché de Magdebourg, qui résidait à Halle, il n'obtient qu'une promesse de poste. Plutôt que d'attendre, il part visiter la Hollande et arrive à Amsterdam le 31 juillet 1674. Le 2 août, il s'engage comme soldat auprès de la Compagnie néerlandaise des Indes orientales, pour la chambre de Delft. Il embarque sur le Maurice Eyland, fait escale au Cap en février 1675 et atteint Batavia en juin. Envoyé à Ceylan, il survit au chavirage de sa barque à Matura, puis sert à Colombo comme commis aux rôles dans la compagnie de Rijcklof van Goens, de 1676 à 1678. En 1679, il devient magasinier et écrivain du dépôt de vivres du fort de Zeitavaque, avant de passer six mois à Cochin chez son beau-frère, le chirurgien-major Simon Kadensky.
Il quitte Ceylan le 15 janvier 1681, double l'Écosse par les Shetland, touche Middelbourg en août et rentre à Halle le 24 septembre 1681. De ces sept années il tire l'Ost-Indianische Reise-Beschreibung, oder Kurtzgefaster Abriß von Ost-Indien, parue à Halle et Leipzig chez Johann Friedrich Zeitler en 1693. Le volume réunit le journal du voyage, un mémorial sur les pays de l'océan Indien et de l'Extrême-Orient, des rubriques sur la vie des Européens, la faune et la flore, et un appendice sur l'expédition française contre Saint-Thomé et sur l'entrée de sept rois à Batavia en 1670.
Son entourage se devine dans le livre. À Leyde, il rend visite en 1681 au médecin et botaniste Paul Hermann, natif de Halle comme lui, qui l'avait soigné à Ceylan. Son frère, conseiller au Kammergericht de Berlin, l'invite peu avant la mort du Grand Électeur (1688) à offrir sa relation au prince ; la mort de celui-ci retarde le projet, et l'ouvrage est finalement dédié à son fils, l'électeur Frédéric III de Brandebourg, avec une dédicace datée de Halle le 13 avril 1693. Burckhardt y paraît en luthérien pieux et moraliste, prompt aux sermons et aux traits satiriques. Aucun autre écrit de lui n'est connu.
Selon sa dédicace, Frédéric III lui confie la recette de l'accise d'Aken, sur l'Elbe, qu'il tient environ deux ans et un quart. Souffrant et privé de soins sur place, il quitte ce poste et revient à Halle, d'où il sollicite un nouvel emploi auprès de la régence de Magdebourg. La date et le lieu de sa mort ne sont pas connus. On ne connaît pas non plus de papiers personnels ni d'édition moderne ; la première édition est conservée notamment à la British Library, dont l'exemplaire a été numérisé par Google Books.
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